TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 25 octobre 2014

Toutankhamon : "la vérité révélée"



Cet exceptionnel documentaire diffusé dimanche 26 octobre 2014 sur la BBC fait le point sur les étonnantes découvertes sur le plus célèbre des pharaons d'Égypte.

 Avec son pied bot, ses hanches larges et ses dents en avant, Toutankhâmon ne ressemble pas à l’image que l’on peut se faire du célèbre pharaonde la XVIIIe dynastie ! Pour l’avouer, on pouvait même être un peu effrayé en visionnant l’ « Image vivante d’Amon » dans « Toutankhâmon : la vérité révélée » diffusé dimanche 26 octobre sur la BBC…
Une reconstitution 3D du corps de Toutankhâmon, réalisée à partir des scanners 3D de la momie royale. Crédit : BBC
Ce documentaire revient, grâce à une autopsie virtuelle inédite réalisée à partir des scanners 3D de la momie royale, sur les dernières recherches menées sur le pharaon de 19 ans. Une excellente synthèse des travaux menés ces dernières années.
LÉGENDE. « En fait, il n’y a pas vraiment de nouveaux résultats mais ce documentaire souligne à juste titre qu’il est peu probable que Toutankhâmon soit mort des suites d’un accident de char, comme cela a été dit récemment. Il avait effectivement une fracture au genou gauche qui n’a pas guérie, mais elle pourrait résulter d’une simple chute, explique Albert Zink, directeur de l’Institut des Momies et de l’Homme des Glaces, joint à Bolzano, en Italie. D’autre part, on n’imagine mal qu’avec un pied bot, ce jeune homme ait pu participer à des courses de chars».

Un pharaon infirme ?

Toujours est-il que le jeune souverain ne jouissait pas d’une santé florissante. Selon Ashraf Selim, le radiologue égyptien impliqué dans ces analyses et interrogé sur la BBC,  « Toutankhamon avait en effet développé la maladie de Kohler au cours de son adolescence », une ostéonécrose douloureuse de la face dorsale du pied qui entraîne un problème de locomotionCe qui expliquerait aussi la présence de plus de 130 cannes et bâtons retrouvées dans la tombe du pharaon, dont certaines faisaient penser que Toutankhamon était infirme et avait besoin de support pour marcher.
PALUDISME. Nombre d’entre elles montraient des traces d’usure. Selon Albert Zink, sa mort précoce aurait été causée non par un accident mais en raison d’un état général de faiblesse due au paludisme qu’il avait contracté et aux déficiences génétiques héritées du mariage consanguin de ses parents qui étaient frère et sœur comme l’ont montré des études génétiques menées par Albert Zink (lire Sciences et Avenir n°758 avril 2010)
Le paléogénéticien basé en Italie a en effet mené des analyses de la famille de Toutankhâmonen 2010, en compagnie de Zahi Hawass, ex-patron des Antiquités égyptiennes, et d’une équipe internationale (voir graphique SetA ci-dessous).
Le généalogie de Toutankhamon. Crédit : Sciences et Avenir / Leemage / AP / Sipa
Avec des résultats surprenants sur les liens complexes et incestueux qui unissaient les uns aux autres. Ils ont notamment permis d’établir que le père du jeune pharaon était bien Akhénaton l’"Hérétique" (momie KV55).  Mais la Maman ? Depuis toujours, les spécialistes pensaient qu’il s’agissait de la célèbre Néfertiti.
Ne voyait-on pas les deux souverains représentés côte à côte, sur les pylônes des temples et autres décors, dans toute leur majesté ? Mais les résultats génétiques avaient été… implacables ! Néfertiti ne pouvait en aucun cas être reliée à Toutankhâmon. Dès lors, bienmalin qui allait pouvoir  retrouver une mère parmi toutes les épouses qui constituaient les vastes harems pharaoniques !

Une relation incestueuse


C’était sans compter sur la coutume qu’avaient les souverains égyptiens d’épouser leurs sœurs (lire interview sur l’inceste royal en fin d'article). La mère de Toutankhâmon se révélait être une sœur d’Akhénaton, une momie connue sous le nom de « Young Lady » et identifiée sous l’étiquette KV 35 YL.  « Nous avons essayé de poursuivre nos analyses sur l’ADN mitochondrial (celui transmis par la lignée maternelle) mais la situation politique en Egypte ne nous l’a pas permis pour l’instant. Ceci étant, les résultats préliminaires confirment bien notre analyse précédente. Les parents de Toutankhâmon –KV 55 et KV 35-  étaient probablement frère et sœur », a ajouté Albert Zink.
L’autopsie virtuelle réalisée pour les besoins du documentaire de la BBC prouverait ainsi que les handicaps physiques de cet enfant-roi, -source d’intérêt inépuisable depuis sa découverte en 1922-, aurait été directement causée par les déséquilibres hormonaux liés à la fratrie de ses parents. Ce qui n’a pas empêché le jeune souverain d’épouser lui-même… sa demi-sœur Ankhésénamon.

Automatisation : demain, tous sans emploi ?

La Tribune publie une sélection de neuf articles de Hubert Guillaud sur le même thème "Travailler demain" issus du site Internet-Actu (www.internetactu.net/). Ce site est édité par la Fondation Internet nouvelle génération (Fing) et publie en ligne des focus, des débats, une veille, une revue du web, des nouvelles des activités de la Fing et de ses partenaires.
Quel est le risque que votre emploi soit automatisé dans les prochaines années ? questionnait une récente étude (.pdf) réalisée par un économiste et un ingénieur d'Oxford et signalée par Martin Lassard sur Triplex. Pour les auteurs, Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, 47% des postes décrits dans les nomenclatures professionnelles traditionnelles (soit environ 702 professions analysées) sont susceptibles d'être remplacées par des machines, des formes d'automatisation logicielles ou robotiques. Selon eux, cette évolution devrait se faire en deux temps, la première touchant principalement le secteur des transports et de la logistique, les emplois de bureaux et d'administration et les fonctions de production. Mais dans un second temps, l'automatisation devrait toucher des emplois dans les services, dans la vente et la construction notamment, du fait du développement de robots et logiciels capables de créativité et d'intelligence sociale.
Si "le travail humain devrait avoir encore longtemps un avantage comparatif dans les tâches qui requièrent des formes de manipulation et de perception complexes", pour les auteurs, les jobs qui nécessitent de développer de nouvelles idées sont à terme les moins susceptibles d'être affectés par l'informatisation, ce qui devrait être le cas pour les métiers du management, les affaires, la finance, l'éducation, la santé, les arts et les médias. Pour les chercheurs, l'informatisation devrait surtout porter sur des emplois peu qualifiés. Ils n'ont réalisé aucune estimation pour évaluer le nombre d'emplois touchés par l'automatisation dans les années à venir, mais ils concluent leur prédiction en expliquant que les employés peu qualifiés et les professions à bas salaires qui devraient être les plus touchées devront être réaffectés à des tâches qui ne sont pas sensibles à l'informatisation, comme celles nécessitant de l'intelligence créative et sociale, compétences qu'ils devront acquérir, rejoignant par là les conclusions d'Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, dans leur livre, Le second âge des machines, qui en appelaient à un sursaut éducatif. Mais est-il si sûr que l'automatisation n'affecte que les emplois les moins qualifiés ?

La généralisation de la déqualification

Certes, le déplacement de l'emploi du fait de l'automatisation n'est pas nouveau, comme le rappelait Marc Giget aux derniers Entretiens du Monde industriel. Mais pourquoi tout le monde semble être d'accord pour laisser les machines prendre le relai ?, interrogeait Nicholas Carr sur son blog il y a quelques mois.
Il y a quelque chose de profondément rassurant à l'idée que la technologie pousse les travailleurs à des occupations plus élevées. Cela rassure nos inquiétudes sur la perte d'emplois et la baisse des salaires. "L'échelle de l'occupation humaine va toujours vers le haut, qu'importe la hauteur à laquelle nos machines grimpent, il y aura toujours un autre échelon pour nous". Mais ne sommes-nous pas là face à un fantasme ? Le problème avec ce "mythe de l'échelle sans fin" repose sur le flou de la revendication... Qu'est-ce qu'un travail de plus grande valeur ? Est-ce une valeur pour l'employeur ? Pour l'employé ? Est-ce une valeur en terme de productivité ? De profit ? De compétence ? De satisfaction ?...
Non seulement ces valeurs sont différentes, mais elles sont souvent en conflit, rappelle Nicholas Carr. Si l'automatisation peut améliorer le travail, le rendre plus stimulant et intéressant, une machine trop sophistiquée peut aussi générer de la déqualification, transformant un artisan compétent en opérateur de machine modérément qualifié.
Bien sûr, si l'automatisation réduit les besoins en compétence dans une profession, elle peut contribuer à la création de nouvelles catégories de travail. C'est en tout cas ce que nous racontent les "mythologues de l'échelle sans fin". Mais les temps sont différents et les machines ont changé, estime Carr. Les robots logiciels peuvent désormais prendre en charge bien plus de travail que les machines des usines n'en étaient capables. Les travailleurs de la connaissance sont eux-mêmes en train de se déqualifier, ressemblant de plus en plus à des opérateurs informatiques, estime Carr.
S'il y aura toujours de nouvelles découvertes permettant de concevoir de nouveaux produits et de nouveaux emplois, il n'y a aucune garantie que le déploiement des ordinateurs va ouvrir de vastes et nouvelles étendues d'emplois intéressants et bien rémunérés comme l'a fait le déploiement des machines d'usines. Les mythologues de l'échelle sans fin attribuent à la technologie une volonté bienfaisante qui nous libère des tâches difficiles et nous propulse dans un travail plus gratifiant. Mais la technologie ne nous libère pas plus qu'elle nous propulse, rappelle Carr. Les gens qui les conçoivent sont surtout motivés par le désir de gagner de l'argent. "Les emplois ont toujours été un sous-produit de la main invisible du marché, pas son but". Les plus grands bénéficiaires du mythe de l'échelle sans fin sont ceux qui ont acquis une énorme richesse par les effets de concentration engendrés. Nous ne devrions en tout cas pas supposer que les machines ont l'intérêt des travailleurs au coeur, concluait-il.
Dans un billet plus récent, il revient à nouveau sur le mythe de l'échelle sans fin. Désormais, rappelle-t-il, les ordinateurs jouent un rôle nouveau dans les secteurs où l'on a besoin d'analyse et de décisions. En lieu et place d'une "échelle sans fin", nous pourrions désormais être confrontés à une "rampe descendante", estime le professeur d'économie du MIT David Autor, qui parle aussi depolarisation (.pdf). Plutôt que de nous libérer des travaux les plus contraignants pour des travaux plus intéressants et plus stimulants, l'automatisation pourrait nous apporter demain tout le contraire !
Dans le New York Times, Thomas Edsall revient sur une étude (.pdf) des économistes Paul BeaudryDavid Green et Ben Sand qui mettent en avant une érosion généralisée de l'employabilité depuis les années 2000, quel que soit le niveau de compétence. Si dans les 20 dernières années du XXe siècle nous avons connu un exode des emplois les moins qualifiés vers des emplois qualifiés et très qualifiés, la perte d'emploi se fait désormais dans tous les domaines de compétences.
Pour les chercheurs, les employés sont poussés vers le bas de "la rampe de compétence" :
"Après deux décennies de croissance de la demande pour des professions nécessitant de hautes compétences cognitives, l'économie américaine a connu une baisse de la demande pour ces compétences. La demande pour des tâches cognitives était dans une large mesure le moteur du marché du travail américain avant 2000. Mais, une fois ce moteur inversé, le taux d'emploi dans l'économie américaine a commencé à se contracter."
En fait, depuis les années 2000, la concurrence dans les emplois manuels peu qualifiés s'est accrue et les travailleurs plus qualifiés ont pris la place des moins qualifiés pour des emplois eux-mêmes moins qualifiés.
11edsall-chart1-articleLarge
Graphique tiré de l'étude de Breaudry, Green et Sand montrant l'augmentation constante de 1980 à 2000 des emplois nécessitant de fortes compétences cognitives... et leur chute depuis.
Edsall rapporte que deux autres études, l'une (.pdf) par Andrew Sum et l'autre par Lawrence Mishel, qui mettent également en évidence la montée de la déqualification. Pour Andrew McAfee, le coauteur du Second âge des machines, c'est là une bien mauvaise nouvelle.
Pour Carr, c'est une preuve de plus qu'il faut remettre en question non seulement l'hypothèse que les avancées technologiques poussent les gens vers de meilleures qualifications, mais également l'idéologie même de la Silicon Valley tout entière pétrie de cette hypothèse, comme l'exprimait encore récemment l'investisseur libéral Marc Andreessen.

"Ces cariatides sont rarissimes"

Et un trésor de plus ! Après des cariatideset une impressionnante mosaïque, c'est une tête de sphinx en marbre qui a été découverte dans le colossal tombeau d’Amphipolis, en Macédoine, au nord de la Grèce.
Elle a été retrouvée dans la troisième chambre funéraire (4,5mx6m) mises au jour par l’archéologue Katerina Peristeri et son équipe. Depuis le mois de juillet, (lire sciences et avenir n°811), les découvertes se succèdent sur le site qui pourrait être la tombe d’un proche d’Alexandre le Grand, roi de Macédoine, qui vécut au IVe siècle avant JC.
La rumeur voudrait qu’il s’agisse de la sépulture de Roxane, l’épouse du célèbre conquérant, la mère de celui-ci, Olympias, ou l’un de ses généraux.La tête de sphinx de 0,60cm de hauteur, coiffait le corps d’une des sphinges situées à l’entrée du tombeau. Des fragments d’ailes ont également été recueillis.
Bernard Holtzmann, professeur émérite d’archéologie grecque, à l’université de Paris-X Nanterre, nous livre ses réactions sur ce monument d’exception.

En tant qu’éminent spécialiste de l’art grec, que vous inspirent ces récentes et exceptionnelles découvertes ?
Par bien des aspects, cette tombe ne ressemble pas aux sépultures traditionnelles macédoniennes. Jamais aucune d’elles n’a été découverte avec un lion à son sommet comme c’est le cas de celle-ci puisqu’il a été établi que la statue léonine retrouvée au début du XXe siècle en contrebas du site ornait ce tumulus. Je parle ici des tombes royales à chambre voutées, telles que les fouilles archéologiques de Vergina, l’ancienne Aigai [première capitale du royaume de Macédoine, NDLR], située à une centaine de kilomètres d’Amphipolis,  nous les ont fait connaitre. On y trouve par exemple la tombe de Philippe II (assassiné en 336 av.J.C) le père d’Alexandre le Grand (356-323 av. J.C). Jusqu’à présent, les lions trouvés en Grèce étaient uniquement associés à des tombes communes de guerriers morts au cours de batailles importantes.

Quelle autre caractéristique distingue ce tombeau ?
D’un pur point de vue architectural, on ne trouve pas de couloir d’accès, ni de porte entre l’extérieur et la première salle, comme c’est le cas habituellement dans les tombeaux macédoniens. Ce que l’on voit ressemble plus à un vestibule ouvert. Cette tombe est vraiment différente.

Quelle signification donner à la présence des deux sphinges de 2m de haut mises au jour à l’entrée, et dont on vient de retrouver une des têtes ?
Dans la mythologie grecque, les sphinges étaient des monstres féminins. Toujours assis bien qu’ailés, leur rôle était de protéger les tombes. Telles qu’on peut les voir à Amphipolis elles sont parfaitement à leur place. S’il est donc assez naturel de retrouver ces sculptures à l’entrée de la sépulture, leur présence est néanmoins archaïsante. D’une certaine façon, alors que nous sommes au IVe siècle av. J.C, nous percevons un retour à une forme d’expression des couronnements de stèles funéraires avec une sphinge gardant la tombe, telles qu’elles étaient reproduites au VIIe-Ve siècle av. J.C. Cette façon d’orner les sépultures avaient disparu à la période hellénistique (338-30 av. J.C), - époque de la construction du tombeau d’Amphipolis.

Quand fixez-vous la fin de cette période « archaïque » ?
Elle s’est achevée avec les guerres médiques entre la Perse et les cités grecques, c’est-à-dire au début du Ve siècle av J.C. La période archaïque à laquelle je fais référence couvre grosso modole VIIe et VIe siècle.

Qu’avez-vous pensé des deux impressionnantes cariatides découvertes à l’entrée de la seconde chambre?
Il faut déjà savoir que ces représentations sont rarissimes. Les cariatides se comptent sur les doigts d’une main.  Seules en existe deux ou trois à l’époque archaïque, puis à l’époque classique, au Ve siècle av. J.C, on trouve celles de l’Erechthéion, sur l’Acropole. Mais à Amphipolis, autant la présence des sphinges s’explique, autant celle des cariatides intrigue. Ces sculptures étaient utilisées en architecture en guise de colonnes. Par la suite, ce rôle sera purement décoratif. À Amphipolis, les cariatides n’ont pas de fonction architecturale (de ce que j’ai pu en voir sur les photos publiées). Elles semblent être en appliques de part et d’autre de l’entrée de la deuxième chambre. Avaient-elles à ce moment-là une fonction funéraire ? Là aussi, cela se discute. Les cariatides de Delphes se trouvaient dans  un bâtiment votif qui n’avait rien de funéraire. À Amphipolis je vois cette présence comme un artifice plutôt formel.
Pourriez-vous préciser ?

Sculpter des cariatides coutait beaucoup plus cher que de placer de simples colonnes. Il y a donc là une volonté de raffinement évident. Et dans le cas d’Amphipolis, les deux cariatides sont bien en ornement. On voit aussi que leur traitement plastique est archaïsant. Le drapé qui les enveloppe imite des drapés anciens. De même que les coiffures avec leurs ondulations
Pourriez-vous décrire ces parures ?
Les deux cariatides portent un coré, vêtement modelé dont étaient vêtues la plupart des figures féminines archaïques, en plus d’une tunique fine au-dessus, le chitôn, avec ses faisceaux de plis en zig-zag typiques de l’époque archaïque.
Le thème de « L’Enlèvement de Perséphone », pousse forcément au rapprochement avec une des peintures murales inachevées découvertes dans la « Tombe Un » de Vergina.
C’est-à-dire ?
Il s’agit d’une petite tombe à chambre, sans voute, avec un toit plat, plus étroite que celle de Philippe II, située non loin. On y a trouvé des peintures inachevées. Des œuvres de très grande qualité avec des vues en perspective qui présente ce même thème : Hermès aux pieds ailés court à côté d’un char sur lequel se trouve en cocher barbu, Hadès dieu des Enfers, en train d’enlever Perséphone, la fille de Zeus et Déméter. Ce motif est une grande scène funéraire.
De quand date cette tombe de Vergina ?
Cela est très difficile à dire car elle a été pillée, mais on la situe dans le 3e quart du IVe siècle av. JC. Entre 350 et 325 av.J.C….  
Un âge quasi contemporain de celui du tombeau d’Amphipolis (325-300 av.J.C) ?
Oui.. Et ce n’est pas tout.  Cette scène d’ « Enlèvement de Perséphone » a été retrouvée aussi en 1987, traitée de façon un peu différente, sur un objet extraordinaire situé dans la tombe dite d’Eurydice. Une des onze tombes macédoniennes découvertes à Vergina. Dans cette sépulture sans doute liée à un membre de la famille royale, -peut-être la mère de Philippe II -, se trouve un trône de marbre peint, sur le dossier duquel figure également cette même scène de l’ « Enlèvement de Perséphone »  par Hadès.
Des décors en rosaces peints retrouvés dans le tumulus Kasta ressemblent à s’y méprendre à ceux figurant sur le larnax d’or (coffret funéraire) de Philippe II de Macédoine, le père d’Alexandre…
C’est effectivement frappant. Ces décors sont absolument identiques. Mais il faudra attendre la fin des travaux menés dans cette tombe pour se prononcer. Même si le tombeau d’Amphipolis semble avoir été violé, il est un monument extraordinaire. J’ajouterai par ailleurs, -mais c’est un point de vue personnel-, que si depuis le début l’on ne découvre que des décors, c’est parce que les objets qui s’y trouvaient ont été emportés il y a déjà longtemps... Un des  arguments qui pour moi prouve la profanation des lieux, -outre les traces de passage laissées par les pilleurs -, est le déplacement du lion de marbre qui était situé à son sommet… Si celui-ci a été retrouvé en morceaux en contre bas dans la vallée en 1915, après un enfouissement de plusieurs siècles, c’est parce qu’à l’époque où il avait été emporté, il n’exerçait déjà plus sa fonction de marqueur de la tombe… Tout simplement parce qu’il n’y avait déjà plus personne à l’intérieur ! Mais je peux me tromper. Nous verrons. 

Le buzz des Etats-Unis : une star de Wall Street parie sur l’effondrement de la France

David Einhorn, PDG du fonds activiste Greenlight, recommande de spéculer à la baisse sur les obligations françaises.

Pariez sur les banques grecques, et contre la France ! Tel est le conseil prodigué lundi par l’une des grandes stars de Wall Street, David Einhorm, lors d’une conférence d’investisseurs à New York. Le PDG du fonds activiste Greenlight Capital, à qui l’on doit plusieurs coups de maître (dont l’anticipation de la faillite de Lehman Brothers dès 2007) a dressé un tableau dramatique de la situation en France : «Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce», indiquait-il dans sa présentation . Il voit d’ailleurs Athènes dans une meilleure situation que Paris : «La Grèce a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer», indique-t-il en dénonçant en vrac la taxe à 75%, les 35 heures et les tensions avec la Commission européenne autour du dernier budget «anti-austérité». Chiffres à l’appui, il montre que la charge de la dette payée par la Grèce est désormais inférieure à celle de la France (en pourcentage de leur croissance).

Et pourtant : la dette à 10 ans se négocie à 1,3% en France et à 9% en Grèce. «Si les marchés révisent le risque souverain français à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre (à découvert) la dette française», conclut-il. Il recommande, à l’inverse, d’acheter des obligations de banques grecques (Alpha, Piraeus, NBG,Eurobank, etc.). «Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister

Le «Made in USA» gagne encore du terrain

Plus d’une entreprise américaine sur deux (54 %) envisage de relocaliser sa production aux Etats-Unis, selon l’étude publiée mercredi par le cabinet de conseil BCG. Près d’un quart d’entre eux affirment même avoir enclenché le processus de relocalisation de leur production aux Etats-Unis. Grâce à une énergie bon marché et une grande flexibilité du marché du travail, le pays est ainsi redevenu la destination la plus choisie (27%) pour implanter de nouvelles usines américaines, dépassant la Chine (23%) et le Mexique (24%). Cette tendance devrait encore se renforcer dans les prochaines années, estime le BCG  : d’ici à cinq ans, près de la moitié des forces de production américaines (47%) devraient se retrouver sur le territoire américain. La Chine n’abritera ainsi plus que 11% de la production des compagnies américaines vendue aux Etats-Unis.

Les Républicains ont 95% de chances de remporter le Sénat

Les sondeurs parient tous sur un raz-de-marée républicain lors des élections au Congrès, le 4 novembre prochain. Le New York Times estime à 66% leurs chances de remporter le Sénat. Le célèbre sondeur Nate Silver parie sur eux à 58%. Mais ce sont les sondeurs du Washington Post qui affichent les positions les plus tranchées : selon eux, les républicains ont désormais 95% de chances de remporter la majorité dans la Chambre haute. Ils n’ont besoin de remporter que 6 sièges pour cela. Les élections vont se jouer dans quelques Etats clés : la Caroline du Nord, le Kentucky, la Géorgie, le Kansas, l’Iowa, le Colorado, la Louisiane, l’Alaska et l’Arkansas.


L’élection a beau laissé peu de suspense, il n’est pas certain que l’on sache dès le 4 novembre si les Républicains ont réussi leur pari, et ce pour deux raisons : la Louisiane et la Géorgie ont des règles un peu bizarres, qui excluent qu’un candidat remporte l’élection s’il n’a pas au moins 50 % des voix. De nouvelles élections devraient donc avoir lieu dans les prochaines semaines pour confirmer la désignation de tel ou tel candidat, ce qui reportera d’autant la formation définitive du Sénat. Autre spécificité : le candidat qui a le plus de chances d’emporter la mise au Kansas est non-étiqueté. Il faudra donc peut être attendre quelques jours pour savoir s’il se rallie finalement au camp démocrate ou républicain.
 

jeudi 23 octobre 2014

Dette française: David Einhorn, investisseur star à Wall Street, appelle à spéculer contre la France

En matière de finance, tout est souvent histoire de confiance. Et on peut dire que la France a quelques petites raisons de s'alarmer. Le patron du fonds spéculatif américain Greenlight Capital a pointé du doigt la confiance octroyée à Paris, qui serait surévaluée. Selon David Einhorm, cité par Les Echos, les détenteurs de bons du trésor français devraient se dépêcher de vendre avant la catastrophe. "Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce", insiste l'investisseur activiste.
Les critiques à l'égard de Paris sont récurrentes, notamment de l'autre côté de l’Atlantique. Mais le fait que David Einhorm lève la voix n'est pas anodin. Particulièrement écouté, il s'est rendu célèbre en 2008 pour ses critiques contre Lehman Brothers avant sa faillite. S'il a bâti sa fortune en spéculant contre la banque d'affaires, David Einhorm est connu pour aimer prouver aux autres qu'ils ont tort.
On retiendra notamment une violente attaque dirigée en 2011 contre Steve Ballmer, le patron de Microsoft à l'époque. Ce dernier a depuis été contraint à la démission, donnant raison au jeune capital-risqueur (41 ans). Il est présenté comme le successeur de Carl Icahn, l'investisseur qui dicte la politique financière d'Apple, récemment responsable de la scission eBay/PayPal.
La France "semble trop fière pour se réformer"
Que dit David Einhorm sur la France ? "Si les marchés révisent le risque souverain à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre la dette française", a-t-il conseillé lors de son speech annuel, disponible sur Business Insider. Pour lui, la France "semble trop fière pour se réformer", évoquant pèle-mêle la semaine des 35 heures, la taxe à 75% sur les hauts revenus et les tensions avec la Commission européenne.
En comparant Paris à Athènes, il estime même que la charge de la dette payée par la Grèce est inférieure à celle de la France. En effet, la croissance hellène devrait être de 2,9% en 2015, contre 1% chez nous. Sur la ratio poids de la dette/croissance, il n'a pas tort. "Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister", rajoute-t-il.
www.huffingtonpost.fr/2014/10/23/dette-francaise-einhorm-note-agence-notation_n_6033106.html#slide=start Les agences de notations suivent en tout cas cette direction: début octobre, Standard & Poor's a maintenu la note française à "AA", en modifiant toutefois sa perspective de "stable" à "négative". Quelques jours après, Fitch a pris la même décision. Cela ouvre la voie à une nouvelle dégradation de la note, et avec ça le risque d'emprunter plus cher sur les marchés. Mais qu'on se rassure, les investisseurs ont continué à faire confiance à la France malgré plusieurs dégradations successives. Paris est toujours considéré comme un placement de "haute qualité".

Néanmoins, si des attaques aussi médiatiques que celles de David Einhorm se multipliaient, la spirale positive pourrait s'inverser.

'La Fed continuera à imprimer de l'argent jusqu'à ce qu'Hillary Clinton soit élue'

a Federal Reserve est susceptible d’imprimer de l’argent jusqu’aux prochaines élections présidentielles, a estimé Peter Thiel, le co-fondateur d'entreprises de technologie telles que PayPal et eBay, et le premier investisseur externe de Facebook, dans une interview donnée à Glenn Beck, du site d’actualités conservateur The Blaze.
Beck introduit le dialogue en relatant que pendant la pause, les deux hommes ont parlé du système monétaire.  De combien de temps disposons-nous avant que le système n’implose ? », demande l’animateur à Thiel. «Oui, c’est étonnant qu’ils aient pu faire cette impression de monnaie pendant déjà 6 ans », a répondu Peter Thiel.
Un appauvrissement lent se produit, quand vous avez des taux d’intérêt à 0%, alors que le taux d’inflation est toujours de 2% par an, donc sur 6 ans, c’est comme si vous aviez confisqué 12% de l’argent des gens. C’est donc comparable à ce qu’a fait le gouvernement de Chypre : ils ont confisqué 10% du jour au lendemain. Nous l’avons fait plus lentement, mais nous avons eu une confiscation du niveau de ce qui s’est fait à Chypre, aux Etats-Unis, sur les 6 dernières années. Il n’y a pas tant d’inflation que cela, mais ce niveau est toujours suffisant pour éroder doucement les choses.
Je suppose que cela s’arrêtera quand l’inflation commencera à augmenter, et elle n’a pas besoin de monter de beaucoup pour faire beaucoup de dégâts, parce que dans les années septante, quand il y avait un peu d’inflation, il y avait toujours des taux d’intérêt élevés. Quand vous aviez 8% d’inflation, vous aviez des taux d’intérêt de 8%, donc pour votre compte bancaire, c’était en gros une opération blanche. Si l’inflation s’élève à 3 ou 4% aux Etats-Unis, et que vous ne gagnez rien, alors là, vous souffrez ».
Thiel note que la Federal Reserve est dirigée par des gouverneurs démocrates, et il pense qu’ils feront  tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer une victoire électorale à Hillary Clinton lors des élections présidentielles qui auront lieu dans deux ans aux Etats-Unis.
Cependant, d’après Thiel, même si cette stratégie réussit, Clinton n’obtiendra qu'un seul mandat de président, et d’ailleurs, nul ne voudrait être le prochain président des États-Unis en raison des problèmes économiques insurmontables à traiter.
« Ils ne pourront pas continuer comme ça pendant encore 6 années supplémentaires», dit Thiel, expliquant qu’il y aura forcément un moment de rupture, et que les problèmes referont surface.  « Il y a un bon côté  à la présidence de Clinton, c’est que cela rétablira la clarté.  »

Contre-vérité

Contre-vérité

 Que la France ait des difficultés à se réformer est une contre-vérité éhontée. Au contraire, chaque jour, elle lutte contre ses scléroses et met à bas ses forteresses. Une de ses habitudes les plus ancrées est de constituer une commission, un comité ou une instance. Leur utilité est contestable tel ce Conseil national du froid qui existait jusqu’à l’année dernière. Au point que ces juridictions ne se réunissent que quelques fois, voire pas du tout. Aussi le gouvernement, ne reculant devant aucune difficulté, faisant du courage et de l’audace ses devises comme on le sait, entend les abroger. En un an, il a supprimé 58 de ces organismes. L’effort est gigantesque : il n’en reste plus aujourd’hui que 536. En une dizaine d’années, le problème sera résolu. Il suffit d’attendre.

Eloge de l’entreprise privée

Eloge de l’entreprise privée

De tous les hommages rendus au charismatique patron de Total, l’un des plus spectaculaires est venu de l’intérieur même de la compagnie : la rapidité, la précision avec lesquelles s’est opérée la transmission de pouvoir, à peine 36 heures après le tragique accident, sont un hommage à la qualité de ce dirigeant d’exception que fut Christophe de Margerie. Dans ce processus éclair et maîtrisé, on retrouve en effet tout ce qui distingue les grandes entreprises bien gérées des autres organisations : laisser le moins de place possible à l’improvisation, préparer sa succession, parier sur l’interne, s’appuyer sur un conseil d’administration solide, mettre en place les conditions d’une poursuite de l’activité. En toutes circonstances.
Comment, d’ailleurs, ne pas comparer la manière dont cet exercice extrêmement délicat qu’est une succession a été géré chez Total, avec la confusion déplorable qui règne le plus souvent dans les entreprises où l’Etat a son mot à dire. Deux candidats chez Total semblaient en position de prendre la relève, avec tout ce que ce genre de transition en interne peut avoir comme avantage : les prétendants avaient déjà une ancienneté de plusieurs décennies et une connaissance intime des grands métiers du groupe. Ni le contexte politique ni l’interférence de l’Etat n’ont déréglé cette fragile horlogerie. Il suffit de songer à l’atmosphère de secret, de pressions, de jeux d’influence et de manœuvres politiques dans laquelle s’est décidé le départ d’Henri Proglio de la présidence d’EDF pour comprendre à quel point ces deux univers – actionnariat privé et actionnaire public – sont différents et combien leurs préoccupations peuvent être opposées.
Au-delà de la personnalité de Christophe de Margerie, sa succession à la tête d’une entreprise sûre de son destin achève de faire de lui un grand manager.

Une feuille de paie vraiment plus simple

Le gouvernement l’a déjà dit plusieurs fois, Emmanuel Macron en premier, rapidement suivi des bégaiements rassurants du président Hollande : le pays a vraiment besoin de retrouver confiance en lui, et pour cela, il doit passer par une nécessaire simplification de son administration. C’est un véritable choc auquel il faut s’attendre, et ce choc de simplification commencera par quelque chose de très concret : la feuille de paie.
Pas de doute, le gouvernement y va d’autant plus cash que les paies de fin de mois ne sont plus payées en cash depuis des lustres et nécessitent, jusqu’à présent, d’encombrantes démarches et de pénibles calculs pour aboutir à une feuille officielledans les normes. En effet, tout salarié doit le savoir, mais pour qu’une feuille soit correcte, il lui faut respecter un nombre impressionnant de critères complexes.
Outre les mentions habituelles et évidentes portant identification du payeur et du payé, la feuille doit aussi clairement établir les organismes qui toucheront les cotisations, ainsi que la myriade de petites bricoles qui circulent en orbite basse autour de la paie mensuelle, comme les tickets restaurants, les jours de congés, le total des cotisations versées, les nets et bruts imposables, et les comptes bancaires de versement. Notez que jusqu’ici, on n’a pas encore abordé le contenu même de la feuille, qui détaillera ligne à ligne ce qui est dû, ce qui est prélevé au titre de la retraite, des impôts, des taxes, des assurances vieillesse, chômage et autres. Bien évidemment, chacune de ces lignes répond à une mécanique propre, des taux spécifiques, dont les variations, pluriannuelles, doivent être scrupuleusement respectées par l’organisme payeur (le salodepatron) sous peine de poursuites probables.
bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !
En tout, il n’est pas rare que cette feuille de paie s’étende langoureusement sur deux pages, écrites petit, et que les calculs, complexes, échappent assez vite tant à la vigilance du payeur que des organismes collecteurs et enfin du salarié qui s’emmerde assez rarement à vérifier que tout y figure bien correctement, que les calculs sont exacts, les taux sont les bons, et les mentions légales complètes. On le comprend, en France, payer ses salariés relève rapidement d’un exercice administratif de haute volée, où le patron, s’il n’est pas aidé d’un expert-comptable, devra se doubler d’un solide fiscaliste pour savoir éplucher les bons codes et retrouver les données et taux sociaux à appliquer.
Il n’était donc que justice que les membres du gouvernement se penchent enfin sur la question pour dépoussiérer un peu ces vilains codes complexes, et nettoient quelque peu la feuille de paie. Vu l’ampleur de la tâche, ils s’y mirent sans doute à plusieurs et relevèrent le défi. Pour eux, une façon évidente de simplifier l’ouvrage consistait à en laisser choir une partie, plof, comme on coupe une jambe gangrenée pour éviter qu’elle emporte le malade tout entier : en réduisant de la feuille l’encombrant calcul des cotisations salariales à sa plus simple expression, on gagnait une place non négligeable. Mieux : en sucrant purement et simplement toute mention des cotisations patronales, la feuille s’en trouvait considérablement allégée.
Youpi. La presse, avertie, n’avait plus qu’à relayer les bonnes idées gouvernementales. Et vas-y que ça nous fait une feuille plus courte (ben tiens, si on fait sauter tous les postes où l’argent s’évapore, c’est d’un coup plus limpide) ! Et vas-y qu’on décortique pour le benêt de salarié ce qui va disparaître, heureux gagnant qu’il est d’une feuille enfin courte et lisible qui n’affichera plus qu’il gagnait en réalité bien plus que la maigre somme déclarée tout en bas avant la fort généreuse « redistribution » effectuée tant par lui-même que par son patron, à son corps défendant mais sans qu’il lui soit laissé le choix, parce que Ta Gueule C’est Magique.
vite simplifions l'administration
Superbe bond en avant d’une certaine vision édulcorée de la réalité : maintenant, il n’y aura plus de cotisations, mais un simple montant, d’une ligne, correspondant à une disparition (magique) d’un bout de salaire pour aller (toujours de façon magique) abonder à des organismes (sans intérêts) qui font des trucs et des machins en rapport avec la retraite, le chômage et la maladie. Et, d’après les calculs (d’autres, encore plus sioux et raffinés, soyez-en sûrs) de Matignon, cette édulcoration drastique permettra d’économiser plusieurs milliards d’euros par an aux entreprises, à raison d’une dizaine par feuille de paie, par mois.
Notez bien que les calculs, derrière, restent strictement identiques et que le travail ici proposé correspond essentiellement à un « revamping » de la feuille de paie pour la rendre sexy. Le patron (ou son expert-comptable) restera confronté au même casse-tête, aux mêmes taux changeants, aux mêmes avalanches de ponctions diverses allant à différents endroits tous aussi obscurs et mal gérés les uns que les autres. Ces calculs, étant les mêmes, cela veut dire que les deux milliards d’euros d’économies attendues le sont donc sur le toner d’imprimante et le papier des feuilles de paie. Voilà une économie dont le pays ne pouvait vraiment pas se passer.
À la limite, j’encouragerai bien le gouvernement à sauter le pas suivant et débarrasser la feuille de paie de toute mention vraiment complexe, pour aboutir à un modèle résolument plus simple et optimiste, à l’instar de celui présenté ci-dessous.
nouvelle feuille de paie ultra simplifiée
Cependant … Quand je dis que le casse-tête, pour l’employeur, reste le « même », je veux simplement dire qu’il existera toujours, caché derrière la petite ligne concentrée présentée à ce salarié trop bête ou trop las pour affronter la réalité du paquet affolant de ponctions incompréhensibles sur son salaire. En revanche, grâce à la « simplification » récente, l’ampleur de ce calcul va changer pour … s’accroître encore un peu.
Parce qu’en fait de simplification, on apprend de façon parallèle et pas trop médiatisée (pour le coup) que cette opération de camouflage sur la feuille de paie s’accompagnera au premier janvier 2015 de l’introduction d’une nouvelle contribution URSSAF destinée au financement mutualisé des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs. Oui, vous avez bien lu : les changements introduits dans la nouvelle feuille de paie, non contents de dissimuler habilement au salarié le coût réel de sa protection sociale, serviront aussi à faire financer les syndicats directement par le salarié, indépendamment du fait qu’il soit ou non syndiqué. Vous pouvez toujours ne pas vouloir financer la CGT ou FO, vous n’y couperez donc plus.
oh filoche
Et lorsqu’on voit les modalités de ce nouveau financement, on se dit que la fameuse simplification est une nouvelle usine à gaz greffée à la précédente, déjà connue pour être assez monstrueuse. Et le taux, bien évidemment variable d’une année à l’autre, au plancher de 0.014% et plafonné à 0.02%, sera — rassurez-vous, et pour reprendre les termes du décret — fixé par l’accord national interprofessionnel agréé par le ministère et calculé sur une base déplafonnée, voili voilà, c’est très simple, n’est-ce pas. La créature de Frankestein qu’est devenue la feuille de salaire française continue donc son évolution vers le pire, avec un nouveau bras, une demi-jambe et toujours pas de couilles.
Youpi, le délire collectiviste continue donc bon pied, bon œil. On se gaussera de savoir que les Socialistes Officiels (du PS), ou les Honteux (de l’UMP), haïssant le Front National, le financent tout de même grâce à leurs impôts, ou que les fervents électeurs du FN, grâce à leur contribution fiscale, abondent aux caisses du FdG, du NPA ou du PC… Ce système inique est maintenant étendu dans le monde du travail en imposant aux salariés de financer les syndicats qui ont maintes fois prouvé leur parasitisme et leurs gros penchants mafieux, le tout en cavalier d’une « simplification » de la feuille de paie qui vise à conserver les Français dans l’ignorance des coûts réels de leur protection.
Mais ne vous inquiétez pas : tout ceci est prévu, calculé, calibré pour créer de l’emploi, redresser la situation économique française et nous sortir de la crise, si si.
Ce pays est foutu.

mercredi 22 octobre 2014

Le balancement névrotique de la réforme

Qui croire ? Martine Aubry lorsqu’elle propose, avec les frondeurs, de réorienter 20 milliards d’euros de baisses de charges vers les ménages ? Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, qui lui répond par la négative mais demande au Medef d’arrêter de « quémander toujours plus » ? Ou le sénateur PS Gérard Collomb, critique d’une ligne trop fluctuante, qui assène que l’« on ne peut prendre de mesures sociales fortes si on ne se donne pas les moyens d’une économie performante » ?
Dans cette cacophonie anxiogène, le Premier ministre surnage avec difficulté. Manuel Valls a beau se présenter en garant de la cohérence gouvernementale, le voilà dans le sable mouvant de la synthèse hollandaise, obligé de composer, d’équilibrer, de neutraliser pour éviter d’être englouti par l’absence de résultats. Comme si toute concession au principe de compétitivité passait par un retour à l’étatisme, rempart pour éviter tout procès en ultra-libéralisme.
Ainsi, sa politique de l’offre se double d’une relance de la demande, au prix de déficits persistants. Ainsi, sa déclaration d’amour à l’entreprise se trouve contrebalancée par des mesures abracadabrantesques en passe de jeter les patrons dans la rue : en un donnant-donnant névrotique, CICE et Pacte de responsabilité sont censés compenser les folies du compte pénibilité et le surréalisme des dispositions Hamon sur la cession d’entreprise…
Dans une conjoncture déprimée, le gouvernement est arrivé au bout de ce double langage permanent, de ces stratégies à trois bandes incompréhensibles, de cette quadrature budgétaire insoluble faute de réformes structurelles. Cette arithmétique politique a tué la confiance. Ite missa est.

'L'union monétaire ressemble à un train qui se dirige lentement vers l’appauvrissement, et que l’on ne peut arrêter'

«Les plus grandes économies de la zone euro - l'Italie, la France et l'Allemagne - ne parviennent pas à échapper à la stagnation et sont probablement déjà en train de se contracter. Mais la vraie menace n'est pas le genre de désastre financier qui a failli disloquer l’union monétaire il y a trois ans. La promesse de la Banque centrale européenne de garantir les bilans des banques et des gouvernements a largement compensé ce risque.
Le danger le plus grand pourrait venir d’un effondrement politique - les citoyens de la zone euro continuent d’abandonner les partis traditionnels et manifestent avec leur vote qu’ils voient l'union monétaire comme un train qui se dirige lentement vers l’appauvrissement, et que l’on ne peut arrêter. »
« L'euro est condamné, tout comme la lire, la drachme et la peseta ont échoué. Par conséquent, à mes yeux, nous ferions mieux d’arrêter maintenant, et minimiser les pertes, plutôt que d'attendre que la foudre s’abatte sur la totalité de la zone euro », écrit Edin Mujagic sur Jalta.nl.
Est-ce que ce n’est pas cher pour sortir de l'euro ? Oui, sans doute. Mais il est aussi cher d’y rester et les chances sont grandes que ce soit encore plus cher plus tard – si ce n’est pas déjà le cas – de l’arrêter.
(...) Horst Siebert, un économiste allemand, a déclaré dans les années nonante que l'euro échouerait si l'union monétaire n’était pas cantonnée au nord des Alpes. Il avait raison. Les modèles économiques et les normes économico-financières au nord des Alpes et au sud de ces dernières sont aussi différents que la nuit et le jour.
La seule façon dont l'euro peut continuer à exister, c’est par notre adoption du modèle économique des pays du Club Med, ou alors qu’ils appliquent le nôtre. Il est clair que les pays du Sud ne veulent pas s'adapter. Donc, à nous de partir. Ou plutôt, (...) serait-il préférable que nous nous adaptions au Club Med ? ».

Une information

Une information

 On apprend de ces choses de nos jours. La multiplication des sites d’actualité, leur souci de se différencier les uns des autres et d’apporter un « plus », conduisent à proposer des à-côtés proprement hallucinants. A partir du drame de Christophe de Margerie, l’un d’eux va jusqu’à consacrer un long développement… à la moustache. Des spécialistes ont été appelés en renfort pour traiter de la question. Une de ces éminences se qualifie fort sérieusement de « barbier paysagiste ». Elle révèle que le patron de Total avait des « moustaches de chat en colère qui nécessitent un brossage quotidien ». Il pouvait en être fier car en Europe «  peu de gens ont ce genre de pilosité faciale ». D’autres détails tout aussi passionnants suivent. C’est ce que l’on appelle de l’information.