TOUT EST DIT

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lundi 26 mai 2014

Élections européennes : les éditorialistes sous le "choc"


Un "choc", un "séisme", voire "un champ de ruines".... Lundi matin, au lendemain des élections européennes remportées par le FN, lapresse quotidienne française est unanime. Pour Éric Decouty (Libération), "la victoire du Front national reste un choc qui va ébranler la France et l'Europe entière", car "l'onde de choc créée par le parti de Marine Le Pen dépasse largement les frontières nationales". C'est "une menace réelle pour l'idée européenne", écrit-il. 
Dans France-Antilles, Patrick Planchenault analyse bien l'enjeu raté de ces élections : "Il appartenait aux partis de gouvernement de donner de la perspective à cette consultation électorale, avec le fol espoir de réenchanter le rêve européen. Au lieu de cela, PS et UMP réunis, mais chacun divisé, ont laissé aux Le Pen, père et fille, le soin d'occuper l'espace politique avec leurs thèmes brumeux qui font, pourtant, de plus en plus écho chez les Français, eurosceptiques, sinon europhobes : l'identité nationale, l'immigration galopante, l'hégémonie de Bruxelles, les carences de l'euro." Sur le même sujet, Nicolas Barré, dans Les Échos, s'interroge : "Comment les Français pourraient-ils aimer l'Europe quand toute la campagne fut une course à qui dirait le plus fort tout ce qu'elle fait mal : l'euro trop fort, les frontières mal gardées, la capitulation face aux Chinois, la soumission aux ultralibéraux américains et l'on en passe..."

Dégâts semés par la politique d'austérité 

La Dépêche du Midi, sous la plume de Jean-Claude Souléry, estime que "faire du Front national le premier parti de la République, c'est assurément un effet pervers de la démocratie, c'est surtout unchoc politique et psychologique dont on se souviendra longtemps". Moyennant quoi, pour Le Maine libre, Jérôme Glaize le constate sans ambages: ce qu'il reste au lendemain de ces scrutins, "c'est un véritable champ de ruines". Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne) estime que "la classe politique française a été littéralement dynamitée par les électeurs". L'Est républicain (Alain Dusart) pense que "ce séisme redouté renvoie les formations de gouvernement à leur vacuité (et) jette l'opprobre sur l'idée que les démocrates du monde entier se faisaient de la France". Dans Presse Océan, Marc Dejean souligne que "les deux partis de gouvernement, PS et UMP, sortent l'un laminé l'autre miné par ce scrutin".
"Le FN s'impose (...) comme le premier parti de France", constate Alexis Brézet, du Figaro. "Pour Marine Le Pen, c'est une victoire personnelle", car elle a "réussi, en incarnant un nouveau style, à faire tomber le premier obstacle à la progression du Front national, sa diabolisation", analyse-t-il. DansL'Humanité, Patrick Apel-Muller écrit que ce sont "les dégâts semés par une politique d'austérité qui renie toute référence aux valeurs de gauche" qui ont provoqué une "sanction sans appel".

Moins de voix qu'à la présidentielle 

Guillaume Goubert, qui prend "toute la mesure du choc, du séisme", ne veut toutefois pas désespérer. "Le principal, écrit-il dans La Croix, c'est de constater que les formations modérées remportent les deux tiers des suffrages... l'extrémisme est loin d'être majoritaire dans les urnes." Même analyse dansOuest-France, où Michel Urvoy estime que les résultats "ne traduisent pas une adhésion massive aux thèses de Marine Le Pen, qui recueille beaucoup moins de voix qu'à la présidentielle".
Ce qui fait écrire à Raymond Courraud (L'Alsace) que "les partis politiques traditionnels ont tout intérêt à faire leur autocritique. Ils doivent avant tout se rapprocher de leurs électeurs. Il en va de même pour l'Europe, sous peine de voir cette grande idée se transformer en une machine à produire de la paperasse". Philippe Waucampt (L'Est républicain) estime que, concrètement, la "dernière carte" de François Hollande est "la dissolution". "Au bout de trois années de cohabitation, il serait quasiment assuré de jouer la finale contre Marine Le Pen", prévoit-il. "Il y a désormais un problème français qui s'impose à tous à l'intérieur comme au-delà des frontières où nos voisins regardent avec effroi la France tourner le dos aux valeurs qu'elle a portées", écrit Jean-Louis Hervois, de La Charente libre

Séisme politique ou claque méritée?

Séisme politique ou claque méritée?
Depuis ce soir, beaucoup de mots grandiloquents se font entendre: "séisme", "honte planétaire", "drame absolu", "événement majeur", "crise effroyable". La panique des uns comme la jubilation des autres ne m’inspirent qu’un sentiment de profond ridicule. Le fuite en avant dans l’exagération me semble bien être (comme prévu), une manière commode de fuir les vraies questions et les responsabilités… Il serait utile de rappeler quelques vérités:
  • 25% des suffrages en faveur du fn, avec un taux de participation dérisoire de 43%, cela représente à peine 10% du corps électoral ce qui ne marque évidemment pas un phénomène massif d’adhésion populaire, mais plutôt un effet d’optique lié à l’effondrement des autres.
  • Le monde politique fait face à une contradiction évidente: droite comme gauche crient à la catastrophe, au désastre, à l’apocalypse mais n’envisagent pas un instant de bouger d’un iota et tout continue comme avant. Le président de l’UMP ne semble pas concevoir une seconde d’engager sa responsabilité et de laisser la place; le Premier ministre glorifie sans vergogne l’action du gouvernement; et le seul véritable problème de l’Europe, c’est que le peuple n’a pas compris ses bienfaits… Ils donnent le sentiment de n’avoir rien entendu, rien compris, comme enfermés dans une bulle. Aveuglement ou mépris?
  • Il est plus facile de crier au loup que de se remettre en question et d’en tirer des conséquences en assumant ses responsabilités. Le corps électoral, par son abstention gigantesque et la poussée (toute relative) du vote protestataire a pourtant fait passer un double message, d’indifférence, de désespoir et de colère mélangés,  que nul ne semble avoir entendu:
* une terrible sanction envers les partis dits de gouvernement: nullité et cynisme des socialistes au pouvoir; naufrage sans fin de l’UMP marqué par un vide idéologique abyssal et une certaine tendance au népotisme qui s’est incarnée dans le choix des têtes de liste, destiné à recaser des politiciens au rancard parfois même précédemment battus aux élections nationales! Les Français ont aussi sanctionné ce détournement d’une élection à des fins privatives et exprimé leur dégoût face à ces pratiques.
*Un profond désarroi du corps électoral déboussolé par la décomposition de la vie politique, la disparition des grandes figures républicaines, de voix de la raison – à l’image d’un Philippe Séguin qui manque cruellement – et l’absence criante d’alternative politique aujourd’hui crédible.
Le vote d’aujourd’hui exprime sur le plan électoral le dépit populaire dont le fameux sondage CEVIPOF de janvier dernier portait déjà la trace: 88% des Français pensent que les politiques n’attachent pas d’importance à ce que pensent les gens comme eux. Si l’on en croit les commentaires indigents de ce soir, ils ne sont pas près de changer…

Européennes 2014 : le PS a la gueule de bois

Au lendemain du 21 avril 2002, ils avaient dit "Plus jamais ça". Douze ans plus tard, les résultats catastrophiques des européennes sont vécus comme "une catastrophe".


"C'est la soirée où il faut être à Paris", ironise Matthias Fekl, député du Lot-et-Garonne. En réalité, l'ambiance est bien morne Rue de Solférino dimanche soir. Les chiffres qui circulent depuis 19 heures confirment ce que prédisaient les sondages : le parti de la majorité arrive en troisième position des élections européennes, derrière l'UMP et le FN, qui caracole en tête. 
La cour intérieure du siège du PS se remplit peu à peu. Plus que la colère, c'est l'abattement qui prédomine chez les rares dirigeants qui s'aventurent parmi les journalistes. "C'est la catastrophe", "c'est terrifiant", "eh bien, c'est beau...", lâche François Kalfon, l'un des secrétaires nationaux. Hasard ou pas, ce sont les leaders de la fronde contre le gouvernement qui viennent majoritairement délivrer leur parole aux journalistes, à l'exception de Luc Carvounas, sénateur très proche de Manuel Valls. Le patron de l'Assemblée Claude Bartolone et l'ancien ministre de la Ville François Lamy se montreront. L'ancien député de l'Essonne Jérôme Guedj fume une cigarette sur les marches du perron et souffle : "Après le 21 avril 2002, on avait dit plus jamais ça... Et voilà le FN en tête. On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas." 


"Il ne suffit pas de changer de gouvernement"

Ce que réclament les fameux 41, qui se sont abstenus le 29 avril lors du vote à l'Assemblée sur le pacte de stabilité budgétaire, c'est un changement de cap. "Il ne suffit pas de changer d'équipe, d'avoir un Premier ministre populaire, mais de changer de politique économique", martèle le député des Hauts-de-Seine Jean-Marc Germain.
Avant même le résultat, le porte-parole du groupe, Thierry Mandon, espérait, lui, que la défaite puisse "consolider l'inflexion sociale [entamer avec les annonces de Manuel Valls en matière de fiscalité, NDLR], intensifier les débats dans le groupe et consolider le nouveau rôle du parti".
Jean-Marc Germain prévient que les 41 - dont une majorité de socialistes concèdent qu'ils seront sans doute plus dorénavant - vont continuer dans la même direction. "On a obtenu deux pas en avant pour les retraités modestes et les contribuables modestes. Il faut une politique de la demande qui accompagne la politique de l'offre", dit-il. À ses côtés, son camarade de la Nièvre Christian Paul, autre leader de la fronde.
"Le redressement va porter ses fruits"
Mais Manuel Valls, dont l'allocution est diffusée sur les écrans installés dans la cour, ne va pas dans ce sens. Constatant que le résultat est "un choc, un séisme", Manuel Valls assure que les Français "ont crié la même urgence qu'aux municipales". De fait, depuis plusieurs jours, Matignon martèle que le résultat fait partie "de la même séquence" que les municipales et qu'il n'y a donc aucune raison de redistribuer les cartes à la tête de l'État. "On ne va pas changer de gouvernement toutes les deux minutes", balaie Pervenche Berès, la tête de liste du PS en Ile-de-France aux européennes. Un peu effondré, un dirigeant PS, qui pressent que rien ne va changer, souffle : "Comme je ne suis pas très chrétien, je n'aime pas tendre l'autre joue. Une gifle, deux gifles, ça fait beaucoup..."
À 20 h 45, Jean-Christophe Cambadélis, visage grave, monte sur la petite scène prévue pour son allocution. Le patron du PS prend sa respiration, reboutonne sa veste et entame : "Ce jour restera dans nos mémoires comme un jour sombre pour la démocratie, pour l'Europe et pour la France." S'il se montre optimiste concernant la réussite des réformes entamées ("Le redressement va porter ses fruits"), le patron du PS fustige "une campagne trop courte, pas assez européenne et trop superficielle".

Avril en mai

Avril en mai

Le pire n'est jamais sûr mais à force d'erreurs, il finit toujours par arriver. Le « 21 avril européen » que l'on redoutait a eu lieu… ce 25 mai. Le Front national est arrivé, selon des estimations concordantes rendant inopérantes les mesures officielles d'embargo, en tête des partis pour ces élections européennes. Et, apparemment, avec netteté. Du coup, la soirée électorale, sur les grandes chaînes de télévision, a pris des allures de veillée funèbre pour les responsables politiques. Manuel Valls, tout de noir costumé et cravaté, en aura été le symbole avec une allocution qui ressemblait à une sinistre épitaphe.
En affirmant que le pays vivait un moment très grave, le Premier ministre en a rajouté dans la dramaturgie. Ce qui ne suffira pas toujours à compenser l'absence de résultats. Manuel Valls n'a d'ailleurs pas été le seul responsable politique à sombrer dans le catastrophisme. Mais si les mots utilisés hier soir sur les plateaux télé ont souvent été très forts, c'est aussi parce qu'ils avaient été beaucoup trop faibles dans les semaines précédant le scrutin pour défendre l'Europe.
Méfions-nous de ces appels d'un soir à tout changer et à faire le ménage, venant de politiciens qui retombent très vite dans leurs travers. On sait ce qu'il advint après le 21 avril 2002 et l'éphémère sursaut républicain. Alors, oui, la victoire du FN est symboliquement désastreuse au pays des pères fondateurs de l'Europe. Mais elle reste toujours (et peut-être plus que jamais) un vote défouloir plus que d'adhésion. Les Français, déboussolés, ont voté Marine Le Pen sans voter "oui" à son programme dévastateur puisqu'ils sont majoritairement contre la sortie de l'euro.
Certes, les Français veulent une autre Europe, plus proche, moins tatillonne, plus simple dans sa gouvernance, mais ils ne veulent pas forcément jeter le bébé avec l'eau du bain. Bien évidemment, une « lecture européenne » du scrutin d'hier ne suffit pas. Il a aussi sa lourde signification intérieure puisque, en dehors du FN, tout le monde a perdu. Même si François Hollande et le PS ont perdu plus que d'autres.

dimanche 25 mai 2014

Bloc-notes : les "populistes" au secours de l'Europe

Ne pas craindre le "populisme": il est l’heureuse réaction des peuples confrontés aux désastres qui déboulent. La faute des gardiens du Système est de ne rien entendre des mises en garde sur l’Europe et sur eux-mêmes. Les "élites" qui, en 2005, insultaient les "nonistes" qui s’opposaient à la Constitution européenne, reproduisent leur morgue contre les eurosceptiques, devenus plus nombreux encore. Le vieux monde politiquemesurera, dimanche, les frustrations accumulées des électeurs. Ils lui rappelleront vraisemblablement que le temps de la relève est venu. Un ancien préfet, Paul Bernard, écrit (1) : "Il y a sur le territoire des personnes modestes, dotées de bon sens, d’expérience et capables de proposer et d’expérimenter des réformes en prise avec les réalités locales et humaines". Oui, il va falloir écouter la société civile en rogne. Et lui faire une place.
Bien sûr, les europhiles n’ont pas tort sur tout. Ils ont raison quand ils jugent impensable que la France se claquemure tandis que la mondialisation oblige aux rassemblements. Ils ont raison quand ils font remarquer que le libéralisme appliqué par l’Union européenne est la seule solution susceptible de relancer une croissance étouffée par les endettements publics et un euro trop fort. Raison, également, de prendre l’Allemagne pour modèle et de ne pas craindre, par un antiaméricanisme de principe, le futur traité de réciprocité transatlantique qui fait fantasmer les extrêmes : il ouvrira le marché nord-américain aux PME européennes. Cette construction-là doit être préservée. Mais certainement pas son autre face, qui rend l’Europe haïssable par son mépris des nations, sa fascination d’agonisant pour l’islam querelleur, son enfermement élitiste.

L’Europe est une passoire pour l’immigration de peuplement qu’elle encourage, mais une forteresse quand il s’agit de s’abriter des citoyens qui la composent. (La suite ici)

(1) La Corse, le cactus de la république, Cherche Midi 

L’homme qui dit non


Dans les 49% d’insatisfaits de l’Europe, il n’y a pas que des anti-européens et je crois même loin s’en faut. En ce qui me concerne, et bien que je sois plutôt favorable à l’Europe, je fais partie de ces insatisfaits sur le fonctionnement de l’Europe . Je suis loin de partager tout ce que dit Henri Guaino sur le fond, mais j’ai de commun avec lui d’être mécontent des institutions européennes. Ce billet n’a pourtant pas pour objet de plaider pour ou contre l’Europe, il a simplement pour objectif de défendre la liberté de penser, mais surtout la liberté de dire ce que l’on pense.
Henri Guaino a raison lorsqu’il dénonce le fait que les partis politiques ne supportent pas le désaccord. Il a encore raison lorsqu’il affirme qu’un parti ce n’est ni une caserne ni un couvent mais un lieu de débat ou chacun doit avoir et garder sa liberté de ton et faire preuve de tolérance envers ceux qui pensent différemment. Ce qui porte du discrédit à un parti politique ce n’est pas et ce ne sera jamais le débat d’idée bien au contraire, ce qui discrédite un parti ce sont soit les déchirements dus à des ambitions personnelles soit au vide des idées et donc à l’absence de débat, telle est la pensée d’Henri Guaino et il a encore une fois raison. Ceci est valable pour tous les partis et s’il y a bien un thème qui divise tous les partis et même au delà, c’est bien l’Europe. On a connu le « non » de Charles Pasqua et de Philippe Seguin pour le RPR, on a connu le « non » de Laurent Fabius pour le PS et même celui de Manuel Valls avant de se plier à la discipline imposée par le parti dirigé alors par François Hollande..
Henri Guaino fait partie de ceux qui sans être anti européens, sans être favorables à la sortie de la France de l’Euro reste malgré tout un eurosceptique. Il se refuse à voter pour le candidat investi par son parti (l’UMP) Alain Lamassoure président de la commission des finances qu’il juge trop fédéraliste et qui dit-il  » incarne une Europe dont plus personne ne veut « .
L’Europe d’Alain Lamassoure, c’est L’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, celle que nous vivons tous les jours. Henri Guaino ne reproche en aucun cas à André Lamassoure d’incarner une certaine vision de l’Europe, il lui reconnaît ce droit, il dit simplement que c’est contraire à ses convictions et que voter pour lui constituerait un reniement, ce qu’il ne veut pas et ne peut pas faire compte tenu de son engagement politique depuis ses débuts il y a 30 ans. Ce qu’on lui reproche, c’est de le dire. Il faut savoir, et peu le savent, que Henri Guaino a été la plume de Philippe Seguin, notamment en ce qui concerne le très célèbre discours de ce dernier à l’Assemblée nationale contre le traité de Maastrich.
Henri Guaino n’est pas anti européen par dogme, il considère que l’Europe d’aujourd’hui ce ne sont que des institutions , qu’elles sont critiquables et que ce n’est pas un crime de lése majesté que de les critiquer. Henri Guaino voit l’Europe dans sa globalité, l’Europe politique, l’Europe économique, L’Europe culturelle, ce qui l’amène à s’interroger et il estime que l’UMP ne répond pas à ces interrogations. Pour Guaino l’Europe est un Thème qui dit-il « définit, détermine et conditionne notre façon et notre capacité à gouverner« . C’est pour lui un sujet capital, il veut en parler et pouvoir le faire en toute liberté sans être menacer d’exclusion.
J’ai suffisamment passé d’années comme militant au RPR et comme j’ai encore un peu de mémoire je me souviens parfaitement de « l’appel de Cochin » lancé par Jacques Chirac en décembre 1978. Il commençait ainsi  » Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache. L’ Europe que nous attendions et désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette Europe, nous savons depuis d’hier qu’on ne veut pas la faire. Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. En ce qui nous concerne nous devons dire NON.« 
La suite du discours est à l’avenant puisque, en autre, les centristes avaient été traité d’être « le parti de l’étranger« . Alors quoi de plus normal qu’il y ait aujourd’hui à l’UMP des anciens du RPR et Henri Guaino en fait partie qui soient eurosceptiques. Ils sont dans la continuité des positions du RPR de l’époque avec Charles Pasqua et Philippe Seguin notamment. Je n’accepte pas le procès fait à Henri Guaino et surtout je n’accepte pas qu’un homme qui s’est différencié de son parti en soutenant François Bayrou contre le candidat investi par son parti, et en se prononçant publiquement contre le programme définit par le bureau politique de ce même parti demande aujourd’hui l’exclusion d’Henri Guaino parce qu’il lui dénie le droit de se différencier sur l’Europe.
Par ailleurs, ce que à l’UMP, certains semblent ou veulent oublier, c’est que finalement Henri Guaino ne fait que défendre une position qui a été celle de 55% des Français en 2005. Que je partage ou non tout ou partie de ce que pense et dit Henri Guaino n’a aucune importance, mais je crois qu’on se doit de soutenir la liberté de penser et de s’exprimer et ce, même sur un sujet qui divise profondément les Français, je dirai même surtout sur un sujet qui divise les Français. Dans un parti politique, on doit pouvoir s’exprimer sans être mis au banc des accusés et menacé d’exclusion car dans le cas contraire, effectivement le parti devient une caserne où le chef de corps ne veut voir qu’une seule tête et j’ai connu ça lors mon service militaire. C’est pourtant la conception de trop de responsables politiques, tout parti confondu. Militer ne doit pas faire perdre son identité, militer, ce n’est pas avoir un maître à penser, militer, c’est tout simplement défendre des convictions. Henri Guaino est un exemple d’hommes de convictions, il est un des rares hommes politiques qui ne soient pas une girouette. Que ses certidutes soient partagées ou pas est sans importance, c’est un homme libre, il veut le rester et en ce sens je le soutiens.

L’hypocrisie absolue

L’hypocrisie absolue
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Quel paradoxe! Le parti qui prône une sortie de l’Union européenne, en passe de triompher à l’occasion d’une élection censée cristalliser l’ambition européenne. Chacun imagine déjà les commentaires horrifiés qui vont suivre demain soir le bon score, voire même peut-être la victoire annoncée du fn aux élections européennes. Eh bien moi, je le dis sans ambages, ce résultat a été organisé, voulu, concocté, préparé, prémédité par la société politique et médiatique française, de sondage truqué en sondage truqué, d’émission en émission (des paroles et des actes, grand levier de la promotion de Mme le Pen), de démission en démission. Franchement, il ne faut pas être grand clerc pour simplement prendre acte de cette formidable mécanique de propagande qui s’est mise en branle dans ce but. Maintenant, on attend plus que les jérémiades indignées de la clique qui s’attelle depuis si longtemps à faire monter le fn. A qui profite le crime? Objectif ? Pour les socialistes, noyer le poisson, faire oublier les désastres politiques et électoraux en plongeant la catastrophe dont ils sont responsables dans une belle soupe sur "le retour du fascisme en France et en Europe". Classique. Le monde intellectuel, la presse, la radio, la télévision: d’une part enfoncer un peu plus l’image de la France en Europe et dans le monde, d’autre part faire du sensationnel, de l’émotion, de la peur, du commentaire…L’opération est à tous les coups gagnante. S’y ajoute un autre bénéfice en faveur de la nomenklatura dirigeante: la diabolisation, par assimilation au fn, de sujets essentiels aux yeux des Français comme l’autorité de l’Etat, la lutte contre l’insécurité, l’intégration, la maîtrise de l’immigration, la réforme de l’Europe, la situation des banlieue, la désindustrialisation… Je suis triste, sans aucun mépris, simplement triste pour des amis qui se laissent ainsi piéger… J’ai le sentiment de me trouver devant un champ de ruines, ruines de la politique, ruines de l’intelligence, ruines du bon sens. Jamais je n’ai été aussi désespéré de la situation politique de mon pays. Je voulais m’abstenir pour manifester mon dépit. Puis, je me dis que ce n’est pas la solution de laisser le champ libre aux politicards que mon abstention n’empêchera pas de conquérir leurs prébendes à Bruxelles et Strasbourg. Je vais donc aller voter mais je ne sais pas encore pour qui… 
Enfin, sauf pour le fn et le ps bien entendu.

Qu’est-ce qu’on attend ?


samedi 24 mai 2014

Carton rouge européen


Les maladies de l’Europe sont celles des élites dirigeantes des nations qui la composent. Le continent a besoin d’une France forte, pas d’une France hors jeu.
La plus belle illustration du déclassement de la France dans la tête de la gauche française est cette campagne qu’elle conduit pour M. Martin Schulz. Comme si ce M. Schulz était un François Hollande de substitution, plus fort que lui, promis aux plus hautes destinées européennes et à présider la Commission. On imagine François Mitterrand faisant campagne pour M. Schulz…
Qui est donc ce personnage qui incarne tant les espoirs de la gauche proeuropéenne française ? Un député socialiste allemand qui, depuis vingt ans, a fait toute sa carrière sur les bancs et dans les coulisses du Parlement européen, qui n’est parvenu à le présider qu’à la suite d’un accord de présidence tournante avec la droite et qui, faute d’avoir un avenir politique dans son pays, où son parti, battu par celui de la chancelière, a dû rejoindre la grande coalition, se propose de transporter à Bruxelles un projet que les électeurs ont rejeté pour l’Allemagne ! Les socialistes français se préparent donc à voter non seulement pour un Allemand mais pour un Allemand qui a échoué. C’est dire s’ils croient en leur destin !
Le pire est qu’ils ont communiqué cette résignation à notre opinion publique. L’état d’esprit désormais majoritaire, analysé dans ce numéro, est de ne plus croire en rien. Les élections au Parlement de Strasbourg (et de Bruxelles) n’ont jamais mobilisé, mais on se prépare cette fois à un record de démobilisation. Lors du premier scrutin, il y a trente-cinq ans, le taux d’abstention atteignait déjà les 39,3 % chez nous ; il n’a cessé de progresser depuis : des 51,2 % d’il y a vingt-cinq ans jusqu’aux 60 % prévus par les instituts de sondagepour ce 25 mai.
Un peuple résigné est un peuple malade, prêt à toutes les défaites. Il est vrai que l’Europe est atteinte par la maladie, dénoncée quand il en était temps par le démographe Alfred Sauvy, du vieillissement démographique. L’Europe ne fait plus d’enfants, elle ouvre ses portes aux migrants, elle se laisse dominer par la peur, le renoncement, la lassitude. À cela se sont ajoutées d’autres sévères crises de rhumatismes, croissance trop faible et chômage trop élevé, comptes en désordre et surendettement. Avec cette paralysie de l’âme que l’on appelle mauvaise conscience, destructrice des identités, familiales et nationales.
Mais l’Europe n’est qu’une résultante. La cause est à rechercher auprès des élites dirigeantes de chacune des nations qui la composent. Ce ne sont pas les forces ou les faiblesses de l’Union européenne qui ont fait que l’Allemagne soit forte, ce sont les Allemands. Ce ne sont pas les forces ou les faiblesses de l’Europe qui feront ou non que la France sera forte. La France doit être forte si elle veut que l’Europe le soit. Il y a plus de cinquante ans, quand de Gaulle revint au pouvoir pour remettre de l’ordre dans les affaires de la France et cesser d’aller chercher à Washington les crédits pour payer nos fonctionnaires, il s’appuya sur le Marché commun. Il fit de la compétition européenne un tremplin pour nos entreprises et leur croissance, des traités et institutions de l’Europe en construction un outil de puissance. Mais il avait, pour le faire, l’autorité et le leadership nécessaires.
Si le cas Alstom a aujourd’hui pris cette place dans le débat public, c’est bien parce qu’il est à l’image de la France. La question posée est : le principal actionnaire d’Alstom sera-t-il américain ou allemand ? Que l’un soit meilleur que l’autre est un problème industriel ; le sujet qui fâche est celui-ci : ce n’est pas Alstom qui achète mais Alstom qui se vend. Cela mesure assez le déclin de notre industrie.
La monnaie européenne en est-elle l’explication ? Certes, le taux de change de l’euro est pour nos exportateurs un lourd handicap (hors d’Europe, où tout se traite en dollars), mais l’euro en soi n’explique pas tout. Ce qui est en cause, ce sont nos défauts bien français (fiscaux, sociaux, administratifs). Car les Allemands ont quand même réalisé un excédent de 200 milliards en 2013 avec cette monnaie. Quant aux Grecs, pour quelle raison se seraient-ils infligé ces années de récession et d’austérité au lieu de sortir de l’euro, si ce n’est parce qu’ils ont préféré rester dans le jeu plutôt que de tenter l’aventure ? Se mettre hors jeu est aussi un signe d’abandon.
Au soir du scrutin, ce dimanche, on commentera l’écart de voix qui séparera la gauche, l’extrême gauche et la droite, le centre et la droite extrême. La gauche pleurera sur “le triomphe des démagogues” ; la droite répondra “carton rouge” et “dissolution”. On se demandera surtout comment une gauche aussi franchement minoritaire peut encore gouverner. Mais c’est évidemment cette réalité, ajoutée à la quasi-disparition du chef de l’État dans l’opinion, qui explique pourquoi elle ne se raccroche plus qu’à M. Schulz.

Le mammouth et le pantin


Comment penser que la droite pourra modifier quoi que ce soit en matière d’éducation, si elle revient au pouvoir, face à cette marée d’enseignants gauchistes ?
La France est-elle encore réformable ? Beaucoup, notamment à droite, affirment que oui, à force de volonté, d’audace et d’ambition collective, le pays tout entier peut se ressaisir et retrouver son prestige d’antan. Un événement insolite et mineur intervenu la semaine passée permet toutefois de douter de la capacité du corps social français à se remettre en question, ne serait-ce que dans l’intérêt du pays.
Pour la prochaine rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation nationale avait décidé d’avancer la date de reprise des cours. Et cela avait de fait pour conséquence que les 800 000 enseignants français devaient faire leur prérentrée le 29 août. De manière à ce que tout soit prêt pour qu’ils puissent accueillir leurs élèves le lundi 1er septembre. Et bien, c’est non ! Les syndicats d’enseignants n’ont pas eu besoin de monter fortement au créneau pour que le ministre recule. Ils ont seulement déposé un préavis de grève pour cette journée du 29 août. Car comme l’a affirmé l’un des syndicalistes, « il n’est pas question de toucher au mois d’août ». L’insignifiant ministre de l’Éducation a justifié son recul par un pseudo-problème d’informatique qui ne pouvait pas prendre en compte le début d’activité de 40 000 nouveaux enseignants. Une fois encore, et comme tous ses prédécesseurs de gauche et de droite, il n’avait, en fait, pas d’autre choix que de céder face au diktat du Snes-FSU et du Snalc, les deux principaux syndicats de professeurs.
Cette affaire est triste. Elle est certes anecdotique. Et dans quelques jours plus personne n’en parlera. Mais elle constitue la démonstration la plus stupéfiante de l’incapacité à faire bouger, ne serait-ce que légèrement, le “mammouth” de l’Éducation nationale. Tous les rapports officiels, des quantités de livres et des heures de symposiums s’accordent sur la même idée. La France qui a vu son système éducatif s’effondrer au cours des trente dernières années doit impérativement repenser le logiciel global de ce qui constitue l’instruction publique. C’est devenu une question urgente dès lors que la proportion d’élèves ne sachant pas lire à l’entrée en sixième — au sens où le déchiffrement ne s’accompagne pas de compréhension — est allée croissant depuis une dizaine d’années, au point d’avoisiner les 20 %. D’après certains professeurs et principaux de collège, ce chiffre ne fait que croître et serait maintenant de près d’un tiers en troisième. Cela signifie qu’un futur lycéen sur trois ne comprend pas un texte ou un énoncé de problème qu’on lui soumet. Ne parlons même pas des dégâts en matière de culture générale et du pitoyable niveau des Français en langues étrangères.
Tout cela doit constituer la priorité d’un ministre de l’Éducation nationale. Surtout à un moment où la gauche nous rabâche en permanence les vertus de Jules Ferry, chantre de l’école obligatoire et gratuite pour tous. Au lieu de cela, Benoît Hamon ne se préoccupe que des rythmes scolaires qui ont perturbé l’hygiène de vie de centaines de milliers d’enfants et les finances de toutes les communes, petites ou grandes, dans des conditions parfois dramatiques. Et le voilà maintenant plus soucieux de plaire aux syndicats d’enseignants que de faire revenir sur les bancs de l’école nos chères têtes blondes. Ce n’est pas de cette manière que la France va pouvoir entamer la reprise en main de son système d’éducation. Ce n’est pas ainsi que les pouvoirs publics vont parvenir à imposer des changements de méthode à des enseignants largement syndicalisés. Bref, le “mammouth” a peu de chances d’évoluer en poursuivant de cette manière, avec son administration tellement pléthorique que c’est le seul ministère à ne pas pouvoir indiquer le nombre de ses fonctionnaires. Et les 40 000 enseignants en panne d’affectation, qui restent chez eux tout en étant payés, peuvent être certains de ne pas être dérangés de sitôt.
Après ce spectacle pitoyable donné par Benoît Hamon, comment penser que la France puisse encore être réformée, sauf à donner un grand coup de pied dans la fourmilière ? Comment penser que la droite pourra modifier quoi que ce soit, si elle revient au pouvoir, face à cette marée d’enseignants gauchistes élevés au lait de Mai 68 ? Comment penser que l’intérêt des enfants pourrait enfin prévaloir sur celui de leurs professeurs qui sont de plus en plus nombreux et produisent chaque année plus d’enfants en échec scolaire ? Il reste bien une méthode que Nicolas Sarkozy avait mise en avant au début de sa campagne présidentielle de 2012 : celle d’un grand référendum destiné à enjamber l’obstacle de tous ces corps intermédiaires qui veulent surtout que rien ne change. Il faudra bien y venir. Déjà en 1806, écrivant au roi de Naples, Napoléon avait prévenu : « On ne change et réforme pas les États avec une conduite molle. »

Allons enfants…


“La Marseillaise”, comme la Révolution, forme un bloc, elle est à prendre ou à laisser, mais on ne fait pas le tri dans ses paroles.
En France, les polémiques sont un peu comme les trains, l’une peut toujours en cacher une autre. Après que l’on eut reproché à une ministre, comme en d’autres temps à des joueurs de football, de ne pas avoir entonné la Marseillaise, c’est l’hymne national lui-même qui est pris aujourd’hui dans la tourmente.
Un acteur de talent, surtout connu pour son jeu flegmatique, non content d’assurer les fonctions de Monsieur Loyal du Festival de Cannes, a décidé d’expurger le chant de Rouget de Lisle. M. Lambert Wilson est heurté par des paroles qu’il juge « épouvantables »« sanguinaires »« racistes » et « xénophobes », rien de moins… Il a même cru bon d’ajouter qu’il était « sidéré qu’on continue à chanter ça »
Il semble que la vue ou plus exactement l’évocation de ce « sang impur [qui] abreuve nos sillons » heurte profondément la sensibilité de l’acteur, lequel n’a pourtant pas hésité à torturer un pauvre marsupilami dans une scène de film proprement insoutenable.
Néanmoins on s’inquiète pour lui à l’idée qu’il soit un jour contraint de jouer le théâtre de Corneille, il serait forcé de voir le sang du père de Chimène « Couler à gros bouillons de son généreux flanc »« Ce sang qui tout sorti fume encor de courroux / De se voir répandu pour d’autres que pour vous ». Devrons-nous aussi censurer Corneille ?
Certes, et pour reprendre les propres termes de l’acteur, le Cid, comme la Marseillaise« est d’un autre temps », une chose violente, belle et âpre. Le Cid comme la Marseillaise ont, ne lui en déplaise, “fabriqué” la France.
Le Cid est une tragédie, la Marseillaise un chant guerrier devenu notre hymne national. La Marseillaise, comme la Révolution, forme un bloc, elle est à prendre ou à laisser, mais on ne fait pas le tri dans ses paroles. Si à certains moments de notre histoire, ce chant révolutionnaire a pu diviser le pays, aujourd’hui il l’incarne. Est-il besoin de rappeler aux âmes sensibles que le régime de Vichy tenta de lui substituer Maréchal, nous voilà !, moins violent certes mais que de jeunes Français ont été contraints de chanter avec le goût du sang dans la bouche ? Est-il besoin de rappeler aux âmes sensibles que la Marseillaise a été interdite en zone occupée dès 1941 ?
Enfin est-il besoin de rappeler aux âmes sensibles que ces paroles ont été souvent les derniers mots entendus ou prononcés par des condamnés à mort avant que le peloton d’exécution n’ouvre le feu ?
À ce titre la Marseillaise est sacrée, elle a été élevée à ce rang par le sang des soldats, des héros et des martyrs qui sont tombés pour la France et pour la Liberté.
Peut-être que, par respect pour eux, les âmes sensibles pourraient s’abstenir…

Des émirs à l’hôpital !


C’est un Arabe qui a mis le feu aux poudres. Entre le 8 et le 14 mai, un riche émir du Golfe s’est fait hospitaliser à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt. Sud Santé n’a pas apprécié : un émir à l’hosto, ça fait clinique privée. La honte. Du coup, le syndicat trotskiste a balancé l’info aux médias : « L’émir avait privatisé neuf chambres de l’hôpital et réservé sept places de parking. Il avait même fait poser des douchettes dans les toilettes. » Pis, toujours selon Sud Santé, l’indélicat patient se faisait livrer ses repas par un traiteur.
Précisons toutefois que ce curieux patient a intégralement payé son séjour (250 000 euros) et qu’une surtaxe lui a été appliquée…
Je m’interroge. Qu’est venu faire cet émir dans un hôpital public français ? Pourquoi a-t-il réglé son hospitalisation rubis sur l’ongle alors que le président algérien Bouteflika, hospitalisé plusieurs semaines en France, a été dispensé de tout paiement… ?
En général, les populations aisées du golfe Persique se font opérer à Francfort, Munich ou Cologne. En Allemagne, c’est tapis rouge et limousine à l’aéroport. Cliniques et hôpitaux publics bichonnent cette patientèle providentielle. Les meilleurs médecins du monde ont été recrutés et les voisins Dubaï et Abou Dhabi imitent le modèle. Objectif : créer la meilleure offre de soins du monde dans la péninsule arabique. Pour compenser ces investissements pharaoniques, les Émirats ont eu une idée : attirer des milliers de patients étrangers — russes, indiens… Certes, pour l’instant, les riches émirs vont encore se faire soigner en Europe, mais pour combien de temps ?
En France, des établissements privés essaient timidement d’attirer les étrangers, comme l’Hôpital américain de Neuilly ou le célèbre Institut Gustave-Roussy, dans le Val-de- Marne. Cet hôpital privé à but non lucratif dispose d’une cellule internationale qui trie les demandes venant de l’étranger. L’année dernière, le plus grand pôle anticancer d’Europe a accueilli 864 “riches étrangers”, qui lui ont permis de recueillir 13 millions d’euros.
À part ces deux exemples, la France préfère bouder les patients aisés. Pourtant, le déficit de nos 1 029 établissements publics frôle les 500 millions d’euros. Pis, depuis dix ans, nos hôpitaux ont emprunté près de 30 milliards, soit 1,4 % du PIB. Notre pays dispose aujourd’hui d’équipements surdimensionnés dans un contexte chronique de cessation de paiement…
Depuis deux ans, sur fond d’emprunts toxiques, des hôpitaux insolvables attaquent leurs banques, d’autres affichent des déficits prévisionnels abyssaux… Dans ce contexte, Sud Santé devrait admettre que la meilleure façon d’aider notre service public hospitalier serait d’attirer davantage de riches émirs dans nos blocs opératoires !

Nous sommes tous des Lannoyens !


La montée de l’abstention ne vise pas seulement l’Europe. Elle dit la révolte de ceux que la politique a oubliés.
Qu’une Europe se présentant aux yeux du monde sous le visage d’une femme à barbe commence sérieusement à agacer les Français n’est, en somme, qu’un juste retour des choses : à partir du moment où tout ce qui fut rejeté lors du référendum constitutionnel de 2005 est revenu par la fenêtre au centuple sous les espèces du traité de Lisbonne, du traité budgétaire et, en sus, de la transsexualité érigée en norme, pourquoi se déplaceraient- ils pour donner quitusà un système qui se moque bien de ce qu’ils pensent ?
Mais ce rejet, comme nous le démontrons cette semaine, va bien au-delà de celui de l’Europe : il dit la désespérance de citoyens que la politique a oubliés. La politique nationale, bien sûr. Mais aussi la politique locale, celle qu’incarnent ces élus qui “ne réduisent pas leurs frais” quand ils demandent à leurs administrés de “se serrer la ceinture”.
Lisez notre reportage à Lannoy, dans la banlieue de Roubaix, une petite ville de 1 700 habitants qui, au fil des élections, s’abstient deux fois plus que la moyenne nationale. Vous y trouverez le précipité chimique de ce que pensent beaucoup de Français, de droite, de gauche ou du centre, quelque soit leur milieu social. C’est l’histoire d’un fil d’Ariane brisé : celui de la confiance qui, en politique, rime avec espérance. Écouter Lannoy ! Voilà bien le minimum minimorum à attendre des princes qui nous gouvernent.