TOUT EST DIT

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dimanche 18 décembre 2011

Nicolas Sarkozy rend hommage à un "ami" de la France

Plusieurs responsables politiques français ont rendu hommage, dimanche 18 décembre, à l'ancien président tchécoslovaque Vaclav Havel, décédé le même jour.

Nicolas Sarkozy lui a rendu hommage, voyant en lui un "Européen engagé" et "ami" de la France, qui incarnait "un engagement infatigable en faveur de la démocratie et de la liberté". "Son accession à la présidence de la République après la Révolution de velours en 1989 a couronné une vie tout entière vouée au combat contre le totalitarisme et pour la défense des valeurs qui inspiraient son action – la tolérance, la promotion des droits de l'Homme et la lutte contre l'oppression", écrit le président de la République dans une lettre à son homologue tchèque.

Selon Nicolas Sarkozy, "avec la disparition de Vaclav Havel, la République tchèque perd l'un de ses grands patriotes, la France perd un ami, l'Europe perd l'un de ses sages". "Cet Européen engagé, convaincu de l'unité profonde et de la solidarité nécessaire de notre continent, restera dans la mémoire des Français", conclut le chef de l'Etat.
De son côté, le premier ministre François Fillon souligne, dans un communiqué, que "par son opposition constante au régime communiste, par son rôle décisif lors de la Révolution de velours, puis par ses treize ans à la présidence de la République, Vaclav Havel aura marqué près d'un demi-siècle de l'histoire et de la vie de son pays". "Grande conscience européenne, père de la République tchèque contemporaine, ayant préparé l'adhésion de son pays à l'Union européenne, Vaclav Havel restera un modèle de courage politique et moral et de fidélité aux valeurs humanistes de notre continent", écrit François Fillon.
"Avec lui, nous perdons une grande conscience européenne", a estimé de son côté le ministre des affaires étrangères Alain Juppé, qui "salue la mémoire d'un combattant de la liberté". "Les Français n'ont pas oublié la rencontre du dissident et de ses compagnons avec le président Mitterrand, à Prague, le 9 décembre 1988", rappelle-t-il.
Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, salue un "dramaturge totalement engagé dans son art comme dans la vie de la cité". "Depuis plusieurs années, Vaclav Havel luttait contre la maladie et la mort avec le courage que lui connaissaient déjà ses compagnons de combat, écrit Frédéric Mitterrand. Homme de lettres et homme d'Etat, artiste et homme d'action, il savait que les mots peuvent être des armes."
"UNE DES VOIX LES PLUS ADMIRABLES DE NOTRE HISTOIRE"
François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a rendu hommage à "une des voix les plus puissantes, les plus singulières et les plus admirables de notre histoire contemporaine". "Vaclav Havel laissera dans l'histoire le souvenir exemplaire d'un homme qui avait fait de ce qu'il nommait 'la politique antipolitique' un instrument implacable de libération et de progrès, écrit François Hollande dans un communiqué. Sa mémoire, pour les Tchèques bien entendu, pour les Européens à l'évidence mais, au-delà, pour l'humanité toute entière, restera une source vivante de probité, de courage et d'espoir."
Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a salué celui qui, "comme dissident, écrivain ou homme d'Etat, n'a jamais cessé de revendiquer les droits de la conscience morale individuelle et collective, à défendre les droits humains partout où ils étaient menacés, à commencer par la Tchéquie, son pays, qu'il a su intégrer dans l'Union européenne".
Le président du Mouvement démocrate (MoDem) et candidat à la présidentielle, François Bayrou, a estimé que M. Havel, au "parcours original et même unique", représentait "le plus formidable amour de la liberté". "Celui qui vient de s'en aller a été pour notre génération et toute la famille de pensée des démocrates dans le monde, un inspirateur et un repère. Il représentait le plus formidable amour de la liberté", a déclaré M. Bayrou.
Pour Dominique de Villepin, fondateur de République solidaire et lui aussi candidat à la présidentielle, "cet homme de liberté et d'engagement a su faire de son immense culture une exigence de tous les instants au service de l'homme". "C'est avec lui comme avec Jorge Semprun une génération de témoins et de bâtisseurs qui s'efface pour passer le relais de l'espérance à une nouvelle génération, plus épargnée par les tragédies, les persécutions et les guerres. Charge à elle d'être digne de ces grands exemples", poursuit M. de Villepin.
L'"IMMENSE CHAGRIN" DE JACK LANG POUR SON "AMI"
L'ancien ministre socialiste de la culture Jack Lang a fait part de son "immense chagrin" après le décès de son "ami" Vaclav Havel, dont la vie a été "une exemple de courage, d'honnêteté intellectuelle et de fidélité". Jack Lang avait fait sa connaissance par le théâtre dans les années 1970, au moment où Vaclav Havel s'était "imposé comme un des dramaturges les plus féconds et les plus brillants de sa génération".
"Un seul désaccord nous a momentanément séparé" à propos de la création d'une confédération de la grande Europe, à laquelle le président tchèque était opposé, note Jack Lang dans son communiqué. "A ceux qui parfois aujourd'hui doutent de la politique, Vaclav Havel offre un exemple de la noblesse et de la dignité de la vie civique", poursuit-il.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a salué "la mémoire du cofondateur de la Charte 77 qui aspirait à ce que 'l'amour et la vérité vainquent la haine et le mensonge'". "Hier dissident du régime communiste, puis premier président de la Tchécoslovaquie post-socialiste, monsieur Havel ne ménageait pas aujourd'hui ses critiques à l'égard du libéralisme. Son humanisme ne se satisfaisait d'aucun dogme politique quel qu'en soit le nom", déclare Pierre Laurent dans son communiqué.