TOUT EST DIT

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mardi 21 octobre 2014

Réflexions de mi-mandat

A mi-mandat, 2 ans et demi, il me faut reparler de François Hollande. Un sondage Opinion Way le Figaro estime la cote de satisfaction du président de la République à 15% et un taux de rejet de 85%, nouveau record absolu dans l’histoire.
 Soyons clair, je n’ai pas l’intention de l’accabler. Rien ne me révulse davantage que toutes ces créatures, ministres, députés, presse, responsables politiques, monde médiatique, simple électeur, qui l’ont adoré, portés aux nues et se joignent aujourd’hui à la curée ou se préparent à l’achever. Je ne joindrai pas ma salive à leurs crachats; jouer la mouche du coche, tirer sur une ambulance, cogner un homme à terre n’est pas dans mon style. La vérité, la voici. Hollande n’est pas pire que la moyenne du politicien français, il en est représentatif et c’est pourquoi il est arrivé si haut. Les aléas de sa vie personnelle qui lui coûtent si cher? Ils sont à l’image de la classe politique nationale dans sa globalité sauf exceptions bien entendu. Les politiciens nationaux (les grands), pour la plupart – pas tous, j’insiste – souffrent d’une maladie de l’esprit, l’hypertrophie de l’ego principal moteur de leur engagement mais qui s’exprime aussi dans les débordements de leur libido et le nihilisme moral. C’est un phénomène banal, non généralisable mais étendu, des plus communs, triste mais observable de tous ceux qui ont approché ce milieu… François Hollande qui en émane et l’incarne si bien est devenu une sorte de bouc émissaire national, haï plus encore par la gauche que par la droite. Pourtant, il n’est rien d’autre que le reflet de la France politique et médiatique actuelle, notamment de celle qui l’a soutenu et s’en détourne lâchement en se lavant les mains avec un air dégoûté.
Bien sûr, le président porte le chapeau de ses erreurs, reculs, annonces démenties par les évènements sur le chômage notamment. Mais voulez-vous parier avec moi? Dans le contexte d’un pays ingouvernable, rongé par une impuissance politique chronique, aucun des prétendants à la magistrature suprême (en incluant bien entendu les extrêmes de droite ou de gauche) ne se porterait mieux après quelque temps à l’Elysée. Au bout de 6 mois, tous seraient cramés, atomisés, déglingués, comme lui. Bien entendu, certains s’y prendraient plus habilement que lui pour faire semblant et détourner l’attention des foules, mais leur répit ne serait que de courte durée. D’ailleurs, depuis l’ère de Gaulle/Pompidou, la cote de popularité des présidents ne cesse de s’effondrer. 70% d’opinions favorables à l’époque. Aujourd’hui 15% de confiance pour un chef de l’Etat dont la mission fondamental est d’incarner et guider le pays: un désastre national. Mais détester Hollande, le moquer, le renier, le lyncher est une attitude désormais banale de lâcheté et lâche de banalité. Nous vivons dans une impasse politique totale, bien au-delà de sa personne. L’obsession des dirigeants est celle de leur image. Dès lors, ils se refusent, les uns après les autres, à engager les vraies réformes de fond douloureuses nécessaires, sachant que l’idée d’un « remède miracle » comme la sortie de l’Europe est une véritable imposture qui ne réglerait strictement rien du drame d’un pays qui, globalement, vit au-dessus de ses moyens et se sclérose, paralysé par les rentes de situation, l’immobilisme, les inégalités dans la répartition du travail et des responsabilités.
Non, cette situation dramatique de la « gouvernance française », qui s’exprime dans la chute sans fin de la cote du chef de l’Etat, pourrait être au contraire l’occasion d’engager un débat de fond, sur l’excès de personnalisation du pouvoir, sur l’avenir de la présidence de la République, des institutions, sur la nécessité de repenser la démocratie, de revenir à une conception plus collective et anonyme du pouvoir – donc moins axée sur l’image – la souveraineté du Parlement, l’efficacité de l’Etat et de l’action publique, la question de savoir pourquoi les politiques quels qu’ils soient, ne parviennent plus à régler les problèmes, le renouvellement de la classe dirigeante, de la représentation nationale. Eh bien non. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir…