TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 9 juillet 2010

Sous le soleil exactement

Peut-on ne pas « en » parler ?
Allez, on va quand même essayer... Et si, pour changer, on s'intéressait, par exemple, au travail de fond du parlement pendant ces jours étouffants à tous points de vue ? Non, non, rassurez-vous, Claire T. n'a pas rôdé, de l'autre côté de la Seine, du côté de l'Assemblée nationale et du Sénat. Mesdames et Messieurs les député(e)s et sénateurs (trices) étaient donc tout à fait à l'abri pour examiner très sérieusement le projet de loi sur le dialogue social au Palais Bourbon, et la réforme des collectivités territoriales au palais du Luxembourg.
Était-ce l'électricité dans l'air de Paris ? Ou le parfum de vacances d'une session parlementaire sous le soleil exactement ? Ils se sont étonnamment lâchés. Pendant que la presse avait l'esprit ailleurs (on ne dira pas où), les députés UMP ont donc mis en minorité le gouvernement en rejetant un de ses amendements « progressistes » puisqu'il prévoyait l'introduction de commissions paritaires dans les très petites entreprises (TPE, moins de onze salariés). Sans faire de mauvais esprit, on trouvera la situation cocasse, puisque le texte en question était défendu par le ministre du Travail (chut ! Pas de polémiques...) et - pour faire court - soutenu par la gauche contre une grande partie de la droite. Ça va, vous suivez toujours ? Alors on continue.
Bien sûr, toute ressemblance et toute incidence avec d'autres événements du moment ne pourraient être que fortuites... Mais on ne sait plus trop s'il faut se réjouir d'une séquence qui pourrait faire honneur à l'indépendance du parlement - pour une fois audacieux, on ne s'en plaindra pas - ou s'inquiéter de la petite fronde décomplexée d'une majorité livrée à ses velléités rebelles qui n'hésite plus à contredire la volonté du gouvernement ? C'était pourtant le moment de montrer sa solidarité avec une équipe qui subit les offensives « fascistes » des médias déchaînés, non ? Mais bon, ce n'est sans doute qu'un point de vue de journaliste simpliste, forcément simpliste, qui voit le mal partout.
Pendant ce temps, les sénateurs, eux, ont été à deux doigts de retoquer cette réforme des collectivités territoriales qui, décidément, leur donne des aigreurs d'estomac. 6 petites voix seulement, sur 324 votants !, ont permis une adoption a minima. Les UMP n'ont pas été avares de critiques sur « l'incohérence » de la nouvelle architecture institutionnelle qui leur est imposée. Mais, braves soldats, ils ont quand même avalé la couleuvre toute crue, pour « ne pas ajouter de la crise à la crise » disent-ils. Un esprit de sacrifice qui force l'admiration, tant il semble se faire rare, semble-t-il dans d'autres sphères du pouvoir que, par pudeur et retenue - restons dignes ! - l'on s'abstiendra de nommer.

Olivier Picard

0 commentaires: