Affichage des articles dont le libellé est Guillaume Maujean. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Guillaume Maujean. Afficher tous les articles
mardi 1 avril 2014
La BCE au pied du mur
La BCE au pied du mur
Cette fois, il n'est plus temps de tergiverser. La Banque centrale européenne doit envoyer un signal fort pour conjurer la menace de déflation, qui est aux portes de la zone euro. La hausse des prix à la consommation au sein des 18 Etats membres a atteint seulement 0,5 % en mars. La Grèce, le Portugal et l'Espagne sont déjà en territoire négatif. La France et l'Allemagne tournent autour de 1 % à peine, si loin de l'objectif de maintenir l'inflation « proche mais en dessous 2 % » qui est assigné à la BCE. Certes, cette tendance est la conséquence des indispensables plans d'ajustement menés par les pays européens. Certes, elle tient pour partie à la baisse des prix de l'énergie. Mais à la lumière de ces chiffres, de la mollesse de la reprise et de la vigueur persistante de l'euro, les gouverneurs ne peuvent plus se permettre de rester les bras croisés lors du prochain Conseil de politique monétaire, ce jeudi. Ils ne peuvent plus se contenter de temporiser en affirmant que « les anticipations d'inflation à long terme sont bien ancrées ». Car la déflation est un piège dont il est extrêmement difficile de s'extirper. C'est bien pour cela que Ben Bernanke, le plus grand spécialiste en la matière, a utilisé tous les moyens de la Fed, jusqu'aux plus exceptionnels, pour la combattre. C'est bien parce qu'il a réagi trop tard, dans les années 1990, que le Japon a traversé deux « décennies perdues » et qu'il cherche toujours, vingt ans plus tard, à sortir de la trappe déflationniste. Ces derniers jours, plusieurs membres de la BCE ont infléchi leurs discours. Y compris le plus orthodoxe d'entre eux, le président de la Buba, Jens Weidmann, qui a reconnu à demi-mot qu'une politique monétaire plus agressive était possible. Il faut désormais passer des discours aux actes. Car, face au risque de déflation, prévenir vaut beaucoup mieux que guérir.
vendredi 4 mars 2011
Trichet propulse l'euro au seuil de 1,40 dollar
En préparant les marchés à une prochaine hausse de ses taux d'intérêt, la BCE a fait le jeu de la monnaie unique. Le discours de Jean-Claude Trichet a aussi suscité une vive remontée des taux courts. Les investisseurs tentent désormais de prévoir à quel rythme la BCE va augmenter ses taux en 2011.
En préparant les marchés à une prochaine hausse de ses taux d'intérêt, la BCE a poussé jeudi 3 mars l'euro au seuil des 1,40 dollar. La monnaie unique est montée jusqu'à 1,3970 dollar dans l'après-midi, et progressait face à la plupart des autres grandes devises. En moins de deux mois, elle a pris 8 %.
« Une grande vigilance s'impose » afin de contenir la menace inflationniste, a indiqué Jean-Claude Trichet lors de la traditionnelle conférence de presse de la BCE. « Une hausse des taux d'intérêt lors de la prochaine réunion n'est pas certaine mais elle est possible », a-t-il encore dit.
Un message tout sauf sibyllin pour les investisseurs, désormais convaincus qu'un premier resserrement monétaire aura lieu en avril, avec un relèvement de 25 points de base des taux directeurs.
Les marchés qui n'attendaient pas de hausse des taux avant plusieurs mois
« La BCE a annoncé à l'avance une hausse des taux lors de sa prochaine réunion, confirme Jacques Cailloux de RBS. C'est un choc pour nous car nous considérions qu'elle attendrait jusqu'en septembre ».
Le différentiel de taux entre l'Europe, où les autorités monétaires durcissent le ton vis-à-vis de l'inflation, et les Etats-Unis, où la politique monétaire de la Fed reste très « accommodante », joue en faveur de la monnaie unique. L'euro est momentanément passé jeudi au dessus de sa moyenne mobile sur 200 jours par rapport au dollar.
Le discours de Jean-Claude Trichet a aussi suscité une vive remontée des taux courts européens. Les emprunts à deux ans de l'Allemagne, de la France et de la Finlande (trois pays qui bénéficient de la meilleure note « AAA ») ont ainsi bondi de plus de 20 points de base (0,2 %) à respectivement 1,75 %, 1,78 % et 1,61 %. Les emprunts à 10 ans de ces mêmes pays ont pris plus de 10 points de base.
« Les rendements se tendent car le marché n'anticipait pas une hausse aussi rapide des taux de la banque centrale. Cela favorise mécaniquement une remontée des taux courts qui sont plus ou moins indexés sur les taux de la BCE », explique Cyril Regnat, de Natixis.
Les investisseurs tentent de prévoir à quel rythme la BCE va monter ses taux
Les investisseurs tentent désormais de prévoir à quel rythme la BCE va augmenter ses taux après avril. Les avis divergent déjà. Selon Cyril Regnat, le marché table sur trois relèvements dès cette année.
Jean-Claude Trichet a cependant tempéré son propos en signalant qu'il ne s'agissait pas de l'amorce d'un « cycle » de resserrement monétaire, autrement dit d'une série de hausses répétées tous les 2 à 3 mois.
« Après la probable hausse des taux d'avril, la BCE pourrait donc se remettre en statu quo pour les six mois suivants. Si c'est le cas, j'avoue que je ne comprends pas bien l'intérêt de ce geste », commente Bruno Cavalier, chez Oddo Securities.
Un durcissement trop brutal de la politique monétaire aurait des effets négatifs pour l'économie. Il pourrait également être préjudiciable pour les pays les plus fragiles au sein de la zone euro. « Les risques associés à la décision de la BCE sont élevés, alors que la situation des périphériques reste tendue », estime Jacques Cailloux.
Les craintes de contagion de la crise à l'Espagne se sont apaisées depuis le début de l'année. Mais les marchés obligataires restent tendus. Les nombreuses échéances qui se profilent au cours des prochaines semaines -échéances obligataires du Portugal, renégociation du prêt international à l'Irlande par le nouveau gouvernement, tests de résistance des banques, définition d'un mécanisme de stabilité lors des sommets de chefs d'Etat -pourraient donc marquer un tournant dans la crise de la zone euro.
mardi 23 novembre 2010
«Tant que Grèce, Irlande et Portugal ne seront pas sous perfusion, il y aura de l'instabilité sur les marchés»
Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities, souligne que les marchés voient la facture enfler. Or, ils ne savent pas jusqu'à quel point elle va enfler.
La réaction des marchés au sauvetage de l'Irlande apparaît très prudente, voire sceptique. Pour quelle raison ?
On parle de ce sauvetage depuis une semaine, les marchés se doutaient que cela allait arriver assez rapidement. Il n'y a donc pas eu d'effet de surprise. Ce sauvetage est aussi la révélation que le trou est encore plus abyssal qu'on ne le craignait du côté des banques irlandaises. Les marchés voient la facture enfler, et ils ne savent pas jusqu'à quel point elle va enfler. On parle de montants gigantesques pour l'Irlande. 80 milliards d'euros, c'est la moitié de son PIB. Peut-on vraiment s'enthousiasmer sur le fait qu'on rajoute 50 % de sa richesse intérieure en besoins de financement pour un Etat ? Enfin, il y a toutes les questions qui suivent : comment va se mettre en place cette aide en pratique ? Est-ce que tout va bien se dérouler ? Et puis surtout : qui après l'Irlande ?
Le Portugal semble désormais dans le collimateur des marchés…
Les problèmes du Portugal sont assez différents de ceux de l'Irlande. Les banques portugaises, contrairement aux irlandaises, ne sont pas exposées au risque de fuite des dépôts par des non-résidents. Les problèmes du Portugal, c'est la grande fragilité de son économie, son manque de compétitivité évident et les scléroses de son marché du travail. Le pays va par ailleurs devoir faire face l'an prochain à de grosses tombées de dette. Dès le premier semestre, en avril et en juin, il va devoir lever des fonds simplement pour rembourser d'importantes échéances. Avec le risque que les marchés se ferment et qu'il soit contraint de chercher des fonds à l'extérieur. Tant que les trois « petits » pays européens, Grèce, Irlande et Portugal, ne seront pas sous perfusion, il y aura de l'instabilité sur les marchés.
Et si l'Espagne devait à son tour appeler à l'aide ?
Alors là, on change complètement de scénario. Le PIB espagnol est de 6 à 7 fois supérieur à celui de l'Irlande. Si l'Espagne ne peut plus accéder à des conditions normales de financement sur les marchés, ce n'est pas le Fonds de stabilité européen qui pourra rassurer. Aucun mécanisme d'assistance ne serait assez puissant pour éviter une restructuration ou un rééchelonnement de sa dette. Et l'onde de choc serait alors colossale. Mais cela ne me semble pas d'actualité. L'Espagne a abordé la crise avec des dettes moins élevées. Ses caisses d'épargne sont en mauvaise santé, mais les grandes banques sont solides. Le pays reste solvable et son accès au marché se fait à des conditions beaucoup plus avantageuses que celles des « petits » pays. Il faudrait vraiment de très mauvaises surprises sur l'état d'avancement de la réduction de son déficit public ou l'évolution du marché immobilier pour que cela change.
Les marchés pourront-ils se stabiliser tant qu'ils n'en sauront pas plus sur les mécanismes d'intervention après 2013 ?
Il est certain que la réflexion lancée fin octobre à ce sujet a créé davantage de tension que d'apaisement. La principale incertitude est de savoir de quelle manière on mettra à contribution les investisseurs privés en cas de nouvelles interventions. Sur le fond, il n'était pas critiquable de réfléchir à 2013 et au-delà. Mais, avant de mettre le sujet sur la table, il aurait mieux valu que le projet soit déjà ficelé. Il y a eu en outre une erreur de timing évidente. Quelques clarifications ont été apportées depuis : on sait que cela ne concernera pas les dettes passées mais uniquement les dettes futures. Quand on y verra plus clair, ce sera sans doute un facteur d'apaisement.
Comment va évoluer l'euro ?
Je continue de penser que l'euro est surévalué. D'abord, c'est la devise d'une zone monétaire qui est en grande difficulté : on va tester un mécanisme qui préserve de l'éclatement, mais c'est bien la preuve qu'on a de gros problèmes de contrôle budgétaire. Ensuite, la conséquence de ces problèmes de dettes publique et privée, c'est l'extension des plans d'austérité, qui n'est pas franchement positive pour la croissance. Enfin, le différentiel de politique monétaire, qui était à l'avantage de l'Europe contre les Etats-Unis avant l'été, apparaît désormais plutôt « neutre » : aucune des deux banques centrales ne devrait resserrer sa politique monétaire l'année prochaine. Tout cela mis bout à bout, la tendance devrait rester baissière pour l'euro.
Inscription à :
Commentaires (Atom)












