TOUT EST DIT

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lundi 14 novembre 2011

Le nouveau gouvernement grec va-t-il achever l'Europe ?

Le nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos doit annoncer ce lundi comment il compte sortir son pays de la crise. Une sortie de la zone euro est-elle possible ? Ou l'Europe finira-t-elle par renflouer la dette du pays ?

L’Union Européenne est actuellement la principale puissance du monde. Son revenu moyen par tête est le second derrière les Etats-Unis, si l’on ne tient pas compte des petits pays. Malheureusement c’est une confédération plutôt lâche caractérisée par cette maxime qui définit la position allemande. L’Allemagne veut conserver l’euro, mais se refuse à toute solidarité européenne. Face à cette curieuse structure, la crise grecque a servi de révélateur.
Cela a permis toutes les divagations possible. La Grèce allait-elle entraîner :
  • la fin de l’Europe ?
  • la réduction de l’Euroland par la sortie de certains pays débiteurs ?
  • le départ des pays du Nord solidaires de l'Allemagne ?
  • la ruine de l’Europe avec comme corollaire celle du reste du monde ?

Pour sortir des divagations journalistiques, il faut essayer d’analyser les conséquences de deux principales hypothèses sérieuses : la Grèce quitte la zone Euro et, au nom du désir de sauver l’Europe, on renfloue le reste de la dette grecque.

La Grèce sort de la zone euro

Dans ce cas, la spéculation accélère l’attaque des monnaies des pays du Sud (le Portugal, l'Espagne, l'Italie et la France). Prenons le cas italien. Sa dette de 120% du PIB dure depuis 1993 sans avoir provoqué la moindre réaction défavorable des marchés.
Simplement on n’avait pas encore mis au point des techniques déstabilisatrices comme les CDS (Credit Default Swap ou contrats de protection financière entre acheteurs et vendeurs ndlr) ou les CFD (Contrats de différence, qui stipulent que l'acheteur encaissera la différence entre la valeur de l'actif au moment de sa vente et sa valeur au moment du contrat ndlr).
De même, l’endettement français est très voisin de celui de l’Allemagne (89 et 84 % du PNB) et personne n’ose s’attaquer à l’économie allemande.
Le critère important est en fait celui de l’endettement envers les autres pays et en particulier les Etats-Unis. Ainsi la France est spécialement vulnérable car le plus gros de l’endettement de ses banques se fait auprès des institutions américaines. Or il y a, depuis le mois d’août, une panique aux Etats-Unis concernant l’Europe. Ils découvrent la vulnérabilité de l’euro.
Aussi, la plupart des banques américaines refusent désormais de faire aux Européens des prêts à plus de huit jours. A titre d’exemple de ce désenchantement à l’égard de notre continent, on peut citer le cas d’une des principales faillites récentes de l’Amérique : la société M.F.Global dont le président avait fait le choix d’investir principalement en obligations européennes. Son échec sonne le glas de la pensée de ceux des Américains qui ont cru à l’Europe unie.
La Banque centrale est alors obligée d’intervenir et d’assurer la relance économique. La fédération de la zone euro se fait, ou l’Allemagne se retire, et entre dans une crise majeure tandis que l’Europe du sud, dévaluant ses monnaies dans un monde de "dévaluations compétitives", profite au maximum de cette situation. Aussi, on peut être sûr que les Allemands qui sont d’assez bons économistes accepteront sans enthousiasme la première solution.

On renfloue le solde de la dette grecque

Dans ce cas, on accepte une forte émission monétaire, soit par une décision de la Banque centrale, soit par des accords intra-européens permettant l’augmentation de l’endettement des différents pays Allemagne comprise. Dans les deux cas, la relance de l’Europe se réalise. Le problème est alors de savoir comment gérer la contrepartie de la création monétaire. Si l’on continue une politique de sagesse en réduisant, en même temps les dépenses de gestion des pays, on peut assurer un fort redressement européen et par conséquent un développement accéléré de la situation mondiale.

La crise grecque et ses avatars est une bonne leçon pour les pays européens (et surtout ceux de la zone euro) pour comprendre que l’on doit aller vers un système à l’américaine où chaque état se gère mais est solidaire dès que des difficultés se produisent. Cela demande certes une direction commune. Mais, si les Républicains gagnent les prochaines élections, le Président devrait devenir un simple coordinateur de la politique des états. Il n’est pas sûr que ce système ne se révèle pas excellent. C’est une évolution que l’on peut envisager pour la zone euro. Elle permettrait une relance importante d’autant que l’Europe n’a pas le handicap d’un marché hypothécaire totalement décomposé.
S’il en est ainsi et si l’on contrôle la spéculation (en particulier des Flash Orders et des CDS). On pourrait penser que la crise grecque assurerait plutôt un essor mondial qu’une faillite internationale.

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