samedi 25 octobre 2014
Le buzz des Etats-Unis : une star de Wall Street parie sur l’effondrement de la France
Pariez sur les banques grecques, et contre la France ! Tel est le conseil prodigué lundi par l’une des grandes stars de Wall Street, David Einhorm, lors d’une conférence d’investisseurs à New York. Le PDG du fonds activiste Greenlight Capital, à qui l’on doit plusieurs coups de maître (dont l’anticipation de la faillite de Lehman Brothers dès 2007) a dressé un tableau dramatique de la situation en France : «Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce», indiquait-il dans sa présentation . Il voit d’ailleurs Athènes dans une meilleure situation que Paris : «La Grèce a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer», indique-t-il en dénonçant en vrac la taxe à 75%, les 35 heures et les tensions avec la Commission européenne autour du dernier budget «anti-austérité». Chiffres à l’appui, il montre que la charge de la dette payée par la Grèce est désormais inférieure à celle de la France (en pourcentage de leur croissance).
Et pourtant : la dette à 10 ans se négocie à 1,3% en France et à 9% en Grèce. «Si les marchés révisent le risque souverain français à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre (à découvert) la dette française», conclut-il. Il recommande, à l’inverse, d’acheter des obligations de banques grecques (Alpha, Piraeus, NBG,Eurobank, etc.). «Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister.»
Plus d’une entreprise américaine sur deux (54 %) envisage de relocaliser sa production aux Etats-Unis, selon l’étude publiée mercredi par le cabinet de conseil BCG. Près d’un quart d’entre eux affirment même avoir enclenché le processus de relocalisation de leur production aux Etats-Unis. Grâce à une énergie bon marché et une grande flexibilité du marché du travail, le pays est ainsi redevenu la destination la plus choisie (27%) pour implanter de nouvelles usines américaines, dépassant la Chine (23%) et le Mexique (24%). Cette tendance devrait encore se renforcer dans les prochaines années, estime le BCG : d’ici à cinq ans, près de la moitié des forces de production américaines (47%) devraient se retrouver sur le territoire américain. La Chine n’abritera ainsi plus que 11% de la production des compagnies américaines vendue aux Etats-Unis.
Les sondeurs parient tous sur un raz-de-marée républicain lors des élections au Congrès, le 4 novembre prochain. Le New York Times estime à 66% leurs chances de remporter le Sénat. Le célèbre sondeur Nate Silver parie sur eux à 58%. Mais ce sont les sondeurs du Washington Post qui affichent les positions les plus tranchées : selon eux, les républicains ont désormais 95% de chances de remporter la majorité dans la Chambre haute. Ils n’ont besoin de remporter que 6 sièges pour cela. Les élections vont se jouer dans quelques Etats clés : la Caroline du Nord, le Kentucky, la Géorgie, le Kansas, l’Iowa, le Colorado, la Louisiane, l’Alaska et l’Arkansas.
L’élection a beau laissé peu de suspense, il n’est pas certain que l’on sache dès le 4 novembre si les Républicains ont réussi leur pari, et ce pour deux raisons : la Louisiane et la Géorgie ont des règles un peu bizarres, qui excluent qu’un candidat remporte l’élection s’il n’a pas au moins 50 % des voix. De nouvelles élections devraient donc avoir lieu dans les prochaines semaines pour confirmer la désignation de tel ou tel candidat, ce qui reportera d’autant la formation définitive du Sénat. Autre spécificité : le candidat qui a le plus de chances d’emporter la mise au Kansas est non-étiqueté. Il faudra donc peut être attendre quelques jours pour savoir s’il se rallie finalement au camp démocrate ou républicain.
jeudi 23 octobre 2014
Dette française: David Einhorn, investisseur star à Wall Street, appelle à spéculer contre la France
En matière de finance, tout est souvent histoire de confiance. Et on peut dire que la France a quelques petites raisons de s'alarmer. Le patron du fonds spéculatif américain Greenlight Capital a pointé du doigt la confiance octroyée à Paris, qui serait surévaluée. Selon David Einhorm, cité par Les Echos, les détenteurs de bons du trésor français devraient se dépêcher de vendre avant la catastrophe. "Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce", insiste l'investisseur activiste.
Les critiques à l'égard de Paris sont récurrentes, notamment de l'autre côté de l’Atlantique. Mais le fait que David Einhorm lève la voix n'est pas anodin. Particulièrement écouté, il s'est rendu célèbre en 2008 pour ses critiques contre Lehman Brothers avant sa faillite. S'il a bâti sa fortune en spéculant contre la banque d'affaires, David Einhorm est connu pour aimer prouver aux autres qu'ils ont tort.
On retiendra notamment une violente attaque dirigée en 2011 contre Steve Ballmer, le patron de Microsoft à l'époque. Ce dernier a depuis été contraint à la démission, donnant raison au jeune capital-risqueur (41 ans). Il est présenté comme le successeur de Carl Icahn, l'investisseur qui dicte la politique financière d'Apple, récemment responsable de la scission eBay/PayPal.
La France "semble trop fière pour se réformer"
Que dit David Einhorm sur la France ? "Si les marchés révisent le risque souverain à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre la dette française", a-t-il conseillé lors de son speech annuel, disponible sur Business Insider. Pour lui, la France "semble trop fière pour se réformer", évoquant pèle-mêle la semaine des 35 heures, la taxe à 75% sur les hauts revenus et les tensions avec la Commission européenne.
En comparant Paris à Athènes, il estime même que la charge de la dette payée par la Grèce est inférieure à celle de la France. En effet, la croissance hellène devrait être de 2,9% en 2015, contre 1% chez nous. Sur la ratio poids de la dette/croissance, il n'a pas tort. "Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister", rajoute-t-il.
www.huffingtonpost.fr/2014/10/23/dette-francaise-einhorm-note-agence-notation_n_6033106.html#slide=start Les agences de notations suivent en tout cas cette direction: début octobre, Standard & Poor's a maintenu la note française à "AA", en modifiant toutefois sa perspective de "stable" à "négative". Quelques jours après, Fitch a pris la même décision. Cela ouvre la voie à une nouvelle dégradation de la note, et avec ça le risque d'emprunter plus cher sur les marchés. Mais qu'on se rassure, les investisseurs ont continué à faire confiance à la France malgré plusieurs dégradations successives. Paris est toujours considéré comme un placement de "haute qualité".
www.huffingtonpost.fr/2014/10/23/dette-francaise-einhorm-note-agence-notation_n_6033106.html#slide=start Les agences de notations suivent en tout cas cette direction: début octobre, Standard & Poor's a maintenu la note française à "AA", en modifiant toutefois sa perspective de "stable" à "négative". Quelques jours après, Fitch a pris la même décision. Cela ouvre la voie à une nouvelle dégradation de la note, et avec ça le risque d'emprunter plus cher sur les marchés. Mais qu'on se rassure, les investisseurs ont continué à faire confiance à la France malgré plusieurs dégradations successives. Paris est toujours considéré comme un placement de "haute qualité".
Néanmoins, si des attaques aussi médiatiques que celles de David Einhorm se multipliaient, la spirale positive pourrait s'inverser.
'La Fed continuera à imprimer de l'argent jusqu'à ce qu'Hillary Clinton soit élue'
a Federal Reserve est susceptible d’imprimer de l’argent jusqu’aux prochaines élections présidentielles, a estimé Peter Thiel, le co-fondateur d'entreprises de technologie telles que PayPal et eBay, et le premier investisseur externe de Facebook, dans une interview donnée à Glenn Beck, du site d’actualités conservateur The Blaze.
Beck introduit le dialogue en relatant que pendant la pause, les deux hommes ont parlé du système monétaire. De combien de temps disposons-nous avant que le système n’implose ? », demande l’animateur à Thiel. «Oui, c’est étonnant qu’ils aient pu faire cette impression de monnaie pendant déjà 6 ans », a répondu Peter Thiel.
Un appauvrissement lent se produit, quand vous avez des taux d’intérêt à 0%, alors que le taux d’inflation est toujours de 2% par an, donc sur 6 ans, c’est comme si vous aviez confisqué 12% de l’argent des gens. C’est donc comparable à ce qu’a fait le gouvernement de Chypre : ils ont confisqué 10% du jour au lendemain. Nous l’avons fait plus lentement, mais nous avons eu une confiscation du niveau de ce qui s’est fait à Chypre, aux Etats-Unis, sur les 6 dernières années. Il n’y a pas tant d’inflation que cela, mais ce niveau est toujours suffisant pour éroder doucement les choses.
Je suppose que cela s’arrêtera quand l’inflation commencera à augmenter, et elle n’a pas besoin de monter de beaucoup pour faire beaucoup de dégâts, parce que dans les années septante, quand il y avait un peu d’inflation, il y avait toujours des taux d’intérêt élevés. Quand vous aviez 8% d’inflation, vous aviez des taux d’intérêt de 8%, donc pour votre compte bancaire, c’était en gros une opération blanche. Si l’inflation s’élève à 3 ou 4% aux Etats-Unis, et que vous ne gagnez rien, alors là, vous souffrez ».
Thiel note que la Federal Reserve est dirigée par des gouverneurs démocrates, et il pense qu’ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer une victoire électorale à Hillary Clinton lors des élections présidentielles qui auront lieu dans deux ans aux Etats-Unis.
Cependant, d’après Thiel, même si cette stratégie réussit, Clinton n’obtiendra qu'un seul mandat de président, et d’ailleurs, nul ne voudrait être le prochain président des États-Unis en raison des problèmes économiques insurmontables à traiter.
Contre-vérité
Contre-vérité
Que la France ait des difficultés à se réformer est une contre-vérité éhontée. Au contraire, chaque jour, elle lutte contre ses scléroses et met à bas ses forteresses. Une de ses habitudes les plus ancrées est de constituer une commission, un comité ou une instance. Leur utilité est contestable tel ce Conseil national du froid qui existait jusqu’à l’année dernière. Au point que ces juridictions ne se réunissent que quelques fois, voire pas du tout. Aussi le gouvernement, ne reculant devant aucune difficulté, faisant du courage et de l’audace ses devises comme on le sait, entend les abroger. En un an, il a supprimé 58 de ces organismes. L’effort est gigantesque : il n’en reste plus aujourd’hui que 536. En une dizaine d’années, le problème sera résolu. Il suffit d’attendre.
Eloge de l’entreprise privée
Eloge de l’entreprise privée
De tous les hommages rendus au charismatique patron de Total, l’un des plus spectaculaires est venu de l’intérieur même de la compagnie : la rapidité, la précision avec lesquelles s’est opérée la transmission de pouvoir, à peine 36 heures après le tragique accident, sont un hommage à la qualité de ce dirigeant d’exception que fut Christophe de Margerie. Dans ce processus éclair et maîtrisé, on retrouve en effet tout ce qui distingue les grandes entreprises bien gérées des autres organisations : laisser le moins de place possible à l’improvisation, préparer sa succession, parier sur l’interne, s’appuyer sur un conseil d’administration solide, mettre en place les conditions d’une poursuite de l’activité. En toutes circonstances.
Comment, d’ailleurs, ne pas comparer la manière dont cet exercice extrêmement délicat qu’est une succession a été géré chez Total, avec la confusion déplorable qui règne le plus souvent dans les entreprises où l’Etat a son mot à dire. Deux candidats chez Total semblaient en position de prendre la relève, avec tout ce que ce genre de transition en interne peut avoir comme avantage : les prétendants avaient déjà une ancienneté de plusieurs décennies et une connaissance intime des grands métiers du groupe. Ni le contexte politique ni l’interférence de l’Etat n’ont déréglé cette fragile horlogerie. Il suffit de songer à l’atmosphère de secret, de pressions, de jeux d’influence et de manœuvres politiques dans laquelle s’est décidé le départ d’Henri Proglio de la présidence d’EDF pour comprendre à quel point ces deux univers – actionnariat privé et actionnaire public – sont différents et combien leurs préoccupations peuvent être opposées.
Au-delà de la personnalité de Christophe de Margerie, sa succession à la tête d’une entreprise sûre de son destin achève de faire de lui un grand manager.
Une feuille de paie vraiment plus simple
Le gouvernement l’a déjà dit plusieurs fois, Emmanuel Macron en premier, rapidement suivi des bégaiements rassurants du président Hollande : le pays a vraiment besoin de retrouver confiance en lui, et pour cela, il doit passer par une nécessaire simplification de son administration. C’est un véritable choc auquel il faut s’attendre, et ce choc de simplification commencera par quelque chose de très concret : la feuille de paie.
Pas de doute, le gouvernement y va d’autant plus cash que les paies de fin de mois ne sont plus payées en cash depuis des lustres et nécessitent, jusqu’à présent, d’encombrantes démarches et de pénibles calculs pour aboutir à une feuille officielledans les normes. En effet, tout salarié doit le savoir, mais pour qu’une feuille soit correcte, il lui faut respecter un nombre impressionnant de critères complexes.
Outre les mentions habituelles et évidentes portant identification du payeur et du payé, la feuille doit aussi clairement établir les organismes qui toucheront les cotisations, ainsi que la myriade de petites bricoles qui circulent en orbite basse autour de la paie mensuelle, comme les tickets restaurants, les jours de congés, le total des cotisations versées, les nets et bruts imposables, et les comptes bancaires de versement. Notez que jusqu’ici, on n’a pas encore abordé le contenu même de la feuille, qui détaillera ligne à ligne ce qui est dû, ce qui est prélevé au titre de la retraite, des impôts, des taxes, des assurances vieillesse, chômage et autres. Bien évidemment, chacune de ces lignes répond à une mécanique propre, des taux spécifiques, dont les variations, pluriannuelles, doivent être scrupuleusement respectées par l’organisme payeur (le salodepatron) sous peine de poursuites probables.
En tout, il n’est pas rare que cette feuille de paie s’étende langoureusement sur deux pages, écrites petit, et que les calculs, complexes, échappent assez vite tant à la vigilance du payeur que des organismes collecteurs et enfin du salarié qui s’emmerde assez rarement à vérifier que tout y figure bien correctement, que les calculs sont exacts, les taux sont les bons, et les mentions légales complètes. On le comprend, en France, payer ses salariés relève rapidement d’un exercice administratif de haute volée, où le patron, s’il n’est pas aidé d’un expert-comptable, devra se doubler d’un solide fiscaliste pour savoir éplucher les bons codes et retrouver les données et taux sociaux à appliquer.
Il n’était donc que justice que les membres du gouvernement se penchent enfin sur la question pour dépoussiérer un peu ces vilains codes complexes, et nettoient quelque peu la feuille de paie. Vu l’ampleur de la tâche, ils s’y mirent sans doute à plusieurs et relevèrent le défi. Pour eux, une façon évidente de simplifier l’ouvrage consistait à en laisser choir une partie, plof, comme on coupe une jambe gangrenée pour éviter qu’elle emporte le malade tout entier : en réduisant de la feuille l’encombrant calcul des cotisations salariales à sa plus simple expression, on gagnait une place non négligeable. Mieux : en sucrant purement et simplement toute mention des cotisations patronales, la feuille s’en trouvait considérablement allégée.
Youpi. La presse, avertie, n’avait plus qu’à relayer les bonnes idées gouvernementales. Et vas-y que ça nous fait une feuille plus courte (ben tiens, si on fait sauter tous les postes où l’argent s’évapore, c’est d’un coup plus limpide) ! Et vas-y qu’on décortique pour le benêt de salarié ce qui va disparaître, heureux gagnant qu’il est d’une feuille enfin courte et lisible qui n’affichera plus qu’il gagnait en réalité bien plus que la maigre somme déclarée tout en bas avant la fort généreuse « redistribution » effectuée tant par lui-même que par son patron, à son corps défendant mais sans qu’il lui soit laissé le choix, parce que Ta Gueule C’est Magique.
Superbe bond en avant d’une certaine vision édulcorée de la réalité : maintenant, il n’y aura plus de cotisations, mais un simple montant, d’une ligne, correspondant à une disparition (magique) d’un bout de salaire pour aller (toujours de façon magique) abonder à des organismes (sans intérêts) qui font des trucs et des machins en rapport avec la retraite, le chômage et la maladie. Et, d’après les calculs (d’autres, encore plus sioux et raffinés, soyez-en sûrs) de Matignon, cette édulcoration drastique permettra d’économiser plusieurs milliards d’euros par an aux entreprises, à raison d’une dizaine par feuille de paie, par mois.
Notez bien que les calculs, derrière, restent strictement identiques et que le travail ici proposé correspond essentiellement à un « revamping » de la feuille de paie pour la rendre sexy. Le patron (ou son expert-comptable) restera confronté au même casse-tête, aux mêmes taux changeants, aux mêmes avalanches de ponctions diverses allant à différents endroits tous aussi obscurs et mal gérés les uns que les autres. Ces calculs, étant les mêmes, cela veut dire que les deux milliards d’euros d’économies attendues le sont donc sur le toner d’imprimante et le papier des feuilles de paie. Voilà une économie dont le pays ne pouvait vraiment pas se passer.
À la limite, j’encouragerai bien le gouvernement à sauter le pas suivant et débarrasser la feuille de paie de toute mention vraiment complexe, pour aboutir à un modèle résolument plus simple et optimiste, à l’instar de celui présenté ci-dessous.
Cependant … Quand je dis que le casse-tête, pour l’employeur, reste le « même », je veux simplement dire qu’il existera toujours, caché derrière la petite ligne concentrée présentée à ce salarié trop bête ou trop las pour affronter la réalité du paquet affolant de ponctions incompréhensibles sur son salaire. En revanche, grâce à la « simplification » récente, l’ampleur de ce calcul va changer pour … s’accroître encore un peu.
Parce qu’en fait de simplification, on apprend de façon parallèle et pas trop médiatisée (pour le coup) que cette opération de camouflage sur la feuille de paie s’accompagnera au premier janvier 2015 de l’introduction d’une nouvelle contribution URSSAF destinée au financement mutualisé des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs. Oui, vous avez bien lu : les changements introduits dans la nouvelle feuille de paie, non contents de dissimuler habilement au salarié le coût réel de sa protection sociale, serviront aussi à faire financer les syndicats directement par le salarié, indépendamment du fait qu’il soit ou non syndiqué. Vous pouvez toujours ne pas vouloir financer la CGT ou FO, vous n’y couperez donc plus.
Et lorsqu’on voit les modalités de ce nouveau financement, on se dit que la fameuse simplification est une nouvelle usine à gaz greffée à la précédente, déjà connue pour être assez monstrueuse. Et le taux, bien évidemment variable d’une année à l’autre, au plancher de 0.014% et plafonné à 0.02%, sera — rassurez-vous, et pour reprendre les termes du décret — fixé par l’accord national interprofessionnel agréé par le ministère et calculé sur une base déplafonnée, voili voilà, c’est très simple, n’est-ce pas. La créature de Frankestein qu’est devenue la feuille de salaire française continue donc son évolution vers le pire, avec un nouveau bras, une demi-jambe et toujours pas de couilles.
Youpi, le délire collectiviste continue donc bon pied, bon œil. On se gaussera de savoir que les Socialistes Officiels (du PS), ou les Honteux (de l’UMP), haïssant le Front National, le financent tout de même grâce à leurs impôts, ou que les fervents électeurs du FN, grâce à leur contribution fiscale, abondent aux caisses du FdG, du NPA ou du PC… Ce système inique est maintenant étendu dans le monde du travail en imposant aux salariés de financer les syndicats qui ont maintes fois prouvé leur parasitisme et leurs gros penchants mafieux, le tout en cavalier d’une « simplification » de la feuille de paie qui vise à conserver les Français dans l’ignorance des coûts réels de leur protection.
Mais ne vous inquiétez pas : tout ceci est prévu, calculé, calibré pour créer de l’emploi, redresser la situation économique française et nous sortir de la crise, si si.
Ce pays est foutu.
mercredi 22 octobre 2014
Le balancement névrotique de la réforme
Qui croire ? Martine Aubry lorsqu’elle propose, avec les frondeurs, de réorienter 20 milliards d’euros de baisses de charges vers les ménages ? Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, qui lui répond par la négative mais demande au Medef d’arrêter de « quémander toujours plus » ? Ou le sénateur PS Gérard Collomb, critique d’une ligne trop fluctuante, qui assène que l’« on ne peut prendre de mesures sociales fortes si on ne se donne pas les moyens d’une économie performante » ?
Dans cette cacophonie anxiogène, le Premier ministre surnage avec difficulté. Manuel Valls a beau se présenter en garant de la cohérence gouvernementale, le voilà dans le sable mouvant de la synthèse hollandaise, obligé de composer, d’équilibrer, de neutraliser pour éviter d’être englouti par l’absence de résultats. Comme si toute concession au principe de compétitivité passait par un retour à l’étatisme, rempart pour éviter tout procès en ultra-libéralisme.
Ainsi, sa politique de l’offre se double d’une relance de la demande, au prix de déficits persistants. Ainsi, sa déclaration d’amour à l’entreprise se trouve contrebalancée par des mesures abracadabrantesques en passe de jeter les patrons dans la rue : en un donnant-donnant névrotique, CICE et Pacte de responsabilité sont censés compenser les folies du compte pénibilité et le surréalisme des dispositions Hamon sur la cession d’entreprise…
Dans une conjoncture déprimée, le gouvernement est arrivé au bout de ce double langage permanent, de ces stratégies à trois bandes incompréhensibles, de cette quadrature budgétaire insoluble faute de réformes structurelles. Cette arithmétique politique a tué la confiance. Ite missa est.
'L'union monétaire ressemble à un train qui se dirige lentement vers l’appauvrissement, et que l’on ne peut arrêter'
«Les plus grandes économies de la zone euro - l'Italie, la France et l'Allemagne - ne parviennent pas à échapper à la stagnation et sont probablement déjà en train de se contracter. Mais la vraie menace n'est pas le genre de désastre financier qui a failli disloquer l’union monétaire il y a trois ans. La promesse de la Banque centrale européenne de garantir les bilans des banques et des gouvernements a largement compensé ce risque.
Le danger le plus grand pourrait venir d’un effondrement politique - les citoyens de la zone euro continuent d’abandonner les partis traditionnels et manifestent avec leur vote qu’ils voient l'union monétaire comme un train qui se dirige lentement vers l’appauvrissement, et que l’on ne peut arrêter. »
« L'euro est condamné, tout comme la lire, la drachme et la peseta ont échoué. Par conséquent, à mes yeux, nous ferions mieux d’arrêter maintenant, et minimiser les pertes, plutôt que d'attendre que la foudre s’abatte sur la totalité de la zone euro », écrit Edin Mujagic sur Jalta.nl.
Est-ce que ce n’est pas cher pour sortir de l'euro ? Oui, sans doute. Mais il est aussi cher d’y rester et les chances sont grandes que ce soit encore plus cher plus tard – si ce n’est pas déjà le cas – de l’arrêter.
(...) Horst Siebert, un économiste allemand, a déclaré dans les années nonante que l'euro échouerait si l'union monétaire n’était pas cantonnée au nord des Alpes. Il avait raison. Les modèles économiques et les normes économico-financières au nord des Alpes et au sud de ces dernières sont aussi différents que la nuit et le jour.
La seule façon dont l'euro peut continuer à exister, c’est par notre adoption du modèle économique des pays du Club Med, ou alors qu’ils appliquent le nôtre. Il est clair que les pays du Sud ne veulent pas s'adapter. Donc, à nous de partir. Ou plutôt, (...) serait-il préférable que nous nous adaptions au Club Med ? ».
Une information
Une information
On apprend de ces choses de nos jours. La multiplication des sites d’actualité, leur souci de se différencier les uns des autres et d’apporter un « plus », conduisent à proposer des à-côtés proprement hallucinants. A partir du drame de Christophe de Margerie, l’un d’eux va jusqu’à consacrer un long développement… à la moustache. Des spécialistes ont été appelés en renfort pour traiter de la question. Une de ces éminences se qualifie fort sérieusement de « barbier paysagiste ». Elle révèle que le patron de Total avait des « moustaches de chat en colère qui nécessitent un brossage quotidien ». Il pouvait en être fier car en Europe « peu de gens ont ce genre de pilosité faciale ». D’autres détails tout aussi passionnants suivent. C’est ce que l’on appelle de l’information.
mardi 21 octobre 2014
Vinci se positionne pour 14 aéroports en Grèce
Le groupe français Vinci est en lice avec l'allemand Fraport et l'argentin CASA pour la privatisation des aéroports grecs.Selon les informations de l'agence grecque des privatisations (Taiped) relayées par l'AFP, les multinationales Vinci, Fraport et CASA convoitent le rachat des 14 aéroports grecs - dont les aérogares de Thessalonique, les îles touristiques de Corfou, Rhodes, Mykonos et Santorin - répartis en deux lots.
Prise à la gorge par un déficit public abyssal, la Grèce a initié un programme de réformes prévoyant la privation de ses aéroports. Avec la vente de ces 14 aéroports, le pays espère récupérer 2,2 milliards d'euros en 2015, 3,2 milliards en 2016, 2,8 milliards en 2017 et environ 3 milliards en 2018, précise La Tribune.
LA QUESTION EST : OÙ INSTALLER CES AÉROPORTS ?
Réflexions de mi-mandat
A mi-mandat, 2 ans et demi, il me faut reparler de François Hollande. Un sondage Opinion Way le Figaro estime la cote de satisfaction du président de la République à 15% et un taux de rejet de 85%, nouveau record absolu dans l’histoire.
Soyons clair, je n’ai pas l’intention de l’accabler. Rien ne me révulse davantage que toutes ces créatures, ministres, députés, presse, responsables politiques, monde médiatique, simple électeur, qui l’ont adoré, portés aux nues et se joignent aujourd’hui à la curée ou se préparent à l’achever. Je ne joindrai pas ma salive à leurs crachats; jouer la mouche du coche, tirer sur une ambulance, cogner un homme à terre n’est pas dans mon style. La vérité, la voici. Hollande n’est pas pire que la moyenne du politicien français, il en est représentatif et c’est pourquoi il est arrivé si haut. Les aléas de sa vie personnelle qui lui coûtent si cher? Ils sont à l’image de la classe politique nationale dans sa globalité sauf exceptions bien entendu. Les politiciens nationaux (les grands), pour la plupart – pas tous, j’insiste – souffrent d’une maladie de l’esprit, l’hypertrophie de l’ego principal moteur de leur engagement mais qui s’exprime aussi dans les débordements de leur libido et le nihilisme moral. C’est un phénomène banal, non généralisable mais étendu, des plus communs, triste mais observable de tous ceux qui ont approché ce milieu… François Hollande qui en émane et l’incarne si bien est devenu une sorte de bouc émissaire national, haï plus encore par la gauche que par la droite. Pourtant, il n’est rien d’autre que le reflet de la France politique et médiatique actuelle, notamment de celle qui l’a soutenu et s’en détourne lâchement en se lavant les mains avec un air dégoûté.
Bien sûr, le président porte le chapeau de ses erreurs, reculs, annonces démenties par les évènements sur le chômage notamment. Mais voulez-vous parier avec moi? Dans le contexte d’un pays ingouvernable, rongé par une impuissance politique chronique, aucun des prétendants à la magistrature suprême (en incluant bien entendu les extrêmes de droite ou de gauche) ne se porterait mieux après quelque temps à l’Elysée. Au bout de 6 mois, tous seraient cramés, atomisés, déglingués, comme lui. Bien entendu, certains s’y prendraient plus habilement que lui pour faire semblant et détourner l’attention des foules, mais leur répit ne serait que de courte durée. D’ailleurs, depuis l’ère de Gaulle/Pompidou, la cote de popularité des présidents ne cesse de s’effondrer. 70% d’opinions favorables à l’époque. Aujourd’hui 15% de confiance pour un chef de l’Etat dont la mission fondamental est d’incarner et guider le pays: un désastre national. Mais détester Hollande, le moquer, le renier, le lyncher est une attitude désormais banale de lâcheté et lâche de banalité. Nous vivons dans une impasse politique totale, bien au-delà de sa personne. L’obsession des dirigeants est celle de leur image. Dès lors, ils se refusent, les uns après les autres, à engager les vraies réformes de fond douloureuses nécessaires, sachant que l’idée d’un « remède miracle » comme la sortie de l’Europe est une véritable imposture qui ne réglerait strictement rien du drame d’un pays qui, globalement, vit au-dessus de ses moyens et se sclérose, paralysé par les rentes de situation, l’immobilisme, les inégalités dans la répartition du travail et des responsabilités.
Non, cette situation dramatique de la « gouvernance française », qui s’exprime dans la chute sans fin de la cote du chef de l’Etat, pourrait être au contraire l’occasion d’engager un débat de fond, sur l’excès de personnalisation du pouvoir, sur l’avenir de la présidence de la République, des institutions, sur la nécessité de repenser la démocratie, de revenir à une conception plus collective et anonyme du pouvoir – donc moins axée sur l’image – la souveraineté du Parlement, l’efficacité de l’Etat et de l’action publique, la question de savoir pourquoi les politiques quels qu’ils soient, ne parviennent plus à régler les problèmes, le renouvellement de la classe dirigeante, de la représentation nationale. Eh bien non. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir…
CES PHOTO-REPORTERS QUI « TERRORISENT » LES CRS : ENTRETIEN AVEC MARIOS LOLOS
Les Chinois disent « une photo, mille mots »… pour la police grecque, se serait plutôt « une photo, une visite à l’hôpital ». Les passages à tabac des photo-reporters par les policiers durant les manifestations sont devenus une routine en Grèce.
Lorsqu'un(e) jeune décide de devenir photo-reporter, il sait que, tôt ou tard, il aura affaire aux matraques des CRS grecs. De même que, lorsqu'un jeune décide de devenir CRS, il « exercera ses talents », tôt ou tard, par la violence, sur un photo-reporter.
Jusqu'à il y a quelques jours, les passages à tabac, les actions d'intimidation et le gazage des photo-reporters par la police étaient restés impunis. Les informations annoncent que « le tribunal d'Athènes a condamné un CRS à une peine de prison de 8 mois avec sursis pour avoir frappé au visage la photo-reporter Tatiana Bolari, en octobre 2011... ».
Mais derrière cette annonce se cachent des hommes, les acteurs de ces événements : les photo-reporters, qui sont habitués à nous informer sur ces événements, et non à en constituer eux-mêmes le sujet principal. L'un d'entre eux, Marios Lolos, est le président de l'Union des photo-reporters.
Popaganda : As-tu été surpris par la décision du tribunal ?
Marios Lolos : Il existe deux lectures de cette décision. D'un côté, le Tribunal à admis lui aussi qu'un membre des CRS a frappé une photo-reporter, Tatiana Bolari, et l'homme en question a été condamné à 8 mois de prison avec sursis. Il existait déjà une décision de justice pour aggression de journaliste par la police, mais pour aggression de photo-reporter, c'est la première fois, et peut-être la dernière. La seconde lecture de cette décision, négative cette fois, c'est que le policier n'a pas été condamné pour avoir avoir abusé de son pouvoir ou manqué à son service. C'est comme si le Tribunal disait que frapper un reporter fait partie du travail du policier.
Marios Lolos : Il existe deux lectures de cette décision. D'un côté, le Tribunal à admis lui aussi qu'un membre des CRS a frappé une photo-reporter, Tatiana Bolari, et l'homme en question a été condamné à 8 mois de prison avec sursis. Il existait déjà une décision de justice pour aggression de journaliste par la police, mais pour aggression de photo-reporter, c'est la première fois, et peut-être la dernière. La seconde lecture de cette décision, négative cette fois, c'est que le policier n'a pas été condamné pour avoir avoir abusé de son pouvoir ou manqué à son service. C'est comme si le Tribunal disait que frapper un reporter fait partie du travail du policier.
"Avant 2008, on prenait les photos derrière les CRS, et on était contrôlés. Après 2008, on a décidé de passer du côté des manifestants, et ça n'a pas plu du tout."
J'étais témoin au procès, j'ai entendu la déposition du supérieur de ce CRS et la défense de son avocat. Jamais je n'avais entendu des mensonges pareils ! Ils ont présenté une photo où apparaît une femme qui tente d'enlever le masque du CRS, prétendant que cette femme était Tatiana, alors que les incidents étaient terminés au moment des faits : la circulation automobile avait été rétablie quand les policiers ont commencé à s'attaquer aux photo-reporters. Aucun collègue le portait de masque ni de casque pour se protéger. Tatiana, comme d'autres collègues, a commencé a protester et c'est à ce moment que le policier l'a frappée. Ce policier, pendant ces 3 années qui ont suivi, a travaillé comme si de rien n'était, et continue à travailler normalement. La décision de justice est un message adressé à mes confrères : nous ne devons pas avoir peur.
Concernant ces cas d'extrême violence policière, monsieur Lolos a lui-même beaucoup à dire… il en a aussi fait les frais…
Personnellement, j'ai été hospitalisé pour traumatisme crânien, et il s'en est fallu de peu que j'en meure.
Personnellement, j'ai été hospitalisé pour traumatisme crânien, et il s'en est fallu de peu que j'en meure.
"Les policiers de la section DELTA non plus, ne portent pas de matricule. Ils ont frappé un confrère de l'agence française, nous avions la plaque d'immatriculation de leur moto, et malgré cela, ils n'ont pas été retrouvés."
Sans l'opération, au mieux je serais épileptique, et au pire, mort. Le coup m'a laissé un problème de toucher à la main gauche, j'ai en permanence l'impression de porter un gant, et quelquefois des choses me glissent de la main. C'est arrivé en mars 2012, un jour après l'« assassinat politique » de Dimitris Christoulas, le pharmacien en retraite qui s'est tiré une balle sur la place Syntagma [place du Parlement] – pour moi, il s'agit là d'un assassinat politique dans la mesure où cet homme ne s'est pas suicidé parce qu'il ne savait pas quoi faire de sa vie, ni parce qu'il était dépressif. Son suicide a eu lieu dans une situation politique bien précise, et constitue un geste politique. Le lendemain, un rassemblement a eu lieu. À un moment donné, la police a repoussé les manifestants et, sur la place, seuls sont restés les photo-reporters et les journalistes. Ils ont commencé à nous repousser vers la rue Panepistimiou, où la section de police est apparue. Soudain, j'ai senti qu'ils me frappaient dans le dos avec leurs boucliers ; et ensuite, un coup sur la tête, puis tout est devenu blanc. Au début, je n'avais pas compris ce qui s'était passé. Quand j'ai repris mes esprits, j'ai essayé d'allumer une cigarette mais elle m'a glissé des doigts. J'avais perdu le sens du toucher à la main gauche et j'avais une bosse. Je suis allé à l'hôpital, les médecins qui m'ont examiné m'ont dit que je devais être opéré immédiatement par un neurochirurgien. Chrysoïdis, le ministre à ce moment-là, a fait une annonce. J'ai reçu un bouquet de fleur du Président de la République. Mais le policier qui m'a frappé n'a pas été retrouvé.
C'est si difficile que ça, de retrouver les policiers qui frappent dans des lieux publics ?
Dans mon cas particulier, c'était très facile, parce qu'il n'y avait qu'une section de police à cet endroit-là, c'est-à-dire environ 20 agents, ça n'était pas sorcier.
Dans mon cas particulier, c'était très facile, parce qu'il n'y avait qu'une section de police à cet endroit-là, c'est-à-dire environ 20 agents, ça n'était pas sorcier.
Alors pourquoi ne sont-ils pas retrouvés ?
Parce que personne ne le veut ! Notre Union ne se positionne pas contre le chef de la police, mais contre les dirigeants politiques. Ce n'est pas le policier qui nous intéresse, c'est l'homme politique. Auparavant, Chrysoïdis avait annoncé que les CRS porteraient un matricule permettant de les identifier. Les policiers de la section DELTA non plus, ne portent pas de matricule. Ils ont frappé un confrère de l'agence française, nous avions la plaque d'immatriculation de leur moto, et malgré cela, ils n'ont pas été retrouvés.
Parce que personne ne le veut ! Notre Union ne se positionne pas contre le chef de la police, mais contre les dirigeants politiques. Ce n'est pas le policier qui nous intéresse, c'est l'homme politique. Auparavant, Chrysoïdis avait annoncé que les CRS porteraient un matricule permettant de les identifier. Les policiers de la section DELTA non plus, ne portent pas de matricule. Ils ont frappé un confrère de l'agence française, nous avions la plaque d'immatriculation de leur moto, et malgré cela, ils n'ont pas été retrouvés.
Quand le métier de photo-reporter est-il devenu dangereux ?
"Quand le ministre de la Protection du citoyen a vu que notre boycot des déclarations officielles lui faisait du tort, il nous a convoqués dans son bureau et nous a dit ni plus ni moins qu'il ne pouvait pas nous assurer que la police ne nous aggresserait plus."
À partir de décembre 2008, quand nous avons annoncé que nous allions travailler avec l'équipe d'aide aux jeunes arrêtés durant les arrestations. Nous avons fait cela parce qu'à l'époque ils arrêtaient beaucoup de gosses qui n'avaient rien sur eux, et ensuite ils les montraient avec un sac [supposé contenir cocktail molotov, pierres ou autres]. Donc on prenait des photos pendant le déroulement des faits, et c'est comme ça qu'on a démontré que, le plus souvent, les jeunes n'avaient pas de sac. Et ça, ça n'a pas plu ! Avant 2008, on prenait les photos derrière les CRS, et on était contrôlés. Après 2008, on a décidé de passer du côté des manifestants, et ça n'a pas plu du tout. Quand on a compris qu'on n'arriverait à rien avec des déclarations, on a commencé à boycotter les apparations officielles des politiques. Quand Tatiana Bolari a été agressée, Christos Papoutsis était ministre de la Protection du Citoyen. Quand il a vu que notre boycot lui faisait du tort, il nous a convoqués dans son bureau et nous a dit ni plus ni moins qu'il ne pouvait pas nous assurer que la police ne nous aggresserait plus.
"Ils peuvent brandir leurs matraques, nous effrayer, nous menacer autant qu'ils veulent, nous continuerons à photographier."
Il a proposé que tous les photo-reporters portent un gilet fluorescent, comme des sapins de Noël, à quoi nous avons répondu qu'on ne porte ces gilets que dans les guerres, en nous demandant s'il considérait la place Syntagma comme une zone de conflit armé. Il nous avait aussi dit que les forces de police considèrent les appareils photos comme des armes mortelles en puissance. Je suis allé à une conférence du POASY (fédération nationale des employés de police) et je leur ai expliqué que ce qui nous intéresse, nous, photo-reporters, ce n'est pas le nom du policier, ni qui il est ou ce qu'il fait en dehors du service. Ce qui nous intéresse, c'est ce qu'il fait à partir du moment où il porte l'uniforme. Quand ils se prennent les cocktail molotov et qu'on prend des photos, on est des gentils, mais quand on prend des photos alors qu'ils tabassent on est des méchants ?
Et à l'étranger ?
À l'étranger aussi, il y a des cas de violence policière, mais il existe une différence : le coupable, ils le trouveront et il sera condamné. Même en Amérique, où les choses sont très violentes, ils sont condamnés. Ici les dirigeants politiques ne veulent pas que soient identifiés les policiers qui cognent, parce qu'ils ne peuvent pas d'un côté leur demander de faire le sale boulot, et de l'autre les condamner. La façon dont les choses se passent ici, ça n'existe nulle part ailleurs.
À l'étranger aussi, il y a des cas de violence policière, mais il existe une différence : le coupable, ils le trouveront et il sera condamné. Même en Amérique, où les choses sont très violentes, ils sont condamnés. Ici les dirigeants politiques ne veulent pas que soient identifiés les policiers qui cognent, parce qu'ils ne peuvent pas d'un côté leur demander de faire le sale boulot, et de l'autre les condamner. La façon dont les choses se passent ici, ça n'existe nulle part ailleurs.
Avec le mémorandum, beaucoup de photo-reporters étrangers sont venus en Grèce…
Quand ils sont arrivés ici, ils portaient des gilets pare-balles et des casques. Et ça, ils ne le font pas partout. Heureusement, personne n'a été blessé, mais j'ai sauvé du passage à tabac beaucoup de confrères étrangers.
Quand ils sont arrivés ici, ils portaient des gilets pare-balles et des casques. Et ça, ils ne le font pas partout. Heureusement, personne n'a été blessé, mais j'ai sauvé du passage à tabac beaucoup de confrères étrangers.
Comment changer cette situation ?
Faire des déclarations ou aller voir chaque ministre de l'Ordre Public n'est d'aucune utilité. Nous avons besoin d'un réseau de protection, et ce réseau de protection, ce doit être les gens dans la rue, les manifestants qui, quand ils se rendent compte qu'un policier frappe quelqu'un, ne doivent pas regarder de l'autre côté et partir. Objectivement, c'est la seule façon de se protéger. Ils peuvent brandir leurs matraques, nous effrayer, nous menacer autant qu'ils veulent, nous continuerons à photographier.
Faire des déclarations ou aller voir chaque ministre de l'Ordre Public n'est d'aucune utilité. Nous avons besoin d'un réseau de protection, et ce réseau de protection, ce doit être les gens dans la rue, les manifestants qui, quand ils se rendent compte qu'un policier frappe quelqu'un, ne doivent pas regarder de l'autre côté et partir. Objectivement, c'est la seule façon de se protéger. Ils peuvent brandir leurs matraques, nous effrayer, nous menacer autant qu'ils veulent, nous continuerons à photographier.
La suite de cet article est en cours de traduction : un autre cas qui a choqué l'opinion publique, celui du journaliste Manolis Kypraios
Source : popaganda.gr
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Monsieur le Président ,
J'espère que votre secrétariat va être submergé par le courrier des retraités !!
Ceux qui sont en retraite de nos jours
n'ont pas travaillé 35h00 par semaine,
n'ont pas eu 5 semaines de congés payés,
20 jours de RTT,
n'ont pas commencé à travailler entre 22 et 25 ans,
et pour beaucoup, les retraités du privé, ont travaillé après 60 ans,
en ayant commencé à 16 ans voire moins !
Et, aujourd’hui ils devraient être pénalisés, quelle honte.
Ils ont largement cotisé.
Les retraités aident leurs enfants, petits-enfants,
le chômage touche tout le monde, les études sont de plus en plus chères,
et les grands-parents sont continuellement sollicités.
Alors STOP
Il y a des économies à faire dans ce pays, mais les énarques,
sont tellement loin des réalités quotidiennes...
Des amies à moi, ouvrières en couture,
touchent aujourd'hui 900 EUR / mois
et les cas comme celui-là ne manquent pas..
Ces femmes dont il est question, vont devoir sauver la sécurité sociale,
dont profitent certains qui n'ont jamais cotisé ?
Des vieux retraités habitant de vieux logements mal isolés
vont devoir payer plus cher leur électricité
pendant que des étrangers en situation irrégulière
vont être logés et chauffés aux frais du contribuable.
Honte à vous, gens de gauche,
près du peuple soit disant.
> > > > > > >
Je n'ai pas fait de grandes études,
mais je peux vous donner quelques solutions pour faire des économies :
Supprimer le SENAT qui ne sert à rien,
et que vous avez tant décrié quand vous n'en aviez pas le contrôle !
80% de ces gens ont largement dépassé l'âge de la retraite,
et continuent de percevoir des revenus indécents
pour dormir dans des sièges confortables !
Diviser par 2 le nombre des députés, cela suffirait.
Supprimer les budgets alloués par l’État à la presse quotidienne,
aux journaux télévisés, aux radios, qu'ils se financent avec la publicité
Supprimer la gratuité totale de l'ENA,
pour ceux qui accèdent à des postes de cadres dirigeants dans le privé,
ils devraient rembourser...
Supprimer les avantages donnés aux fonctionnaires en poste outre-mer,
et aux investisseurs tous les départements français devraient être égaux.
Aligner le système de retraite des fonctionnaires sur le système des privés,
vous qui parlez toujours de supprimer les privilèges.
Rétablir les 39 heures/semaine dans la fonction publique.
Supprimer les subventions aux multiples associations,
dont beaucoup sont, comme SOS racisme, des officines de la gauche..
On peut aussi supprimer les abattements d'impôts octroyés aux journalistes !
C'est un avantage injuste, mais c’est vrai qu'ils ont largement contribués
à l'arrivée au pouvoir de la gauche,
et qu'il faut donc les récompenser...mais : motus !..
Cet argent gaspillé sont NOS impôts, alors STOP !
Un peu plus de contrôles pour éviter les arrêts maladie de complaisance,
et réduire un peu le trou de la Sécu.
STOP aux primes allouées aux médecins
qui ne prescrivent pas trop de médicaments !
ils font tout simplement leur travail consciencieusement,
en évitant d'engraisser les grands laboratoires pharmaceutiques,
si bien défendus par Mme Bachelot,
HONTE à elle, prête à tout pour exister.
Passer des accords avec les dirigeants des pays du MAGHREB,
pour que les Voyous étrangers, soient emprisonnés dans leur pays
pour la durée de leur peine, et ne soient pas à la charge de notre Pays.
Les prisons chez eux sont de vraies prisons
et non des centres de loisirs qui nous coûtent très cher.
> > > > >STOP à l’Âme véritable pompe aspirante !!
STOP aux voyages à l'étranger avec autant de ministres,
ces déplacements sont simplement des "remerciements"
des vacances offertes gracieusement...
les Retraités ont le temps d'aller en vacances, en week-end,
au cinéma, au restaurant, au club de sport (pour certains) et alors ?
ce n'est pas gratuit pour eux, et ils contribuent à l'économie du Pays,
et c'est encore sur cette population que l'on veut frapper !
les retraités propriétaires sont montrés du doigt !!
mais ils se sont privés toute leur vie
pour ne plus avoir de loyer à payer pendant leur retraite,
ils payent déjà sur leur logement, qu'ils ont remboursé en 15 ou 20 ans,
des impôts fonciers de plus en plus lourds...
il faut donc pénaliser les gens économes et travailleurs,
pour aider ceux qui ont profité des largesses de la société toute leur vie ?
Et maintenant il est question de les imposer sur un « loyer fictif »
mais n'est-ce pas déjà cela l'impôt foncier ?
Vous n'ignorez pas les tarifs d’hébergement des maisons de retraite
2200 euros et plus par mois,
Qui peut financer cela ?
Celles et ceux qui n'en n’ont pas les moyens
se retrouvent dans des mouroirs,
alors que les prisons sont de plus en plus luxueuses et gratuites !
La fameuse «relance» dont vous aviez le secret
se traduit aujourd'hui par une croissance zéro
en 2012 et aussi en 2013.
Diminuer le coût du travail ne coûterait rien si l'on revenait
à 3 semaines de congés, mais ce sont les syndicats
qui vous ont fait roi et aujourd'hui ils vous tiennent,
alors vous amusez la galerie avec le mariage des homos
et le vote des étrangers....
Le remue ménage autour d'une bande de petits voyous islamistes
est bien venu pour faire oublier que dans les sondages
votre côte est en chute libre.
Les français ne sontpeut-être pas aussi cons que vous le pensiez !
Ne méprisez pas ce message et agréez, Monsieur le Président, mes salutations.
Cette lettre exprime ce qu’un très grand nombre de personnes
découvrent, pensent, et veulent dire haut et fort !
Hélas … je suis sûr que son destinataire, principal intéressé,
s’en moquera, enfermé dans sa « normalitude »,
entouré de son gouvernement de pieds nickelés
et imbu de sa haute fonction de Président élu !
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La Grèce rechute, prouvant que la crise n'est pas finie
La mini-crise boursière qui a secoué la Grèce a surpris tout le monde à Athènes.
Un peu comme une piqûre de rappel pour ne pas oublier que cette crise est là, installée pour de longues années encore dans le pays.
Remontée brutale des taux d’obligation à dix ans de 9 %, baisse, sur deux jours, de la bourse d’Athènes de plus de 10%, en cours de séance, 11% de chute de l’indice des banques; cette rechute de l’économie grecque était la plus grosse rechute depuis deux ans.
Cet événement intervient alors même que le gouvernement de coalition socialo-conservatrice mettait en avant ses réussites économiques, son retour sur les marchés, son excédent budgétaire primaire et ses deux émissions d’obligation à moyen terme. Et clamait haut et fort une prochaine sortie de la tutelle économique de la Troika. Une Troïka qui a prêté au pays 240 mrds€ pour lui éviter la banqueroute.
Mais ceci expliquant cela, justement, les marchés sont devenus nerveux, d’où, entre autres, les attaques financières sur Athènes.
Pour Panayotis Petrakis, professeur d'économie financière à l'université d'Athènes, cette réaction était "un signe clair de la situation
économique du pays et de l'incertitude sur les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers sur le maintient de cette tutelle financière."
Opinion largement partagée par tous les éditorialistes grecs du pays qui accusent la classe politique d’irresponsabilité.
La gauche pour exiger la tenue de législatives anticipées, les conservateurs pour avoir affirmé pouvoir se passer de la Troïka alors que c’est loin d’être le cas. Avec pour résultat, une mini-panique boursière et une fragilisation supplémentaire de l’économie du pays. Le tout sur fond d’incertitude politique.
La gauche radicale qui caracole dans les sondages pourrait bien venir aux affaires en cas d’élections. Surtout si elles interviennent avant le printemps comme tout le laisse croire.
Un peu comme une piqûre de rappel pour ne pas oublier que cette crise est là, installée pour de longues années encore dans le pays.
Remontée brutale des taux d’obligation à dix ans de 9 %, baisse, sur deux jours, de la bourse d’Athènes de plus de 10%, en cours de séance, 11% de chute de l’indice des banques; cette rechute de l’économie grecque était la plus grosse rechute depuis deux ans.
Cet événement intervient alors même que le gouvernement de coalition socialo-conservatrice mettait en avant ses réussites économiques, son retour sur les marchés, son excédent budgétaire primaire et ses deux émissions d’obligation à moyen terme. Et clamait haut et fort une prochaine sortie de la tutelle économique de la Troika. Une Troïka qui a prêté au pays 240 mrds€ pour lui éviter la banqueroute.
Mais ceci expliquant cela, justement, les marchés sont devenus nerveux, d’où, entre autres, les attaques financières sur Athènes.
Pour Panayotis Petrakis, professeur d'économie financière à l'université d'Athènes, cette réaction était "un signe clair de la situation
économique du pays et de l'incertitude sur les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers sur le maintient de cette tutelle financière."
Opinion largement partagée par tous les éditorialistes grecs du pays qui accusent la classe politique d’irresponsabilité.
La gauche pour exiger la tenue de législatives anticipées, les conservateurs pour avoir affirmé pouvoir se passer de la Troïka alors que c’est loin d’être le cas. Avec pour résultat, une mini-panique boursière et une fragilisation supplémentaire de l’économie du pays. Le tout sur fond d’incertitude politique.
La gauche radicale qui caracole dans les sondages pourrait bien venir aux affaires en cas d’élections. Surtout si elles interviennent avant le printemps comme tout le laisse croire.
Incertitude politique
Le Parlement doit, en effet, élire le futur président du pays, d’ici janvier 2015.
Mais, si le Premier ministre, Antonis Samaras, ne rassemble pas les 180 députés nécessaires, sur 300, autour d’un candidat, le pays sombre dans des législatives anticipées. Or, la majorité gouvernementale ne compte que 155 députés, d’où les peurs légitimes des marchés.
Du coup tout le monde a mis de l’eau dans son vin. La Commission a réaffirmé un très ferme soutien au pays et la Banque centrale européenne (BCE) a donné un coup de pouce à ses banques. Même si, à l’heure actuelle, personne ne sait toujours pas comment le pays va combler son trou budgétaire, estimé à 12 mrds€. Le gouvernement a annoncé que la Grèce envisagerait un filet de sécurité après la fin du programme européen (prévu en décembre 2014), qui prendrait la forme d'une ligne de crédit de précaution de la part du Mécanisme Européen de Stabilité (MES).
"Nous sommes à un point d'équilibre délicat, la dynamique actuelle dans le paysage économique implique une stabilité politique", a déclaré Guikas Hardouvelis dans un entretien à l'hebdomadaire dominical RealNews. Le ministre grec des Finances a imputé "les réactions négatives" des marchés à"l'incertitude" sur l'économie du pays qui pèse avec la fin du programme d'aide européen arrivant à échéance en décembre 2014. "Le redressement des marchés reviendra quand les causes de cette incertitude vont disparaître."
Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale "Syriza", principal parti d'opposition en Grèce en tête dans tous les sondages, a une opinion différente. Pour lui, "seule une solution sur la dette publique du pays pourrait freiner les spéculations des marchés."
Mais, si le Premier ministre, Antonis Samaras, ne rassemble pas les 180 députés nécessaires, sur 300, autour d’un candidat, le pays sombre dans des législatives anticipées. Or, la majorité gouvernementale ne compte que 155 députés, d’où les peurs légitimes des marchés.
Du coup tout le monde a mis de l’eau dans son vin. La Commission a réaffirmé un très ferme soutien au pays et la Banque centrale européenne (BCE) a donné un coup de pouce à ses banques. Même si, à l’heure actuelle, personne ne sait toujours pas comment le pays va combler son trou budgétaire, estimé à 12 mrds€. Le gouvernement a annoncé que la Grèce envisagerait un filet de sécurité après la fin du programme européen (prévu en décembre 2014), qui prendrait la forme d'une ligne de crédit de précaution de la part du Mécanisme Européen de Stabilité (MES).
"Nous sommes à un point d'équilibre délicat, la dynamique actuelle dans le paysage économique implique une stabilité politique", a déclaré Guikas Hardouvelis dans un entretien à l'hebdomadaire dominical RealNews. Le ministre grec des Finances a imputé "les réactions négatives" des marchés à"l'incertitude" sur l'économie du pays qui pèse avec la fin du programme d'aide européen arrivant à échéance en décembre 2014. "Le redressement des marchés reviendra quand les causes de cette incertitude vont disparaître."
Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale "Syriza", principal parti d'opposition en Grèce en tête dans tous les sondages, a une opinion différente. Pour lui, "seule une solution sur la dette publique du pays pourrait freiner les spéculations des marchés."
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