TOUT EST DIT

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lundi 7 novembre 2011

Après-guerre ou avant-guerre?

Alors cette fois, c’est pour aujourd’hui! Mais à vrai dire, on ne sait plus très bien où l’on en est... Crise d’un modèle ancien ou naissance d’un monde nouveau? Prélude à une longue période d’efforts ou der des ders avant de repartir d’un bon pied? Les dirigeants politiques peinent à mettre un nom sur la séquence déprimante que va ouvrir «l’heure de vérité» annoncée pour ce lundi midi quand le Premier ministre dévoilera son plan.

Seule certitude: c’est reparti comme en quarante... cinq. Curieux mélange de références où l’évocation de la Libération, et d’une France ruinée qu’il fallait remettre sur pied, coïncide avec un dispositif sans précédent pour faire 6 à 8 milliards d’économies supplémentaires destinées à conserver le précieux AAA, indispensable pour continuer d’emprunter au meilleur taux. Étrange emphase, décidément, des ministres qui saluent avec des vivas le budget le plus rigoureux, ou «presque», depuis 1945. Comme s’il s’agissait d’un triomphe!, alors que c’est une punition qui sanctionne l’incapacité de notre pays à maîtriser ses déficits au point de flirter aujourd’hui avec la zone rouge.

La priorité donnée au combat acharné contre l’endettement est parfaitement légitime mais elle ne devrait pas être nouvelle. En fait, elle a cinq ans de retard. En 2007, on savait déjà que la France devait s’attaquer à la dette, et elle ne le fit pas. Quelques éditorialistes - dont ceux des DNA - critiquèrent alors le financement à crédit d’un pari risqué, voire insensé, sur une croissance qu’on irait «chercher avec les dents»... mais qui allait bientôt se fracasser - dès septembre 2008 - sur les écueils de la crise des subprimes et la banqueroute de Lehman Brothers.

Le «courage» dont se prévaut aujourd’hui François Fillon rime donc plutôt avec rattrapage. Et il est poussif. Comment croire que l’empilement de demi-mesures qui sera présenté ce midi est de nature à mobiliser le pays pour sortir du trou financier dans lequel il s’est enfoncé? Du relèvement penaud des taux de TVA intermédiaires à l’abandon d’une nouvelle journée de solidarité sur ordre de l’Élysée, on continue de tâtonner dans un brouillard qu’aucun feu ne semble pouvoir déchirer.

Non, il n’y a rien de courageux dans cette timidité qui n’ose même pas s’étiqueter austérité et ne conjurera même pas l’impopularité. Et pourquoi avoir délibérément zappé le dialogue social qui aurait permis d’élaborer un dispositif auquel la masse des Français auraient pu adhérer par conviction plutôt que par résignation? Tout à l’heure, le chef du gouvernement devra répondre de cette omission volontaire.