TOUT EST DIT

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mardi 16 avril 2013

La trahison

La trahison


C’est la « droite » sénatoriale qui, devant les Français et devant l’histoire, portera la responsabilité de la facile adoption, vendredi, de la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Par le subterfuge honteux du vote à main levée, une cinquantaine de sénateurs, pas plus, à peu près également répartis entre « droite » et gauche (connaîtra-t-on jamais le décompte et l’identité des votants ?) ont fait basculer la France dans un régime de non-droit et d’idéologie triomphante.
Car lorsque la loi se mêle de nommer blanc ce qui est noir, d’imposer la fiction à la place de la réalité, ce n’est pas seulement une faute, c’est un nihilisme d’Etat. Et comme tout mensonge, il ne peut perdurer qu’en s’imposant par la violence. Ne nous y trompons pas : ce n’est pas seulement une affaire de papas et de mamans.
Et notons bien aussi qu’avec cette rapide adoption, assortie de quelques amendements imaginés pour encore mieux assurer les droits des couples homosexuels, le parcours législatif de la loi Taubira sera non seulement accéléré – l’Assemblée en discutera dès mercredi – mais facilité. Ce sera plié en quelques jours.
Cinquante sénateurs, pas plus, pour discuter de ce basculement vers le néant ? N’était-ce donc pas un sujet d’importance ? Où étaient les sénateurs qui ont laissé leur fauteuil vide ? Faut-il donc croire que, pour eux, c’était un non-sujet ? Faut-il admettre qu’en réalité, bon nombre des élus de l’UMP sont indifférents, voire favorables au projet du gouvernement ?
Après le vote à main levée, au moyen de ce que l’ancien sénateur UMP Bernard Seillier a appelé dans une tribune duFigaro une « surenchère dans la mystification », le président d’un groupe sénatorial a demandé que la liste des votants telle qu’elle aurait été s’ils avaient été là soit annexée au compte rendu. Bernard Seillier précise : « C’est une grande première historique dans toute la vie parlementaire : “le scrutin public virtuel” publié au Journal officiel ! C’est un sommet de la politique du mensonge, de la dissimulation et de l’hypocrisie. »

Ce scrutin virtuel donne 171 voix d’avance au projet, contre 165.
Tout était donc acquis d’avance. Les présidents de groupe ont signalé qui aurait voté quoi. On savait que 3 UMP allaient adhérer au projet, 4 s’abstenir. Chantal Jouanno a voté pour, un centriste s’est abstenu. Compte tenu de la défection de quelques socialistes et de l’abstention de quelques autres élus de la majorité, comme Chevènement, il faut dire clairement que la loi Taubira n’aurait pas été votée si l’opposition avait voté comme un seul homme. Le « non » l’aurait emporté d’une courte tête. Conformément à ce que les Français expriment dans la rue depuis des semaines. Conformément à son intérêt politique de l’UMP : vous imaginez, faire capoter la loi Taubira ? Hollande en eût été affaibli, claqué, anéanti.
Ils ne l’ont pas voulu. Ils ont – dans leur grande majorité – préféré rentrer chez eux. Ils n’ont pas accepté de prendre leurs responsabilités personnelles. Ils n’ont pas accompli leur devoir d’élu qui est, fondamentalement, de tout faire pour que le bien soit affirmé et la justice respectée. Ils n’ont pas pris le risque de mettre les socialistes en minorité en revenant massivement dans l’hémicycle. Il faut croire que même le coup du vote à main levée était concerté : personne, à « droite », n’a pris les moyens pour demander un scrutin nominal.
Et Seillier accuse : « Il est évident qu’une entente préalable entre toutes ces personnes était intervenue pour qu’il n’y ait pas de scrutin public susceptible de révéler le véritable vote de chacun et vraisemblablement l’absence de majorité pour adopter le texte. »
C’est une honte. Une écœurante dérobade. Quelle que soit la valeur individuelle de ceux qui ont bataillé contre le « mariage pour tous » et dont on peut supposer qu’ils ne sont pour rien dans cette mascarade hypocrite au Sénat, ce sont leurs partis en tant que tels qui doivent en assumer la culpabilité.
Les tractations ont occupé toute la journée du jeudi. On s’est engagé – mais qui, sous quelle pression, quelle menace, contre quelle promesse ? – à ne pas être là, à être bref, à ne rien dire, à laisser passer. L’adoption de la loi Taubira sera le fruit d’une machination qui n’a même pas pris la peine d’être subtile. Le peuple de France sait qu’elle ne pourra plus compter sur ses élus pour l’arrêter.
Et avec cette loi, viendra pleinement cet effet souligné par Christiane Taubira à l’issue du « vote » : « Nous consentons aux mœurs. »
Au Sénat, le genre est sorti du domaine de l’idéologie pour entrer dans les mœurs : tous des femmelettes !

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