TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 8 novembre 2011

Un tour de vis l'été, un autre à l'automne

Après le président protecteur, selon l'image propagée par l'Élysée, voici venu le Premier ministre... bouclier. Nicolas Sarkozy redécouvre le charme subtil d'un partage institutionnel plus classique. À lui, le rôle de guest star à Cannes aux côtés d'Obama ; à François Fillon, celui d'annoncer des mesures impopulaires. Plus père-la-rigueur que jamais, le chef du gouvernement a remis une couche d'austérité. Elle vise, en plus des onze milliards de l'été, à dégager sept autres milliards. Son retour en première ligne solde les fausses pudeurs et la querelle de sémantique : le dogme de la rigueur gestionnaire des finances publiques l'a définitivement emporté. Le moment où ce dispositif anticrise intervient en dit long sur l'ampleur des difficultés. C'est la première fois qu'une campagne présidentielle s'ouvre sur un plan arrêté sous la pression des marchés et appelant à autant d'efforts. Un objectif désormais, un seul, intangible : conserver le triple A. Cet exercice d'équilibriste s'avère cependant délicat. Outre que l'on continue à racler les fonds de tiroirs pour réduire les dépenses de l'État, il s'agit d'entretenir le maigre filet de croissance sans entraver la consommation - ni a fortiori tomber dans la récession -, tout en évitant de réveiller la colère de la rue. Entre le rabotage de niches fiscales et de prestations sociales, il n'est pas dit que cet écueil soit évité. Si le recul sur la TVA n'est pas illogique - l'avantage octroyé aux restaurateurs n'ayant pas recueilli les fruits escomptés -, l'accélération surprise de la réforme des retraites ne manquera pas de soulever l'inquiétude : elle présage d'autres sacrifices pour sauvegarder le modèle social français.

0 commentaires: