TOUT EST DIT

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mardi 13 juillet 2010

Un président qui n'aime pas remanier ses gouvernements

Nicolas Sarkozy a toujours eu un rapport complexe à cette arme politique qu'est le remaniement gouvernemental, la banalisant ou la magnifiant, selon les moments. Et il s'est toujours inscrit en « rupture » par rapport à la pratique assidue qu'en faisait Jacques Chirac.
Les demandes ouvertes (Jean-Pierre Raffarin) ou discrètes (d'un bon nombre de parlementaires) en faveur d'un remaniement gouvernemental susceptible de stopper la polémique Woerth-Bettencourt sont jusqu'à présent restées lettre morte. Elles ont même sans doute été contre-productives. Nicolas Sarkozy a tout fait depuis trois semaines pour éviter d'avoir à changer l'équipe Fillon. Et s'il a fait partir Alain Joyandet et Christian Blanc récemment, c'est sous la contrainte du premier, qui a imposé sa démission. La position stratégique d'Eric Woerth, ministre du Travail conduisant la réforme des retraites et trésorier de l'UMP, n'explique pas seule la protection dont il a bénéficié. Le président de la République déteste plus que tout se faire imposer son agenda, a fortiori par des médias auxquels il s'oppose frontalement (en l'occurence Mediapart).

Sa capacité à dicter l'actualité, à imposer les thèmes du débat, à surprendre, avait beaucoup fait pour son élection en 2007. Le scrutin de 2012 couronnera une nouvelle fois -il en est persuadé -le candidat « maître de l'agenda ».
Arme à usage offensif

A cela s'ajoute un rapport très complexe à cette arme politique qu'est le remaniement ministériel, qu'il peut tout aussi bien banaliser que magnifier, selon les moments. D'abord parce que Jacques Chirac l'a couramment utilisée et que sur ce point Nicolas Sarkozy est toujours aussi soucieux de « rupture ». Et ensuite parce que lui-même a toujours considéré le gouvernement comme secondaire par rapport à la force d'impulsion de l'Elysée. Changer des ministres n'a donc aucune raison d'être un événement en soi. La plupart du temps, depuis trois ans, Nicolas Sarkozy a opéré des remaniements au fil de l'eau, sans tambour ni secrétaire général prenant le micro sur le perron de l'Elysée, juste par un communiqué indiquant le remplacement de tel ministre par tel autre.

Reste que le chef de l'Etat ne veut pas non plus se priver de quelque arme politique que ce soit. Justement, pour cela, il considère que le remaniement doit n'être utilisé qu'à des fins offensives, jamais défensives. Pas de remaniement pour résoudre un problème politique, pour tourner la page d'une élection perdue par exemple (comme cela avait été le cas des régionales), ou pour répondre à une polémique, fût-elle particulièrement violente.
Nouvelle phase du quinquennat

Le chef de l'Etat entend changer le gouvernement en octobre, après la réforme des retraites, pour ouvrir une nouvelle phase du quinquennat, celle qui conduira à la présidentielle de 2012. Il ne veut pas « griller cette cartouche » avant, selon l'expression employée par la majorité, a fortiori si le ministre incriminé n'a rien à se reprocher, rappelle-t-il, sur le plan légal. Et tant pis s'il a dans le même temps été rattrapé par la volonté de banaliser l'événement, récemment, en annonçant ce remaniement… quatre mois à l'avance.
CÉCILE CORNUDET

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