TOUT EST DIT

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mercredi 3 février 2010

Guy Ritchie: "C'est la relation entre deux hommes qui me plaît"

Le réalisateur d'Arnaques, crimes et botanique, Snatch et RockNRolla dynamite l'image du détective de Baker Street, un brin coincé aux entournures, pour en faire un Bond intello d'une époque victorienne occulte. Rencontre avec un faiseur de miracle.

Vous ne pensiez pas qu'il était risqué de réinventer un personnage aussi ancré dans l'imagerie populaire que peut l'être Sherlock Holmes ?

Guy Ritchie : Honnêtement, je crois que si vous pensez comme ça, vous êtes totalement paralysé et ne faites jamais rien. Je cherchais à rétablir un peu de vérité sur le personnage décrit par Conan Doyle. J'ai toujours eu une image très précise de qui était vraiment Sherlock Holmes, et aussi de ce à quoi il aurait dû ressembler au cinéma. L'idée était de faire ce film du point de vue de Conan Doyle, comme il aurait pu le tourner s'il avait été derrière la caméra.

Holmes est l'un de vos héros d'enfance. Quand l'avez-vous découvert ?

C'est certainement l'un des personnages avec lequel j'ai grandi. Je devais avoir 6 ou 8 ans quand j'ai commencé à lire les romans de Doyle. Maintenant, je dois dire que j'ai toujours trouvé que James Bond était un personnage très charismatique aussi.

Avec votre connaissance des romans de Doyle, comment vous représentiez-vous Holmes quand vous étiez enfant ?

Exactement comme il est aujourd'hui dans le film. Robert Downey Jr. correspond totalement au personnage que je m'imaginais enfant. Pour moi, il a toujours été un intellectuel dans le corps d'un homme d'action. Il n'avait pas nécessairement les traits ni les manières d'un James Bond, mais maîtrisait les arts martiaux.

Que pensez-vous des précédentes adaptations de Sherlock Holmes, des films des années 40 avec Basil Rathbone et Nigel Bruce ?

Je dois avouer que je n'en ai vu aucune, ce qui comporte ses avantages et ses inconvénients, bien sûr (rires) !

L'un des éléments les plus amusants est la relation de couple que vivent Holmes et Watson. On a le sentiment que vous vous êtes bien amusé à souligner ce côté-là de leur histoire.

C'est la relation entre deux hommes qui me plaît avant tout. C'est vrai qu'ils vivent un peu comme un vieux couple marié. C'est très amusant de jouer sur ce genre de chose entre deux hommes, une fois que vous avez ôté toute dimension sexuelle de leurs rapports.

La connivence entre Robert Downey Jr. et Jude Law est le sel du film. Pourtant, ils ne se connaissaient pas avant le tournage. Vous êtes vernis que la sauce ait bien prise entre eux.

Oui. Ils se sont rencontrés pour la première fois un mois avant le début du tournage. Mais quand on les a vus ensemble, ils envoyaient tellement de bonnes ondes, qu'on était assez confiants. De nouveau, c'est la dynamique entre deux hommes qui me parle le plus, où l'un est le yin et l'autre le yang. On les sent en symbiose. Ils possèdent chacun des forces qui leur sont propres mais, ensemble, ils forment un tout, le premier parvenant à canaliser le second.

Savoir que le film pourrait être interdit aux moins de 13 ans vous a-t-il limité dans certains de vos choix ?

Non. À l'évidence, on n'allait pas montrer Holmes en train de s'injecter de la cocaïne en intraveineuse. Mais non, je dois dire que ça n'a pas été un problème du tout.

Vous avez choisi de mélanger différents récits de Doyle, comme en utilisant d'entrée de jeu le personnage d'Irene Adler, joué par Rachel McAdams. Pourquoi ne pas avoir simplement adapté un seul roman ?

J'avais peut-être l'impression qu'adapter un seul livre était trop restrictif pour en faire un film, et que cela ne correspondait plus à ce que les gens attendent aujourd'hui d'une narration.

Impatient de remettre le couvert pour un Sherlock Holmes 2 ?

Je ne sais pas trop. On va déjà attendre de voir comment celui-là fonctionne auprès du public et, ensuite, on avisera.

Vous faites un très bon usage du Professeur Moriarty, en le gardant toujours dans l'ombre à tirer les ficelles. Que peut-on attendre de lui à l'avenir ?

C'est toute l'idée du personnage. C'est un marionnettiste de l'ombre, et un égal de Sherlock Holmes. L'avenir nous dira ce que Moriarty nous réserve.

Au final, êtes-vous fier de votre film ?

C'était exactement le film que je voulais faire. Je suis fier de tous mes films, en fait (rires).

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