TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 10 août 2009

UN PEU D'HISTOIRE

1941: Soviétiques et Britanniques occupent une partie de l'Iran. Reza shah, trop favorable à l'Allemagne, est contraint d'abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi.

1951: Mossadegh, premier ministre, nationalise l'industrie pétrolière. L'Anglo-Iranian Oil Company et la Grande Bretagne portent plainte devant la Cour internationale de Justice.

1953: coup d'état appuyé par la CIA. Mossadegh est renversé.

1954: l'exploitation du pétrole est accordée pour 25 ans à un consortium international.

1963: lancement de la «Révolution blanche», programme de modernisation.

1965: répression contre l'opposition de gauche et les religieux à la suite d'un attentat manqué contre le shah. L'ayatollah Khomeyni est arrêté puis exilé en Irak.

1975: signature avec l'Irak d'un accord frontalier sur la région pétrolifère du Chatt-al-Arab.

1979
16 janvier: après des mois de manifestations réprimées avec violence, le chah quitte le pays pour l'Egypte.
1er février: l'ayatollah Khomeini, exilé en France, rentre à Téhéran. Insurrection menée par les partisans de Khomeiny et une partie de l'armée.
1er avril: proclamation de la république islamique.
Août: la nouvelle constitution accorde à Khomeiny le pouvoir suprême.
Novembre: occupation et prise d'otages à l'ambassade américaine qui durera jusqu'en janvier 1981.

1980: début de la guerre avec l'Irak déclenchée par l'invasion des troupes irakiennes.

1981: Ali Khamenei est élu président de la république.

1988: cessez-le-feu entre l'Irak et l'Iran. La guerre a fait un million de morts.

Juin 1989: décès de l'Ayatollah Khomeyni. Ali Khamenei lui succède en temps que «Guide de la révolution».

Juillet 1989: Ali Akbar Hachemi Rafsandjani est élu président de la république.

Mai 1997: le réformateur Mohammad Khatami est élu président de la république. Il sera réélu en 2001.

Juillet 1999 : manifestation étudiantes après la fermeture d'un journal réformateur; 1000 personnes sont arretées.

Février 2000: lors des élections législatives, les réformateurs favorables à Khatami obtiennent la majorité absolue avec 170 des 290 sièges du Parlement.

Février 2003: raz de marée conservateur à l'occasion des élections municipales. Mahmoud Ahmadinejad remporte la mairie de Téhéran lors d'un scrutin marqué par un taux d'abstention de plus de 85%.

Octobre 2003: accord entre l'UE3 et l'Iran. Téhéran accepte d'appliquer le protocole additionnel au traité de non-prolifération (TNP), qui permet des inspections inopinées de l'Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA).
Shirin Ebadi, juriste et militante des droits humains obtient le prix nobel de la paix.

Février et mai 2004: victoire écrasante, lors des élection législatives, des conservateurs, qui obtiennent 195 sièges sur 290; le taux de participation est très faible: 50,6%.

Juin 2005: élection présidentielle; Mahmoud Ahmadinejad l'emporte sur l'ancien président, Hachemi Rafsandjani avec 61,7% des voix. Le taux de participation est de 59,7%.

Automne 2005: le président Ahmadinejad multiplie les provocations à l'encontre d'Israël, qui doit être« rayé de la carte », et émet des doutes sur la réalité du génocide.

Décembre 2005: un accident d'avion fait une centaine de morts à Téhéran.

2006

11 avril : le président Ahmadinejad annonce que «l'Iran a rejoint les pays nucléaires» avec l'enrichissement d'uranium.
8 mai : Mahmoud Ahmadinejad écrit à George W. Bush pour proposer de «nouveaux moyens» de régler les tensions dans le monde, geste sans précédent depuis la révolution en 1979.
12 mai : le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan appelle les Etats-Unis à dialoguer directement avec Téhéran pour résoudre la crise.
31 mai : Washington, dans un changement majeur de politique vis-à-vis de l'Iran, propose de participer directement aux négociations sur le programme nucléaire iranien aux côtés des Européens, à condition que Téhéran suspende son enrichissement de l'uranium.
11-12 décembre : l'Iran organise une conférence internationale sur l'holocauste, rassemblant soixante-sept « historiens et chercheurs » de trente pays, dont nombre de révisionnistes.
15 décembre : le parti du Président Ahmadinejad subit une défaite aux élections municipales.

2007

23 mars : quinze marins britanniques patrouillant à proximité des eaux territoriales iraniennes sont capturés par l'Iran dans le Golfe persique.
24 mars: le Conseil de sécurité de l'ONU parvient à un accord qui alourdit les sanctions infligées à l'Iran dans sa précédente résolution.
Juin : la décision prise par les autorités de rationner l'essence provoque une vague de protestation sociale.
25 octobre : les Etats-Unis adoptent de nouvelles sanctions contre l'Iran. Elles visent les Gardiens de la révolution, l'unité d'élite Al Qods, et les trois principales banques du pays.
3 décembre : publication d'un rapport des seize agences de renseignement américaines qui considère avec « un haut degré de confiance » que « l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003 ».

2008

Mars-avril : les conservateurs arrivent largement en tête des élections législatives.
2 juin : Ali Larijani, ancien négociateur en chef de Téhéran pour les questions nucléaires est élu à la présidence du nouveau parlement.
19 juillet : pour la première fois depuis 1979, un haut diplomate américain participe aux pourparlers menés par les Européens avec Téhéran sur le nucléaire.
Octobre : grève des commerçants du bazar, qui refusent l'imposition d'une TVA de 3 %.
4 novembre : le Parlement destitue le ministre de l'Intérieur qui s'était prévalu d'un faux diplôme de l'université anglaise d'Oxford.
21 décembre : la police ferme le Centre des défenseurs des droits de l'homme, une ONG créée par le Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi qui défend les prisonniers politiques.

2009

20 mars : Barack Obama adresse un message au peuple iranien et à ses dirigeants dans lequel il propose de construire un "dialogue honnête".
Avril-mai : une journaliste américano-iranienne arrêtée en janvier, Roxana Saberi, est condamnée à huit ans de prison pour espionnage. Elle est libérée un mois plus tard, après son procès en appel au cours duquel sa peine est réduite à deux ans avec sursis.
20 mai : le Conseil des gardiens de la constitution approuve les seules candidatures du président Mahmoud Ahmadinejad, de Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaie pour l'élection présidentielle du 12 juin. Quelques jours avant le scrutin, la campagne de Mir Hossein Moussavi suscite un large engouement.
12 juin : élection présidentielle. Dès le lendemain, le ministère de l'Intérieur annonce la victoire de Mahmoud Amadinejad avec 63% des votes, contre 34% à Mir Hossein Moussavi. La participation a atteint 85%.
12-30 juin : dénoncant des fraudes, les partisans de Mir Hossein Moussavi descendent dans les rues de Téhéran le soir même et les jours suivants dans la plupart des grandes villes. Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, confirme la victoire d'Ahmadinejad et exige l'arrêt des manifestations. Moussavi demande un nouveau scrutin. Interdites par le régime, ces manifestations sont durement réprimées par la police et les milices du régime. Au moins 20 personnes sont tuées et plus de 2000 personnes sont arrêtées selon la Ligue iranienne des Droits de l'Homme. Le régime accuse l'ambassage de Grande-Bretagne d'avoir joué un rôle dans les manifestations.
1er juillet : arrestation d'une universitaire française, Clotilde Reiss, accusée d'espionnage.
9 juillet : 3 000 personnes bravent l'interdiction de manifester pour marquer l'anniversaire des émeutes estudiantines de 1999 et contester la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin.
1er août : ouverture du procès d'une centaine d'opposants et manifestants, parmi lesquels d'importantes figures du courant réformiste.
5 août : investiture de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.
8 août : comparution de Clotilde Reiss et d'une employée franco-iranienne de l'Ambassade de France dans le cadre du proçès des manifestations de juin.

L'ambassade de France ouverte aux manifestants iraniens "poursuivis"

Jugée aux côtés de Clotilde Reiss, une employée franco-iranienne de l'ambassade de France à Téhéran a affirmé que les portes de l'établissement étaient ouvertes aux manifestants anti-Ahmadinejad "poursuivis". Bernard Kouchner confirme: "C'est notre tradition diplomatique".

L'ambassade de France à Téhéran avait pour consigne d'accueillir des manifestants iraniens "poursuivis" si ceux-ci lui demandaient refuge, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans un entretien publié lundi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Le chef de la diplomatie française fait référence aux aveux attribués à une employée franco-iranienne de l'ambassade, Nazak Afshar, lors de son procès aux côtés de l'universitaire française Clotilde Reiss et d'autres manifestants contre le régime, devant un tribunal de Téhéran samedi.

"Celle-ci a dit samedi, ce qui est juste, que si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré Kouchner au Parisien, ajoutant: "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique".

Revenant sur le cas de Clotilde Reiss, emprisonnée en Iran depuis le 1er juillet pour sa participation à la contestation dans ce pays, Kouchner a répété que les accusations retenues contre elle "sont dénuées de tout fondement".

Samedi, la Française de 24 ans, enseignante à l'Université d'Ispahan, avait reconnu selon l'agence officielle iranienne Irna avoir participé à des manifestations et avoir rédigé un rapport pour un institut dépendant de l'ambassade de France. "Ces 'aveux' ont été probablement sollicités!", a dénoncé Kouchner. "On ne peut l'accuser de rien du tout".

LE RETOUR DES BEAUFS, DÉJA........

Encore une saison à se faire chier, à la radio à la télé, on va en avoir jusque là de ses connards décérébrés à deux pattes.

Adieu la culture !!


jeudi 6 août 2009

IL REVIENT

mercredi 5 août 2009

Ségolène Royal accuse le gouvernement d'"irresponsabilité"

La présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas mâché ses mots pour critiquer le financement de la ligne LGV Sud Europe Atlantique.

La présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal (PS), a dénoncé le "chantage immoral" et "l'irresponsabilité" du gouvernement à propos d'un contentieux sur le financement de la ligne LGV Sud Europe Atlantique dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon.

"Nous avons décidé (...) de céder à votre chantage immoral, malgré l'irresponsabilité de votre démarche", écrit dans ce courrier, Ségolène Royal à propos de la demande gouvernementale de participation des collectivités territoriales dans le financement de la ligne LGV-SEA qui traverse la région Poitou-Charentes. La présidente de région s'est donc résignée à signer le protocole d'accord par lequel la région s'accorde à financer 110 millions d'euros du budget total.

"L'Etat qui gère mal a les caisses vides et rançonne la région qui gère bien et n'a pas les caisses vides", écrit la responsable socialiste à l'adresse du Premier ministre.

"Une attitude politicienne qui méprise la démocratie locale"

La présidente de région dénonce la "menace" du gouvernement de "conditionner les raccordements assurant la desserte des villes de Poitou-Charentes à l'apport (financier) des collectivités territoriales". "Je déplore cette attitude politicienne qui méprise la démocratie locale", poursuit-elle, estimant que ce "chantage" "traduit un manque de respect et de connaissance des contraintes locales".

La future LGV-SEA sera constituée d'un tronçon central (Tours-Bordeaux, qui doit mettre Bordeaux à deux heures de Paris en 2016) assorti des branches Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Espagne (en 2018-2020) et Poitiers-Limoges (en 2016).

Ce projet constitue le plus important partenariat public-privé réalisé en Europe dans le domaine ferroviaire et porte sur 7,2 milliards d'euros.

Le maire (UMP) de Bordeaux, Alain Juppé, avait récemment invité "la région Poitou-Charentes" à "prendre ses responsabilités" afin de régler "le problème du co-financement" par cette région.

ELLE COMMENCE VRAIMENT A ME GONFLER CETTE SALOPE, AVEC UN CERVEAU AUSSI VIDE, COMMENT FAIT-ELLE POUR ENCORE ÊTRE CRÉDIBLE ?

De mystérieux posters d'Obama version Joker placardés à Los Angeles

Détournement. Vaguement inspiré par les fameux portraits «Hope» rouge et bleu, un poster d'Obama retouché en Joker version Heath Ledger fait sensation depuis ce week-end. Tout est là, du maquillage blanc au sourire taillé aux lames de rasoir. 4 par 4, sous-titrées du mot «socialism», les affiches sont apparues à Los Angeles ce week-end.

Selon le «L.A Times», on les trouve notamment à la sortie d'une autoroute à Hollywood. Elles auraient également été aperçues du côté d'Atlanta. Sur Twitter, Facebook ou Flickr, l'image s'échange à toute vitesse.


Liberté d'expression

Pour l'instant, le mystère plane. Il semble que l'image ait fait surface en avril, dans un relatif anonymat. La plus vieille trace remonterait à janvier, sur le compte flickr d'un ingénieur de Chicago. Personne ne sait qui est responsable de la campagne actuelle: un simple individu ou un groupe de républicains conservateurs décidés à s'en prendre aux dépenses du président américain.

Dans la blogosphère de droite, on s'en donne à cœur joie. Drudge Report en a fait sa une en début d'après-midi. «Les moqueries commencent avec le désenchantement», raille AmericanThinker. Ici et là, des commentaires «Why so socialist» (détournant le «Why so serious» d'Heath Ledger) s'en prennent au plan de réforme de l'assurance maladie souhaité par le président.

Mais tout le monde ne rit pas. Un responsable de la politique urbaine de Los Angeles estime sur KTLA que ces posters sont «malfaisants et dangereux».
Philippe Berry

La Corée du Nord gracie les deux journalistes américaines

Le régime nord-coréen va gracier et libérer les deux journalistes américaines arrêtées en mars pour avoir pénétré illégalement sur son territoire, ont annoncé, mardi 4 août, les médias officiels du pays. Laura Ling et Euna Lee auraient bénéficié d'une "grâce spéciale" du leader nord-coréen, Kim Jong-il.
Celui-ci venait de rencontrer l'ancien président américain Bill Clinton, venu en Corée du Nord pour "tenter d'obtenir la libération des deux Américaines", selon la Maison Blanche. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, la grâce aurait été accordée après des excuses formulées par M. Clinton pour le comportement des deux journalistes. Il s'agirait, selon KCNA, "d'une manifestation de la politique humanitaire et éprise de paix de la République populaire démocratique de Corée".

L'agence nord-coréenne rapporte que l'ancien président américain "a courtoisement transmis à Kim Jong-il une requête du gouvernement américain demandant de les gracier et de les renvoyer chez elles pour des raisons humanitaires". M. Clinton a ensuite transmis "un message verbal du président américain Barack Obama exprimant sa profonde gratitude". La Maison Blanche a démenti l'existence de ce "message verbal".

Laura Ling et Euna Lee avaient été arrêtées le 17 mars alors qu'elles venaient d'entrer – illégalement – en territoire nord-coréen venant de Chine. Elles ont été condamnées à douze ans de travaux forcés pour avoir franchi la frontière sans autorisation, pour "dénigrement" du régime et pour un "crime grave" dont les juges n'ont pas précisé la teneur. La Maison Blanche n'a pas réagi dans l'immédiat. Elle avait fait savoir qu'elle ne ferait "pas de commentaire" sur cette visite pour ne pas "risquer de compromettre" la mission visant à obtenir la libération des deux femmes. La date exacte de la libération des deux journalistes n'a pas été annoncée, mais elles devraient vraisemblablement quitter la Corée du Nord en compagnie de M. Clinton, qui achève sa visite mercredi.

lundi 3 août 2009

Les fonctionnaires vont devoir payer plus cher leur logement de fonction

Le gouvernement voudrait que les fonctionnaires qui bénéficient d'un logement de fonction paient un loyer plus proche du niveau du marché, selon Les Echos. Eric Woerth, le ministre du Budget, s'apprêterait ainsi à introduire un amendement en ce sens dans le projet de loi de finances 2010.

"Les fonctionnaires qui occupent des logements de fonction vont devoir payer une redevance plus lourde à l'Etat, et la liste des agents pouvant prétendre à ce privilège va être réduite", affirment Les Echos du lundi 3 août.

L'objectif serait que le nombre de fonctionnaires qui bénéficient d'un logement pour "nécessité absolue de service", comme les concierges ou les préfets, soient moins nombreux. Actuellement, ceux-ci ne paient quasiment pas de loyer et leurs charges (électricité, eau...) sont souvent assumées par l'Etat. Selon l'entourage du ministre, cité par Les Echos, "la liste des fonctions à nécessité absolue a été étendue de manière abusive dans certains ministères".

Par ailleurs, le gouvernement voudrait faire payer plus cher les fonctionnaires qui bénéficient d'un logement pour des raisons "d'utilité de service". Ceux-ci payent un loyer, mais bien souvent largement en dessous des prix du marché. Selon un rapport de l'inspection générale des finances cité par Les Echos, le montant des redevances perçues par l'Etat était ainsi de moins de 30 millions d'euros en 2003, pour une valeur locative totale estimée à 1,4 milliards d'euros.

Le gouvernement prévoit donc de réactualiser les barèmes, par un amendement à la loi de Finances 2010 qui prévoira que "les redevances doivent se rapprocher des prix du marché", explique le quotidien économique. La mesure devrait être appliquée dès l'an prochain pour les nouveaux bénéficiaires et ceux qui changent de logement.

Bercy se refuse, en revanche, à chiffrer le montant des économies espérées. De fait, l'Etat serait dans l'incapacité de chiffrer exactement le nombre de logements de fonction mis à disposition des fonctionnaires, les chiffres allant de 94.000 à 137.000 selon les sources.

Encore heureux, avec tous les avantages que procure un poste de fonctionnaire, il est temps que ces gens là reviennent un peu à la réalité des choses, un fonctionnaire est un citoyen comme un autre, son statut ne doit en aucun cas le favoriser.

dimanche 2 août 2009

Des manifestants jugés à Téhéran demandent pardon au pouvoir

L'ouverture du procès(MASCARADE) d'une centaine de personnes accusées d'avoir participé à des manifestations après la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad a été marqué par un étrange coup de théâtre, samedi 1er août. Plusieurs "modérés" figurant sur le banc des accusés, qui encourent une peine de cinq ans de prison et dans les cas les plus graves la peine capitale, ont affirmé qu'ils regrettaient d'avoir pris part aux manifestations. Les médias étrangers n'étant pas autorisés à suivre les débats, leurs propos ont été rapportés par les agences de presse iraniennes.
Alors que le procès venait de s'ouvrir, un éminent membre du camp réformateur a déclaré que la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad avait été régulière. "J'affirme que la question des fraudes en Iran était un mensonge qui est sorti pour provoquer des émeutes, pour que l'Iran devienne comme l'Afghanistan et l'Irak et endure des dommages et de la souffrance", a déclaré Mohammad Ali Abtahi, ancien vice-président sous le mandat du président réformateur Mohammad Khatami (1998-2005), selon des propos rapportés par l'agence Fars. Il a ensuite affirmé avoir commis une "erreur" en participant aux rassemblements, reprochant au candidat modéré Mehdi Karoubi, dont il était le conseiller lors de la campagne électorale, de l'y avoir poussé.

Il a également accusé l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997) d'avoir passé un pacte avec Mohammad Khatami et le candidat malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi. Selon lui, M. Rafsandjani voulait se venger de sa défaite à l'élection présidentielle de 2005 remportée par M. Ahmadinejad, ce que l'ancien président a aussitôt démenti.

"PARDON"

Mohammad Ali Abtahi figure parmi la centaine de personnes accusées de troubles à l'ordre public lors de manifestations qui ont suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. Parmi les prévenus figurent d'importantes personnalités du camp réformateur, dont des proches de l'ancien président Mohammed Khatami et des militants favorables aux chefs de file de l'opposition Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. Le box des accusés compte notamment dans ses rangs un ancien porte-parole adjoint au Parlement et un ancien vice-président chargé des affaires parlementaires sous la présidence de Mohammed Khatami.

Peu après ce revirement inattendu, ce fut au tour du journaliste irano-canadien Maziar Bahari, travaillant pour Newsweek, de demander pardon au guide suprême lors d'une déclaration à la presse à la sortie de l'audience, a rapporté l'agence Irna. "Inconsciemment, j'ai participé à la révolution de velours" que l'Occident voulait organiser en Iran avec l'aide de ses médias, a-t-il déclaré. Le sociologue irano-américain Kian Tajbaksh, également sur le banc des accusés, a quant à lui affirmé qu'un projet de longue date des Etats-Unis visait à changer le régime iranien.

PEINE DE MORT

L'agence officielle Irna, citant des sources judiciaires, a précisé que parmi les personnes jugées figurent des manifestants pris en photo alors qu'ils étaient entrain de "commettre les crimes". Ils sont accusés d'avoir "participé aux émeutes" et "agi contre la sécurité nationale, perturbé l'ordre public et commis des actes de vandalisme". Les accusés encourent une peine de cinq ans de prison, selon l'agence Fars, qui précise que s'ils étaient reconnus coupables d'être "mohareb" (ennemi de Dieu), ils risquaient la peine de mort.

Jusqu'à 2 000 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations de protestation contre la réélection le 12 juin du président Ahmadinejad, la plus grave contestation populaire dans le pays depuis la révolution islamique de 1979. Une trentaine de personnes ont été tuées lors des violences ayant suivi l'élection. La majorité des personnes arrêtées ont depuis été libérées et quelque 250 personnes sont toujours derrière les barreaux. L'opposition est menée par le candidat malheureux à la présidentielle, Mir Hossein Moussavi, qui affirme que M. Ahmadinejad devait sa réélection à des fraudes massives.

Pakistan : six chrétiens tués pour avoir "profané" le Coran

Un groupe de musulmans en colère a tué, samedi 1er août, six chrétiens et blessé une dizaine d'autres qu'ils accusaient d'avoir profané le Coran. Les agresseurs ont également incendié quarante maisons et une église, dans un village de l'ouest du Pakistan, a-t-on appris de source officielle.
"Six chrétiens, dont un enfant, ont été tués et plus d'une dizaine ont été blessés dans ce triste incident", a déclaré le ministre des minorités Shahbaz Bhatti. "Des individus ont accusé les chrétiens d'avoir profané le Coran", a-t-il ajouté, précisant que ces accusations étaient "sans fondement". Il n'a pas donné de précisions sur ladite profanation. "Les morts sont tous des chrétiens. On m'a dit qu'ils avaient été brûlés vifs", a poursuivi le ministre.

Un affrontement entre chrétiens et musulmans avait éclaté fin juillet dans le village à propos du Coran, et avait été par la suite résolu, selon la police. Les tensions ont refait surface samedi, avec l'attaque contre la communauté chrétienne et l'incendie des bâtiments. "Selon nos informations (...) il s'agit du même différend", a déclaré le chef de la police locale, Inkisar Khan. La télévision pakistanaise a montré la police utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser la foule en colère.

Profaner le Coran est passible de la peine de mort au Pakistan, où l'Islam est la religion dominante. Les chrétiens, qui représentent moins de 3 % de la population, affirment que les lois anti-blasphème sont utilisées pour exercer des représailles sur leur communauté.
LE CORAN PRÊCHE LA HAINE, PAS LA PAIX.

Michael Jackson Tribute - Stockholm. July 8, 2009



SPONTANÉ OU PAS C'EST MAGNIFIQUE.

samedi 1 août 2009

Un antisémite à l'Unesco?

Le ministre égyptien de la culture Farouk Hosni était le favori pour devenir le prochain directeur général de l'Unesco. Mais la polémique sur des propos tenus en 2008 le rattrape et embarrasse les capitales occidentales.

C'est l'histoire d'une élection jouée d'avance qui s'est transformée en dossier politique brûlant. Avec pour acteur principal Farouk Hosni. Ministre de la culture en Egypte depuis 21 ans, il est candidat pour succéder au Japonais Koïchiro Matsuura à la tête de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Sur les rangs depuis 2007, il partait favori au nom de la "normalisation culturelle" avec le monde arabe. Plusieurs pays occidentaux, dont l'Espagne, lui ont accordé leur soutien.

Mais une polémique fait désormais vaciller Farouk Hosni. On lui reproche d'avoir prononcé en 2008 des propos virulents à l'encontre d'Israël. Répondant à un parlementaire qui s'inquiétait de la présence de livres israéliens dans les bibliothèques égyptiennes, le ministre de la culture avait déclaré: "Brûlons-les. S'il s'en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous". Dans une tribune publiée le 21 mai dans Le Monde, l'écrivain Bernard-Henry Levy, le cinéaste Claude Lanzmann et le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel dénoncent les paroles d'un "homme dangereux, un incendiaire des coeurs et des esprits".

"Je regrette les mots que j'ai prononcés", répond Farouk Hosni, affirmant être "un homme de paix". Mais la pilule a du mal à passer auprès des organisations de lutte contre l'antisémitisme. "Ces excuses viennent beaucoup trop tard, regrette Shimon Samuels, directeur pour les relations internationales du Centre Simon Wiesenthal. D'autant plus que cet acte n'est pas isolé. Ca dure depuis 21 ans". Le Comité juif-américain lui reproche par exemple d'avoir tout fait pour empêcher l'ouverture d'un musée du judaïsme au Caire.

La controverse embarrasse les capitales occidentales, qui s'apprêtaient à voter en bloc pour Farouk Hosni. Difficile de se prononcer: un soutien direct au ministre de la Culture équivaut désormais à un camouflet vis-à-vis d'Israël. Mais il faut aussi composer avec les appels du pied de plus en plus insistants d'Hosni Moubarak. Le président égyptien semble faire de cette élection une affaire personnelle. Après avoir fait plier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui ne s'oppose plus depuis lundi à la candidature de Farouk Hosni, Moubarak entend convaincre Barack Obama lors de sa visite au Caire, jeudi 4 juin. Mais le président américain, dont le discours sur le Proche-Orient est très attendu, aussi bien dans les pays arabes qu'en Israël, ne se laissera probablement pas piéger sur ce terrain miné.

Côté français, on temporise. "Il est prématuré de se positionner", assure Catherine Colonna, déléguée permanente de la France auprès de l'Unesco. Lundi, le ministère des affaires étrangères se limitait à rappeler que les candidats au poste de directeur général de l'organisation devaient en partager les principes, parmi lesquels figurent "la tolérance et le respect de la diversité des cultures".

Le dépôt des listes sera clos samedi 30 mai et le vote à la majorité des membres aura lieu avant octobre. A l'Unesco, l'été s'annonce chaud.

Zahi Hawass ou le business pharaonique

Gardien d'une civilisation perdue et star médiatique, le tout-puissant patron du Conseil suprême des antiquités a la haute main sur les fouilles archéologiques. Il s'est juré de rendre l'égyptologie aux Egyptiens. Ses détracteurs l'accusent de manquer de rigueur scientifique. Portrait d'un homme redouté.

Le sujet, qui touche aux merveilles du monde, s'annonce sous les meilleurs auspices. Un portrait de Zahi Hawass? "Ce type est un fou furieux, mais je vous interdis de l'écrire."; "Navré, je tiens à garder mon chantier."; "No, too sensitive [trop sensible]." Rendez-vous déclinés. Sourires confus. A l'évidence, comme aux temps antiques, le pharaon d'Egypte se commente peu en public, nettement plus en privé. Zahi Hawass, 62 ans: le taulier des pyramides, de la Vallée des Rois, du Sphinx de Gizeh, d'Abou-Simbel, des trésors ensevelis d'Egypte. Et un ego à la mesure de l'ensemble.

Taillé pour la castagne, éternellement coiffé d'un Stetson à la Indiana Jones, cet enfant de fermiers né à Damiette, dans le delta du Nil, a le droit de vie et de mort sur les chantiers de fouille, une aura de movie star internationale, des talents de conteur, scribe d'une odyssée qu'il voudrait faire sienne. En 2006, le magazine Time l'a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde - le président Hosni Moubarak n'y figurait pas.

Avec Hawass à la tête du Conseil suprême des antiquités (CSA), jamais l'égyptologie ne s'est autant mise à la portée des non-initiés, en mondovision. En 2002, il avait tenu la planète en haleine, dans un show sur la chaîne américaine National Geographic, en introduisant un robot dans un couloir de la Grande Pyramide, à la recherche de la chambre funéraire de Kheops. Le mystère de la Pyramide, en direct. Il n'avait rien trouvé, qu'importe. On l'accuse parfois de trahir l'éternité et la science. Lui mène un combat politique, rêve sa vie et ambitionne de réveiller les morts.
Il y a quelques semaines, en juin, quand Barack Obama est venu faire un tour aux pyramides, après son discours du Caire, l'interprète a demandé, pour rire, à un employé qui passait s'il savait qui était l'illustre visiteur. L'évidence a fusé: "C'est Doctor Zahi ! - Non, l'autre ! - Ben l'ami de Doctor Zahi!" Comme souvent, donc, la vérité est venue du souk. Il y a dix ans, personne ou presque, en Egypte, ne connaissait Doctor Zahi. Et encore moins l'histoire des anciens Egyptiens, associée au paganisme polythéiste, mal vu en pays musulman.

Aujourd'hui, si la chronologie des Thoutmosis et la métaphysique du Livre des morts échappent encore aux Egyptiens, tout le monde, dans le bazar, apostrophe le "Monsieur au chapeau". "Me and my famous hat", comme dit Hawass. Ce Stetson, acheté dans une boutique américaine il y a des années, c'est le genre d'accessoire qui érige un personnage. On se demande si c'est le chapeau qui a fait l'homme ou l'inverse. Aujourd'hui vendu dans toutes les expositions pharaoniques du monde, il foisonne à chaque page de sa biographie, en chantier perpétuel, et de son site Internet -qui affiche une case "Devenez fan": "Vous avez déjà vu un seul savant au monde avec un fan-club?" s'étrangle un égyptologue renommé. Hawass s'en fout: "45 dollars mon chapeau avec ma signature et ma photo", dit-il. Le bénéfice est reversé au musée des enfants de la Fondation Suzanne Moubarak - son soutien.

Il découvre et redécouvre énormément

Ce matin de juin, il a donné rendez-vous au pied du Sphinx. Pour la photo. A l'heure dite, sous un ciel de calcaire, il attend, bougon, en jeans, entre les pattes monumentales. Un flot de rides lui monte au front. Une énième demande de percement de la Grande Pyramide rejetée? Il en a 500 sur le bureau.

L'homme administre 40 millénaires et 30 000 employés au CSA. Il travaille sur le lancement de 19 musées, d'Assouan à Charm el-Cheikh, dont le futur grand musée du Caire. Il prépare une exposition sur les 5 000 pièces volées récupérées à l'étranger, livre bataille au musée de Berlin pour "son" buste de Néfertiti, flattant la fibre nationaliste: "Je peux prouver qu'il est sorti illégalement d'Egypte!" tonne-t-il, regard noir d'encre, tout en réservant une salve au directeur du musée de Saint Louis, aux Etats-Unis, "indigne" au motif qu'il lui refuse le masque de Ka-Nefer-Nefer. Et il réclame toujours à Londres et au Louvre ses frises du Parthénon à lui: la pierre de Rosette et le zodiaque de Dendérah.

C'est que depuis son arrivée, en 2002, à la tête du CSA, l'homme qui a fait de l'ombre à Obama et rebaptise Kheops en "Kufu", à l'égyptienne, a dynamité l'ancien régime. Les écoles étrangères qui auparavant débarquaient en terrain conquis, servies par leur prestige, et fouillaient le sable à leur guise, doivent désormais demander des autorisations. Et pratiquer le baisemain.

Il est loin, le temps où le Boulonnais Auguste-Edouard Mariette créait, en 1858, l'ancêtre du CSA, dirigé par un Français jusqu'en 1952, et où l'Anglais Howard Carter crevait la nuit de Toutankhamon, en 1922. "Quand je préparais ma thèse et que je voulais prendre des photos au musée, je devais faire des cadeaux à tout le monde, alors qu'on donnait tout aux étrangers!" se souvient l'ex-doyenne de la fac d'archéologie, Ola El-Aguizy.

Hawass s'est juré de délivrer les Egyptiens de leur béatitude de figurants colonisés, de les rendre fiers d'une histoire que la religion maudit et l'école enseigne si peu. Et ça ne plaît pas à tout le monde. "Nous assistons simplement à la réappropriation de son patrimoine par l'Egypte, observe Guillemette Andreu, la conservatrice du département des antiquités égyptiennes au musée du Louvre. Mariette et Maspero ont légiféré sur le territoire égyptien. Et c'est sûr que, dans les années 1970, on avait les clefs des tombes... Mais Hawass a remis de l'ordre sur les chantiers, il exige des publications systématiques, et en arabe, là où nous avons pris du retard ; nous devons lui proposer des coopérations..."

Et désormais, donc, le CSA _ ou le ministère de la Culture _ sont les seuls habilités à annoncer les trouvailles. "Dès que le moindre coléoptère momifié est retrouvé, Hawass prend la parole devant des charters de journalistes. Et si je faisais une annonce moi, je courrais le risque de perdre mon chantier", soupire un égyptologue. Qui avoue avoir cacheté certains projets de fouille chez le notaire, plutôt que de les voir récupérés - y compris par des collègues ou par les dollars des Américains.

Du coup, Hawass découvre énormément. Il redécouvre, aussi. Notamment après les attentats. Quand le tourisme, première rente du pays, pique du nez, la politique sort son joker de l'Egypte éternelle.

Exemple, en 1997 - Hawass n'est pas encore au sommet. A Louxor, un attentat cause 62 morts. En quelques jours, le pays se vide. Au Caire, l'égyptologue Alain Zivie, qui a découvert, un an avant, la très belle tombe de Maïa, la nourrice de Toutankhamon, reçoit un appel: "On va faire l'annonce..." Conférence de presse sous tutelle diplomatique. Echo mondial. Branle-bas de combat dans la tombe, où la sécurité débarque, en pleine nuit, flingue au poing, en prévision d'une visite de Moubarak... C'est dire les enjeux. Sur la personne d'Hawass, se dessine, ou se consume, l'avenir d'une civilisation perdue et des chiffres du tourisme _ fixés à 15 millions en 2012. Toute la question est de savoir si ça va ensemble.

On l'écoute rouler les "r" en des trémolos caverneux

Ce matin, donc, le pharaon s'avance sous le soleil. Se déride, charmeur, dans sa Jeep, direction son bureau du Caire, orné des photos dédicacées de Céline Dion et de la reine d'Espagne. Et là, il s'abandonne à son auditoire. Comme dans ses conférences, de Dallas à Rome en passant par San Francisco, où l'on voit affluer 10000 personnes, pour 5000 places assises. On l'écoute, saisi de frisson et de mystère, rouler les r en des trémolos caverneux sur "Secrrrrets of the pharrraohs". On le suit un pied dans la tombe. "A Atlanta, en début d'année, des gamines m'ont demandé, à la fin, de les serrer dans mes bras. J'en ai pleuré", confie-t-il. La salle était debout. 10 000 à 15 000 dollars la prestation. "Je crois que je suis le conférencier le plus cher du monde [sic]", commente-t-il.

Il peut étaler ses cartes de crédit au bar du Mena House, un hôtel mythique du Caire, devant un parterre de copains, et partager la purée de fèves populaire dans un tripot miteux d'Assouan. Il peut menacer un collègue de destruction et se radoucir dans la minute. Mais il hait la critique: "Au CSA, on voit des gens défiler dans son bureau comme des agneaux en partance pour l'Aïd, observe un proche. Il est craint, il peut hurler. Il n'a peur de rien et il aime la bagarre."

C'est chez les Américains, du temps de sa thèse à Philadelphie, dans les années 1960, qu'il a appris à conquérir le monde et rafler l'or de la notoriété. C'est là qu'il envoie les jeunes, autour de lui, se former. "Il est pragmatique, comme eux, et ils le caressent dans le sens du poil, quand les mandarins de la vieille Europe vont lui parler de son manque de rigueur..., soupire un ami. Vous, les Français, vous n'avez pas la manière. Et il faut toujours ménager un tel, un tel... C'est aussi un fossé culturel."

D'où sa réputation d'"homme des Américains", qui livre ses "scoops", au prix fort et en échange d'un Scan ou d'un laboratoire ADN, aux chaînes National Geographic et Discovery Channel. "Les Américains en ont fait une telle star qu'en Europe on n'a toujours pas les moyens de suivre, soupire un conservateur de musée. Hawass prête très cher les objets, au point qu'on renonce à les lui demander, il réclame des notes de frais effrayantes..." A l'issue du Congrès d'égyptologie de Grenoble, en 2004, la grand-messe annuelle, il aurait ainsi laissé une ardoise de 95 000 euros à l'association organisatrice, citée dans le Dauphiné Libéré, et correspondant à l'accueil de 54 congressistes égyptiens.
t puis il sait se bâtir des relations, comme en témoigne la journaliste Hala Fares, à Al-Ahram Hebdo: "A chaque expo internationale, il choisit quelques journalistes égyptiens pour aller la couvrir et fait signer aux organisateurs un contrat certifiant qu'ils seront payés: il se construit un réseau." 250 euros la journée, pendant cinq jours, pour aller voir, en France, une expo au Grand Palais, c'est l'assurance de jolis titres...

Justement: Hawass vient d'annoncer la découverte de la 123e pyramide d'Egypte; il fera bientôt, grâce aux tests ADN, "des annonces majeures" sur Toutankhamon, dont on ignore s'il est le fils de l'hérétique Akhenaton ou d'Aménophis III. "J'attends qu'un deuxième laboratoire ADN confirme les résultats d'un premier", dit-il. Il creuse la Vallée des Rois en espérant y trouver une 64e tombe inviolée - une découverte qui serait, enfin, l'oeuvre des Egyptiens, et non des étrangers.

Car elle tiraille toujours, la blessure originelle... Ola El-Aguizy s'en félicite: "Hawass a beaucoup fait pour rehausser le prestige du métier d'archéologue, ici." Lequel, il faut bien le dire, n'a jamais attiré les meilleurs, qui préfèrent toujours, après le bac, les filières du commerce ou de la médecine. "Il a aussi instauré un salaire fixe (1 500 livres par mois) pour les inspecteurs égyptiens des sites, avant rémunérés de façon informelle, désormais payés dans la transparence par nous, les missions étrangères, explique Laure Pantalacci, la directrice de l'Institut français d'archéologie orientale (Ifao). Zahi vise une vraie professionnalisation des membres du CSA. Nous y aidons en les prenant en formation sur plusieurs de nos chantiers."

Reste la grande cohorte des inspecteurs contractuels, qui manifestaient le 15 juin au Caire: "En dix ans, mon salaire est passé de 7 à 8 livres par jour", tempête Amal Sadeq. Ce qui lui fait 160 livres, soit 20 euros par mois. "Les titulaires, eux, ont droit à un bonus de 200% (les 1500 livres) en plus de leur salaire de 700 livres par mois, payés par le CSA", renchérit un collègue. "ça crée forcément de la jalousie..." Hawass réplique: "C'est le gouvernement qui décide des salaires et peut titulariser, pas moi!"

Il brandit son Emmy Award, l'oscar de la télé américaine

Alors si seulement il pouvait trouver Ramsès VIII ou la perle... "Nous pensons que l'une des deux momies retrouvées dans la KV61 pourrait être celle de Nefertiti", lâche-t-il. Diable ! Le gamin du Nil se revoit, jeune archéologue, gonflé de rêves, grimper la rocaille brûlante de la Vallée des Rois. Et écouter le vieux cheikh Ali, descendant de la famille Abdel Rassoul qui avait découvert la cachette des momies royales en 1871, lui raconter le tunnel caché dans la fabuleuse tombe de Séti Ier. Ce goulet de 155 mètres que Hawass creuse depuis un an... "Je pense qu'il y a, au bout, une chambre secrète", dit-il, les yeux brillants de promesse.

Rappel, à l'ancienne, du Pr Gaballa Ali Gaballa, le prédécesseur de Hawass au Conseil suprême: "En archéologie, on ne parle pas de ce qu'on va découvrir mais de ce qu'on a découvert." Mais chez Hawass le coeur exulte et les "secrets" sont l'opium du peuple. Son robot aussi devait explorer, en 2002, les "portes secrètes" de la Grande pyramide.

Interrogé sur l'opération, l'Allemand Rainer Stadelmann, l'un des meilleurs spécialistes des pyramides, dit simplement: "Je n'ai jamais pensé qu'on trouverait quelque chose derrière ces "portes" _ en fait des blocs de revêtement. Dans les pyramides de l'Ancien Empire, il y a toujours eu un système de trois chambres, dont l'une est la chambre funéraire. C'est ce que l'on retrouve dans Kheops, où il n'y a donc pas de chambre cachée. A fortiori derrière un conduit de 20 cm par 20 cm, débouchant sur l'extérieur, qui était a priori fait pour permettre à l'âme du roi de s'élever, de rejoindre les étoiles".
Avant de la passer au scan, Zahi Hawass inspecte la momie de Toutankhamon, dont le visage a été reconstitué par trois équipes, égyptienne, française, américaine.

Mais quand l'Egypte se lève la nuit pour contempler la progression du robot - car National Geographic assure la diffusion à l'heure du jour aux Etats-Unis - Hawass fait son devoir. "C'est pour le pays, répète-t-il. Je lui ai rapporté 1,5 milliard de livres (200 millions d'euros) avec mes expos à l'étranger. J'ai ramené de l'argent aux Antiquités comme personne."

Hourig Sourouzian, une figure de l'égyptologie au Caire, spécialisée dans la statuaire (l'an prochain, elle remontera un colosse voisin de Memnon de 17 m de haut), appuie: "Zahi est un vrai moteur. Il a créé une dynamique. Par exemple, avec l'argent de ses interventions à l'étranger, il a sondé le Nil, ce qui n'avait jamais été fait. Par le passé, on a connu un chef du CSA qui a entièrement rendu le budget au ministre sans l'avoir dépensé." Gihane Zaki, directrice à l'international au CSA, résume: "Le poste de Zahi est avant tout politique. Il a nationalisé l'égyptologie, un peu, toutes proportions gardées, comme l'a fait Nasser pour le canal de Suez. Nous lui devons cela".
La vérité est l'horizon des scientifiques et des philosophes. La folie empressée du siècle et des médias charrie d'autres appétits. Et Hawass aime bien faire semblant de découvrir une momie en direct. En 2002, il n'avait pas hésité à faire sauter sous les caméras le couvercle d'un sarcophage avec une barre à mine - "ça m'a rendu fou! suffoque un égyptologue. Comme quand il prend une momie sans gants..." Il n'empêche : Hawass brandit fièrement son Emmy Award, l'oscar de la télé américaine, décroché après un documentaire. "Il pourrait briguer le ministère du Tourisme, en fait", résume Ahmed Saleh, ancien directeur de la momification à Louxor.

Alors ils peuvent bien douter, à voix basse, les égyptologues, de l'authenticité du tombeau de Cléopâtre, "découvert" récemment. "Tout le monde sait qu'il est à Alexandrie!", s'emporte l'un d'eux. Ou bien de la fascinante reine-pharaon Hatshepsout de la XVIIIe dynastie, que Hawass a authentifiée en 2007 - encore sur Discovery Channel, qui a payé le matériel. Un fragment de dent découvert dans la boîte à viscères - le vase canope - de la reine avait été relié à une molaire brisée de la momie. Ahmed Saleh assène: "Ce n'est pas elle." Il est l'un des rares au CSA à parler dans le micro. Pour avoir osé critiquer le transfert de la fragile momie de Toutankhamon de Louxor au Caire, pour le Scan, il avait subi quelques rétentions de salaire...

Auteur d'un ouvrage sur Les Reines du Nil au Nouvel Empire, à paraître en septembre (ed. Molière), l'égyptologue français Christian Leblanc, directeur de recherche au CNRS, qui travaille depuis 36 ans à Louxor, livre, lui, un autre éclairage: "Il aurait certainement été utile de mener un complément d'enquête. On aurait pu prendre en considération le fait que le coffret à canope avait été réutilisé pour une princesse de la XXIe dynastie, dont la momie est au musée du Caire. Et dont on aurait pu, aussi, radiographier la dentition..." Mais pour Christian Leblanc, Hawass a le mérite d'avoir "modernisé le CSA qui était un capharnaüm et rendu une dignité à l'égyptologie égyptienne".
Tous les Français ne sont pas de cet avis. Le camp tricolore s'était déchiré lors du congrès d'égyptologie de 2004, à Grenoble. Des Français avaient osé défier le pharaon, en empiétant sur son domaine: Kheops. Deux passionnés, Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, ont relevé, dans les pyramides de l'Ancien Empire, dont Kheops, des "anomalies architecturales", disent-ils, qu'ils ont fait confirmer au radar et à la microgravimétrie. Ces mesures démontrent l'existence d'une cavité qui, selon eux, mènerait à une chambre funéraire inviolée.

Leur soutien: Nicolas Grimal, titulaire de la chaire d'égyptologie au Collège de France et ancien directeur de l'Ifao. La bête noire de Hawass, qui estime avoir été évincé par Grimal d'un chantier, dans sa jeunesse _ ce dernier n'a pas souhaité répondre à L'Express. La demande de percement, de 16 millimètres de diamètre, est encore rejetée: "Conneries!" rugit Hawass, qui n'a pas supporté le battage médiatique avant son arrivée. Il écrase son poing sur la table: "On ne me fait pas ça! Vous imaginez si j'allais faire un trou dans Notre-Dame?"

L'affaire devient politique. "Kheops, c'est un terrain sur lequel Zahi ne permettrait aucune découverte qui ne soit pas de son fait", souffle un journaliste. Et un Français dit lui-même: "En égyptologie, les dossiers sont souvent pourris par l'arrogance française... L'égyptologie, aujourd'hui, n'est plus "une passion française", comme on avait coutume de le dire: il y a l'Egypte et des partenaires. Et un jour, si la logique à la Hawass continue, il n'y aura peut-être plus que des missions égyptiennes avec des experts étrangers..."

En décembre 2007, le Centre franco-égyptien de Karnak, dont les héritiers de Mariette en réalité étaient les seuls maîtres à bord depuis 1967, célèbre son 40e anniversaire. Ce jour-là, Hawass a décidé de jouer son meilleur rôle, le méchant: en tournage télé, il fait poireauter deux heures les sommités françaises, dont l'ambassadeur et le Pfr Grimal. La tension est à son comble. Finalement, un nouveau protocole pour Karnak est signé. C'est l'armistice. Le lion ronronne: "On dit que je suis contre les Français, c'est faux."


"Je ne vois personne pour me remplacer"

Et à l'Ifao, au Caire, durement secouée par la crise, Laure Pantalacci gère le retour au calme: "Hawass a un rôle de manager de l'égyptologie en Egypte et il fait ça très bien. Il y a peu de convergences entre ce sur quoi il travaille et nos recherches, qui se déroulent dans le désert, loin des sites des pyramides qui l'intéressent. Il y a beaucoup d'autres choses à étudier en Egypte que les détails de la construction des pyramides! Aujourd'hui, nous tentons surtout de comprendre plus précisément comment vivaient les Egyptiens anciens, à travers, par exemple, la découverte de leur système d'irrigation dans le désert dont on n'avait aucune idée il y a vingt ans, ou grâce aux ressources de l'archéométrie..." Ne pas chevaucher les intérêts du pharaon, donc.

Ce soir de juin, Zahi Hawass est en lévitation. Au Mohamed Ali Palace, sous les ors du plafond et les caméras, il entame un tango avec des danseuses thaïes. L'ambassadeur de Thaïlande vient de remettre au "top expert en égyptologie" le titre de docteur en philosophie. L'assistance s'enroule autour de Doctor Zahi, qui devrait quitter son poste en 2010, contraint par l'âge. On lui prête des ambitions secrètes de ministre. Et au CSA, qui? "Je ne vois personne pour me remplacer, sourit-il, comme un gosse qui vient d'arracher les ailes d'une mouche. Il y a beaucoup de gens bien autour, mais je n'en vois aucun qui ait ma personnalité, ma vision, ma passion."

Un cerveau artificiel annoncé dans dix ans

Le « Blue Brain Project » travaille depuis quatre ans à reproduire, avec d'énormes ordinateurs, le fonctionnement du cortex cérébral.

Un abus de langage courant nomme à tort «cerveaux électroniques» le contenu de nos ordinateurs et les puces de nos appareils électroniques. Sauf qu'aucun de ces dispositifs n'a l'architecture ou les fonctions d'un vrai cerveau. Depuis 2005, cependant un énorme projet de simulation sur ordinateurs, baptisé «Blue Brain Project», s'est donné comme objectif de fabriquer, dans dix ans, le premier «vrai» cerveau électronique.

Comme l'a rappelé le 24 juillet dernier, le directeur du projet, Henry Markram, de l'École fédérale polytechnique de Lausanne (Suisse) lors d'une conférence à Oxford, il s'agit plus exactement de simuler l'architecture et le fonctionnement du néocortex des mammifères au moyen d'un supercalculateur IBM de la famille Blue Gene, le troisième superordinateur le plus rapide du monde (36 téraflops). Ces machines peuvent effectuer simultanément plusieurs milliers de milliards d'opérations par seconde !

Blue Gene est capable aussi bien d'analyser en temps réel les signaux radioastronomiques dans le cadre de recherches sur l'origine de l'univers, que de simuler, toujours en temps réel, le repliement des protéines. Des performances qui en font un bon candidat pour modéliser le cerveau.

Les chercheurs se sont concentrés sur une colonne du cortex des mammifères. Autrement dit unité fonctionnelle empilant verticalement 10 000 neurones de plus de 200 types génétiques distincts. Il a fallu, pour alimenter le modèle, utiliser les données de plus de 15 000 expériences individuelles effectuées dans les laboratoires du monde entier sur des neurones en culture.

Avec ces données, l'équipe du Pr Markram a créé dans Blue Gene une colonne virtuelle de neurones corticaux où sont mimés l'architecture, la morphologie et le fonctionnement d'un réseau de 10 000 cellules en trois dimensions. L'équivalent d'un micro-ordinateur portable est nécessaire pour effectuer les calculs et la simulation d'un seul de ces neurones, c'est la raison pour laquelle Blue Gene, et ses 1 000 calculateurs ont été choisis.

Ce n'est qu'un début mais la phase 1 de l'expérience vient d'être finalisée : le modèle «vit» dans la machine. Les chercheurs ont présenté à ce cerveau in silico des images et mesuré son activité électrique de réponse : «Vous stimulez le système, et il crée sa propre représentation» à partir de cette simulation initiale, a expliqué Henry Markram. Le but final de cette première phase est d'extraire cette représentation et de l'observer. Pour voir comment le cerveau perçoit le monde !

Non seulement il faut connaître, décrire et mimer toutes les règles régissant les communications entre les cellules nerveuses, mais l'équipe de Lausanne veut descendre encore plus profondément dans chaque cellule, au niveau moléculaire des structures et des échanges !

Le Pr Markram rappelle que le néocortex apparu dans l'espèce humaine «est en réalité un nouveau cerveau. Les grands mammifères avaient besoin d'un outil cognitif pour l'éducation de leur progéniture, pour les interactions entre membres de la tribu, et pour les fonctions supérieures», comme les émotions ou la réflexion. «Cela a été un tel succès dans l'évolution que la taille de ce cortex a été rapidement multipliée par mille.»

Le projet est pharaonique : une seule colonne de cortex est aujourd'hui reproduite dans la machine d'IBM. Or notre cortex contient environ un million de ces unités fonctionnelles. Pour étudier un cerveau complet, il faudra inventer une machine informatique un million de fois plus puissante que Blue Gene. Cet outil pourrait servir à comprendre et traiter les maladies mentales ou, si les différences entre espèces sont élucidées, à dialoguer avec des animaux…

vendredi 31 juillet 2009

Yahoo s'est-il fait hara-kiri?

Microsoft et Yahoo ont lancé une offensive contre Google en signant un partenariat sur la recherche. Le portail devrait en tirer des recettes publicitaires supplémentaires mais reste à savoir à si le risque n'est pas trop important. Les réponses du web.

En signant une alliance avec Microsoft contre Google mercredi, Yahoo se serait-il tiré une balle dans le pied ? Certes, le partenariat a du bon. Microsoft fournit la technologie de recherche (Bing) à Yahoo, qui devient la régie publicitaire exclusive et mondiale des deux groupes pour tous les liens sponsorisés premiums. Résultat: la création d'un gros numéro 2 de la recherche, détenant 30% du marché américain. "Comme ils n'ont pas les mêmes clients, analyse Saul Hansell de Bits, le nombre total d'annonceurs augmentera, ce qui en attirera plus et fera monter les prix". Et Yahoo empochera 88% des revenus générés sur ses sites pendant 5 ans. Le portail espère ainsi tirer un supplément de 500 millions de dollars de recettes nouvelles par an à partir de 2012, et économiser 200 millions de dollars de dépenses d'investissement.

Dans la blogosphère, certains analystes comme Billl Gurley applaudissent la stratégie de Yahoo de renoncer au volet technologique de la recherche : "Ca ne servait à rien de combattre Google sur le terrain de la recherche, affirme t-il sur son blog Above the Crowd. Ceux qui essaient ne font que de pâles copies. Il était préférable pour Yahoo de se recentrer sur les domaines où il a un réel avantage, comme les actus, la finance, le sport.".
Le sacrifice

Pour Jason Calacanis, en revanche, l'abandon de la recherche par Yahoo est "une erreur fatale. La recherche est le business le plus important du XXIème siècle. Yahoo était en deuxième position dans ce domaine. Pourquoi y renoncer ?" s'indigne t-il sur son blog. En plus, ce n'est pas la première fois..."Il était une fois, Yahoo était le portail-moteur de recherche numéro un. Mais il a laissé la gestion de la recherche à une petite entreprise qui s'appelait Google." On connaît la suite...

Pour Jason Calacanis, le fait que Microsoft s'intéresse à un marché signale justement que c'est un marché important, bien parti pour croître.."C'est une indication pour les autres entreprises sur le marché qu'il est temps d'investir, de racheter, d'innover".D'autres l'ont compris : lorsque Microsoft a fait son entrée dans le monde des jeux vidéo, Nintendo a innové. Aujourd'hui les ventes de Wii dépassent largement celles de la Xbox. Mais quand Microsoft s'intéresse à la recherche, que fait Yahoo ? "Il arrête d'innover et se demande s'il doit valoriser l'action à 31 ou à 33 dollars !" En somme: "Yahoo a fait hara-kiri, mais sans l'honneur".

Un air de déjà vu? AOL bien sûr. De fait, "le portail a lui aussi externalisé sa recherche, développé le messenger et le contenu. Et ça ne lui pas réussi", constate Robert Cyran de Breaking Views, qui fait remarquer enfin qu'en perdant le trafic de la recherche, son atout le plus précieux, il n'y aura plus rien pour inciter Microsoft ou un autre à racheter la compagnie.
Le vrai gagnant du partenariat est..

Microsoft est-il le vrai gagnant du mariage ? La firme de Redmond en profite en effet pour se positionner clairement sur le marché de la recherche. Mais s'attaquer à Google, qui détient 65% du marché américain, n'est pas une mince affaire : "il faudrait changer le comportement des masses, rappelle Joe Friedlein, de Browser Media. Or Google domine à tel point le paysage Internet qu'il existe le verbe «googler quelque chose"! Le seul facteur qui pourrait, selon lui, détourner les internautes du premier moteur de recherche serait une éventuelle "haine du monopole de Google", un sentiment qui ne se traduirait sans doute pas à une très grande échelle. Le cas Microsof est parlant : "le public a détesté Microsoft à une époque mais il a continué d'utiliser Windows plutôt que Linux"..

Reste à savoir si le groupe de Steve Ballmer a les moyens de véritablement concurrencer Google. Ad Center, la plateforme Microsoft de mise aux enchères de mots clés qui est selon Kevin Newcomb de Searchenginewatch, "bien plus performante que celle de Yahoo (Panama), "pourrait devenir une alternative viable à AdWords de Google".Mais est-ce suffisant? Selon le blog Everfluxx,"la recherche n'a jamais été et ne sera jamais le coeur de métier de Microsoft". Or en face, Google a "la plus grande plate-forme, la meilleure technologie publicitaire et donc le plus haut revenu par recherche", selon Saul Hansell. Sans compter que le nouveau moteur ne devrait pas être prêt avant deux ans, ce qui laisse amplement le temps à Google pour préparer une contre attaque.

Développement durable : un bonus-malus va être appliqué au budget des ministères

Une enveloppe de 100 millions d'euros de crédits va être attribuée aux ministères l'an prochain en fonction de la qualité environnementale de leur gestion et de leurs achats : audit énergétique des bâtiments, consommation de papier et d'électricité, utilisation de véhicules propres, etc.
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L'extension du bonus-malus automobile à d'autres produits de grande consommation avait suscité un débat agité en septembre dernier, au point de faire reculer le gouvernement. En attendant d'éventuelles initiatives à la rentrée, un nouveau dispositif concernant les administrations est bel et bien décidé, et ses modalités viennent d'être arrêtées par le gouvernement : un bonus-malus va être appliqué dès 2010 au budget des ministères en fonction de la qualité environnementale de leur gestion et de leurs achats. Une enveloppe de 100 millions d'euros de crédits va être mise en réserve (au prorata de la taille des ministères et indépendamment de la réserve de précaution habituelle) et redistribuée aux ministères selon le respect, ou non, d'une série d'indicateurs. Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, est chargé de la mise en place et du suivi de ce dispositif symbolique, qui vise à modifier les comportements de l'administration (le magazine « Auto Plus » a récemment épinglé certains ministères sur l'achat de voitures polluantes et chères), et à montrer au grand public que l'Etat est lui aussi concerné par le Grenelle de l'environnement.

Huit critères ont été définis pour 2010, les ministères ayant jusqu'à la fin mai pour transmettre les données à Bercy. Ils devront satisfaire au minimum à six indicateurs pour bénéficier d'un bonus.
Critères évolutifs

Parmi ceux-ci figure l'obligation de lancer des audits énergétiques concernant 40 % des bâtiments dont les ministères sont propriétaires ou pour lesquels ils versent des loyers budgétaires. Les indicateurs sont évolutifs : fin 2010, les audits engagés devront concerner 100 % des bâtiments. Autre indicateur à respecter : le taux de voitures achetées ou louées dépassant le plafond de 130 g de CO par kilomètre (niveau au-delà duquel un malus est appliqué pour les particuliers) ne devra pas dépasser 20 %, un seuil qui serait ramené à 15 % en 2011 puis 10 % en 2012. Les voitures opérationnelles des armées, de la police, de la gendarmerie ainsi que celles à usage technique (travaux publics) ne rentrent pas dans le champ de l'indicateur. Eric Woerth avait annoncé au début du mois l'engagement d'un vaste « verdissement » du parc automobile de l'Etat.

Les fonctionnaires des administrations centrales vont également être incités à réduire leur consommation de papier. Les ministères devront dans un premier temps indiquer le nombre de ramettes de papier A4 achetées par agent en 2009. Et en 2010, ils devront réduire ce taux de 20 % (puis de 40 % en 2011). Même chose pour les photocopieuses et les imprimantes, dont le nombre par agent devra être abaissé de 10 % en 2010 et de 20 % en 2011. La consommation d'énergie (électricité, gaz, fuel, chauffage, etc.) devra également être réduite progressivement (de 10 % en 2010). Et les ministères sont invités à s'équiper d'un « outil expert de suivi des fluides », qui permettra de mieux maîtriser les consommations d'énergie et d'eau. Tous ces indicateurs ne sont pas gravés dans le marbre jusqu'à 2012, Bercy se réservant la possibilité, l'année prochaine, d'ajuster les performances demandées aux ministères en fonction du premier bilan qui sera fait de l'application de ce bonus-malus.

Légiférer sur la burqa c'est comme "sortir un gros pilon pour écraser une mouche"

Moins de 400 musulmanes -367 précisément- porteraient en France le voile, selon une note de la sous-direction de l'information générale (SDIG), indique-t-on au ministère de l'Intérieur, confirmant une information publiée dans Le Monde daté de ce jeudi.
Ce nombre est une "première approche rapide qui sera suivie d'une étude plus approfondie", explique le ministère. De plus, le document où figure ce décompte a été remis au gouvernement au début du mois de juillet, au moment où la mission parlementaire d'information initiée par le député PCF du Rhône André Gerin commençait ses travaux.

Une autre note d'un des services du ministère de l'Intérieur, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), publiée également début juillet, parle d'un phénomène marginal, concernant des femmes jeunes (moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain et volontaires -voire militantes- pour porter le voile intégral.

Les réactions:
Je trouve le chiffre avancé plutôt ridicule", a réagi André Gerin, le député PCF du Rhône dans un communiqué. "Le voile intégral, c'est l'iceberg recouvert d'une marée noire. Ne nous trompons pas, l'emprise des fondamentalistes, des intégristes islamistes, tente de régenter la vie civile de certains territoires de notre pays", écrit-il.

Une mission parlementaire d'information sur la question du voile intégral a été mise en place début juillet à sa demande. Elle a pour tâche de faire un "état des lieux" et rendra son rapport fin janvier 2010. De vifs débats à propos de la pertinence d'une loi pour interdire le voile intégral agitent les parlementaires.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur estime qu'"il n'y a pas lieu de lancer une réflexion nationale" sur le voile intégral, dans une interview à Europe 1 ce jeudi.

"Il y a une disproportion entre la réponse qui a voulu être donnée en prenant des mesures graves, sérieuses (..) à un phénomène extrêmement marginal", a-t-il dit.

"Trois cent et quelque femmes voilées sur six millions de musulmans en France, ça ne traduit pas l'émergence dans notre société d'un phénomène fondamentaliste. (...) On ne s'offusque pas pour si peu de monde donc il n'y a pas lieu de mettre en branle toute une réflexion nationale avec tout ce qu'elle comporte, pour quoi faire? ", a-t-il insisté.


Le président socialiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, a estimé ce jeudi que par rapport au nombre de femmes porteuses de burqa en France, légiférer serait dérisoire. "J'ai vraiment l'impression que par rapport au nombre, moins de 400 cas sur 60 millions, une loi, un débat parlementaire", ce serait comme "sortir un gros pilon pour écraser une mouche", a indiqué le député de Seine-Saint-Denis sur RTL.

"Je ne sais pas en combien de temps on est passé de 0 à 360, mais on voit bien que c'est une pratique extrêmement minoritaire et il y a un certain nombre de textes qui dans le cadre des règles du vivre ensemble en France peuvent être utilisées pour empêcher ce genre de comportement", a dit M. Bartolone.

Il a ajouté vouloir "être attentif à chacun de ces cas", et "savoir comment ces femmes rentrent dans cette espèce de repli par rapport à l'ensemble de la société", tout en voulant éviter que "sur une idée courageuse au départ, qui était de dire: on ne veut pas de comportements intégristes en France, on en arrive à avoir une mauvaise communication avec l'ensemble des musulmans de France".
Les chiffres sont totalement érronés, ne serais-ce qu'à Clichy, il en a plus que ça.

ET LES REACTIONS DES ELUS DE GAUCHE SONT TELLEMENT BÊTES !!!!

jeudi 30 juillet 2009

PORTER LA BURKA A CINQ ANS........

La cote de popularité de Martine Aubry remonte, malgré l'échec du Parti socialiste aux élections européennes

Une étude de l'Ifop révèle que la première secrétaire du PS a restauré en partie sa popularité depuis l'échec électoral du 7 juin. Dominique Strauss-Kahn est le socialiste préféré des Français, loin devant Ségolène Royal.
Le constat est pour le moins surprenant. Dans une « analyse de données » que l'Ifop vient de réaliser sur la popularité des leaders socialistes, il apparaît que les Français ne tiennent pas rigueur à Martine Aubry de l'échec retentissant subi par son parti aux élections européennes.

La première secrétaire du PS « était à 68 % d'opinions favorables au printemps. Elle a été affaiblie après les élections européennes, à 52 %, puis elle s'est redressée depuis : elle était à 59 % au début du mois de juillet, avant la passe d'armes avec Manuel Valls,souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop. Même si le scrutin a quelque peu terni son image, sa remontée s'explique par le fait qu'en tant que première secrétaire, elle bénéficie d'une position institutionnelle. Les gens savent que, si nombre de socialistes la critiquent, aucun ne voudrait être à sa place. Finalement, on lui sait gré de faire le sale boulot ».

Autres enseignements de cette étude : Ségolène Royal continue de faire la course derrière Martine Aubry. Leur popularité auprès des Français suit des courbes sensiblement parallèles depuis le mois de janvier, avec quelque 20 points d'écart en faveur de l'édile lilloise. Toutes les deux ont souffert de l'échec aux élections européennes et l'une comme l'autre remontent depuis avec 59 % pour Martine Aubry contre 39 % pour Ségolène Royal.
Des « quadras » impatients

Le travail de l'Ifop confirme que le socialiste le plus populaire pour les Français reste Dominique Strauss-Kahn (73 %). Il l'est évidemment davantage si l'on considère les seuls sympathisants du PS (80 %). En revanche, il recule au niveau des sympathisants de gauche dans son ensemble (71 %). En cas de duels pour des primaires au sein du PS, DSK l'emporterait de près de 20 points face à François Hollande (59 %, contre 40 %), de 13 points face à Ségolène Royal (56 % ,contre 43 %) et seulement de 3 points face à Martine Aubry (51 %, contre 48 %). Au mois de mars, c'est la première secrétaire qui arrivait en tête, avec près de 20 points d'avance sur le directeur général du Fonds monétaire international (59 %, contre 40 %).

Enfin, l'analyse de l'Ifop révèle également que la popularité des « quadras » impatients (Vincent Peillon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon) reste en deçà de celle de leurs aînés. « Elle apparaît relativement homogène et se situe aux alentours de 40 %, mis à part pour Vincent Peillon, qui semble pâtir de sa faible notoriété avec 31 % », remarque Jérôme Fourquet. Reste à savoir l'influence qu'aura eue, depuis, la guerre ouverte entre Manuel Valls et Martine Aubry.

mercredi 29 juillet 2009

lundi 27 juillet 2009

CONSEILS A SARKOZY



POURQUOI ? ON NE REFLECHIT PAS EN FAISANT SON JOGGING ?

CONSEILS A SARKOZY

samedi 25 juillet 2009

Les mauvais comptes de Julien Dray

Les enquêteurs de la brigade financière ont mis fin, le 13 juillet, à leurs investigations concernant le train de vie du député socialiste de l'Essonne, Julien Dray. Des mouvements suspects sur ses comptes bancaires avaient été relevés en 2008 par l'organisme anti-blanchiment Tracfin, et une enquête préliminaire avait été ordonnée dans la foulée par le parquet de Paris. Dans un rapport de synthèse auquel Le Monde a eu accès – le site Mediapart en fait aussi état –, les policiers dressent un bilan de leur enquête. Avec ce constat de base : entre 2005 et 2008, M. Dray a perçu 1 631 417 euros, tous revenus confondus. Dans la même période, il a dépensé 2 087 678 euros. "Je ne suis pas un irresponsable dépensier, je ne suis en rien un homme qui vit dans la luxure", a certifié aux policiers M. Dray.
L'élu, lors de ses auditions, a longuement expliqué ses problèmes financiers : "A partir de janvier 2006, j'ai eu une charge supplémentaire de 2 000 euros [le remboursement d'un prêt accordé par Pierre Bergé]. A cela va s'ajouter quelques charges familiales supplémentaires…" D'où, selon lui, ce besoin de recourir à ses proches, en obtenant des prêts de leur part, et ce dans une période professionnelle très agitée. Depuis sa mise en cause, il a lancé un vaste processus de remboursement. Et devant les enquêteurs, il a protesté de son innocence : "Il n'y avait aucune suspicion possible (…), je ne me suis livré à aucun enrichissement et à aucune malversation." Les policiers ont pu établir que cinq associations, souvent en difficulté financière, ont contribué à alimenter les comptes de l'élu, huit particuliers lui ont consenti des prêts, sans pour autant rééquilibrer ses finances.

Outre des procédures incidentes (soupçons de fausses factures, fraudes au fisc…), le parquet va devoir déterminer si l'argent décaissé au profit de M. Dray, via des intermédiaires proches de l'élu et salariés par ces associations, est constitutif d'un abus de confiance. Le député pourrait alors faire l'objet d'une citation directe devant le tribunal correctionnel, de même qu'une demi-douzaine de personnes citées dans le dossier, dont Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme. La piste d'un financement politique a en revanche été écartée.

DEUX INTERMÉDIAIRES PRINCIPAUX

Les policiers se sont intéressés aux associations suivantes, dont l'élu était très proche : la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), SOS-Racisme, Les Parrains de SOS-Racisme, Stop-Racisme Val d'Orge, et enfin l'Association de la 10e circonscription de l'Essonne. Toutes, à des degrés divers, ont décaissé des sommes importantes au profit de M. Dray. Deux personnes sont directement impliquées : Nathalie Fortis, chargée de mission au conseil régional d'Ile-de-France pour le compte de M. Dray, ex-salariée de la FIDL, comme Thomas Persuy, ancien permanent du syndicat lycéen.

La FIDL connaît de graves problèmes financiers, au point d'avoir été expulsée de ses locaux en 2006. En l'absence de toute comptabilité, les policiers ont suivi la trace des chèques. Entre 2006 et 2008, Mme Fortis perçoit 22 783 euros. Bon nombre de chèques encaissés par cette permanente sur son compte font immédiatement l'objet d'un versement du même montant sur les comptes de M. Dray. En guise d'explication, Mme Fortis a fait valoir qu'elle avait acquis auprès du député une montre de valeur, une Rolex James Bond, et qu'il s'agissait de le rembourser. "J'ai investi dans une montre comme certains investissent dans l'immobilier", a-t-elle indiqué aux policiers. M. Dray a confirmé l'achat de cette montre. Elle a également perçu 33 053 euros de l'association Les Parrains de SOS-Racisme, une structure proche de SOS-Racisme. De nombreux chèques, là aussi, ont été décaissés simultanément au profit de M. Dray. Les policiers s'interrogent sur la réalité des prestations fournies par Mme Fortis pour l'association Les Parrains de SOS-Racisme. "Cela correspond sans doute à des prestations réalisées pour SOS", a-t-elle indiqué.

M. Persuy, lui, a obtenu de la FIDL 78 599 euros sur trois ans, qu'il a en partie reversés à M. Dray. Des prêts, a-t-il expliqué, destinés à soutenir l'élu dans sa campagne pour prendre la tête du Parti socialiste. Même principe pour Les Parrains de SOS-Racisme, dont il a obtenu 12 750 euros en 2008, somme intégralement redistribuée à Julien Dray. M. Persuy, pour justifier ces chèques adressés à M. Dray, a également expliqué qu'il avait acheté des stylos Mont-Blanc appartenant au député, ce que ce dernier a confirmé.

Au total, Mme Fortis a versé 38 300 euros à M. Dray. M. Persuy, lui, a déboursé 35 750 euros. M. Dray s'est défendu, devant les policiers : "Je n'ai pas à connaître l'origine des fonds", dit-il, au sujet des versements d'argent sur ses comptes. Et il précise : "J'étais surchargé de travail (...). Je me suis donc beaucoup appuyé dans la gestion quotidienne sur l'ensemble de mes assistants." Il rappelle qu'en 2007, il a beaucoup œuvré pour la candidate socialiste Ségolène Royal, ce qui, lâche-t-il, "n'est peut-être pas la chose la plus intelligente que j'ai faite...".

DES CIRCUITS DE FINANCEMENT PARFOIS PLUS COMPLEXES

Cindy Fischer, autre permanente de de la FIDL pendant deux ans, a reçu du syndicat 6 500 euros, pour s'être occupée du mouvement lycéen en 2005 contre la réforme Fillon. Elle avait alors reversé 6 400 euros à Mme Fortis, qui, quatre jours plus tard, signait un chèque de 6 000 euros à Julien Dray. Commentaire de M. Fischer, l'époux de Cindy Fischer, lors de son audition : "Il y a un truc bizarre, c'est clair. Nathalie Fortis semble avoir collecté des fonds à cette époque pour les reverser à M. Dray."

Les enquêteurs ont aussi retrouvé la trace d'un vrai-faux rapport commandé en décembre 2008 par la FIDL à Geneviève de Kerautem, chargée de mission pour M. Dray au conseil régional d'Ile-de-France. Celle-ci perçoit 6 000 euros pour ce travail, somme reversée dans son intégralité à M. Dray parce que, a-t-elle relaté en garde à vue, ce dernier était "en galère financière". Lors d'une perquisition au bureau de Mme de Kerautem, les policiers ont bien mis la main sur un pré-rapport, mais ne comportant que huit pages, rédigées en mars 2009, alors que l'auteure se savait convoquée par les enquêteurs. "Nous pouvons nous poser la question sur la réalité de cette prestation…", ironise la brigade financière.

Autre cas suspect, la mission commandée à Odile Gaston, la belle-sœur de Julien Dray, par Dominique Sopo, président de SOS-Racisme. Mme Gaston perçoit, le 13 août 2008, 5 000 euros provenant des Parrains de SOS-Racisme. Elle reverse six jours plus tard 2 040 euros à Julien Dray. Sa mission, la mise en place de chantiers de solidarité au Mali, n'a jamais été réalisée. Concernant la somme versée à M. Dray, elle a expliqué avoir remboursé ainsi sa participation aux vacances organisées dans la maison du député, à Vallauris (Alpes-Maritimes).

M. Dray s'est défendu d'avoir donné des instructions aux associations concernées, mettant en exergue leur indépendance : "Je ne donne aucune instruction, ou alors cela veut dire encore une fois que c'est moi qui dirige ces associations et que les gens sont des pantins." Autre cas particulier, celui de Georges Sebag, un ami de M. Dray, distributeur de vêtements dégriffés Gérard Darel dans le sud de la France. Vingt-six chèques signés par les clients de M. Sebag ont été versés sur les comptes de M. Dray, pour un montant de 11 840 euros. Il s'agissait, selon M. Sebag, de prêter de l'argent à son ami pour sa campagne interne au PS. Il assurait avoir remis au total une quarantaine de chèques, dont il ne renseignait pas l'ordre, en laissant le soin à l'élu. Mme Fortis, comme M. Persuy, ont aussi reçu ces chèques.

UNE COMPTABILITÉ INEXISTANTE DANS LES ASSOCIATIONS

Le travail d'enquête n'a pas été facilité par les pratiques en vigueur dans les associations. A la FIDL, il n'y avait donc aucune comptabilité. Et les enquêteurs ont découvert, dans la galaxie SOS-Racisme, de curieux comportements. L'argent affluant sur les comptes de l'association Les Parrains de SOS-Racisme était utilisé en toute opacité : "Pour ces actions pour lesquelles nous ne pouvons avoir de justificatifs, nous utilisons les fonds privés des Parrains de SOS-Racisme", a reconnu Martine Guillaume, la directrice financière de SOS-Racisme. "Ces actions sont le ménage au black, les petites dépenses comme les billets de train et petits achats divers, des pots à des militants, des bombes de peinture." A la suite des investigations policières, elle a eu ce commentaire : "Nous allons faire en sorte de rentrer dans la légalité." Sur 280 849 euros collectés entre 2005 et 2008 par Les Parrains de SOS-Racisme, avec des donateurs tels que Pierre Bergé ou Arte, seuls 10 000 euros ont été officiellement versés sur les comptes de SOS-Racisme. L'ordre des chèques adressés à l'association principale était souvent retouché, et l'argent était ainsi versé sur le compte-support des Parrains. Une technique jugée "regrettable" par Pierre Bergé.

Par ailleurs, les enquêteurs trouveront d'autres irrégularités. Comme ces sept fausses factures imputées à la société Cdiscount, sans qu'il y ait jamais eu la moindre prestation en faveur de SOS-Racisme. Plusieurs factures vierges à l'en-ête de différentes sociétés ont même été découvertes dans le bureau de Mme Guillaume. Enfin, il y a le cas Assane Fall, compagnon de Nathalie Fortis. Licencié par SOS-Racisme, il touche 5 800 euros d'indemnités le 12 septembre 2008. Trois jours plus tard, Mme Fortis signe un chèque de 5 300 euros en faveur de Julien Dray.

TABLEAUX, MONTRES ET TEE-SHIRTS

Les policiers ont découvert d'autres étrangetés dans ce dossier. Comme l'affaire des tableaux. Le 16 septembre 2008, l'Association de la 10e circonscription de l'Essonne, créée pour faire connaître l'action politique de M. Dray, vend des tableaux à SOS-Racisme, pour une somme de 9 000 euros. 7 000 euros sont ensuite reversés à M. Dray. Celui-ci a indiqué qu'il avait besoin d'argent, et donc décidé de vendre ces tableaux, initialement destinés à égayer sa permanence. Une vente très éloignée de l'objet social de l'association, assurent les policiers, qui s'interrogent : pourquoi M. Dray n'a-t-il pas vendu directement ces œuvres d'art, en son nom ? "Il n'y avait pas de volonté de cacher quoi que ce soit, a déclaré M. Dray, mais pour Sopo et pour moi-même, c'était mieux comme ça." L'Association de la 10e circonscription connaissait de sérieuses difficultés financières, au point de contraindre Pierre Bergé, proche de M. Dray et président des Parrains de SOS-Racisme, à effectuer en 2008 un don de 100 000 euros. Une situation délicate qui n'a pas empêché M. Dray de débiter 7 000 euros des comptes de cette association pour acheter une montre Rolex en or à sa suppléante, Fatima Ogbi, récompensée pour ses bons services électoraux. Le député a indiqué aux policiers qu'il avait reversé de l'argent à cette association pour compenser cette dépense.

Enfin, la brigade financière s'est penchée sur une étrange coïncidence. M. Sebag, l'ami de M. Dray, distributeur de Gérard Darel, avait reçu de SOS-Racisme la commande de 5 000 tee-shirts, pour une somme de 15 548 euros, via un chèque émis, selon la police, en mai 2008. Cette période correspond très exactement à la vague des premiers chèques "clients" adressés par M. Sebag à M. Dray, pour une somme de 15 000 euros. Il ne faut y voir aucun lien de cause à effet, a assuré le député.

DES AMIS FORTUNÉS ET GÉNÉREUX

Pas moins de huit particuliers, proches de l'élu socialiste, lui ont prêté de grosses sommes d'argent, en particulier en 2008. Les remboursements sont aujourd'hui en cours, et M. Dray envisage de vendre sa maison de Vallauris pour les honorer. Pierre Bergé est le plus gros contributeur, avec près de 340 000 euros. Les policiers ont aussi enquêté sur les prêts accordés par François Malisan, architecte dans l'Essonne, ou ceux consentis par Robert Zarader, publicitaire. Selon les policiers, ils n'ont obtenu aucune contrepartie, telle que l'éventuel octroi de marchés publics dans le département. Pour rembourser ses amis, M. Dray leur donnait, parfois, des montres, lampes, ou même une sculpture chinoise. Lors de ses auditions, Julien Dray a souhaité qu'il n'y ait pas d'"extrapolation" de la part des policiers, expliquant ceci : "Si j'avais besoin d'argent, j'aurais pu solliciter directement mes amis, et je n'ai pas besoin de passer par Les Parrains de SOS-Racisme ou autre montage."