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dimanche 3 novembre 2013

Le danger de l’épidémie bretonne

Le danger de l’épidémie bretonne


Retraites, budget, fonctionnaires : les trois sujets à l’agenda de la majorité en septembre laissaient présager une chaude rentrée sociale. Finalement, le gouvernement, au prix de quelques concessions et renoncements, avait su éviter les écueils et obtenu une relative paix sociale. Celle-ci pourrait voler en éclat si le mouvement de colère né en Bretagne devait se répandre à d’autres régions de France.
Derrière l’allumette bretonne que constitue l’écotaxe, les deux mois qui viennent de s’écouler ont vu les plans sociaux s’accumuler, tandis que le « ras-le-bol » fiscal théorisé par Pierre Moscovici à la fin du mois d’août prenait tout son sens au fur et à mesure que les feuilles d’impôt sur le revenu arrivaient dans les boîtes aux lettres. Le « ras-le-bol fiscal » s’est ainsi transformé en « ras-le-bol général », les atermoiements du président et du gouvernement sur de nombreux sujets, tels la gestion catastrophique du cas Leonarda, ne faisant que renforcer le mécontentement des Français. Ajoutez à cela un pessimisme ambiant qui tranche avec l’optimisme forcené d’un gouvernement qui répète à l’envi que « la reprise est là » à des citoyens qui ne voient rien venir, et tous les ingrédients sont réunis pour que le pays gronde de colère.
Le danger d’une propagation du mouvement breton tient notamment à ses origines irrationnelles et à ses revendications fourre-tout, sans oublier l’action des populistes de tous poils, Le Pen et Mélenchon en tête, qui n’hésitent pas, par leurs discours, à souffler sur les braises, quitte à participer à une déstabilisation de l’ordre démocratique. Que les citoyens s’expriment dans les urnes n’est que légitime et toutes les élections partielles depuis l’arrivée à l’Élysée de François Hollande ont montré la clarté du message. Pousser à une forme d’insurrection, sous couvert de discours violents, est d’une tout autre gravité.
Alors que le climat politique, économique et social ne cesse de se dégrader, l’exécutif a déjà fait une croix sur les élections municipales et européennes de 2014. Jean-Marc Ayrault tiendra-t-il jusque-là si le mouvement breton fait tache d’huile et que les Français descendent par centaines de milliers dans la rue pour crier leur ras-le-bol face à la crise ? Probablement pas. La chaude rentrée sociale, c’est maintenant ?

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