TOUT EST DIT

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jeudi 28 août 2014

Nue, elle fait un pied de nez à l’État islamique

Il est question de Aliaa Magda Elmahdy. Son nom ne vous dit, peut-être, pas grand-chose mais son visage certainement. En octobre 2011, une photo d’elle, nue, avait fait le tour du monde. Flanquée devant la caméra, elle fixe l’objectif de ses yeux noirs doux et perçants, pratiquement à poil, chaussée de ballerines rouges pourpres, une fleur rouge pourpre plantée dans sa chevelure noire.
On la sent fragile et timide. Et pourtant, elle est dotée d’une force TITANESQUE !
Vous voulez-me voir, eh bien me voilà, me voici, regardez-moi bien.
« On considère toujours la femme comme un objet sexuel dans notre société », s’indigne la jeune femme.

D’objet sexuel, elle passe à objet de controverse

Ne cherchez pas le sourire. Aliaa n’a pas le goût de rire. Surtout, ne cherchez pas dans son geste une quelconque intention érotique ou sexuelle.
Il n’y a là rien de vulgaire, rien de grossier.
Seulement, une volonté d’affirmation de soi d’une femme libre dans une société de plus en plus fermée aux femmes et en pleine ébullition.
Aliaa Magda Elmahdy signe son premier acte politique à travers le corps nu à l’état brut. Une première dans le monde musulman. Avec un message clair :
« Cri contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d’hypocrisie » – Aliaa Magda Elmahdy
Scandale!

Révolution et Liberté se confondent

La révolution égyptienne battait son plein. Les rues du Caire assaillies de manifestants et de contre manifestants faisaient la promesse de jours meilleurs. Les bagarres étaient quotidiennes, les échanges vigoureux  et les espoirs immenses.
Pour Aliaa Magda Elmahdy, âgée de 20 ans, Révolution et Liberté se confondent.
Et lorsqu’on étudie à l’académie des beaux-arts de l’université américaine du Caire, on fait les choses un peu différemment.
Elle en a gros sur le cœur.
« Condamnez les modèles qui posaient nus à la faculté des beaux-arts du Caire au début des années 1970, censurez les livres artistiques, détruisez les statues archéologiques… Déshabillez-vous ensuite et regardez-vous dans un miroir. Brûlez ces corps que vous détestez tant et débarrassez-vous de vos complexes sexuels avant de m’insulter et m’empêcher de m’exprimer librement », écrit-elle sur son blogue.
Voilà très brièvement l’histoire de ce premier cliché en noir et blanc ravivé par des notes pourpres.
On devine la suite. L’histoire s’accélère. Les menaces se succèdent. En quelques jours, une immense vague de protestations s’abat sur la jeune femme, les intégristes sont du nombre mais pas seulement. Certains veulent sa peau alors que d’autres réclament, ni plus ni moins, la destitution de sa nationalité.
Quelques tentatives d’agression dans la rue ont raison d’elle. Elle plie bagage pour la Suède où elle vit depuis et poursuit ses études en art ainsi que son militantisme au sein du mouvement des Femen.

Nue, elle cible l’État islamique

 Nue, elle fait un pied de nez à l’État islamique
Il y a quelques jours, Aliaa Magda Elmahdy récidive et publie sur les réseaux sociaux une autre photo d’elle nue. Cette fois, elle cible l’État islamique.
Accompagnée d’une autre militante Femen, les deux femmes font mine de déféquer et de saigner, les jambes écartées, sur le drapeau de l’État islamique.
Une fois de plus, c’est le comble de l’outrage!  C’est reparti de plus belle, sur Twitter et Facebook, on promet de lui trancher la gorge et de faire rouler sa tête.
Son geste divise. Certains la condamnent et d’autres la soutiennent considérant son acte moins choquant que les cruels assassinats auxquels se livrent les djihadistes.

Vous, qu’est-ce qui vous dérange le plus, la barbarie des vidéos de l’État islamique ou la nudité de Aliaa Magda Elmahdy?

Pour ma part, je salue le courage de la jeune Égyptienne qui se revendique athée et féministe depuis l’âge de 16 ans.

Car beaucoup rêvent de s’échapper de la prison de l’islam mais peu ont le courage de le faire.
Aliaa Magda Elmahdy est de ceux-là. Bravo!