Le rebond de certains indicateurs est à la fois mécanique, sous l'effet des plans de relance, et technique, suite au déstockage des entreprises. Mais les moteurs de la croissance durable, tels que l'investissement des entreprises et la consommation des ménages, sont toujours grippés. L'analyse d'Emmanuel Lechypre, responsable du Centre de prévisions de L'Expansion.
mardi 29 septembre 2009
La reprise est une illusion d'optique
Le rebond de certains indicateurs est à la fois mécanique, sous l'effet des plans de relance, et technique, suite au déstockage des entreprises. Mais les moteurs de la croissance durable, tels que l'investissement des entreprises et la consommation des ménages, sont toujours grippés. L'analyse d'Emmanuel Lechypre, responsable du Centre de prévisions de L'Expansion.
La consommation, victime de la flambée des déficits publics
La consommation des ménages, qui avait bien résisté jusque là, décroche. Comme si les Français avaient pris conscience que c'est sur eux que va reposer le rééquilibrage des finances publiques.
lundi 28 septembre 2009
M. de Villepin assigne M. Sarkozy en justice
Un huissier s'est présenté, lundi 28 septembre à l'Elysée, pour y délivrer à "Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, président de la République, demeurant Palais de l'Elysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris" une assignation à c
omparaître devant le tribunal de grande instance de Paris, pour atteinte à la présomption d'innocence.
Le dépôt de cette plainte avait été annoncé, mercredi 23 septembre, par les avocats de Dominique de Villepin, après la diffusion, sur TF1 et France 2, des propos du président de la République affirmant, à propos de l'affaire Clearstream : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel."
Selon le texte de l'assignation, ces propos sont une "atteinte aussi flagrante qu'extrêmement grave" à la présomption d'innocence de M. de Villepin, qui est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel d'abus de confiance et de vol.
Rappelant que, selon l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme, "tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable", la défense de M. de Villepin observe que les propos de M. Sarkozy sont "l'affirmation brutale de la culpabilité des prévenus dans le procès Clearstream" et que cette affirmation "concerne nécessairement M. de Villepin".
Elle estime en outre que la suite de la déclaration du chef de l'Etat – "les juges décideront qui a fait ça, pourquoi on a fait ça, qui sont les opérateurs et qui sont les commanditaires" – confirme et "amplifie" cette atteinte. "En effet, relève le texte de l'assignation, selon , la culpabilité des prévenus dans ce procès ne faisant aucun doute, les juges n'auront plus qu'à décider de la répartition des rôles" entre opérateur et commanditaire.
Les avocats de M. de Villepin ajoutent que l'heure de diffusion – les journaux télévisés de 20 heures – et les fonctions de M.Sarkozy, président de la République et, à ce titre, garant de l'indépendance de la justice, "confèrent à cette atteinte une intensité exceptionnelle".
L'issue judiciaire de cette démarche est d'ores et déjà connue puisque l'immunité pénale dont bénéficie le chef de l'Etat rend impossible toute poursuite à son encontre pendant la durée de son mandat. Comme ce fut le cas avec une procédure similaire intentée par Yvan Colonna, le tribunal ne peut que constater l'immunité et renvoyer l'examen de cette plainte à l'échéance d'un mois après la cessation des fonctions présidentielles de M. Sarkozy.
Mais la démarche des avocats de M. de Villepin est avant tout destinée à alimenter le débat sur le problème que pose, selon eux, la constitution de partie civile du chef de l'Etat, en matière de rupture du principe de l'égalité des armes devant la justice.
Après les divisions suscitées par les propos présidentiels au sein de la majorité, notamment lors des journées parlementaires de l'UMP au Touquet, jeudi et vendredi, M. Sarkozy a reçu le soutien de François Fillon. Interrogé dans le Journal du dimanche, le premier ministre a indiqué : "Dans cette affaire, il y a une victime principale, le président de la République. Et on ne doit pas transformer les victimes en coupables."
La ministre de l'économie et des finances, Christine Lagarde, a, pour sa part, observé, lors de l'émission "Le grand jury RTL-Le Figaro-LCI" : "J'ai été avocate. L'adage dit que quand la politique entre dans un prétoire, la justice en sort." Elle n'a pas précisé lequel de ses deux confrères avocats – M. de Villepin, prévenu, M. Sarkozy, partie civile – cet adage visait.
Pascale Robert-Diard
Ce chien de De Villepin ne recul devant rien pour se défendre, lapsus ? surement pas, Nicolas Sarkozy a appelé les choses par leur nom. De Villepin est coupable de faux et de tentative d'atteinte à la personne morale de Nicolas Sarkozy.
Il est coupable et sait très bien que les preuves sont contre lui, c'est pourquoi il agit ainsi.
Le gouvernement face au mur du déficit
Il va être beaucoup question dans les jours prochains de l'ampleur du déficit public qui atteint 8,2 % du produit intérieur brut. Mercredi 30 septembre, le projet de loi de finances pour 2010 est présenté au conseil des ministres. Jeudi 1
er octobre, les grandes lignes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) seront rendues publiques, après la réunion de la commission des comptes de la "Sécu".
"Nous ne pourrons l'an prochain faire mieux que de stabiliser les déficits globaux (comptes publics et comptes sociaux)", a prévenu François Fillon dans un entretien au Journal du Dimanche.
"8,2 % de déficit public, c'est trop", s'est aussitôt inquiété l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin (UMP), en appelant, sur Canal+, à une "mobilisation nationale contre les déficits".
Cette année, le déficit de l'Etat atteindra 140 milliards d'euros, a précisé M. Fillon. Il était attendu à 130 milliards d'euros. La récession, même moins forte que prévu (– 2,25 % au lieu de – 3 %), a amputé les rentrées fiscales, le plan de relance a alourdi les dépenses.
Le projet de budget pour 2010, bâti sur l'hypothèse d'une croissance à nouveau positive (+ 0,75 %), portera encore les stigmates de la crise. Fidèle à la ligne présidentielle, le gouvernement a choisi de ne pas compromettre le début de reprise par une politique rigoureuse.
Même ramené à 115 milliards – ce qui sera difficile –, le déficit de l'Etat restera élevé. Et celui de la Sécurité sociale continuera de se creuser de plusieurs milliards du fait du chômage. Il atteindra environ 30 milliards d'euros a précisé le ministre du budget, Eric Woerth, après 24 milliards d'euros en 2009.
Dans ce contexte tendu, le gouvernement affiche ses priorités : l'emploi – sauf dans la fonction publique (33 000 postes en moins) – et la compétitivité. Il le fait directement en prolongeant certaines mesures de 2009 (exonération de charges sociales pour les très petites entreprises qui embauchent, extension du contrat de transition professionnelle, etc) ou en finançant le plan jeunes.
Il le fait indirectement en baissant la fiscalité des entreprises, avec la réforme de la taxe professionnelle (TP) qui, selon M. Fillon, représente "0,7 point de PIB transféré au service de l'investissement et de l'emploi". Cette réforme coûtera 11 à 12 milliards d'euros à l'Etat en 2010.
Elle consiste à supprimer la taxation des investissements productifs, qui pénalisait l'industrie, et à la remplacer par une cotisation économique territoriale, assise sur le foncier et sur la valeur ajoutée. L'immense majorité des 2,9 millions de sociétés non financières en profitera.
MÉNAGES PERDANTS
Globalement, les entreprises sortiront gagnantes du projet de budget 2010, même si le patronat s'offusque à l'idée que les quelque 2 milliards prélevés sur elles au titre de la taxe carbone servent au financement de la réforme de la TP.
Les ménages seront nettement moins bien lotis. Les diverses mesures de soutien de 2009 –dont les baisses d'impôt ciblées sur les plus modestes – vont s'arrêter. La prime à la casse va tomber de 1 000 à 700 euros au 1erjanvier, puis 500 euros à compter du 1er juillet.
Le forfait hospitalier va passer de 16 à 18 euros, certains médicaments vont être moins bien remboursés, les plus-values mobilières vont supporter la CSG dès le premier euro. Et si le patron du groupe UMP de l'Assemblée, Jean-François Copé, dépose son amendement, les indemnités journalières versées aux accidentés du travail vont être fiscalisées.
Les promesses de baisse des prélèvements obligatoires n'ont pas résisté à la crise. La fiscalité des ménages devient aussi complexe qu'illisible. La taxe carbone, à côté de plusieurs mesures de verdissement de la fiscalité, l'illustre. Elle verra le jour en 2010 alors que Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir augmenter les impôts. Le gouvernement précise que la part prélevée sur les ménages leur sera intégralement restituée. mais cela n'empêchera pas certains foyers d'être perdants.
Claire Guélaud
dimanche 27 septembre 2009
Angela Merkel à qui-perd-gagne
Elle devrait rester à la tête du pays après les législatives de dimanche. Mais avec quelle majorité?
Angela Merkel se prépare à une victoire au goût de défaite, à la veille des élections législatives allemandes. La chancelière pourrait rester à la tête du pays, mais apparaître dimanche soir c
omme la grande perdante du scrutin. Avec 35 % des intentions de vote, son parti, la CDU-CSU, conserve la pole position dans la course à la chancellerie, mais son avance diminue sondage après sondage. De quoi plomber les rêves d’Angela Merkel, qui souhaite depuis des années former un gouvernement avec les libéraux du FDP. A deux jours du scrutin, le bloc conservateurs-libéraux n’était plus crédité que de 46 à 48 % des voix. L’hypothèse d’une poursuite de la grande coalition se profile.
Toujours sûr de lui, Guido Westerwelle, le président du FDP, persiste pourtant à croire à la victoire. Son parti sortirait alors de onze années d’opposition. C’est l’un des paradoxes d’une campagne électorale assez morne où les deux principaux protagonistes ont eu du mal à se différencier : un parti prônant la déréglementation tous azimuts tire son épingle du jeu en ces temps de crise internationale. "Traditionnellement, le FDP est le parti de l’économie. C’est un parti d’experts avec une image sérieuse, qui rassure", décrypte le politologue Christian Callies, de la Freie Universität de Berlin. Le FDP est la formation politique qui gagnerait le plus de voix par rapport à 2005.
A l’opposé, avec une chute de 8 à 12 points, le SPD se prépare à son plus mauvais score de l’après-guerre. Les sociaux-démocrates paient les pots cassés de la grande coalition. "Le grand public attribue les succès du gouvernement au chancelier, en l’occurrence à Angela Merkel", explique Oskar Niedermayer, chercheur en sciences politiques à Berlin. Pourtant, Frank-Walter Steinmeier, le leader des sociaux-démocrates, s’est révélé bien meilleur cheval que prévu. Le vice-chancelier est sorti vainqueur du débat télévisé qui l’a opposé à Angela Merkel, et a réduit l’écart. En deux semaines, il a gagné quatre points, passant de 22 à 26 % des intentions de vote. A l’aise dans cette nouvelle posture de challenger provocateur, ce bureaucrate, pour sa première élection, a hier encore montré son assurance : "Me présenter une seconde fois ? Pourquoi pas… comme chancelier sortant !"
Comme il le dit lui-même, il est porté par une opinion publique foncièrement à gauche. Le SPD, les Verts (12 %) et l’extrême gauche Die Linke (11 %) rallient ensemble plus de voix que le bloc de droite. Mais les sociaux-démocrates ne veulent pas d’une alliance avec Die Linke, car elle regroupe des anciens communistes du régime est-allemand. Ce nouveau parti, mené par le charismatique Oskar Lafontaine, a le vent en poupe. Et il entend demain capitaliser les succès engrangés localement.
LA GROSSESSE DES HOMMES.
D’un côté, EllaOne, superpilule du lendemain, très bientôt sur le marché européen, efficace jusqu’à cinq jours après un rapport sexuel non protégé. De l’autre, une campagne épatante de l’Inpes, qui incite les hommes à s’intéresser à la grossesse. À la veille de la Journée mondiale de la contraception, ces deux dispositifs affichent le même objectif : réduire le nombre d’avortements.
Un jeune homme entre, fébrile, dans des toilettes. Dans ses mains, un test de grossesse. Tremblant, il parcourt la notice, puis lit le résultat. Il sort, ébahi, puis inspecte sa silhouette de profil dans le miroir. Le spot, muet, se termine par un slogan tonitruant : « Faut-il que les hommes tombent enceintes pour que la contraception nous concerne tous ? » Un message fort et un concept original à l’attention des 18-30 ans. Cette campagne de communication de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) est actuellement déclinée à la télévision, à la radio et sur Internet. « Il est important de considérer le couple, et non pas la femme seule, dans la démarche du choix de la contraception et de son suivi », nous explique-t-on à l’Inpes.
Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le Planning familial, salue cette campagne : « Une étude de la mutuelle LMDE a montré qu’une majorité de jeunes hommes ignore si leur copine est sous contraception et que ceux qui le savent n’ont en revanche aucune idée de la méthode choisie.
Ce n’est pas qu’une histoire de nanas, il faut sensibiliser les garçons. »
De la sensibilisation, mais aussi des actes. L’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments (EMEA) s’apprête à donner son aval pour la commercialisation d’EllaOne, la pilule dite « du surlendemain », produite par le laboratoire français HRA Pharma. Elle serait efficace à 97 % et jusqu’à cinq jours après un rapport sexuel non protégé, contre quarante-huit heures pour la pilule
« classique » du lendemain, la Norlevo.
Le hic ? Son prix et son accessibilité. EllaOne n’est pas remboursée par la Sécurité sociale et son coût se chiffrerait aux alentours de 50 euros. Norlevo coûte 7,60 euros, a été disponible en vente libre dès sa mise sur le marché, alors qu’il faudra une ordonnance pour obtenir EllaOne. Une situation qui révolte le Planning familial.
« Cette pilule d’urgence doit pouvoir être délivrée sans ordonnance : pharmacies, infirmeries scolaires, centres de planification… et être remboursée, donc accessible financièrement au plus grand nombre et gratuite pour les mineures », déplore Marie-Pierre Martinet.
EllaOne est plébiscitée par les gynécologues autant que par les associations. « Quand l’accident arrive un samedi soir et que l’on ne trouve une pharmacie que le lundi ou le mardi, il est trop tard. Or les jeunes filles reportent souvent l’achat de la pilule du lendemain, n’osent pas et traînent dans la démarche », explique le docteur Marc-Alain Rozan, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof). « Aujourd’hui, il y a 200 000 I. V. G. par an pour 800 000 naissances. Si l’on veut lutter contre l’avortement, cette pilule est une très bonne solution. Je vois tous les jours des jeunes filles qui préfèrent l’I. V. G. à une pilule payante parce que c’est gratuit et anonyme. »
Mais n’y a-t-il pas un risque de relâchement dans la planification de la contraception si les femmes savent que ce dispositif si efficace existe en vente libre ? « Aucune inquiétude, poursuit Marie-Pierre Martinet. On présente souvent les contraceptifs d’urgence comme des solutions anti-tête de linotte, mais les femmes sont conscientes des enjeux. Les deux tiers des I. V. G. ont lieu alors que la femme est sous contraception, cela veut bien dire qu’il y a un problème dans le choix de la méthode. »
Autrement dit, il faut sortir du tout-pilule, qui est bien loin de convenir à toutes les femmes. Et informer, encore et encore. C’est dans cette optique que l’Inpes, en plus de sa campagne miroir, propose depuis le 15 septembre une version relookée du site choisirsacontraception.fr, où l’ensemble des moyens existants sont expliqués. Les objectifs des pouvoirs publics, des médecins et des associations convergent : faire baisser le nombre d’avortements, dans un contexte où l’accès à l’I. V. G. chirurgicale est toujours compliqué, délais d’attente et clause de conscience obligent… Et s’il faut pour cela que les hommes, le temps d’un spot télé (1), angoissent pour un retard de règles et se demandent qui peut être la mère de leur enfant, on redemande de telles campagnes de sensibilisation.
Multizappeurs mais bons à rien
Selon une étude américaine, ceux qui passent toute la journée à jongler de leur portable à leur ordinateur n'arrivent plus à se concentrer.
Ordinateur, téléphone portable, télévision, iPod… il est tout à fait possible et très tentant d'utiliser ces appareils en même temps. On peut lire ses courriels et en envoyer tout en répondant au téléphone pendant qu'on écoute un CD et qu'on cherche sur Google le nom du p
rochain film qu'on aimerait bien aller voir, et tout cela sans pouvoir s'empêcher de lire son dernier SMS et de regarder à la télé Usain Bolt battre le record du monde du 100 mètres à Berlin. Certains ne supportent pas cet éclatement, ils peuvent parfois même en souffrir. D'autres, au contraire, s'y complaisent. En anglais, on les appelle les multitaskers («multitâcheurs»), un terme dérivé de l'informatique où un ordinateur est dit «multitâche» quand il est capable d'effectuer plusieurs programmes en parallèle.
Ce nouveau type de comportement se rencontre de plus en plus souvent et pas seulement chez les jeunes. Faut-il s'en inquiéter ? Peut-être, car faire plusieurs choses à la fois pourrait avoir à la longue des effets négatifs sur les performances cognitives de ceux qui s'y adonnent. C'est ce que montre une étude conduite par une équipe de chercheurs pilotée par Eyal Ophir, psychologue de l'Université de Stanford, en Californie, publiée dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (Pnas, 24 août 2009). Selon ses auteurs, il s'agit de la première étude consacrée aux «multitâcheurs chroniques».
«Des détails insignifiants»
Les chercheurs de Stanford ont d'abord défini un seuil à partir duquel une personne peut être considérée comme un authentique multitâcheur. À partir de là, ils ont recruté une centaine d'étudiants, comprenant pour moitié des multizappeurs invétérés et de l'autre des jeunes beaucoup moins accros de l'écran et du téléphone portable.
Les deux groupes ont subi ensuite trois tests différents. Dans le premier exercice, destiné à mesurer l'attention et la faculté à bien repérer les changements significatifs (des figures géométriques de couleur présentées dans des dispositions différentes), les résultats des multizappeurs n'ont pas été bons du tout par rapport à ceux de l'autre groupe.
Même chose dans le deuxième test destiné à comparer les capacités de mémorisation (des suites de lettres de l'alphabet dont quelques-unes répétées à plusieurs reprises). «Plus on a introduit un grand nombre de lettres, plus les multitâcheurs ont été mauvais», souligne Eyal Ophir.
Plus surprenant encore, les multizappeurs ont eu de mauvais résultats au troisième test, destiné à évaluer les capacités à passer d'une activité à l'autre (des chiffres et des lettres différentes présentées à plusieurs reprises avec une attention portée tantôt sur les unes ou sur les autres). «Nous cherchions en quoi les multitâcheurs étaient meilleurs, mais nous n'avons pas trouvé», résume Eyal Ophir. «Ils courent toujours après des détails insignifiants», renchérit Clifford Nass, l'un des professeurs qui a participé à l'étude.
Les chercheurs ne vont pas en rester là. Ils se demandent maintenant pourquoi il existe un tel écart entre les deux groupes. Les multitâcheurs ont-ils des difficultés à se concentrer parce qu'ils zappent trop ou sont-ils nés comme ça ?
Le grec en banlieue, c'est possible
Un professeur raconte son expérience. Comment, dans un lycée à la dérive, il a su donner à ses élèves le goût du grec. La culture classique, instrument de promotion sociale.
C'est une histoire vraie, qui commence mal et finit bien, comme les contes de fées. Pour certains de ses protagonistes, elle tient d'ailleurs du conte de fées. L'histoire, c'est Augustin d'Humières qui la raconte. Issu d'un milieu bourgeois, ce jeune agrégé de lettres classiques, diplômé d'un institut d'études politiques et d'une école d'art dramatique, est nommé dans un lycée des confins de l'Ile-de-France. L'établissement, coincé entre deux axes routiers, une usine et deux cités, accueille une population cosmopolite et défavorisée : les meilleurs élèves fuient ce lycée.
Les premiers chapitres sont tout simplement désespérants. L'auteur décrit un univers scolaire transformé en machine à perdre. Les enseignants, purs produits des IUFM et de la pensée unique, «inventifs et solidaires», semblent s'être donné le mot pour «bâtir le plus mauvais lycée de France». Dans cet établissement expérimental, l'objectif est que l'élève «se sente bien ». A cette fin, il importe de «dialoguer avec lui», de lui faire connaître «ses droits», de «le rendre acteur de son propre savoir». De recul en recul, le corps professoral se donne pour but, non de faire travailler les élèves, mais d'«éviter le conflit» avec eux.
A la suite d'on ne sait quel déclic, le professeur de lettres finit par se rebeller : il décide de prendre le contrepied du discours pédagogique dominant, bien qu'il reconnaisse, en souriant de lui-même, que rien ne le prédisposait à «une carrière de résistant». Augustin d'Humières ne tolère plus les retards en cours (pourtant permis par le règlement), fait apprendre des textes par cœur, et recopier vingt-cinq fois les fautes relevées dans les copies. Résultat : sa classe de première obtient la meilleure moyenne au bac de français, moyenne qui a doublé par rapport à l'année précédente. Les élèves, dès lors, lui marquent de la sympathie. «Finalement, souligne-t-il, pour qu'ils se "sentent bien" au lycée, le mieux était peut-être qu'ils y travaillent.»
L'année suivante, l'enseignant persiste, ce qui lui vaut des ennuis avec l'Inspection académique et ses collègues, qui incriminent des «méthodes pédagogiques d'un autre âge». Au nom de l'intérêt des élèves, d'Humières s'accroche. Et passe à une deuxième phase : l'opération « Mêtis ». Rien à voir avec le métissage, mais avec la mythologie : Mêtis, première épouse de Zeus et mère d'Athéna, est la déesse de la ruse...
Au bac, le grec est une matière à option. Tous les parents savent que les options permettent aux élèves les moins brillants de grignoter quelques points qui leur permettront d'obtenir l'examen. Alors, Augustin d'Humières, lors des journées d'inscription, joue les rabatteurs : il part à la chasse de volontaires pour le grec. «Le jour où je me suis retrouvé devant une classe de quatre-vingts élèves, s'amuse-t-il, j'ai commencé à considérer mon métier d'enseignant d'une façon un peu différente.»
L'expérience est vite concluante. Des élèves qui n'avaient jamais fait de grec, enfants de parents n'en ayant pas même entendu parler, y prennent goût. La langue ancienne, devenue nouvelle, prouve sa capacité à passionner. Pour les plus accrochés, elle constitue une gymnastique de l'esprit, qui les contraint à reprendre les bases du français pour comprendre la grammaire hellénique.
Inès, dont la mère vient du Zaïre et le père du Congo, confie à la journaliste Marion Van Renterghem ce que lui a apporté le grec et le latin appris dans les classes d'Augustin d'Humières : «Quand j'utilise ces mots-là, je vois bien que j'ai un truc en plus. Même moi, je m'en étonne. Je me sens intelligente. Le latin et le grec ont enrichi mon vocabulaire. Pour la culture générale, pour le français, c'est vraiment bien.»
Car le projet Mêtis repose sur l'appui donné au professeur par ses anciens élèves. Certains acceptent d'aller témoigner dans les collèges et les lycées de l'utilité d'apprendre les langues dites mortes, redevenues source de vie.
«Dans l'étrange mélange de familles, de pays, poursuit d'Humières, qui faisait se côtoyer chaque jour la famille polygame, la famille tamoule, la famille salafiste, la famille éclatée, la famille fatiguée, de toute cette diversité qui produisait un mélange absolument détonant, je me disais qu'il y avait peut-être autre chose à tirer qu'une équipe de foot.» Et pourquoi pas une compagnie théâtrale ? Ce sera le dernier axe de Mêtis.
Avec une vingtaine de lycéens, le professeur monte Le Songe d'une nuit d'été. Après Homère, c'est Shakespeare en banlieue. Les débuts sont difficiles, mais les élèves se prennent au jeu. La représentation, donnée devant 450 personnes, au théâtre municipal, sidère professeurs, élèves, parents et proviseurs qui ne reconnaissent pas, sur scène, les jeunes qu'ils côtoient tous les jours. «Le théâtre a changé tous ceux qui y ont participé, certains se sont métamorphosés», observe un comédien qui a aidé Augustin d'Humières.
Depuis longtemps, Jacqueline de Romilly mène croisade pour la sauvegarde des langues anciennes dans l'Education nationale. Elle a félicité les instigateurs de l'opération Mêtis : «J'ai toujours pensé qu'il fallait faire ce que vous faites: donner accès, par les racines mêmes, à notre culture.»
Grâce à Homère et à Shakespeare, Kévin, Salimata, Youssef, Fatima et quelques dizaines d'autres ne sont plus des déracinés : ils sont des héritiers. Gagner un tel pari est donc possible, en banlieue, dans les années 2000. Il n'y faut que la volonté. Et le courage.
Homère et Shakespeare en banlieue, d’Augustin d’Humières et Marion Van Renterghem, Grasset, 198 p., 18 €.
Le grand retour de Steve Jobs
Le PDG et cofondateur de la firme de Cupertino a fait son grand retour, mercredi, après avoir subi une greffe du foie.
Surprise générale. Sous un tonnerre d'applaudissements, mercredi soir, à San Francisco, Steve Jobs a fait son grand retour chez Apple à l'occasion de la traditionnelle con
férence de rentrée. Le cofondateur n'était pas apparu en public depuis près d'un an. «Je suis très heureux d'être parmi vous. Comme certains d'entre eux vous le savent, il y a environ cinq mois, j'ai subi une greffe du foie. Ainsi, maintenant, j'ai le foie d'une personne d'environ 25 ans qui est mort dans un accident de voiture. Je ne serais pas là sans une telle générosité. Nous devrions tous être des donneurs d'organes», a expliqué Steve Jobs, toujours très maigre. Il a repris le travail fin juin, après six mois d'absence.
Pour son retour, le patron emblématique de l'entreprise a pu égrener des chiffres magiques : 30 millions d'iPhone ont été vendus, plus de 225 millions d'iPod dont 20 millions d'iPod touch ont été écoulés. Steve Jobs a ensuite présenté une nouvelle version du site de vente de musique en ligne et du logiciel iTunes 9. Désormais, les particuliers pourront télécharger des morceaux de musique accompagnés de vidéos et de bonus.
Si l'invitation à cette réunion était explicite : «it's only rock and roll but we like it» (c'est seulement du Rock'n Roll, mais nous apprécions cela), Apple ne s'est pas contenté de présenter des nouveautés dans la musique. Il a également raflé la mise dans les jeux vidéo. Le groupe propose désormais 21 178 jeux en ligne (dont le dernier Assassins Creed II édité par Ubisoft), contre 3 680 jeux pour la DS de Nintendo et seulement 607 pour la PSP de Sony.
Baisse des prix
Comme chaque année à l'approche des fêtes de Thanksgiving et de Noël, Apple a modernisé sa gamme d'iPod et baissé ses prix. La grande nouveauté c'est que les iPod nano (déjà 100 millions d'exemplaires ont été écoulés) seront équipés d'une caméra vidéo, d'une radio FM, d'un enregistreur vocal et d'un podomètre. Le tout, sans augmenter le prix. En revanche, les prix des iPod touch baissent. Celui de base (8 Giga) coûtera désormais 199 dollars et le plus performant (64 Giga) sera vendu 399 dollars. Apple souligne qu'à chaque baisse de prix, les ventes sont relancées. Côté iPod classiques, Apple a complété sa gamme avec un appareil à très grande capacité (160 Giga) à 249 dollars.
Apple renforce toujours son emprise sur le marché de la vente de musique, grâce à son site iTunes Music Store ouvert en 2003. Ce site distribue à lui seul 25 % de la musique aux États-Unis, loin devant Wal-Mart et Amazon. Sur le marché des applications, Apple est également très loin devant tous ses concurrents avec son site AppStore qui propose 75 000 logiciels et qui a déjà généré 1,8 milliard de téléchargements.
Toujours pas de Beatles
En revanche, les aficionados d'Apple peuvent être déçus. Ils ne pourront toujours pas télécharger les Beatles. Les ayants-droits de la maison de disque du groupe de Liverpool ont toujours refusé d'être présents sur iTunes, en raison d'une guerre qui a opposé les deux pommes : le label Apple Corps face à Apple Inc..
samedi 26 septembre 2009
Nucléaire : le coup de poker des Occidentaux face à l'Iran
La donne diplomatique pourrait-elle avoir brusquement changé avec la révélation subite d’un nouveau site nucléaire iranien, tenu secret depuis des années ? Alors qu’ils étaient réunis à Pittsburgh pour le G20, les présidents américain et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, aux côtés du premier ministre britannique Gordon Brown, ont voulu en tout cas souligner, vendredi 25septembre, devant la presse, la gravité des informations dont ils disposent.
Les trois dirigeants ont annoncé avoir demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) une enquête urgente sur un site identifié près de la ville iranienne de Qom. Construite sous une hauteur, cette installation est destinée à l’enrichissement d’uranium, une activité dont les résolutions successives du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Iran, depuis 2006, ont demandé la suspension.
Selon nos informations, la France souhaitait que le site de Qom fasse l’objet d’une prise de parole des dirigeants occidentaux lors du sommet extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU du 24septembre, présidé par M.Obama et consacré au thème du désarmement nucléaire. Pour Paris, c’était le meilleur moment pour révéler à la face du monde l’ampleur des dissimulations iraniennes en matière de prolifération. Un passage du discours de M.Sarkozy aurait même été initialement préparé pour cela.
L’administration Obama s’est formellement opposée à ce que le grand déballage intervienne à ce moment. Elle voulait à tout prix éviter de "gâcher" l’impression de succès qui se dégageait de l’adoption à l’unanimité d’une résolution sur le principe de la recherche d’un monde sans arme nucléaire. C’est donc le lendemain, vendredi, que l’événement a eu lieu, alors que tout le monde était déjà à Pittsburgh (Pennsylvanie).
Il s’agit d’un tournant. Le facteur aggravant que constitue pour l’Iran l’existence du site de Qom a pour effet d’apporter des arguments supplémentaires aux Occidentaux devant la Russie et la Chine. Deux pays qu’ils tentent depuis des mois de convaincre d’accepter le principe d’un renforcement substantiel des sanctions internationales, au cas où les efforts de dialogue avec l’Iran, relancés par l’administration Obama, s’enliseraient.
UN SITE SURVEILLÉ DEPUIS DES ANNÉES
Le sujet est "inquiétant", a dit M.Obama devant la presse. Il a ajouté, plus tard dans la journée, qu’il n’excluait «aucune option», tout en insistant sur le fait que sa "préférence va à la diplomatie". "Nous sommes prêts à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires et plus sévères", a déclaré Gordon Brown. "Si d’ici le mois de décembre, il n’y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité", a ajouté M.Sarkozy.
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France semblent s’être livrés à un formidable coup de poker, à quelques jours de la réunion prévue le 1eroctobre à Genève entre les représentants des grandes puissances et un émissaire iranien – la première rencontre de ce type à impliquer l’administration Obama. Attrapé une nouvelle fois en flagrante violation de ses obligations internationales, l’Iran aura plus de mal, calculent les responsables occidentaux, à trouver des appuis diplomatiques extérieurs.
Le site de Qom était surveillé depuis des années par les agences de renseignement américaine, française, britannique et israélienne, selon nos informations. Il est le deuxième site clandestin d’enrichissement d’uranium à être découvert en Iran, après celui de Natanz, révélé en 2002. Depuis des mois, les responsables américains, britanniques et français, débattaient dans le secret de savoir quel serait le meilleur moment pour lever le voile, de préférence de manière fracassante, sur cette installation.
Au final, l’Iran a pris les devants, mais de façon partielle. Le 21septembre, ayant compris que son secret était débusqué, la République islamique a adressé une lettre à l’AIEA à propos des équipements de Qom. Elle se gardait toutefois d’en détailler le contenu. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont transmis, jeudi, à l’Agence les briefings qu’ils avaient déjà préparés depuis des mois à cet effet.
Le site de Qom a une particularité: sa taille réduite (il peut accueillir 3000 centrifugeuses tandis que Natanz est prévu pour 50000 de ces appareils) ne permet pas d’y fabriquer du combustible pour centrale nucléaire. Alors qu’il s’agit de la raison constamment invoquée par l’Iran pour expliquer ses activités. Il pourrait en revanche servir à la production d’uranium hautement enrichi, la matière fissile utilisée dans les armes nucléaires.
Lorsque le président russe, Dmitri Medvedev, est sorti, mercredi, à New York, de son entretien bilatéral avec Barack Obama – qui lui aurait parlé à cette occasion du site de Qom, selon des officiels américains – il a déclaré que même si elles lui déplaisaient, parfois des sanctions pouvaient être nécessaires. Vendredi, il a déclaré que l’Iran devait fournir, le 1er octobre, "la preuve" des intentions "pacifiques" de son programme nucléaire. La Chine, quant à elle, apparaît toujours très réservée sur la possibilité de nouvelles sanctions.
Le site de Qom pourrait avoir pour finalité, dans l’esprit des dirigeants iraniens, de servir de solution de remplacement en cas de bombardement israélien de l’usine de Natanz. Des officiels américains indiquent qu’il ne pourra pas produire de l’uranium enrichi avant un an environ. Selon nos informations, sa construction est peu avancée, n’ayant pas dépassé le génie civil.
Natalie Nougayrède
FAUT VRAIMENT LA VIRER MÉMÈRE, LÀ.....
vendredi 25 septembre 2009
S.Royal conseillée par une astrologue ?
L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, compterait désormais parmi ses conseillers une astrologue. C'est Le Parisien qui a repéré, dans une brève séquence tournée par "Le Grand Journal" de Canal+, la présence de Meredith Duquesne au côté de la présidente de Poitou-Charentes, mardi à New York. Le quotidien affirme que Ségolène Royal "s'est liée d'amitié avec une experte en 'amour, réussite et santé'". La voyante serait membre de Désirs d'avenir aux Etats-Unis.
Sur internet, plusieurs sites indiquent que Meredith Duquesne - qui prétend avoir été engagée par Hillary Clinton pour ses prédictions - aurait également été consultée par Nicolas Sarkozy. Et toujours selon Le Parisien, l'astrologue figurait d'ailleurs mardi soir parmi les invités VIP d'une réception organisée par le couple Sarkozy-Bruni...
Sarkozy: 57% des Français convaincus
Un peu moins de six Français sur dix (57%) ayant vu l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy mercredi soir ont trouvé le chef de l'Etat convaincant, selon un sondage CSA paru ce matin dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Ils sont en revanche 41% à ne pas avoir jugé convaincante la prestation du président de la République, 2% ne se prononçant pas.
Dans le détail des sujets économiques et sociaux, Nicolas Sarkozy n'est apparu convaincant (47% contre 40%) qu'en ce qui concerne le projet d'imposition des indemnités versées en cas d'accident de travail. Pour le reste, il n'a pas vraiment convaincu les personnes interrogées ni sur sa politique économique contre la crise (48% contre 43%), ni sur la taxe carbone (47/45), ni à propos de l'augmentation du forfait hospitalier (48/43). Le propos sur l'encadrement des bonus des traders a laissé les Français partagés (43/43).
Angela Merkel, la femme le moins en vue de son village
Prophète en son pays au point d'être la grande favorite des élections du 27 septembre, Angela Merkel ne l'est guère dans son village. Née à Hambourg, la chancelière allemande a longtemps vécu à Templin, une bourgade de l'ancienne Allemagne de l'Est, parce que son père, pasteur protestant, estimait de son devoir d'al
ler porter la parole divine au sein de "l'État ouvrier et paysan".
La première femme à prendre la tête du gouvernement allemand, première également à avoir été citoyenne de feue la République démocratique allemande (RDA), a donc passé enfance et adolescence dans cette localité de l'Uckermark, une terre de landes, de forêts et de lacs, à une centaine de kilomètres au nord de Berlin, mais rien ici n'évoque celle qui aurait pourtant pu devenir une gloire locale.
Il y a bien une rue Friedrich Engels et deux autres artères portent les noms de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, meneurs de la révolution spartakiste de 1918, mais pas d'avenue ou même d'impasse Angela Merkel. L'enfant du pays a toutes les chances d'être reconduite dimanche à la Chancellerie, mais, dans la dernière ligne droite de la campagne électorale, son portrait n'apparaît nulle part sur les affiches de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), son parti, qui préfère mettre en avant le candidat local.
Fidélité
Merkel est restée fidèle à "la perle de l'Uckermark", où ses parents vivent toujours ; elle possède à proximité une modeste maison de campagne où elle passe de nombreux week-ends, entre cuisine et jardinage, mais ni elle ni son parti n'y sont très populaires. Il suffit de parcourir les rues de la vieille ville, ceinturée par des remparts du XIIIe siècle et couverte de placards électoraux, pour comprendre que le mal-être de l'électorat le détourne des partis traditionnels au profit des formations populistes.
Die Linke, cette gauche radicale née sur les cendres de l'ancien Parti communiste, y réalise régulièrement des scores enviables. Et l'extrême droite, marginale à l'Ouest, est ici représentée par deux formations qui dénoncent en vrac l'immigration, la criminalité, le coût du contingent allemand déployé en Afghanistan et confortent l'électeur dans sa conviction de n'être qu'un citoyen de seconde zone.
Templin est en cela parfaitement représentative des frustrations et des rancoeurs qui perdurent dans les Laender de l'Est, vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Les horribles barres d'immeubles "made in RDA" ont été réhabilitées et ripolinées de frais, l'usine à touristes qui domine le lac de Lübbesee a été tant bien que mal humanisée, toutes les infrastructures ont été refaites à neuf, mais les esprits continuent à broyer du noir.
"Les Laender de l'Est n'ont pas rattrapé leur retard sur le plan économique : le chômage y est supérieur, les salaires inférieurs, les jeunes partent et la crise n'a fait qu'accentuer le phénomène", déplore un militant social-démocrate, qui tente de faire de la retape sur la place du marché. "Dans ces conditions, le vote sanction joue à plein."
mercredi 23 septembre 2009
Sarkozy refuse tout marché avec l'Iran pour libérer Clotilde Reiss
Le président Nicolas Sarkozy a assuré, mercredi soir 22 septembre sur TF1 et France 2, qu'"il n'y aurait pas d'échange" entre la chercheuse française Clotilde Reiss retenue en Iran et un Iranien condamné en France. Le chef de l'Etat s'exprimait à New York, où se tient l'Assemblée générale des Nations unies. Interrogé en différé par Laurence Ferrari et David Pujadas, il a passé en revue les grands sujets li
és à ce sommet qui réunit les chefs d'Etat de la planète, et a abordé une partie de l'actualité française.
Iran. Nicolas Sarkozy a dit "refuser" le "chantage" proposé par Mahmoud Ahmadinejad pour la libération de Clotilde Reiss, une jeune universitaire retenue en Iran. Mardi soir, M. Ahmadinejad avait laissé entendre qu'un échange de prisonniers pourrait permettre la libération de la jeune femme. Le Figaro évoquait notamment la piste Ali Vakili Rad, un Iranien reconnu coupable, en 1994, de l'assassinat de Chapour Bakhtiar, l'ancien premier ministre du chah d'Iran. "Il n'y aura pas d'échange", a martelé Nicolas Sarkozy. Sur le dossier du nucléaire, il a évoqué une "date limite" pour évaluer les efforts de la partie iranienne, précisant : "Dans mon esprit, c'est le mois de décembre."
Sommet du G20. Nicolas Sarkozy a renouvelé les constats dressés depuis le déclenchement de la crise financière, "la plus grave qu'ait connue le monde depuis 1929". "Les paradis fiscaux et le secret bancaire, c'est terminé", s'est-il ensuite félicité, mettant en avant l'action de la France sur la scène internationale depuis un an.
Sur le dossier des bonus, M. Sarkozy a de nouveau plaidé pour une "limitation" des montants accordés aux traders. Rappelant les mesures prises en France – et notamment le projet d'instaurer un système de malus –, il a estimé que la France "arrivait forte" au sommet du G20, qui débute jeudi, à Pittsburgh. Il a attribué les difficultés à obtenir un accord sur le sujet au fait que "Barack Obama est en avance sur son pays". Le chef de l'Etat s'est toutefois félicité que l'Europe ait trouvé une "position commune" dans ce dossier . "Il faut féliciter Gordon Brown", a-t-il estimé.
Climat. A l'approche du sommet de Copenhague sur le climat, le président de la République a tenu à rappeler la récente mise en place de la taxe carbone, qui doit pousser les Français à "changer de comportement". "Je préfère taxer la pollution plutôt que le travail", a-t-il plaidé, rappelant que la contribution climat-énergie était une "promesse de campagne". "Tout l'argent, au centime d'euro près, vous sera rendu", a rappelé M. Sarkozy en s'adressant aux Français.
Evoquant le sommet à venir, il a souhaité que la "taxe carbone aux frontières" soit instaurée pour les pays de l'Union européenne. Le chef de l'Etat a souhaité, comme il l'avait déjà fait, la création d'une institution onusienne pour le climat.
Crise économique. "La crise sera derrière nous quand le chômage aura recommencé à baisser", a reconnu M. Sarkozy. "Ce que je peux dire, c'est que cela fait deux trimestres que la France a une croissance positive, que le risque systémique financier est derrière nous", a ajouté le président, estimant qu'il ne fallait pas "relâcher la pression pour soutenir la croissance et la faire revenir". Interrogé sur l'explosion des déficits, Nicolas Sarkozy a considéré que ceux-ci se résorberont avec le retour de la croissance. Puis il a mis en avant les efforts consentis dans la fonction publique – suppressions de postes et réforme des régimes de retraite.
Taxer les accidentés du travail. Le chef de l'Etat a appuyé la proposition de Jean-François Copé de fiscaliser les sommes perçues par les accidentés du travail, laissant entendre qu'elle avait l'aval du gouvernement.
Forfait hospitalier. Nicolas Sarkozy a confirmé que le gouvernement annoncerait "à la fin du mois" une augmentation du forfait hospitalier : "Si l'hôpital a besoin de plus d'argent, eh bien le forfait hospitalier, qui n'a pas été augmenté depuis trois ans, sera augmenté."
Immigration. Le ministre de l'immigration, Eric Besson, "a eu raison" de démanteler la "jungle" de Calais, selon M. Sarkozy. "Je vous annonce d'ailleurs qu'avec les Anglais nous organiserons le retour des personnes en situation irrégulière", a déclaré le président. Tout en affirmant n'avoir "jamais cru à l'immigration zéro", le chef de l'Etat a souligné qu'on ne pouvait "pas accepter qu'il y ait sur notre sol des personnes qui n'ont pas de papiers et qui enfreignent nos lois".
Agriculture. "C'est bien de viser le prix le plus bas, mais pas au détriment du consommateur et du producteur." D'ici à la fin de l'année, "une loi d'orientation agricole sera déposée" pour qu'éleveurs et producteurs "puissent vivre". Il s'agira notamment selon lui de répondre à la question des "fruits et légumes, du déficit de compétitivité horaire entre le travail saisonnier, qui coûte 6 euros en Allemagne, et 10 euros en France". A propos des manifestations de producteurs laitiers, M. Sarkozy a appelé à "une nouvelle régulation agricole". "Moi, je plaide pour davantage de préférence communautaire", a aussi dit le chef de l'Etat.
Clearstream. "Je fais totalement confiance à la justice. Que chacun s'explique dans le prétoire", a dit Nicolas Sarkozy, qui affirme avoir "découvert avec stupéfaction" son nom sur les listings de Clearstream – "une banque dont [il] ignorai[t] le nom". "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel", a ajouté le chef de l'Etat, sans tenir compte de la présomption d'innocence dont bénéficient des prévenus non encore définitivement jugés et qui ne peuvent être qualifiés de "coupables". Quant à sa constitution en tant que partie civile, il a estimé que la France avait connu "trop d'arrangements au plus haut niveau de l'Etat dans le passé".
La polémique autour des propos de Brice Hortefeux. "C'est un homme profondément humain. L'idée même du racisme ou de blague à connotation raciste lui est totalement étrangère", a dit Nicolas Sarkozy pour défendre son "ami". Toutefois, a-t-il concédé, "à partir du moment où il y a polémique, il y a maladresse".
2012. Interrogé sur ses projets politiques, et son envie de briguer un nouveau mandat, Nicolas Sarkozy a répondu : "J'ai tellement de charges sur les épaules. (...) Le rêve de mon hypothétique réélection n'est vraiment pas dans ma tête."
Audiences US : four pour "Heroes" et "Gossip Girl", carton pour "House"
Ça y est, c'est reparti ! La saison télé américaine a repris hier soir, et les nouvelles sont très mitigées. Pour certains, elles sont excellentes, notamment pour Dr House sur Fox et pour les comédies de CBS. Pour d'autres, elles sont très mauvaises. NBC risque de payer cher sa décision de renouveler Heroes, qui a considérablement plombé Jay Leno, et CW est passée quasiment inaperçue !
Sur la soirée, Fox a emporté la victoire haut la main avec une excellente moyenne de 16,50 millions de téléspectateurs. ABC a pris la deuxième position avec 14,83 millions de téléspectateurs, tandis que CBS n'a pas démérité à 12,01 millions. En revanche, NBC a réalisé un mauvais début de saison à 5,90 millions seulement, et CW a tout juste pu intéresser 2,28 millions de téléspectateurs.
"Dr House" est en pleine forme
C'est ABC qui a commencé la soirée en tête, et la chaîne a conservé la pole position jusque 22h grâce au retour de Dancing with the Stars. Les deux heures d'émission ont réuni en moyenne 17,53 millions de fidèles, un excellent score, même si le lancement de la saison d'automne 2008 avait attiré 21,34 millions de téléspectateurs le 22 septembre 2008.
Mais cela n'a pas empêché Dr House de démarrer très fort sa saison 6 avec un double épisode suivi par 16,50 millions de téléspectateurs, soit 1,73 million de plus que le lancement de la saison 5, et surtout 3,69 millions de plus que la moyenne de la saison 2008/2009. Inutile de préciser que la série était largement leader sur les 18-49 ans de 20h à 22h.
"Heroes" au plus bas
Toujours à 20h, NBC donnait le coup d'envoi de la saison 4 de Heroes, renouvelée à la surprise générale en mai dernier. Mais les doutes étaient justifiés, puisque le double épisode diffusé par la chaîne a réuni à peine 6,02 millions de fidèles, et a passé la deuxième heure sous la barre des 6 millions ! Il s'agit du pire score jamais réalisé par la série depuis son lancement.
Sur CBS, deux heures de sitcoms ont réalisé de bons démarrages : à 20h, How I Met Your Mother a séduit 9,21 millions de téléspectateurs, un score comparable à la moyenne de la saison 3 (9,60 millions). CBS lançait ensuite à 20h30 la nouvelle comédie Accidentally on Purpose, que 8,99 millions de curieux ont suivi. Puis, le retour de Mon Oncle Charlie à 21h a attiré 13,59 millions de fidèles, tandis que The Big Bang Theory, désormais diffusé à 21h30, réalise son record d'audience historique à 12,83 millions.
"Gossip Girl" ne brille pas, Jay Leno non plus
Pour terminer avec les séries programmées de 20h à 22h, un petit coup d'oeil à CW... qui a mal encaissé le retour de la concurrence. Ainsi, si Les Frères Scott ont limité la casse à 2,48 millions, Gossip Girl n'a réuni que 2,09 millions de fidèles à 21h, réalisant son deuxième plus mauvais score depuis son lancement à la rentrée 2007.
En même temps, les nouvelles n'étaient pas meilleures à 22h pour NBC. Le Jay Leno Show, qui avait réuni plus de 18 millions de téléspectateurs lundi dernier, s'est écroulé à 5,67 millions, sans doute plombé notamment par Heroes. Il faut dire qu'en face, CBS et ABC ont eu plus de succès. Sur CBS, le retour des Experts : Miami a réuni 13,73 millions de fidèles, un score très légèrement inférieur à la moyenne 2008/2009. Et sur ABC, le retour de Castle, boosté par Dancing with the Stars, a réuni 9,43 millions de téléspectateurs, un score dans la lignée des audiences de la première saison.
Ahmadinejad interview France2 22.09.2009
Attention danger pour les entreprises françaises
Les faillites pourraient se multiplier d'ici la fin de l'année alors que la situation de trésorerie des entreprises, en particulier des PME, sont très précaires.
Alors que Christine Lagarde promet des lendemains meilleurs – Bercy vient de réviser à la hausse ses prévisions de croissance - , les chefs d'entreprises restent, eux, très prudents. Dans beaucoup de sociétés, les trésoreries sont à sec alors même que les carnets de commandes sont un peu plus fournis. Il faut dire que les difficultés de paiement se sont considérablement accentuées avec la crise.
Une récente étude d'Intrum Justicia sur les délais de paiements en Europe, révèle que l'économie française est entrée dans une zone dangereuse pour la survie des entreprises. 58% des sociétés sont payées en retard et ce dans 80% des cas par des clients eux-mêmes en grandes difficultés financières. Si la loi de modernisation de l'Economie a fixé à 59 jours les délais de paiements, les retards se sont considérablement accentués progressant de 36% au cours des derniers mois.
Le potentiel de croissance de l'économie française est en jeu
En dépit des promesses faites au gouvernement, les banques se font toujours tirer l'oreille pour soutenir les entreprises. Les crédits bancaires aux sociétés affichent en effet une baisse de 4,5% sur un an à la fin juillet, d'après les dernières statistiques de la Banque de France. Sur le seul segment des crédits de trésorerie, la chute atteint 18,6% alors même que les besoins en fonds de roulement des entreprises ont explosé au cours des derniers mois. Dans ce contexte, l'investissement aura du mal à redevenir un moteur de la croissance en 2010.
Cette année, l'effort d'équipement devrait chuter de près de 23% - du jamais vu – dans l'industrie, d'après une récente enquête de l'Insee. Une dégringolade qui fait suite à cinq années pendant lesquelles les patrons ont été très prudents en matière d'investissement. Conséquence, l'appareil de production vieillit, perd en compétitivité, rendant l'innovation de plus en plus difficile. C'est le potentiel de croissance de l'économie française qui est en jeu aujourd'hui.
















