TOUT EST DIT

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mardi 10 janvier 2012

Pourra-t-on encore l'appeler SeaFrance ?

Elle était touchée, elle est coulée. La liquidation définitive de SeaFrance a été prononcée hier, c'est dire l'ampleur du désastre économique et l'urgence à rembourser les créanciers. Elle était la seule compagnie de ferries transmanche à battre pavillon français ; elle laisse à quai 880 salariés. Renaît-on d'une liquidation ? Les « SeaFrance » peuvent-ils espérer ? Tous les acteurs de ce dossier explosif veulent le croire, qui voient poindre une catastrophe pour l'emploi. Or, des deux solutions susceptibles de relancer l'activité - du moins une activité -, aucune n'offre de garantie de viabilité. La première, une coopérative financée par les indemnités des licenciés, majorées par la SNCF, repose sur une alliance avec Eurotunnel. La SNCF qui n'est pas exempte de responsabilité vis-à-vis de sa filiale d'une part ; de l'autre, l'exploitant du tunnel, concurrent direct de SeaFrance et qui d'une certaine façon a précipité la crise, sorti tel un diable de sa boîte. L'option de la Scop, paradoxalement, ou malicieusement, n'est pas rejetée par l'Élysée, mais combien d'ex-salariés sont-ils prêts à courir le risque d'une aventure ? La seconde option, un partenaire extérieur adossé à un armateur danois, fait peser une hypothèque sur l'emploi et des doutes sur le contrat social. Elle a déjà été retoquée et signerait la fin du pavillon français. Le drapeau du low cost flotte dans l'air calaisien. Le sauvetage est périlleux, il ne manque pourtant pas d'attirer les convoitises de « prédateurs » alléchés par un marché annuel de deux millions de passagers. SeaFrance, c'est l'histoire annoncée d'un gâchis national, amplifié par les errements d'un syndicat nageant en eaux troubles.

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