TOUT EST DIT

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mercredi 29 janvier 2014

Grèce : on brade ! Richesses archéologiques, trésors, histoire…

La terre tremble si fort autour de nous que même Hadès craint de voir s'effondrer la voûte des Enfers…


Je vous écris de Céphalonie, la grande sœur d’Ithaque, à la merci depuis dimanche de la colère du dieu Poséidon. Maître de la mer, mais également des tremblements de terre, ébranleur du sol, Poséidon se rappelle brutalement à notre bon souvenir. Et sur les deux îles grecques, il manifeste sa force gigantesque – plus d’une dizaine de secousses rien que cette nuit – par ses actions telluriques à répétition. Phénomène récurrent en Grèce ou signes de la colère divine ? Les deux sans doute, mais la perspective d’une braderie des trésors de la Grèce antique – et en particulier du sanctuaire de Zeus à Némée – pourrait soulever, à juste titre, l’irritation divine…

Car les hommes, une fois de plus, n’ont rien compris : telle une entreprise en faillite, le gouvernement grec envisage – comme il l’a fait pour le port du Pirée – de brader ses richesses archéologiques qu’il ne peut plus entretenir. Le ministère de la Culture grec a vu son budget réduit de 52 % depuis 2010, un budget de misère qui ne lui permet plus de financer les nombreux musées et sites archéologiques que compte la Grèce. Sans compter qu’avec moins de moyens, de gardiennage notamment, les actes de pillage ou de fouilles clandestines sont devenus monnaie courante sur les sites archéologiques.
« Vendez vos îles, vous les Grecs en faillite, et l’Acropole aussi ! », avait titré le journal Bildzeitung. Le magazine Time vient de lui emboîter le pas avec l’interview d’un archéologue américain qui suggère de privatiser le site antique de Némée dans le Péloponnèse, qu’il restaure depuis 40 ans. Notre Américain aimerait confier à des entreprises privées le développement, la mise en valeur, la gestion de ce site célèbre pour son sanctuaire en l’honneur de Zeus, et comme le lieu où s’est déroulé le combat entre Hercule et le lion de Némée.
On imagine volontiers Némée et ses colonnes élégantes devenir un nouveau Disneyland : l’auteur de ce projet un peu hollywoodien y organise d’ores et déjà des « Jeux néméens modernes » ouverts à tous, sans distinction de sexe ni d’âge, où les concurrents et les juges doivent être… vêtus à l’antique ! On n’en est pas à une pantalonnade près au pied du Parthénon : le Parlement grec a déjà autorisé la location lucrative de ses sites archéologiques pour le tournage de clips publicitaires ou l’organisation d’événements festifs en dehors des heures d’ouverture. Demain peut-être, McDo et Coca-Cola exploiteront le fast-food de l’Acropole, assorti d’un distributeur de « Nespresso, what else ? »…
« Notre patrimoine culturel n’est pas à vendre… ». La révolte gronde chez les archéologues grecs qui ont lancé un appel international pour protester contre les menaces qui pèsent sur le patrimoine archéologique grec : « Nous nous battons pour préserver la mémoire et les traces matérielles du passé, parce que nous savons qu’un peuple sans mémoire est condamné à répéter les mêmes erreurs, encore et encore ». Les monuments, rappellent-ils, n’ont pas de voix : « Ils doivent avoir la vôtre ! »
Les archéologues grecs comptent sur vous pour diffuser leur appel sur la Toile. Pour que Poséidon, frère de Zeus, retourne rassuré dans son palais au fond de la mer. Car la terre tremble si fort autour de nous que même Hadès craint de voir s’effondrer la voûte des Enfers…

mardi 28 janvier 2014

"Il faut le passage aux 39 heures payées 35!" (Hervé Morin)


Le "Pacte de responsabilité" de François Hollande n'est pas en mesure d'améliorer emploi et croissance assure le président du Nouveau Centre, qui n'hésite pas à prôner le passage aux 39 heures payées 35 ainsi que le contrat de travail unique dans une interview publiée mardi dans Les Echos.
Hervé Morin n'y va pas par quatre chemins. Interrogé sur la capacité du "Pacte de responsabilité" à améliorer l'emploi et la croissance, au cours d'un entretien accordé au quotidien Les Echosdaté de ce mardi, le président du Nouveau Centre se montre plus que sceptique:
"Je n'y crois pas. La question fondamentale est que la France souffre d'un vrai problème de compétitivité, qui n'est pas seulement lié à la question du coût du travail."
Selon le président du conseil national de l'UDI, "la France n'est plus compétitive dans son espace économique : on le voit avec sa balance commerciale, une croissance des entreprises moins forte qu'ailleurs, des taux de marge inexistants, un sous-investissement".
"Un vrai choc de compétitivité"
Aussi défend-il "l'idée d'un vrai choc de compétitivité, autour d'une politique libérale, qui dit aux Français : c'est par l'amélioration des conditions de production que l'on fera la meilleure des politiques sociales, c'est-à-dire le retour au plein-emploi!"
Ce choc de compétitivité commencerait par le passage aux 39 heures travaillées mais payées 35:
"D'abord, première mesure, il faut le passage à 39 heures payées 35!", s'exclame l'ex-ministre de la Défense. "Est-ce que notre destin est de voir notre pouvoir d'achat se réduire, un chômage massif, des prélèvements obligatoires augmenter pour un déficit qu'on n'arrive plus à réduire car il n'y a pas assez de production? Ou essaie-t-on de renverser la vapeur?", s'interroge-t-il.
Enfin, Hervé Morin prône "une réduction des charges sociales avec une baisse des cotisations patronales familiales" et la "mise en place d'un contrat de travail unique". "Pour que les entreprises n'aient plus peur d'embaucher, il faut aussi qu'elles puissent licencier", affirme-t-il.

Ci-gît le socialisme européen


Pari stupide

Pari stupide


On attendait la publication des chiffres du chômage à la fin décembre comme on guette les résultats d'un concours de pronostics. François Hollande allait-il gagner ou perdre son pari sur l'inversion de la courbe du chômage ? On avait beau être à peu près sûr du résultat, les médias entretenaient le suspense. Et puis les statistiques sont tombées. Impitoyables. Surtout pour les 3,3 millions de chômeurs recensés en 2013. C'est à eux, et à eux seuls, que l'on aurait dû penser, mais l'échec de François Hollande a éclipsé tout le reste. Il faut dire que le chef de l'État est tombé dans le piège qu'il s'était lui-même tendu.
Quel besoin avait-il de promettre « coûte que coûte » l'inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année ? Et surtout, pourquoi avoir tant persisté quand tout laissait prévoir que le but ne serait pas atteint ? Par sa faute, François Hollande a contribué à ce que l'attention se focalise exclusivement sur un résultat érigé en symbole de sa réussite politique. Plutôt que de se condamner, dans un pari stupide, à une obligation de résultat, il aurait dû se consacrer, dès le début de son quinquennat, à une obligation de moyens en s'attaquant au traitement économique du chômage plutôt qu'à son seul traitement social.
Cela lui aurait évité les discours tarabiscotés pour réfuter la réalité des statistiques. Cela aurait aussi privé l'opposition d'une victoire qu'elle n'hésite pas à surexploiter, Marine Le Pen dénonçant « la fin d'un sketch grossier » et Jean-François Copé revendiquant carrément le départ de Michel Sapin, ministre du Travail.
Il est grand temps que les chômeurs, cessant d'être instrumentalisés par les uns et les autres à des fins politiciennes, reviennent au centre des préoccupations des gouvernants et des partenaires sociaux. L'ouverture des consultations sur le « pacte de responsabilité » devrait être l'occasion d'une prise de conscience collective. Les esprits vont bien devoir s'ouvrir à une culture du « donnant-donnant » jusque-là si étrangère à notre dialogue social. Il faut tenter le pari. Celui-ci n'est pas stupide.

ANGES ET PROPHÈTES

ANGES ET PROPHÈTES


C ela se passe au théâtre de Los Angeles. Sur scè-ne, des stars, Nile Rod-gers du groupe Chic et Stevie Wonder chantent le tube « Get Lucky » du duo français Daft Punk. Soudain le rideau se lè-ve sur les robots blancs, des anges immaculés… Dans la sal-le derrière l’ex-Beatles Paul McCartney, tout Hollywood se trémousse dans une commu-nion fiévreuse à la gloire des « Frenchies ». Ils rafleront cinq Grammy Awards, la ré-compense musicale suprême. Depuis 20 ans et le succès pla-nétaire de leur premier album, ces créateurs versaillais ont fait de leur anonymat une marque de fabrique, comme effacés derrière leur œuvre. Ce n’est pas si fréquent dans cette époque où les people rivalisent de singeries éphémères. Pharrell Williams, l’un des chanteurs invités, incarnation de ce que la nou-velle génération américaine
a de plus glamour, prend le micro à leur place et jubile : « Je crois que la France est très fière de ces deux gars ». De fait, cet événement dit beaucoup de cette vieille histoire des prophètes méconnus dans leur pays. « Comme d’habitude » de Claude François, même inter-prété par Sinatra ou Presley, n’égale pas la performance de ces héritiers de Kraftwerk
ou Jean-Michel Jarre. L’aura synthétique de ces princes de la pop électronique n’a jamais frôlé le velours du canapé rouge des dimanches télévisés d’une douce France parfois un peu rantanplan face aux génies qu’il lui arrive d’enfanter sans en prendre

“Dies Irae”

“Dies Irae”


Ne rien lâcher. Obtenir la « coagulation ». Rassembler tous ceux que révolte cette politique qui, dans le régime présidentiel de la Ve, porte un visage : le visage de François Hollande.
Si tous les mécontents de Hollande n’étaient pas au rendez-vous – en ce cas, on aurait compté une participation en millions ! – la diversité, elle, l’était bien. La presse a voulu réduire « Jour de Colère » à une manifestation de « l’extrême droite ». C’est aller bien vite dans l’amalgame. Comment mettre dans le même sac les Blacks et Beurs de fin de cortège, avec quenelles et ananas, et les défenseurs de la famille traditionnelle, quelques jeunes prêts à en découdre et tous ces braves gens – employés et entrepreneurs – victimes du chômage et de la crise, les « Catholiques en colère » de Civitas et les très convenables piliers des paroisses du VIIe arrondissement venus en voisins sur la place Vauban ?
Oui, la colère est grande, c’est la France qui gronde ! Si montrer l’exaspération de tous ces dissemblables oblige à se retrouver sur un plus petit dénominateur commun, au moins la preuve a été faite que l’on peut faire voisiner des groupes et des intérêts aussi différents dans ce qui pourrait s’appeler – toute référence à un parti existant mise à part – un « front national ».
« On » peut faire voisiner : le pronom est choisi à dessein. L’anonymat choisi par les organisateurs a certainement nui à la participation, en même temps qu’il était indispensable pour obtenir tous ces voisinages improbables autour d’un même mot d’ordre : « Hollande dégage ! » C’est le prix, toujours, de l’ostracisation d’une partie des Français, celle-là même qui a pesé sur les mobilisations de l’an dernier contre le « mariage pour tous ».
Certains voudraient voir dans « Jour de Colère » une initiative dirigée en sous-main par le Front national. Celui-ci avait pourtant fait savoir jeudi, par la voix de Nicolas Bay, secrétaire général adjoint aux fédérations : « Il n’y a pas d’appel à manifester, ni national ni local. Même si on peut apprécier le mot d’ordre, on préfère au FN transformer la colère lors des échéances électorales », a-t-il déclaré à l’AFP. Les appels à rejoindre le rassemblement parisien relayés par le site internet de la fédération du Vaucluse en ont été retirés et l’entourage de Marion Maréchal-Le Pen, député du Vaucluse, a annoncé qu’elle ne serait ni présente ni représentée. « D’une manifestation très unitaire, on se retrouve avec des mouvements un peu curieux, avec les amis de Dieudonné, etc. », a justifié son entourage.
En l’occurrence, ces « mouvements un peu curieux », profitant de l’ouverture à tous les groupes quels qu’ils soient, ont fini par servir le pouvoir en place en facilitant les amalgames médiatiques.
Et si nombre de manifestants ont répondu aux médias en souhaitant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir, d’autres disaient attendre le retour de Sarkozy…
L’annonce-surprise faite en fin de manifestation – les organisateurs avaient demandé à chacun de rester pour ne pas la rater – laisse songeur. S’appuyant sur l’article 68 de la Constitution, il a été demandé que le Parlement se constitue en Haute Cour de justice pour engager la procédure de destitution du président de la République pour « manquement grave » à l’exercice de ses fonctions.
Béatrice Bourges entend même observer un « jeûne complet » au pied du « Mur de la Liberté » sur le Champ de Mars à Paris jusqu’à ce que la procédure soit ouverte. Il n’est pas certain que l’Assemblée et le Sénat, sous domination absolue de la gauche, se laissent émouvoir…
D’autant qu’ils sont coresponsables, avec Hollande et sous cette autre domination qui pèse sur la « droite » comme sur la gauche, celle de l’Union européenne, de la politique qui provoque la juste colère des Français.

Chômage : l’étrange défaite

Chômage : l’étrange défaite



Harlem Désir, en apparatchik de bois : « On est en train de réussir. » Pierre Moscovici, en techno-volontariste : « Une décélération très nette. » Michel Sapin, en mini-mini-ministre : « Une stabilisation, c’est déjà considérable. » Résultat : sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 5,7 %. Et aucune formule, aussi ciselée soit-elle, ne travestira en victoire l’échec de François Hollande. Le chef de l’Etat a fait un pari. Il l’a perdu. A-t-il cru que sa boîte à outils suffirait à créer un choc d’embauches ? Perdu. A-t-il misé sur la croissance, revenue trop tard, trop faible ? Perdu.
Depuis trente ans, le chômage de masse mine la société française, quand parfois en Europe le plein-emploi existe. On glose sur cette « préférence française ». On blâme notre « pessimisme paresseux ». On se souvient du « on a tout essayé ». Puis on pleure sur ce « gâchis humain ». Sans jamais oser dire que cette Etrange défaite tient d’abord à l’incapacité du commandement.
Le pari perdu de l’inversion de la courbe restera comme un exemple du genre. Absence de lucidité sur l’ampleur de la crise, la fragilité des entreprises, l’attractivité abîmée du site France, le ras-le-bol fiscal. Manque de courage pour s’attaquer aux rigidités statutaires, simplifier le droit social, réformer la formation. Biais idéologique sur le coût et le marché du travail, les contrats aidés, le smic, l’assurance-chômage, les licenciements collectifs. Travers malthusien sur le travail dominical, les rentes. Le Premier ministre a raison : ce n’est pas satisfaisant. Exclus et déclassés méritent mieux qu’un pari.

Le billet de Michel Schifres

Emue et admirative


Ce jour-là, notre ministre de la Francophonie, Mme Benguigui, n’en pouvait plus. Elle venait d’entendre le discours d’investiture du nouveau président malgache. Elle était « très, très émue » : « C’est un discours absolument fabuleux, plein d’espoir ». Le chef de l’Etat avait promis de tendre la main à ses ennemis en assurant : « Parce que lorsqu’il s’agit de Madagascar, il n’y a plus de camp ». Hélas, certains ont découvert que ce texte était le même, souvent au mot près, que celui de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007 ! Notre homme, pas sot, avait juste changé le nom de France par celui de son pays. On ne jettera pas la pierre à la ministre : en sept ans on peut changer et admirer aujourd’hui ce que l’on détestait hier. Comme quoi, il ne faut désespérer de rien.

lundi 27 janvier 2014

Potiche et pots cassés

Potiche et pots cassés

Enfin on va pouvoir parler de choses « sérieuses » ! Ainsi s'expriment ceux qui, excédés par l'étalage des « pipoleries » élyséennes voulaient que notre pays retrouve un peu de tenue. Tout à fait d'accord avec eux. À la condition cependant de ne pas tourner dans un geste de dégoût, cette page un tantinet leste du quinquennat sans en tirer quelques leçons. Et cela, sans pour autant chercher à fouiller dans les recoins d'une séparation assez peu amiable. Le communiqué livré samedi à l'AFP par François Hollande en dit long, par sa brièveté, sur les divergences du couple. Il en dit assez également, par une formulation pour le moins cavalière, sur l'exaspération qui avait gagné le chef de l'État. Mais admettons que cela ne nous regarde plus.
Ce qui, en revanche, concerne l'opinion tient au mode de gestion du « dossier » Valérie Trierweiler par François Hollande, et ses éventuelles conséquences sur les pratiques dans notre monarchie républicaine. Dans l'entourage de François Hollande, on se félicite de la « clarification » intervenue. Mais s'il a clarifié la situation, c'est après s'être trop longtemps accommodé d'un embrouillamini qui aurait pu durer sans la dérangeante filature de Closer.
En somme, François Hollande, que l'on dit « libéré », s'est appliqué bien tardivement son fameux « choc de simplification ». Et si le débat sur le statut de la Première dame de France agite désormais le microcosme, c'est parce que le Président a lui-même créé l'ambiguïté en installant Valérie Trierweiler à l'Élysée, contrairement à une volonté exprimée au départ.
Rien n'est d'ailleurs plus artificiel que cette dispute. Si le statut de Première dame n'existe pas, il y a une situation de fait qui impose à la compagne du chef de l'État un certain nombre de contraintes protocolaires. Pourquoi condamner la Première dame à l'évanescence si elle respecte la séparation des rôles ? Ce que n'a pas su faire Valérie Trierweiler se revendiquant femme libre et engagée, mais ayant pris goût aux dorures des palais et aux voyages officiels. Pour s'être rebellée contre un rôle de potiche, elle paye… les pots cassés !

Quand le président François rencontre le pape François

Nathalie Rheims a imaginé ce qu'ont pu se dire les deux hommes lors de leur tête-à-tête au Vatican. La NSA n'aurait pas fait mieux.


Au moment où il reçoit François Hollande au Vatican dans son bureau privé, le pape François, dont le monde découvre l'intérêt qu'il porte à l'Internet et aux réseaux sociaux, a oublié de fermer son ordinateur après sa dernière communication par Skype. Le président Hollande, très préoccupé par toutes sortes de désagréments domestiques et soucieux de faire de cette première visite pontificale une occasion de calmer l'hostilité de l'électorat catholique français à son égard, n'a pas non plus remarqué l'ordinateur resté ouvert, posé sur une petite table.
Grâce à des sources que nous ne pouvons dévoiler ici (proches, à la fois, de WikiLeaks et de la NSA), Replay a réussi à se procurer un enregistrement de cette rencontre, dont voici le résumé. Le président François s'attendait à un entretien où, après les échanges diplomatiques de rigueur sur la Centrafrique et la Syrie, il pourrait aborder les questions délicates qui furent soulevées lors des manifestations contre la loi sur le mariage pour tous et les perspectives ouvertes par la génétique en matière de procréation ou la réflexion sur l'IVG. Mais le pape François, qui n'avait pas envie de se laisser enfermer dans un débat franco-français, proposa ce qu'on appelait au Moyen Âge une "disputatio" sur son sujet du moment : l'Internet.

Internet est un don de Dieu

Il commença donc, selon la règle, par la "questio", traditionnellement prononcée par le maître. Le pape François rappela qu'il avait appelé, la semaine précédente, le jeudi 23 janvier, tous les catholiques à être des citoyens du numérique" constructifs en utilisant Internet. Nul doute, selon lui, que la Toile était un bien meilleur cadre pour débattre de ces questions que la rue ou les assemblées politiques. Il termina sa "questio" par un message de confiance dans la sagesse populaire en déclarant : "Internet peut offrir plus de possibilités de rencontre et de solidarité entre tous, c'est une bonne chose, un don de Dieu."
Chargé de défendre la thèse inverse appelée "opponens" François Hollande, bien que décontenancé, se rappela qu'il avait été longtemps entraîné à ces joutes et se lança dans la formulation de ses objections, soutenant que, loin d'être un don de Dieu, l'Internet était peut-être, sous d'autres aspects, une création du malin. Il usa, pour illustrer son propos, d'un souvenir personnel qui lui permit de confesser les affres qu'il était en train de traverser. Il s'agissait d'un tweet lancé par la première dame à peine un mois après son élection pour faire battre son ex-femme, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, et la mère de ses quatre enfants. Il en profita pour présenter ses excuses au souverain pontife pour son absence. "Elle se repose", précisa-t-il.

Deux frères jésuites ?

Le pape François appela alors un "respondens", qui fut chargé d'opposer des contre-arguments de manière à créer un débat d'arguments. Le président François se sentit de plus en plus à l'aise, retrouvant dans cet exercice ce qu'il avait pratiqué toute sa vie et dans lequel il avait toujours excellé. Ne venait-il pas d'en user et d'en abuser à propos de son "pacte de confiance". Au point que le pape François se demanda tout à coup s'il n'était pas face à un de ses anciens frères jésuites et qu'il préféra prononcer tout de suite la "determinatio magistralis", confirmant que l'Internet était effectivement un "don de Dieu" et que la France ferait bien de rattraper son retard dans ce domaine en développant enfin la fibre optique.
C'est à regret que le président François, épuisé, dut se retirer aussi vite. Sur le chemin du retour, il ressassait dans sa tête que le pape avait sans doute raison, l'Internet est un don de Dieu, mais Sartre n'avait pas tort : "L'enfer, c'est les autres" et puis il se mit à fredonner les paroles de la célèbre chanson d'Eddy Mitchell : "Le pape a dit que l'acte d'amour sans être marié est un péché."

Le virage ou le mirage du « pacte »?

Le virage ou le mirage du « pacte »?


François Hollande a changé de discours, c’est sûr. D’orientation aussi, à en juger par les embarras de la droite et les sourires du Medef. Pourtant, le virage social-démocrate du Président n'est peut-être pas aussi marqué qu'on veut bien le dire.



30 milliards d’allègements de charges pour les entreprises ? Spectaculaire affichage qui peut séduire à droite. Sauf que ces 30 milliards intègrent le recyclage des 20 milliards du CICE. L’effort supplémentaire est donc en réalité d’une dizaine de milliards... sur 3 ans.
Lesquels 20 milliards, s’ils ne font plus l’objet d’un crédit d’impôt, seront réintégrés au résultat de l'entreprise et soumis à l’IS (33%). C’est autant d’allègement en moins.
N’en déplaise à monsieur Mélenchon, l’allègement supplémentaire des charges sur le travail serait plutôt de 5 milliards d’ici à 2017.
Baisse de l’impôt sur le revenu ? Belle intention pour rassurer l'opinion! La seule certitude, c’est que cette année, nous allons payer environ 12 milliards de prélèvements en plus : hausse de la TVA, fiscalisation de la part patronale des cotisations mutuelles, baisse du plafond du quotient familial, hausse des cotisations retraite, rabotage de certaines niches.
Il est vrai que la masse globale des revenus, par ailleurs, progresse, et que ces 12 milliards sont à relativiser. Mais ils sont là quand même, en attendant de parler de baisse!
50 milliards de dépense publique en moins ? C’est le chiffre (52 milliards exactement) avancé par François Hollande pour compenser les cotisations familiales des entreprises (on vient de voir que c’était déjà largement fait), baisser la dette et alléger l’impôt. Il a même précisé que ce serait 18 milliards en 2015, 18 milliards en 2016, 17 milliards en 2017.
Au secours, l’austérité ? Pas si sûr : comme le précise le ministre Michel Sapin, c’est du « tendanciel ». Comprenez : c’est 18 milliards de moins que si on laissait filer naturellement la dépense publique. En gros, on gèle tout.
Baisse ou non hausse? La dépense publique (Etat, Sécu, collectivités), c’est 1151 milliards. Une grosse moitié pour la santé, les retraites, etc, des choses peu compressibles. Si vous la laisser filer au rythme de la croissance (1% par exemple), hop, on est à 11,5 milliards de plus. Si vous la gelez, vous avez gagné 11,5 milliards aux yeux de Bruxelles qui regarde surtout les ratios (déficit public rapporté au PIB, le fameux objectif de 3%) plutôt que les valeurs absolues.
C'est exactement ce qu'on fait dans le budget 2014: on parle de 15 milliards d'économies; en réalité, la dépense publique ne diminue que de 1,5 milliard. Le reste, c'est de la non  hausse. Ceci ne signifie pas que ça passe comme une lettre à la poste, qu’il n’y a pas des économies et des efforts ici et là. Ca veut dire, pour peu que les prix augmentent, qu’il n’y aura peut-être pas les grandes réformes douloureuses tant redoutées.
Conclusion provisoire: il ne faut ni se réjouir trop vite, ni trop hurler avant d'avoir mal!

Histoires de bonnes femmes

Histoires de bonnes femmes



Les lois passent, les inégalités tiennent bon. 1972 (loi sur l'égalité salariale n° 1), 1983, 2000, 2006, 2010… Et peu d'avancées, alors on insiste.
On est même allé jusqu'à embêter de pacifiques maires, dès 1.000 âmes dépassées, avec un scrutin de liste paritaire. Ce qui les contraint à se séparer d'adjoints « compétents », renvoyés à leurs tondeuses à gazon, et à ramer pour dénicher des femmes. Et qui va garder les enfants, on y a pensé à ça ? Le bureau des pleurs est ouvert.
On était si tranquille avant quand on ne s'embarrassait pas de toutes ces histoires de bonnes femmes. Voilà même que les députés suggèrent fortement aux pères de prendre six mois pour bébé. De quoi j'me mêle ? se sont insurgés quelques UMP, réprouvant cette « intrusion de l'État » dans le couple, mais ne voyant, par contre, aucun mal à mettre le nez dans le droit des femmes à disposer de leur corps.
Les sanctions tombent. Le gouvernement avait prévenu. Les entreprises qui ne respecteront pas l'égalité femmes-hommes mettront la main au portefeuille et ne pourront plus désormais candidater aux marchés publics. « Double peine », accuse un député.
Double peine pour qui, au juste ? On menace, érige des quotas, sanctionne, on amuse la galerie, tandis qu'inlassablement les mêmes chiffres d'écarts de salaires et de postes nous sont servis…
Et si on soignait d'abord, chez certains hommes, cette trouille tenace d'y perdre leur âme ?

UNE CLARIFICATION

UNE CLARIFICATION


Durant toute la journée d’hier les médias ont été suspendus à un communiqué de l’Élysée annonçant « une clarification » avant rupture. Une clarification, le mot froid sonne comme un titre de film ou de roman racontant une histoire qui se terminerait mal. Sauf qu’ici c’est la vraie vie qui se joue. Celle d’une femme trompée, humiliée à la face du monde et finalement plaquée… On comprend mieux aujourd’hui, à la lumière de ce mauvais feuilleton, pourquoi Valérie T. tenait tant à préserver son indépendance financière quitte à en paraître exaspérante. Volcanique, ultrasensible, sortant de l’hôpital, elle va s’envoler pour l’Inde, tandis que le président partira en Turquie. La perspective de la savoir là-bas, bombardée de questions, scrutée par l’œil des caméras qui chercheront sur son visage ou sa ligne les stigmates de l’épreuve, donne des sueurs froides aux conseillers en com’ qui gèrent l’affaire. Sans compter l’effet que produirait une photo, d’elle, solitaire, devant le Taj Mahal, mausolée de l’amour… perdu. Ça vous rappelle Diana ?

dimanche 26 janvier 2014

Honte politicienne

Honte politicienne
Le comportement du monde politique dans son ensemble est accablant. Nous avons ce fameux sondage du CEVIPOF de janvier 2014 qui montre la colère ou le dépit de l’opinion publique. 11% des Français font confiance aux partis politique, 31 % à l’institution présidentielle, 25% au gouvernement (aux ministres), 87% qui estiment que les personnalités politiques se préoccupent peu de ce qu’ils pensent. Mais pensez-vous qu’ils en tiendraient compte un instant pour tenter de s’améliorer? Eh bien non, le monde politique persévère allègrement dans son attitude méprisante. L’annonce des têtes de liste de l’UMP aux européennes est atterrante, constituées de politiciens au rancart, d’anciens députés battus ou sortants, qui donnent ainsi l’impression de se partager les fromages entre eux. Le pire est celui de la région Parisienne, vieille lune du centrisme, revenue d’on ne sait où, incompréhensible pour les citoyens qui attendent des réponses nouvelles à leurs interrogations sur l’Europe, la sécurité, l’intégration. L’attitude générale du PS est inqualifiable, droit dans ses bottes, fier comme un paon, compensant l’échec économique, dont il est responsable avec sa politique de terrorisme fiscal, par une fuite en avant dans l’idéologie, l’immoralité et la provocation qui déchire et dégoûte le pays. Je n’aime pas plus le FN, son mélange de démagogie et de hargne quotidienne, et cette hypocrisie de la vertu offensée, à géométrie variable,  alors que lui aussi est en quête de rentes de situation ; étant hyper mnésique, la "dédiabolisation" ne veut strictement rien dire à mes yeux – autre manipulation, légende de la table rase – et chacune de ses paroles honteuses depuis 1986 reste imprégnée à jamais dans mon cerveau.  Bref, la politique continue à s’enfoncer dans le déni, la honte, le mépris des Français. Il faut voter aux municipales, car c’est notre avenir de proximité qui se joue, sur la base de de considérations locales. En revanche, l’abstention, le vote blanc ou pour une liste marginale, aux européennes, me semble être en effet  le meilleur moyen de châtier le FNUMPS. Pardon aux personnes que je choque ou auxquelles mon discours déplaît, je ne fais que dire ce que je pense et ressens profondément, étant incapable de faire autrement, d’espoir déçu en espoir déçu, et j’espère l’avènement d’une nouvelle génération politique.

La classe politique française est enfermée dans le déni


Pourquoi avez-choisi d'écrire un livre d'anticipation de politique fiction et non un essai ? 

Nicolas Baverez : Il s'agit en effet d'un conte politique et moral qui a une dimension satirique ce qui contraste avec les livres d'histoire ou les essais que j'ai précédemment écrits. Changer de forme m'a permis de m'adresser à tous les publics, y compris aux jeunes générations. Et puis, se projeter dans l'avenir, en 2040 en l'occurrence, m' a aussi permis d'échapper à la tyrannie de l'immédiateté. Or l'idée de ce livre était de montrer les épreuves qui attendent notre pays pour lui permettre précisément de les surmonter en faisant les réformes nécessaires. 

Vous dressez un tableau de l'Europe, où finalement la France serait la seule à ne pas s'en sortir. Pourquoi ? 

Tout d'abord, il ne s'agit pas d'un livre pessimiste, il montre que finalement rien n'est écrit. C'est vrai pour les pays émergents, puisqu'en 2040, certains continueront à se développer, ceux qui réussissent à se réformer. D'autres pourront avoir des difficultés comme c'est d'ailleurs le cas aujourd'hui pour l'Inde, l'Indonésie ou l'Afrique du Sud. Pour l'Europe c'est la même chose, le monde développé n'est pas du tout condamné au déclin à condition de savoir s'adapter.
Concernant la France, ce que j'écris n'est pas excessif, mais parfaitement logique. Si notre croissance continue d'avoisiner le taux zéro, avec des dépenses publiques qui progressent de 2 à 3% par an et que le refus de l'impôt monte, il est clair que la France n'échappera pas à une crise financière. Avec une Europe du Nord, à la fois compétitive et bénéficiant d'un certain consensus social, et une Europe du Sud profondément réformée, si la France continue d'avoir une politique différente, elle fera éclater la zone euro. Et il est très important de donner à comprendre les dérives tragiques que nous nous promettons si nous ne changeons pas de cap.


Néanmoins, vous donnez quelques exemples de réussite à la française...

Nous avons en effet  toujours des moyens d'actions que nous pouvons faire jouer sans attendre et qui permettraient de régler nos problèmes. Et c'est bien la morale de ce conte. L'avenir ne dépend que de nous, pas de l'Allemagne, ni de l'Europe, ni de la mondialisation. J'ai pris l'exemple du Sud-Est, pour des raisons objectives. Lyon est le seul endroit en France où la métropole a réussi à fusionner avec le département et où par ailleurs des formes de coopérations très poussées ont été mise en oeuvre avec l'Italie du Nord ou l'Allemagne du Sud. Je détaille aussi toute une galaxie de talents, parmi lesquels des enseignants, des gens formidables qui réussissent dans le secteur public et dans le secteur privé.

Par contre, aucun homme ou femme politique décrit dans votre livre ne se montre à la hauteur de la crise. De qui vous êtes-vous inspiré pour ces personnages ?

Ils répondent à des inspirations diverses. Il ne s'agit pas de caricaturer plus un camp que l'autre. J'ai résumé ce qui correspond aujourd'hui à un point d'équilibre des discours des responsables politiques de droite comme de gauche pour montrer à quel combien leurs discours étaient en décalage avec la réalité.
 

Votre personnage central, c'est à dire le directeur du FMI, vient lui du Bénin. Pourquoi avoir choisi le Bénin  ?

Parce que c'est un pays qui se situe à proximité immédiate du Nigeria qui est une future grande puissance mondiale si son développement se poursuit. Par ailleurs, le Bénin est un pays souvent ignoré en France, mais qui comptera 400 millions d'habitants en 2050 . Et j'ai choisi l'Afrique pour renverser tous les lieux communs dans lesquels nous nous complaisons vis-à-vis d'elle. Pendant des décennies, ce continent a été présenté comme perdu pour la démocratie et le développement. Or, l'Afrique croît de 5,5% en moyenne depuis 2000.

Vous décrivez un FMI, finalement impuissant face à la crise française. Pourquoi de de grandes institutions financières ne pourraient-elles pas être efficaces ?

Aujourd'hui le FMI, l'Union européenne, l'Allemagne, la Banque centrale européenne font le même diagnostic sur la France : problème énorme de compétitivité, de chômage de masse, lié aux structures du marché du travail, qui s'ajoute à une dette publique colossale et à la non- coopération avec les autres pays de la zone euro. Les avertissements sont lancés, mais  le sort d'une nation libre dépend avant tout de ses citoyens. Or pour l'instant, la classe politique française s'est enfermée dans le déni. Et les citoyens, surtout des jeunes qui ne voient pas de solution dans le système politique sont tentés soit par l'exil, soit par l'extrémisme. Et c'est cette logique qu'il faut absolument casser, car il y a une responsabilité de notre génération vis-à-vis de ces jeunes. C'est pour cette raison que j'ai écrit ce livre.


Propos recueillis par Claire Checcaglini

'Davos est un grand cirque hypocrite'


Le Forum Economique Mondial s’est ouvert mercredi dans la station suisse de Davos. Pour le journal slovaque Hospodárske noviny, ce n’est qu’un étalage d’hypocrisie : « Davos est devenu un évènement purement commercial, de la sorte qui remplissent les poches de leurs organisateurs à coups de millions (…). L’adhésion coûte 42.500 francs (environ 35.000 euros), et même l’invitation pour s’y rendre coûte 12.000 francs. Ceux qui souhaitent également s’exprimer doivent payer jusqu’à 500.000 francs. Autrement dit, pour un demi-million, vous pouvez joindre le petit club select de l’élite mondiale. Tout ceci est totalement hypocrite. (…) La discussion de cette année va porter sur la méthode à employer pour empêcher que la richesse du monde soit concentrée entre les mains d’un petit groupe d’oligarques. Ce devrait être une discussion passionnante. Puis, au cours de leur vol de retour, les dirigeants de Microsoft, Yahoo et Google débattront en ricanant pour élire le meilleur paradis fiscal ».
✔ La cotisation annuelle du Forum économique mondial (qui permet d’obtenir une entrée, mais pas de participer à des sessions privées) coûte 38.000 euros.
✔ Le billet d'entrée à la conférence coûte 13.800 euros supplémentaires.
✔ Pour participer à des sessions privées avec des homologues du même secteur, il faut souscrire une adhésion annuelle « Industry Associate » de 100.000 euros.
✔ Pour faire venir une seconde personne de l’entreprise, il faut non seulement lui payer son billet d’entrée (13.800 euros), mais également souscrire une adhésion annuelle « Industry Partner » pour 191.000 euros. Le coût total s'élève donc à 226.000 euros, pour 2 participants.
✔ Pour se faire accompagner de plusieurs collègues (max. 5 par entreprise), il faut souscrire l’adhésion « Strategic Partner » (En 2011, cette possibilité n’était réservée qu’aux 250 plus grandes entreprises mondiales basées en Chine ou en Inde) pour 385.000 euros. En plus de cela, bien sûr, il faut additionner les 5 billets d’entrée à 13.800 euros l’un. Les entreprises qui envoient cinq personnes doivent donc s’acquitter d’un total de 454.000 euros avant le début de la conférence.
✔ En outre, toute entreprise qui organise une réception - elles le font presque toutes - paie encore 150 euros par invité. Les frais de déplacement peuvent varier de 1.000 à 10.000 euros par personne, en fonction des moyens de transport et du type d’hébergement. La plus petite chambre d'hôtel coûte 400 euros par nuit, un chalet privé peut être loué à 100.000 euros par semaine.
Pourquoi les entreprises sont-elles prêtes à dépenser tant d’argent sur un seul évènement ?
Davos est essentiellement une conférence d’affaires de haut niveau, où des dirigeants de grandes entreprises et des hauts responsables partagent leurs visions, et utilisent leur mise en présence pour conclure des affaires de montant qui dépassent de beaucoup le coût de la conférence. Certains participants rencontreront plus de 100 personnes en 3 jours, un nombre qu’ils ne parviendraient jamais à atteindre habituellement sur un délai aussi court.
On estime que le chiffre d’affaires total du WEF se monte à 150 millions de dollars. 

    François Hollande se prend pour François Mitterrand mais il en est loin


    François Mitterrand et François Hollande ont pour point commun d'avoir débuté leur présidence en commettant bon nombre de bourdes économiques et d'erreurs de diagnostic. Mais la ressemblance s'arrête là, car si le premier a su rebondir par pragmatisme, le second peine à la tâche.
    Pour beaucoup de ses amis politiques, le virage social-démocrate de François Hollande qui traduit pour certains une sorte de métamorphose  ressemblerait  à s’y  méprendre à celui de François Mitterrand en 1982-83…
    Les même amis, la garde rapprochée, promotion Voltaire pour la plupart, ajoutent que ce virage ne les étonne pas car François Hollande a toujours voué une admiration sans borne pour la méthode et la personnalité de François Mitterrand. Mais de là à penser qu’il remet ses pas aujourd’hui dans ceux de François Mitterrand, il y a un gouffre énorme dans lequel François Hollande est en  train de tomber.
    A priori, il y a, c’est vrai, beaucoup de points communs entre le virage « libéral » de François Mitterrand et le virage « social-démocrate » de Françoise Hollande..
    Tous les deux se retrouvent, deux ans après leur élection dans une situation économique  intenable. La croissance est faible, les finances de l’État sont catastrophiques, la dette ne cesse de croître, le chômage grimpe en flèche. Tous les deux vont, chacun à leur manière, comprendre qu' il leur faut assainir les finances publiques et s’appuyer sur les chefs d’entreprise pour relancer la machine sans augmenter les impôts.

    Leur cheminement aussi est identique, les deux François vont faire chacun une campagne surréaliste, promettant un monde meilleur, une société différente, et en multipliant les promesses les plus démagogiques qui soient. Les deux François vont nier l’existence d’une crise structurelle profonde. François Mitterrand ne veut pas reconnaître, comme VGE avant lui, que le quadruplement du prix du pétrole a changé tous les modèles économiques  mondiaux et les rapports de force internationaux. François Hollande, lui, va nier la gravité de la crise  financière qui a dévasté l’Occident.
    Pour terminer, les deux François gagneront en négociant des alliances politiques improbables  qui les obligent à supporter une idéologie impraticable. François Mitterrand va se marier avec le parti communiste et François hollande va se pacser avec les écologistes, le front de gauche de jean Luc Mélenchon et les derniers communistes qui restent sur le marché.
    Enfin tous deux gagneront parce que la droite est incapable de s’organiser et que leur prédécesseurs (Giscard d’un côté et Sarkozy de l’autre se sont rendus insupportables.
    Au lendemain de l’élection présidentielle, la météo est identique, il pleut des trombes d’eau, mais c’est un détail. L’important est que François Mitterrand et François Hollande vont chacun à leur époque payer leur élection en essayant de tenir quelques-unes des promesses qu'ils ont généreusement faites. Et ils vont les payer très chères en terme de dépenses  publiques : la retraite a 60 ans, le relèvement du SMIC, la politique familiale, les nationalisations pour le premier.
    Le second va très vite augmenter les impôts, y compris les 75 % pour les très hauts revenus, allonger la durée d’indemnisation chômage, l’élargissement des avantages sociaux aux couples homosexuel mariés, etc. etc. Dans les deux cas on justifiera cette générosité en expliquant qu'outre le fait que ça correspond aux engagements de campagne, ça permet de soutenir la demande de consommation. Donc c’est bon pour la production de richesse.
    Cette période d’euphorie sociale va dans les deux cas durer près de 2 ans, au terme desquels il n'y a aura plus un sou dans les caisses de l’État . Les déficits qui ont déjà augmenté (sous Giscard pour l’un et sous Sarkozy pour l’autre) deviennent abyssaux.la croissance n’est pas au rendez-vous. L’argent distribué s’est retrouvé en épargne ou en produits importés de Chine et d’ailleurs. Preuve que lorsque l'on soutient une conjoncture dans une économie développée, on soutient surtout les usines de Shanghai et les emplois chinois. Peu importe, François Mitterrand comme François hollande rendent hommage chaque jour à ce vieux J. M. Keynes, le coach historique des socio-démocrates évadés du socialisme.
    Au bout de deux ans ou presque, le réveil sera donc terrible pour l’un comme pour l’autre. Ce qui permet à beaucoup d’expliquer que l’un comme l’autre vont réagir de la même façon. Apparemment, oui. Ils vont parler rigueur, entreprise, productivité, compétitivité, mais dans le fond comme dans la méthode, les deux expériences ne se correspondent pas.
    Si François Hollande pensait faire un virage comme Mitterrand, il se trompe et a trompé ses amis politiques. Plus grave, contrairement à François Mitterrand qui a beaucoup modernisé le pays, François Hollande est peut-être en train de le planter.
    1er point. François Mitterrand avait des architectes et un chef d’orchestre. François Hollande n’en a pas et improvise en permanence selon les contraintes et les opportunités.
    En 1983, contrairement à la légende mitterrandienne, ce n’est pas lui qui a eu l’idée et qui a pris l’initiative de négocier un changement radical de politique économique, c’est son premier ministre pierre Mauroy , entouré de socio-démocrates plus experts que politiques : Jean Peyrelevade , Jacques Delors , Pascal Lamy… Selon Jean Peyrelevade, Pierre Mauroy avait compris que la France allait à la faillite. Il savait aussi que quelques grands patrons comme jean Riboud (le frère d’Antoine), Pierre Rousselet , Pierre Berger militait pour un plan de relance massif , et une dévaluation du Franc (un peu comme De Gaulle en 1958). Pierre Mauroy a donc fait peur au président en lui expliquant que de toute façon, avant deux mois il serait, lui François Mitterrand, obligé de partir à Washington demander de l’argent au FMI. Humiliation suprême, à laquelle n’avaient pas songé les visiteurs du soir.
    François Mitterrand acceptera le plan Mauroy en lui demandant de le gérer, ce qu’il fit . Un plan en trois actes : l’assainissement des dépenses publiques, le soutien à l’investissement dans le cadre d’une politique industrielle nationale, et l'engagement européen, qui sera finalement moteur avec l’Allemagne d’Helmut Kohl. Jacques Delors et Pierre Bérégovoy vont préparer des privatisations, et surtout la dérégulation de l’industrie financière.
    François Hollande est seul, il n’a pas de chef d’orchestre. Jean marc Ayrault n'a rien initié qui aille dans le sens d’une politique d’offre. ce qu' il a fait doit être aujourd’hui zappé complètement. Ce n’est pas d’une réforme fiscale dont on a besoin, c’est d’une remise à plat des finances publiques . Le Premier ministre va sans doute reprendre ce dossier, mais il est illisible et inaudible.
    En fait, François Hollande ne peut compter dans l’application de son pacte de responsabilité que sur deux ministres loyaux et compétents : Michel Sapin et Bernard Cazeneuve. Ce qui est peu pour convaincre la totalité des socialistes du changement de stratégie.
    2e point : François Mitterrand avait gardé son Premier ministre (véritable auteur du plan de réforme ) mais il avait aussi clarifié sa majorité et son gouvernement. Les communistes avait quitté l’attelage gouvernemental (la rupture) et prévenu tout le monde qu’il allait fonctionner avec un logiciel social-démocrate sous la baguette du maire de Lille. François Hollande continue de cohabiter au gouvernement avec le noyau dur des écologistes et au Parlement avec la gauche de la gauche . Officiellement il n’y a pas de rupture, mais l’extrême gauche et les écologistes font tout pour se démarquer de la politique portée désormais par François Hollande.
    3e point : François Mitterrand avait clairement pris des engagements européens. Il avait relancé la construction européennes et mis l’euro en phase préparatoire, ainsi que la BCE, la banque centrale européenne. Le projet se voulait carrément fédéraliste.
    François Hollande est a cent lieues de relancer la construction et la consolidation de la zone euro. Or son projet d’ouverture économique sur la logique d’offre, sur une meilleure compétitivité, etc., ne peut fonctionner à terme que si nous avons une Banque centrale coopérative. C’est-à-dire une banque centrale qui apporte les liquidités dont on a besoin. Sauf que cette Europe-là doit être solidaire, harmonisée. Elle doit être capable d’appliquer un règlement de copropriété cohérent et fort, et surtout, le respecter. François hollande a bien murmuré le projet d’une Europe plus solide, mais personne n’a compris que son ambition allait vers un pouvoir politique fédéral. On en est loin. Les opinions publiques y sont sans doute hostiles. Et le président français ne prendra pas de risques. En bon corrézien, il applique à la politique le sacro-saint principe de précaution.
    Ce qui veut dire qu'après avoir expliqué ce qu’il voulait faire, il ne le fera pas. Il ne pourra pas le faire, car contrairement a Mitterrand il n’a pas d’architecte ou de chef d’orchestre, il n’a pas de majorité, et si l’opinion publique n’est pas opposée à des réformes libérales, elle ne croit pas possible que François hollande puisse les entreprendre.