TOUT EST DIT

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mercredi 2 novembre 2011

Séisme en zone euro après l'annonce d'un référendum en Grèce

La zone euro a brutalement replongé dans l'instabilité, mardi 1er novembre, après l'annonce surprise d'un référendum en Grèce. Un coup de poker qui menace le plan de sauvetage sur lequel les partenaires européens d'Athènes s'étaient laborieusement mis d'accord la semaine dernière et relance les craintes d'une faillite de la Grèce et d'un éclatement de la zone euro.

L'agence de notation Fitch a averti qu'un "non" des électeurs grecs menacerait la viabilité de toute la zone euro. Un rejet de l'accord européen conclu la semaine dernière "augmente le risque d'un défaut forcé" de la Grèce et d'une éventuelle sortie de ce pays de la zone euro, avec de "graves conséquences financières pour la stabilité financière de la zone euro", affirme l'agence.
Si les Grecs devaient rejeter le plan européen, on ne pourrait exclure une faillite de la Grèce, a confirmé Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, sur la radio RTL. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a comparé le référendum à "un coup de dés". "Si cela échoue, ce sera le bazar !", a-t-il averti. La question du maintien de la Grèce dans la zone euro est donc ouvertement posée.
>> Lire l'éditorial du Monde : La Grèce dans l'euro : la question se pose
  • La majorité socialiste grecque fragilisée
L'annonce du référendum fragilise davantage le gouvernement Papandréou, qui va demander la confiance du Parlement lors d'un vote vendredi. La fronde de plusieurs parlementaires socialistes, dont l'une a réclamé un gouvernement "de salut national" pour garantir l'exécution du plan de sauvetage, a réduit à 152 sur 300 le nombre de députés acquis à M. Papandréou. Les rumeurs de démission ont par ailleurs couru tout au long de la journée.
Mais dans la soirée, le premier ministre a réaffirmé qu'un référendum se tiendrait en janvier, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire. Pour la plupart des analystes grecs, M. Papandréou n'avait pas le choix, contraint de trouver une issue sur le plan intérieur face au refus catégorique de l'opposition de lui prêter main-forte et à une contestation sociale généralisée.
>> Lire : La majorité grecque vacille
Dans ce contexte politique tendu, Athènes a annoncé le remplacement de tout son état-major militaire. Un conseil de sécurité de l'Etat, réuni sous la houlette de M. Papandréou, a remplacé les quatre têtes de l'armée – le chef d'état-major des armées, les chefs d'état-major de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air –, et a déchargé de leurs fonctions une douzaine d'officiers, a indiqué le ministère de la défense dans un communiqué.
Selon une source au sein du ministère, cette réunion était programmée depuis longtemps, et ce grand remaniement était prévu. Mais les partis d'opposition ont immédiatement attaqué le gouvernement sur cette décision, le parti Nouvelle Démocratie (opposition de droite) la qualifiant d'"antidémocratique". "Ceci renforce le climat d'incertitude et d'inquiétude dans l'opinion publique", a renchéri la Gauche démocratique. Selon les analystes, les changements d'état-major militaire interviennent fréquemment avant une alternance politique anticipée, les pouvoirs en place nommant des gens jugés favorables à leur camp.

  • Indignation des dirigeants européens, la classe politique française plus modérée
Après un temps de latence, signe d'un important malaise dans les capitales européennes, les réactions de stupeur et d'indignation se sont multipliées parmi les dirigeants européens. "Georges Papandréou porte une très lourde responsabilité" car il a créé de l'insécurité, a déclaré le chef du gouvernement belge, Yves Leterme.
>> Lire : Papandréou porte une "très lourde responsabilité" En France, le député maire UMP de Nice Christian Estrosi, à l'instar d'autres membres de la majorité, a qualifié de "totalement irresponsable" la décision du premier ministre grec. Mais dans l'opposition, une majorité de responsables politiques, tels que Arnaud Montebourg, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, jugent "légitime" que les Grecs puissent donner leur avis sur le plan d'aide qui vise leur pays.
  • Sarkozy et Merkel "déterminés" à faire appliquer le plan anticrise
Une fois la surprise passée, les dirigeants européens tentaient mardi d'éteindre l'incendie, dans une atmosphère de branle-bas de combat. Le président Nicolas Sarkozy s'est entretenu par téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Les deux leaders se sont dit "déterminés" à faire appliquer le plan de sauvetage et ont souhaité l'adoption, "rapidement", d'une "feuille de route". L'accord est "la seule voie possible pour résoudre le problème de la dette grecque", a martelé Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion interministérielle à l'Elysée.

Les dirigeants allemand et français, ainsi que ceux de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, ont par ailleurs décidé de se réunir dès mercredi à 19 heures à Cannes, pour un dîner de travail, avant de rencontrer M. Papandréou.
Enfin, l'Institut de la finance internationale, qui représente les grandes banques du monde, a fait savoir qu'il s'en tenait à l'accord de Bruxelles, qui prévoit une recapitalisation des banques européennes afin qu'elles puissent réduire de 50 % leurs créances sur la Grèce, et a "réaffirmé son intention d'aller de l'avant".
  • Les Bourses dévissent, les valeurs bancaires en tête
Malgré les mesures d'urgence prises pour rassurer les marchés, les Bourses ont dévissé mardi, les actions des banques subissant une descente aux enfers. A la clôture, Paris a lâché 5,38 %, Francfort 5 %, Milan 6,80 %, Madrid 4,19 %. Athènes a plongé de 6,92 %.
Outre-Atlantique, Wall Street clôturait en nette baisse (Dow Jones - 2,47 %, Nasdaq - 2,87 %) et l'euro se dépréciait fortement face au dollar. Le coup de poker de M. Papandréou a "pris les marchés par surprise et les a choqués", a estimé à Paris la société de courtage IG Market.

Et pourtant, des députés grecs comme Eva Kaily proposent à Papandreou la création d'un gouvernement de coalition pour accompagner le referendum

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