TOUT EST DIT

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samedi 19 janvier 2013

Le grondement sourd de la révolte

Le grondement sourd de la révolte


Les lendemains de la manifestation du 13 janvier ont montré une France plus déchirée qu’elle ne l’avait jamais été au cours des dernières décennies, en pleine « guerre civile froide». Le profond mépris d’une caste dirigeante qui rassemble les militants dits « de gauche », du monde associatif, les media, les élites branchées parisiennes, contrôlant aujourd’hui tous les leviers de pouvoir et d’influence, s’est exprimé sans aucune limite. Un article publié par une parlementaire de la majorité reflète admirablement la morgue de ce milieu et encore n’est-ce qu’un exemple parmi tant d’autres : « La France réactionnaire a arpenté Paris en masse … Une France réactionnaire – surtout en retrait des grandes agglomérations. La France recroquevillée… …Bientôt l’Église fermera boutique… C’est par l’effet de ce même conservatisme que cette France-là a peur de l’Autre, un Autre qui peut être, au choix, l’étranger, l’immigré, l’Arabe, le musulman, le gay, le Rom, mais aussi le voisin, la femme de ménage, ou le petit jeune qui passe en mobylette… Et c’est par l’effet de ce même conservatisme qu’elle continue à redouter la mondialisation, comme elle a abhorré dans le passé le cosmopolitisme. Pourquoi donc lésiner sur la caricature, le cliché et la tarte à la crème? Tous les coups sont permis pour abattre l’ennemi! Son compte est bon : mort à la France « moisie », la France non parisienne, la France provinciale ou rurale, la France travailleuse, ouvrière et paysanne, de tradition chrétienne, la France d’en bas, la France profonde, « cette France-là » qui les révulse tant…  D’ailleurs, la répétition de l’insulte de base, « réactionnaire », nous rappelle la belle époque des totalitarismes triomphants. Mais qu’ont-ils donc à gagner à dresser ainsi, artificiellement,  une France contre une autre?
En face, qu’il y a-t-il ? Un pays qui n’en peut plus de subir le mépris et le bourrage de crâne de ses élites. Il faut voir cet extraordinaire sondage CEVIPOF de janvier 2013. Seuls 31% des Français font confiance à l’Union européenne (- 9% en un an), 31% à la présidence de la République, 28% à l’Assemblée nationale… 85% estiment que les politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent. Seuls 12% font encore confiance aux partis politiques et 23% aux media ! 68% estiment que le clivage droite/gauche ne veut plus rien dire. La politique inspire du dégoût à 26% d’entre eux et de la méfiance à 38%. 65% pensent « qu’il y a trop d’immigrés » au rebours de l’idéologie officielle, martelée du matin au soir, selon laquelle « l’immigration est une chance ». Il est absolument sidérant que les résultats de cette enquête n’interpellent pas davantage les élites politiques, ces dernières ne manifestant aucune velléité d’autocritique. Le sentiment d’une fracture irrémédiable, croissante entre le peuple et ses élites est la cause de toutes les révolutions. Il n’y a qu’une façon d’en sortir pour éviter que la guerre civile froide ne dégénère en un véritable conflit ouvert: rendre le pouvoir au peuple, à travers le recours au référendum et le renouveau de la démocratie représentative.

La liberté religieuse testée sur le terrain

La liberté religieuse testée sur le terrain


puce_carreCoïncidence, fortuite ou bien voulue : d’une part l’énergique protestation de Mgr Dominique Mamberti, chargé par le Pape des relations du Saint-Siège avec les Etats ; d’autre part le 15 janvier, les décisions publiées à Strasbourg par la Cour européenne des droits de l’homme, analysées dans Présent d’hier par Jeanne Smits.
La Cour européenne pose le principe et donne l’exemple d’une limitation politique et judiciaire imposée à la liberté religieuse.
Mgr Mamberti lance au contraire un appel à « préserver la liberté religieuse dans sa dimension collective et sociale ».
puce_carreDans ses décisions, la Cour européenne formule ce principe :
« Lorsque la pratique religieuse d’un individu empiète sur les droits d’autrui, elle peut faire l’objet de restrictions. »
Ah oui ?
Alors pourquoi pas l’inverse :
« Lorsque les droits d’un individu empiètent sur la pratique religieuse d’autrui, ces droits peuvent faire l’objet de restrictions. »
Toute la question est là : lorsque le droit de l’Etat contredit le droit de l’Eglise, lequel doit l’emporter ?
Le droit de l’Etat, bien sûr, dans les régimes démocratiques, qui rejettent les religions dans le domaine de la vie privée, ou bien qui, au mieux, n’admettent les religions dans le domaine public qu’au titre d’associations comme les autres, pas plus.
puce_carreTelle qu’elle est énoncée d’ordinaire la « liberté religieuse » n’y peut rien : elle reconnaît avoir pour limite ce qui porterait atteinte à l’ordre public. Or l’ordre public, et l’étendue de ses droits, sont définis par les pouvoirs publics. Dans les démocraties modernes, ce sont les pouvoirs publics, et non l’Eglise, qui définissent les droits de l’homme au nom de la supposée « volonté générale ». C’est ainsi que les droits de l’homme sans Dieu ont établi une autonomie de la personne humaine qui ne reconnaît aucune autorité, aucune loi, aucune valeur qui lui serait supérieure. On n’a pas voulu le comprendre. On se trouve maintenant en face d’une liste des droits de l’homme qui ajoute à l’avortement, peu à peu, la lutte contre toute discrimination, le pseudo-mariage homosexuel, l’ordination des femmes. Les vœux religieux (obéissance, pauvreté, chasteté) sont absolument contraires aux droits de l’homme sans Dieu, on le savait pourtant depuis la Révolution française, on l’avait oublié, on va de nouveau en entendre parler. Liberté religieuse, oui, sauf pour ce qui serait contraire à l’ordre public démocratique, qui est envahissant et totalitaire.
Il apparait ainsi que la liberté religieuse conçue comme un droit de la personne humaine n’est pas un fondement suffisant face au totalitarisme démocratique. Elle suffit sans doute, mais uniquement faute de mieux, pour « les » religions en général. Pour l’Eglise catholique, cette liberté religieuse de la personne humaine n’est pas le principe premier et fondamental de sa liberté, celle-ci est une conséquence.
puce_carreCe qui met l’Eglise catholique au-dessus de toute prétention abusive de l’ordre public, c’est qu’elle a été fondée par Dieu et qu’elle a reçu de Dieu sa mission. C’est ce qui constitue la singularité et la force de la liberté souveraine qui est la sienne chaque fois qu’elle parle et qu’elle agit au nom de Dieu.
— Cela pouvait être efficace au temps de la Chrétienté. Aujourd’hui les classes dirigeantes, les hommes d’Etat, les télévisions ne croient guère en Dieu, certainement pas en Jésus-Christ, et n’entendraient point un tel langage.
— Peu importe, car d’avance on n’en sait rien. A chacun son rôle et sa responsabilité. L’Eglise catholique est libre quand elle annonce la parole de Dieu et qu’elle propose les sacrements du Christ, sous Néron comme sous Constantin, face à Attila comme face à Clovis. A ceux-ci de ne pas se tromper.
JEAN MADIRAN

Rendement de l'assurance vie : Madame est (des)servie !


Après un taux moyen de 3.00% servi en 2011, l'assurance vie passera en dessous de ce seuil en 2012, signant ainsi une onzième année consécutive de baisse des rendements. L'assurance vie pourrait pâtir d'une concurrence encore plus frontale avec le livret A, même avec un taux abaissé à 1.75%.
Les premiers taux de rendement communiqués ne sont jamais les plus mauvais. Ils donnent néanmoins déjà une tendance : la baisse est certes modérée, mais le taux moyen servi passera bien en dessous des 3% en 2012, loin des 5.3% servis en 2001.
Avec un plafond du livret A relevé à 22950 euros et du LDD à 12000 euros, l'attractivité de l'assurance vie perd de plus en plus de terrain. Et même avec un taux abaissé à 1.75% le 1er février, le livret A garde de sa superbe, étant net de fiscalité, ce qui n'est pas le cas des taux communiqués par les assureurs, qui sont nets de frais de gestion, mais bruts de prélèvements sociaux.
Tony dans "Madame est servie"...souvenirs
Concurrence avec le livret A
Spécialiste de l'assurance, Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures prend ainsi l'exemple suivant dans une de ces lettres : "un rendement de 2.70% sur un fonds en euros en 2012 conduirait à un revenu net de prélèvements sociaux de 2.28% (soit quasiment le livret A), en sachant qu'en outre les versements en assurance vie supportent encore pour la plupart des frais à l'entrée, à amortir sur la durée de vie de chaque versement".
Sur la concurrence entre les placements, Jérôme Grivet, directeur général de Crédit Agricole Assurances, joue quant à lui la carte de l'optimisme: "Rappelons que la performance de l'assurance vie, placement de long terme, s'évalue dans la durée. Celle-ci reste significativement supérieure au rendement de la plupart des autres produits d'épargne en France", déclare-t-il dans un communiqué.
Il reste par ailleurs à connaître l'issue du rapport sur l'épargne longue piloté par Karine Berger et Dominique Lefebvre, rendu à la fin du mois, qui pourrait encourager l'épargne de long terme.
Un effet de base positif
Cyrille Chartier-Kastler estime actuellement que le taux moyen servi en 2012 atteindra 2.85%, contre 3.00% en 2011.
Une baisse circonscrite, qui peut s'expliquer par une sorte d'effet de base positif : "il faut bien se rappeler que le rendement 2011 a été pénalisé par la dépréciation à hauteur de 73% de la valeur nominale des obligations souveraines grecques en portefeuille. En retirant cet événement exceptionnel, on repart d'une base de rendement "réel" qu'on peut situer entre 3.30% et 3.40% pour 2011". Hors "événement exceptionnel", la baisse serait donc bien plus importante.
Des taux entre 2.50% et 3.90%
A ce jour, la fourchette de baisse se situe entre -0.05% (Compte épargne Maaf) et -0.35% (ACMN Vie fonds Internet Opportunités).
Plusieurs contrats affichent des taux identiques à ceux de l'an passé, à l'instar de ceux d'AxaFrance, qui sert toujours 3.00% à 3.70% selon les "bonus" obtenus, du Conservateur (3.50%), du contrat Winalto de Maaf (3.20%) ou de nombreux contrats de Crédit Agricole et de LCL.
D'autres se permettent une petite folie, en augmentant très légèrement leurs taux, comme l'Afer (+0.02%), Predissime 9 de Crédit Agricole (+0.1%), Lionvie Vert Equateur de LCL (+0.1%), Matmut Vie Epargne (+0.20%), ou encore le Nouveau Cap de Maif (+0.05%)
Au final, hors contrats PERP, le taux le plus élevé à ce jour est servi sur le contrat multisupports Sérénipierre distribué par Primonial et assuré par le Crédit Mutuel Arkéa, qui se permet le luxe d'offrir 4.15%. Un taux qui est le privilège d'un contrat lancé début 2012 et dont le fonds en euros est investi à 87% dans l'immobilier tertiaire. Et Cap Découverte de Crédit Agricole est actuellement le plus bas, à 2.50%.
De grands absents
Plusieurs grandes compagnies comme Allianz, Generali ou Groupama n'ont pas encore annoncé leurs taux, qui font en général baisser la moyenne. En effet, les contrats qui supportent des encours importants sont plus difficiles à manœuvrer en terme de gestion d'actifs. Il est en effet plus aisé de servir un taux attractif lorsque l'encours d'un contrat s'élève à quelques dizaines de millions d'euros, que lorsqu'il s'agit d'un paquebot de plusieurs milliards d'euros.
CNP Assurances, assureur des contrats de La Banque Postale et des Caisses d'Epargne,avait annoncé l'été dernier qu'il servirait 2,70%, mais il n'a pas encore officialisé ses taux.
Sans compter sur les contrats fermés à la souscription ou anciens, qui sont généralement plus faiblement rémunérés que les contrats "phares" des compagnies et qui figurent rarement dans leurs campagnes de communication.
Une réserve de secours
Les différences de taux de rendement se feront également en fonction des dotations ou des reprises de PPE (provision pour participation aux excédents) des assureurs. Cette provision, abondée les "bonnes" années, est ponctionnée les années de vaches maigres pour lisser les taux dans le temps.
Après l'avoir utilisée pour servir ses taux 2011, GMF Vie annonce avoir renforcé sa PPE, qui représente fin 2012 une réserve de rendement égale à 1,6% des encours, contre 1,3% fin 2011.
Reprise également en 2011, MACSF communique une PPE égale à 158 millions d'euros à fin 2012. Le Conservateur a aussi doté sa PPE en 2012, qui passe d'environ 1% à 1,3%.
Quant à la MIF, elle explique que "La PPE, régulièrement dotée au cours de ces dernières années, n'est que faiblement sollicitée et demeure donc d'un niveau important, représentant fin 2012 2,75% de l'encours".
De tristes pronostics pour 2013
Cyrille Chartier-Kastler pronostique une poursuite de la baisse des taux en 2013 : "en prenant en compte la situation financière actuelle, on peut estimer que le rendement des fonds en euros devrait baisser aux alentours de 2.50% à 2.60% (avec un schéma extrême à 2.20% dans l'hypothèse d'une poursuite de la baisse du rendement des OAT)".
De son côté, Jean-François Bay, directeur général de Morningstar France, estime que "La compétition entre le livret A et le fonds en euros risque d'être rude dans les prochains mois mais inégale : le livret A devrait l'emporter haut la main face à une assurance vie qui devra affronter des vents contraires. Ne serait-ce qu'en terme de rendement net de la fiscalité, et selon nos estimations, si les taux à long terme restent sur leurs niveaux actuels et que l'inflation suit la remontée du prix des matières premières, on pourrait se retrouver en 2013 avec un rendement brut des fonds en euros inférieur à celui du livret A. Net de la fiscalité, le rendement des fonds en euros atteindrait péniblement les 2% !", écrivait-il dans une lettre d'août 2012.
 

Le spectre de l'inflation n'est (enfin) plus ce qu'il était


Pour tenter de surmonter la crise de la dette et relancer l'activité, un retour relatif de l'inflation pourrait être accepté par les banques centrales, sous la pression des gouvernements, dont l'indépendance serait ainsi un peu plus écornée.
Ouvert par le nouveau premier ministre japonais Shinzo Abe, qui exige de la Banque du Japon l'adoption d'une cible d'inflation plus élevée, le débat sur l'indépendance des banques centrales est désormais lancé. L'un des dogmes de la pensée économique contemporaine est mis en question, de nouvelles voix parmi les économistes, dont le Financial Times se fait l'écho, se joignent désormais à celle jusqu'ici isolée de Joseph Stiglitz.
Cela devait bien arriver, à force de constater que les leviers de la politique monétaire des banques centrales - principalement la baisse de leurs taux directeurs - ne fonctionnent plus, comme elles le reconnaissent elles-mêmes implicitement en demandant aux gouvernements de faire leur part du travail.
L'interventionnisme fiscal croissant 
Des banques centrales D'un pays à l'autre, les scénarios de cette division du travail qui se cherche ne sont pas identiques. La monétisation de la dette japonaise va à nouveau financer un programme de grands travaux sans tenir compte de l'échec flagrant du précédent, tandis que le gouvernement britannique s'arc-boute, malgré son absence de résultat, sur sa politique d'austérité en vue de réduire le déficit public, et qu'aux États-Unis le gouvernement tente de poursuivre la réduction de celui-ci sans déclencher de récession comme en Europe. Dans la zone euro, où les achats obligataires sont nettement plus réduits, l'entrée en action du programme OMT de la BCE élèverait la donne. In fine, les banques centrales intervenant ainsi de plus en plus dans le domaine fiscal - une prérogative des États - leur indépendance, dont le principe est déjà très écorné dans la pratique, va-t-elle pouvoir longtemps être préservée ?
Tant que les banques centrales et les gouvernements poursuivront un même objectif et qu'aucun changement de politique des banques centrales n'interviendra au sujet de leurs taux directeurs, tout ira bien. Et l'on pourra faire semblant que rien n'a changé. Mais qu'en sera-t-il si, demain, certaines d'entre elles décidaient de mettre fin à leurs politiques non conventionnelles sur les taux ?
Aux États-Unis, la rumeur en prête en tout cas l'intention à la FED pour la fin de l'année... Se retrouverait-on alors dans une situation à la japonaise ? Il faut également se rappeler les propos de Ben Bernanke, le président de la FED, qui déclarait en 2003 en ménageant la chèvre et le chou : « Le rôle d'une banque centrale est différent suivant que l'on se trouve dans un environnement inflationniste ou déflationniste. Face à l'inflation, la vertu d'une banque centrale consiste à pouvoir dire non au gouvernement. »
En période de désendettement, poursuivait-il, « une plus étroite collaboration pour un temps avec les autorités fiscales n'est en aucune mesure incompatible avec l'indépendance des banques centrales ».La remise en cause d'un dogme appelant celle d'un autre, que penser aujourd'hui du danger inflationniste automatiquement créé par l'augmentation de la masse monétaire ? Les pays « développés » ne se sont-ils pas de facto glissés dans une « trappe à liquidité » (béante au Japon), la cause profonde de l'inefficience de la politique monétaire, selon Keynes ?
Si tel est le cas, va-t-il en être tiré comme conclusion, à la lumière de la situation japonaise où l'inflation n'est pas précisément au rendez-vous, que ce risque n'est plus ce qu'il était ? C'est en tout cas ce que le futur gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, semble avoir tiré comme leçon, sans attendre. Mais, après tout, les dogmes les plus établis n'ont-ils pas comme vocation d'être un jour ou l'autre abandonnés ?

Harcèlement moral: l'Opéra de Paris dans le viseur de l'inspection du travail


Huit mois après une première condamnation, et alors que les prud'hommes doivent examiner une nouvelle plainte pour harcèlement, les tensions sont loin d'être apaisées à l'Opéra, comme le prouve un courrier de l'inspection du travail que s'est procuré L'Express. 
Le feuilleton du harcèlement moral à l'Opéra national de Paris pourrait connaître un nouvel acte. Lundi, les prud'hommes devaient examiner une troisième plainte -finalement renvoyée en avril- contre l'établissement, déjà condamné deux fois l'an dernier. Quant à l'inspection du travail, elle a relevé ces dernières semaines de nouveaux faits qualifiés de graves et répétés à l'encontre de salariés, qu'elle dénonce dans un courrier dont L'Express a pris connaissance. 
Le 25 avril dernier, la justice avait sanctionné la vénérable maison pour la mise au placard d'une salariée. Les représentants du personnel avait vu dans la décision -dont l'Opéra a aussitôt fait appel- la reconnaissance d'un climat social délétère dénoncé depuis une dizaine d'année. D'autant que les prud'hommes ont récidivé peu après: le 15 juin, ils ont donné cette fois raison à une cadre de la programmation, qui dénonçait elle aussi une mise à l'écart. 

Malaise ou "confrontation de personnalités"?

Huit mois plus tard, la situation a-t-elle évolué? Le syndicat Snapac-CFDT, qui avait demandé "à la direction d'engager très rapidement, avec l'ensemble des partenaires sociaux, une négociation sur la prévention des risques psychosociaux ", estime ne pas avoir été entendu. "Nous n'avons pas eu de réponse, affirme aujourd'hui un syndicaliste. Il vaudrait pourtant mieux règler ces problèmes récurrents de manière durable, plutôt que d'aller régulièrement en justice." 
Christophe Tardieu, directeur général adjoint de l'Opéra de Paris, conteste. "Un groupe de travail dirigé par le médecin de prévention planche depuis environ un an sur une cartographie des risques. Ca avance très bien et nous nous appuierons sur ses conclusions pour travailler sur la question", explique-il. 
Et s'il reconnaît de la "souffrance" dans la deuxième affaire portée aux prud'hommes, il la juge "partagée parmi tous les salariés du service". "On l'a réorganisé, avec de nouvelles fiches de postes, détaille-t-il. Un cabinet spécialisé tente d'opérer une médiation pour résoudre un problème qui relève d'une confrontation de personnalités." 

Situations de travail dégradées

Rien qui reflète un malaise plus profond, assure-t-il, dans l'un des établissements culturels au plus faible taux de turn over, selon lui: "Je ne crois pas que l'Opéra soit une maison où le harcèlement fasse partie des méthodes de management. Mais on ne rencontre pas des divas que sur scène, il n'est pas étonnant que sur plus de 1700 salariés, quelques uns fassent une analyse erronée." 
Un courrier de l'inspection du travail daté du 7 janvier témoigne pourtant de nouveaux cas de mal-être. La lettre "d'observations" adressée à Dominique Legrand, directeur des relations sociales et des ressources humaines, fait suite à des visites à l'Opéra les 28 novembre et 19 décembre, réalisées après les réclamations de salariés. Ces derniers "font état de situations de travail particulièrement dégradées au sein de plusieurs directions de [l'] établissement à Bastille", et notamment le service des caisses. 
Sévère, l'inspecteur du travail constate que les employés en question ont effectivement fait l'objet de "convocations disciplinaires intempestives, s'apparentant à de véritables 'interrogatoires' sans qu'aucun courrier de convocation ne leur ait été préalablement adressé". A chaque fois, les salariés caissiers ou techniciens de vente ont été sommés de se rendre chez le DRH, qui leur aurait reproché des "malversations". 

Des faits graves et répétés 

Des assignations sans préavis ni représentant du personnel qualifiées de contraires au "droit disciplinaire" de l'établissement, mais aussi dangereuses: "La violence inhérente à de telles convocations irrégulières parce qu'informelles et intempestives constitue une atteinte manifeste à la dignité et au droit des personnes, et est susceptible d'affecter gravement la santé mentale des salariés concernés", assène l'inspecteur. D'autant que deux d'entre eux "font d'ores et déjà l'objet d'arrêts maladie réguliers". 

Des assignations sans préavis ni représentant du personnel qualifiées de contraires au "droit disciplinaire" de l'établissement, mais aussi dangereuses: "La violence inhérente à de telles convocations irrégulières parce qu'informelles et intempestives constitue une atteinte manifeste à la dignité et au droit des personnes, et est susceptible d'affecter gravement la santé mentale des salariés concernés", assène l'inspecteur. D'autant que deux d'entre eux "font d'ores et déjà l'objet d'arrêts maladie réguliers". 
L'inspection du travail met aussi directement en garde le DRH contre des "interventions répétées à l'encontre de salariés de services ne relevant pas de [son] autorité". Et prévient que ses initiatives peuvent constituer un "'détournement du pouvoir de direction' caractéristique du délit de harcèlement moral, dès lors que cette pratique a pour but et/ou effet de porter atteinte à la santé mentale des salariés". 
Christophe Tardieu se dit "très surpris" par le contenu du courrier. "Compte tenu de la gravité des faits invoqués, de leur caractère répété", son auteur se réserve pourtant "l'opportunité de mettre en oeuvre toutes les voies pénales indiquées" et de saisir le procureur de la République de Paris. Le rideau ne semble pas près de tomber... 














vendredi 18 janvier 2013

Taxe à 75%: Hollande a le choix entre un enterrement.... et un enterrement


L'idée émise par Bercy d'une taxation à 75% des plus hauts salaires, via les entreprises, est écartée. Le chef de l'État a le choix entre une taxe minorée, sous les 70%, qui aurait tout l'air d'un recul, et l'abandon pur et simple de la taxation spécifique des très riches
Comment se sortir politiquement du bourbier des 75% ? Quand il ne pense pas à l'intervention au Mali et ses conséquences en Algérie, qui occupe logiquement tout le terrain médiatico-politique, François Hollande se pose la question de sa fameuse taxe, sortie de son chapeau un jour de février 2012.

Connard Ier au réveil ? 
La fin des 75%
Le choix n'a rien d'évident, puisqu'il est désormais certain que la surtaxe sur les riches, au taux de 75%, a vécu. Le gouvernement ne veut pas prendre le risque d'une nouvelle censure par le Conseil constitutionnel. Or, si celui-ci a annulé la taxe à 75% au motif qu'elle n'était pas "familialisée" (ne prenait pas en compte la situation familiale des contribuables), certaines mesures, moins médiatiques,  ont été censurées car elles aboutissaient à des taxations proches de 70% . Le conseil a jugé un tel taux « confiscatoire » , et donc non-conforme, à ses yeux, à la constitution. Il est donc exclu de mettre en place un prélèvement de 75%, même familialisé.  

L'Elysée ayant par ailleurs récusé l'idée de Bercy de changer radicalement d'approche, et d'instaurer un prélèvement frappant les entreprises qui distribuent de très hauts salaires, la seule issue est aujourd'hui une taxation de 60 ou 65%. Le choix d'un tel taux ressemblera fort à une reculade. Ne vaudrait-il pas mieux abandonner purement et simplement l'idée, en « oubliant » de présenter une nouvelle formule ? Ce serait là un enterrement, en grande pompe.
Une contribution de 3%
Et le choix d'un taux de 60% ? Ce serait opter pour un... petit enterrement. Sachant qu'avec un taux global de 75%, la surtaxe n'était en fait que de 18% (étaient pris en compte l'impôt sur le revenu à 45% , la taxe exceptionnelle Sarkozy de 4%, et la CSG de 8%), elle tomberait à... 3%, si le taux global de 60% était retenu. Tout ce débat pour faire finalement adopter, en octobre 2013, une taxe additionnelle de 3% ? Même si, dans l'hypothèse d'un taux de global de 65%, cette taxe additionnelle serait donc de 8%.

S'opposant à Bercy, le PS veut une taxe à 75% élargie


Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, demande une taxation à 75% à partir d'un million d'euros pour un couple marié et de 500.000 euros pour un célibataire. Le nombre de riches visés augmenterait considérablement, par rapport au projet gouvernemental. Bercy s'oppose à ce projet, défendant plutôt une imposition au niveau de l'entreprise employant des salariés à très hauts revenus
Doit-on voir là les prémices d'une bataille entre le parti socialiste et Bercy, comme seuls les « anciens » de la rue de Solferino en conservent le souvenir (elles avaient marqué, en effet, les débuts du deuxième septennat de François Mitterrand) ? Le PS entend défendre une position maximaliste, sur le dossier de la taxation des très riches, à 75%. Dans une interview aux Echos, son premier secrétaire, Harlem Désir, préconise de répondre à la contrainte fixée par le Conseil constitutionnel par l'augmentation du nombre contribuables visés. Le Conseil a censuré la contribution exceptionnelle faisant grimper l'impôt global à 75%, au motif qu'elle ne tient pas compte de la composition des foyers fiscaux. Qu'un patron au très haut revenu soit célibataire ou marié, le seuil de taxation était le même (un million d'euros). Or l'un des principes de base de l'impôt sur le revenu, c'est sa familialisation, ont souligné les « sages » du Palais Royal.

Deux options pour répondre à l'objection du conseil constitutionnel
Il y a deux façons de « familialiser » la taxe sur les hauts revenus. La première, c'est de le faire par le haut, en décidant qu'un célibataire y sera soumis à partir d'un million d'euros, et que ce seuil sera de deux millions pour un couple marié (le cas d'enfants éventuels n'est pas un sujet, puisque l'avantage qu'il est possible de tirer d'une demie part supplémentaire est plafonné à 2.000 euros). C'était du reste la solution retenue par François Hollande fin août, peu avant l'annonce du dispositif. Mais ce nouveau seuil d'entrée à deux millions avait trop l'apparence d'une reculade pour être finalement retenu : d'où le maintien de la taxe à partir d'un million quel que soit le cas de figure familial, dans le projet de loi de finances 2013.
La deuxième solution, aujourd'hui défendue par Harlem Désir, c'est de familialiser par le bas. Il s'agit d'instaurer « un taux marginal de 75% pour les revenus supérieurs à un million d'euros dans le cadre du foyer fiscal ». Autrement dit, un couple marié touchant un revenu d'activité supérieur à un million serait visé (sur la part de revenu au-delà ce de ce seuil). Ce qui veut dire, implicitement, qu'un célibataire serait touché à partir de 500.000 euros.
La solution du PS toucherait beaucoup plus de monde
Ce ne seraient pas 1.500 personnes qui seraient alors touchées, mais beaucoup plus. Si l'ensemble des revenus avait été pris en compte, 7.200 foyers fiscaux auraient été concernés (ce chiffre figure dans le rapport Carrez sur le projet de Budget 2012, un tel seuil ayant été envisagé pour la taxe Sarkozy de 3 et 4%). Mais, s'agissant des seuls revenus d'activité, le chiffrage se situerait sans doute entre les deux.
Bercy n'acceptera pas la solution de Harlem Désir
En tout état de cause, les responsables socialistes ne croient pas une seconde que Bercy avalisera une telle extension de la taxe Hollande. Les experts du ministère des Finances auraient plutôt tendance à se tourner vers une taxation non pas des riches particuliers, mais des entreprises qui versent des rémunérations jugées exorbitantes. C'est la position défendue par le rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale, Christian Eckert.
Harlem Désir va donc s'opposer à ce dernier, mais aussi à Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac. Avec une probabilité.... assez faible d'arbitrage présidentiel favorable au premier secrétaire du PS. A l'heure où François Hollande et Jean-Marc Ayrault souhaitent renouer avec le patronat, ils ne devraient pas avaliser la multiplication par deux du nombre de contribuables frappés par les 75% d'impôt.
Pourquoi Harlem Désir est-il donc, ainsi, sorti du bois ? Assurément, pour exister, alors que le reproche lui est fait de trop « coller » à l'exécutif.
« Cette taxe, c'est est un marqueur de gauche, il veut rassembler à gauche, c'est tout à fait normal » estime le secrétaire national du PS en charge des études d'opinion, François Kalfon. Sur le principe, Harlem Désir est en accord avec l'ensemble des Français (60% d'entre eux) qui demandent une taxation élevée, au-delà de 50%, des très riches.
Reste à savoir jusqu'où il mènera la bataille pour défendre son idée de taxe élargie.
QUE FAIRE FACE AU DOGMATISME ENFIÈVRÉ D'UN PARTI AVEUGLE. 
HAÏSSANT L'ARGENT DES AUTRES MAIS PAS LE SIEN.




Le complexe de la provenance : la nouvelle maladie des marques


Dans l'industrie textile peut-être plus que dans toute autre, la communication sur le lieu de fabrication des produits reste un problème pour les marques qui ont tendance à ne pas le révéler. A quand plus de transparence ?

Gentlemen,
Ce matin, la BBC se faisait l'écho d'une histoire ahurissante et particulièrement éclairante sur notre époque : le géant des télécommunications Verizon vient de découvrir que l'un de ses ingénieurs en développement informatique, recevant un salaire confortable, sous-traitait son travail à une entreprise informatique Chinoise pour 1/5ème de son salaire annuel ! L'article complet est disponible ici : BBC NEWS.
En bref, cet ingénieur pour le moins rusé allait donc chaque jour au bureau pour jouer à des jeux en ligne, surfer sur Internet et chatter avec ses potes. Et le plus étonnant dans cette histoire c'est que le travail fourni par le "sous-traitant personnel" de notre ami était absolument parfait et toujours livré dans les délais ! D'ailleurs il est intéressant de noter que Verizon n'a pas congédié cet ingénieur pour des raisons de productivité ou de qualité, mais pour des raisons de sécurité, de secret industriel et, plus important, d'image, car pour une "major" comme Verizon, le vocable "China" associé à son nom n'est pas, loin s'en faut, un thème de communication porteur. Ah ces méchants Chinois affamés de contrats qui viennent manger dans la chiche gamelle de nos industries exsangues et corrompre les plus doués (et les plus oisifs) de nos cerveaux !
Cette truculente histoire et la communication de Verizon à ce sujet cherchant à démontrer clairement que l'entreprise n'a donc rien à voir avec ces méchants Chinois, m'amènent naturellement à aborder un sujet trop peu souvent traité dans la "Grande Presse" : celui du "complexe" de la provenance des produits ou services. Ou, pour le dire autrement,comment les entreprises (grandes ou petites) cherchent - à tout prix - à masquer la provenance de leurs produits quand ces derniers sont sous-traités dans des paysdangereux pour l'image de la maison (traduisez Chine, Roumanie, Cambodge and co) ou, à l'inverse, cherchent - toujours à tout prix - à survendre n'importe quel petit morceau d'histoire "noble" auquel leur entreprise est associée, même de (très) loin (comme les classiques "and sons" dont personne ne se souvient, pas même à l'intérieur desdites maisons.)
Ce complexe de la provenance, une véritable épidémie qui semble se développer à vitesse grand V dans le monde industriel occidental, touche de plein fouet, et peut-être plus que n'importe quel autre, le monde du vestiaire masculin classique au sein duquel certaines maisons (et pas parmi les moins célèbres) usent et abusent de subterfuges de communication pour masquer, souvent assez maladroitement, la provenance de leurs produits.
Nous avons d'ailleurs été les témoins de cette pratique récemment, lorsqu'une maison de costumes pour hommes à qui était posée la question de la provenance de ses produits s'est fendue sur Twitter d'un épique "nos produits ne sont pas fabriqués en France mais dans des pays réputés pour leur qualité". Traduisez : nous ne fabriquons ni en France, ni en Italie, ni au Royaume-Uni mais... ailleurs.
Cette information, dont tout le monde se moquait éperdument il y encore quelques années, est-elle donc redevenue discriminante ? Les consommateurs (et notamment les hommes intéressés par leur propre élégance) seraient-ils tous devenus, soudainement, des Robins des Bois de la défense du "Made in France, Italy, UK " ou des relocalisations ? Non. Carmême si les consommateurs semblent effectivement être nouvellement positivement sensibles aux produits fabriqués dans leur pays (voire leur région), ce critère ne pèse toujours que peu de chose face au critère économique. Donc pourquoi les entreprises, et précisément les maisons dans le domaine qui nous intéresse ici, apportent-elles autant de soin à ne PAS révéler cette information quand elle n'est pas "en leur faveur" ?
Mais même si la réponse est assez simple (il s'agit de justifier des tarifs haut de gamme ainsi qu'un marketing de la tradition et de la qualité qui cohabitent, il est vrai, assez mal avec des étiquettes "made in China"), je pense à titre personnel que cette pratique, au mieux "borderline", au pire malhonnête, est complètement dépassée et a même tendance aujourd'hui à créer l'effet inverse à celui recherché en termes de crédibilité.
Et il n'est d'ailleurs pas inutile, pour être juste, de rappeler que, dans notre secteur du textile masculin, les lignes ont également considérablement bougé ces dernières années et que certains cieux autrefois peu réputés pour  leur savoir-faire sont, paradoxalement grâce à nous, désormais synonymes de qualité et de sérieux. C'est le cas par exemple du Portugal qui est depuis quelques années une excellente option pour la fabrication de costumes ou de souliers de qualité ou de la Turquie où le savoir-faire tailleur est culturel et indéniable (et qui fournit, au passage, pas mal de main d'œuvre aux salons de haute couture partout sur la planète). Et les exemples (et contre-exemples comme la Roumanie) sont très nombreux...
Il nous semble donc, pour toutes ces raisons, que le temps de la transparence est définitivement venu dans un marché où, en outre, le niveau d'éducation, et donc de perspicacité, des hommes a considérablement changé et où il est de plus en plus difficile de leur faire avaler couleuvres et boniments.
D'ailleurs certaines maisons que nous connaissons bien, n'ont jamais mangé à ce râtelier et prouvent depuis toujours qu'être clair sur la provenance des produits n'a jamais été un problème ailleurs que dans la tête de marketeurs-suiveurs n'ayant pas encore compris que les temps avaient changés.
Ainsi Timothy Everest ne s'est jamais caché du fait que son prêt-à-porter (au demeurant très honorable avec un excellent rapport qualité-prix) était fabriqué au Portugal, qui est également la patrie de Carlos Santos, un chausseur de qualité qui fabrique des souliers de grande tradition pour de nombreuses maisons prestigieuses. De la même manière l'Espagne possède également un réel savoir-faire en matière de souliers haut de gamme (notamment aux Baléares avec la manufacture Carmina Albaladejo) et de vestiaire classique. Et l'on pourrait citer également la Turquie, la Croatie, le Maroc et, bien sûr, l'Inde et la Chine. La première parce que l'industrie textile britannique telle que nous la connaissons lui doit beaucoup (eh oui, il fut un temps, pas si lointain, ou les délocalisations se faisaient - à marche forcée - dans l'autre sens), la seconde parce que sur certaines productions, la Chine commence enfin un peu à tirer, si j'ose dire, son épingle du jeu en termes de qualité.
Enfin, et c'est encore un sujet quasiment tabou, il convient de rappeler qu'un "Made in France" n'est pas forcément synonyme de qualité, ni de fiabilité et encore moins de respect des traditions... mais c'est un autre sujet.
A une époque où les hommes, de mieux en mieux éduqués en matière d'élégance personnelle, semblent vraiment se tourner de nouveau vers la qualité avec, en outre, l'éducation pour en juger par eux-mêmes, il nous semble que ce fameux complexe de la provenance n'a plus lieu d'être et que les mentalités et les pratiques à ce sujet dans notre domaine doivent (et vont) évoluer.
Et même si nous sommes plus que ravis de voir l'évolution positive d'une manufacture de souliers comme celle de Corthay en banlieue parisienne ou le succès planétaire des mouchoirs batistes et linons de luxe de la maison Simonnot Godard (basée en Cambrésis),nous devons désormais, signe des temps, aussi apprendre à reconnaître les savoir-faire d'autres contrées et les respecter.
Après tout ce sont aussi ces derniers qui nous ont permis à tous, à un moment ou à un autre, de nous faire plaisir (même brièvement), à peu de frais !
Cheers,

Manif : Delanoë présente sa facture !

Manif : Delanoë présente sa facture !


La petitesse, la mesquinerie haineuse du maire de Paris Bertrand Delanoë et le ridicule dont il se couvre, n’ont pas de limite. Il a piqué sa petite colère comme chaque fois que les choses lui déplaisent (demandez à ceux qui travaillent avec lui) et envoyé une facture de 100 000 euros à la Préfecture de police pour la réfection des pelouses piétinées par la Manif pour tous. Ça fait cher le brin d’herbe. A charge pour la Place Beauvau de se retourner contre les organisateurs.
Delanoë déclare que le gazon ne pouvait pas supporter « une telle affluence ». Quelle affluence ? Où ça une affluence ? Comment si peu de manifestants (même pas 350 000) ont-ils pu retourner la pelouse alors que ni le concert de Johnny (700 000 fans) ni la méga Fête des potes n’ont provoqué de tels dégâts ? Les manifestants pesaient-ils plus lourds que ceux de SOS-Racisme, auxquels Delanoë avait prêté le Champ-de-Mars et alloué une subvention de 230 000 euros pour le concert du 14 juillet 2011 ?
C’est toujours ce que pourra rétorquer la Préfecture de police si sûre de son comptage de dimanche.
A la préfecture, on explique que l‘« on va examiner les conditions de recevabilité de cette demande ». « Si la responsabilité de l’Etat devait être engagée, poursuit-on, on aurait une discussion technique pour évaluer les dommages. » La facture pourrait-elle ensuite être transférée aux organisateurs de la manifestation ? Les services préfectoraux « imaginent que oui »…
Selon les organisateurs de la manifestation de dimanche, il était prévu « que l’intégralité du Champ-de-Mars, y compris les pelouses, soit utilisée, tout cela conformément au dossier technique remis aux autorités ». En outre, rappelle Albéric Dumont, le coordinateur de la manifestation, une armée de bénévoles s’est employée, dans la nuit de dimanche à lundi, à remettre les lieux en état. « Comme les volontaires n‘étaient pas assez nombreux sous la pluie », précise-t- il, « nous avons même fait appel à une société de nettoyage privée pour ramasser tous les confettis ». Pas comme la Gay Pride ou la Love Parade qui ont le soutien de Delanoë et qui polluent, salissent et provoquent de telles nuisances chaque année que de nombreux riverains demandent à ce que leurs parcours soient détournés.
Les homophobes doivent payer 
Inutile de préciser que le collectif, qui rentrera tout juste dans ses frais grâce à la quête de dimanche, ne pourra pas payer 100 000 euros. « On appelle les manifestants à venir replanter les brins d’herbe, a plaisanté mercredi Frigide Barjot, l‘égérie du collectif. Mais les 100 000 euros, on n’a pas les moyens !»
Au Conseil de Paris, l’opposition s’est immédiatement indignée de la démarche du « faux démocrate » Delanoë :
« On atteint des sommets dans l’indignité, la mesquinerie et la médiocrité (...) Jamais une telle démarche n’a été entreprise et rendue publique par le passé, quelles que soient les manifestations dont certaines ont pu faire des dégâts », a réagi le groupe UMP dans un communiqué.
« C’est un exemple effarant du sectarisme de Bertrand Delanoë, qui jamais ne déroge à sa ligne un poids, deux mesures », s’indignent Jean-François Legaret et Philippe Goujon, au nom des élus UMP. « Le chantre de la gauche humaniste et démocrate est en réalité celui du sectarisme et de l’intolérance lorsque les choses lui déplaisent. La gauche n’est pas loin de la censure. »
Du côté de l’UDI, le sénateur Yves Pozzo di Borgo, élu du VIIe arrondissement, explique que, « dès 20 heures, dimanche soir, l’adjoint aux espaces verts (UDI) du VIIe arrondissement, René-François Bernard, a pu constater, aux côtés des services municipaux, que les lieux étaient très propres et que seules les pelouses situées devant la tour Eiffel étaient partiellement endommagées » : « Nous ne comprenons pas que la Mairie de Paris fasse payer aux organisateurs l’addition d’une lente dégradation du Champ-de-Mars, faute de moyens appropriés. »
Confirmant que ce n’est décidément pas une manœuvre politique du tout, le groupe communiste au Conseil de Paris a apporté son entier soutien au maire de Paris, déclarant tout en nuance :
 « Les organisateurs de la manifestation homophobe doivent assumer leurs responsabilités et régler la note. »
L’effet se révèle des plus positifs au final puisque de nombreux Français « outrés par cette mesquinerie » ont contacté le collectif de la Manif pour tous pour savoir comment les aider.
« Cela ne fait que renforcer le vent de colère et l’attachement à notre mouvement », témoigne Emmanuel Dastarac, l’un des organisateurs. « On reçoit depuis dimanche des appels de toute la France, de gens écœurés par les chiffres visiblement politiques de la Préfecture de Paris. Il y a une énorme attente sur la suite que l’on donnera à cette manifestation. »