TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 24 août 2012

Rentrée : les mesurettes du gouvernement Ayrault coûteront plusieurs milliards d’euros

Aucune des mesures annoncées le 21 août par le gouvernement Ayrault n’a pour objectif de réaliser des économies. Toutes annoncent une hausse de prélèvements.
Alors que les hypothèses de croissance s’étiolent et que le gouvernement doit trouver 33 milliards d’euros pour ramener le déficit à 3% en 2013, on pouvait espérer que Matignon mette le cap sur la réduction de la dépense publique. Espoir déçu : aucune des mesures annoncées le 21 août n’a pour objectif de réaliser des économies. Toutes alourdissent la charge financière de l’État et, pire, annoncent une hausse de prélèvements.
- Emplois jeunes : Le projet de loi visant à créer 150 000 "emplois d’avenir" en 2013 et 2014 qui sera soumis au Parlement dès la fin du mois de septembre est le énième emplâtre que l’État va plaquer sur le chômage des jeunes. Ces emplois seront subventionnés à hauteur de 75%. Ces CDI ou CDD seront réservés  aux jeunes de 16 à 25 ans, peu qualifiés, des quartiers en difficulté, etc. Comme d’habitude, les enfants issus des classes moyennes n’auront droit à rien. Le coût du projet est estimé à 1,5 milliards d’euros par an, soit, au minimum, 3 milliards sur 2 ans. Cette ardoise s’ajoute à celle des 80 000 emplois aidés votée durant l’été pour 2012.

Un premier ministre en surchauffe !
- Réduction du prix des carburants : Selon les chiffres fournis par l’Union Française des Industries Pétrolières (Ufip), la réduction du prix des carburants – envolée la promesse de blocage des prix ! – plombera sérieusement les comptes de la nation. Cette baisse de la fiscalité des carburants coûtera 125 millions d’euros par trimestre à l’État pour chaque centime de baisse concédé, assure l’Ufip. Pour que cette baisse soit perçue comme significative par les consommateurs, il faudrait qu’elle se situe au bas mot autour de 7 à 8 centimes/litre. Si on retient l’hypothèse d’une baisse de 7 centimes programmés sur 3 mois, le coût approchera des 900 millions d’euros. Au quatrième rang des recettes fiscales de l’État derrière la TVA, la TICPE rapporte environ 14 milliards d’euros à l’État en année pleine.
- CSG : Pour financer ces mesures et trouver une partie des 33 milliards attendus pour boucler le budget 2013, Jean-Marc Ayrault n’exclut pas un relèvement de la contribution sociale généralisée (CSG). C’est un joli pied de nez que la majorité se fait à elle-même. En juillet, Jérôme Cahuzac, ministre délégué chargé du budget, indiquait : « La hausse de la CSG ne fait pas partie du programme de la loi de finance initiale ». « Le budget 2013 n’envisage pas cette mesure-là. Des économies sont nécessaires, nous allons faire des économies ».
- Nouvelles ponctions à venir : Jean-Marc Ayrault a indiqué que  le gouvernement « s’adaptera » si la croissance de l’économie française n’est pas au rendez-vous. Pour l’instant l’hypothèse de croissance retenue est de + 1,2%. Elle est optimiste. Selon la prévision moyenne dressée par Consensus Forecast à partir d’une vingtaine d’instituts publics et privés, cette croissance serait de 0,5% en 2013 après 0,1% en 2012. Or, si la croissance est révisée à la baisse, les recettes de l’État diminueront en proportion et ce ne sont plus 33 milliards qu’il faudra trouver mais davantage, la somme de 40 à 45 milliards étant déjà évoquée par certains économistes. Une fois de plus, les contribuables ont du souci à se faire…

« Rentrée » sans « sortie » 


« Rentrée » ! Voilà un terme bien français, aux connotations inconnues ailleurs en Europe voire dans le monde. Comme si en été, tous les problèmes s’enterraient dans le sable, un comportement de survie, paraît-il prêté aux autruches. Quitte, ensuite, à parler de « rentrée politique » française (apparemment faite) en attendant la « rentrée sociale », forcément houleuse. Et en appréhendant la « rentrée européenne » dont la rencontre, hier à Berlin, du président Hollande avec la chancelière Merkel serait la première étape.
En réalité, une rencontre-constat de plus. Parce qu’il n’y a jamais eu de « sortie » de la crise européenne, même si à Paris – vacances gouvernementales, présidentielles et parlementaires obligent – on a voulu oublier. Parce que la Grèce, l’Espagne et l’Italie étalent au grand jour leurs insurmontables problèmes économiques et financiers. Problèmes dans lesquels la France, au bord de la récession et devant le gouffre de ses endettements abyssaux, ne veut surtout pas se reconnaître. Parce que rien, absolument rien, n’est résolu.
Commençons par la Grèce, de nouveau au cœur de l’actualité. Son Premier ministre Samaras fait une tournée de charme en demandant « plus de souffle » pour son pays, en jurant (une fois de plus) par tous les dieux de l’Olympe qu’Athènes respectera ses engagements envers ses partenaires. Or, on sait déjà par la « troïka » (UE, BCE, FMI) que la Grèce ne bouge pas sur l’essentiel (privatisations, lutte contre la fraude fiscale et le clientélisme…) tout en passant à la taille sa population la plus démunie. Inutile de s’appesantir sur les autres épisodes de la crise européenne comme les exigences de l’Espagne pour ses banques et les très légitimes « corrections » voulues par l’Italie, troisième et incontournable puissance industrielle du continent. Sans oublier le poids des politiques intérieures dans chaque pays. Par exemple, en Allemagne, où la chancelière Merkel rencontre de plus en plus de difficultés et où la politique européenne est déjà suspendue aux décisions que rendra la Cour constitutionnelle de Karlsruhe le 12 septembre.
Terminons (s’il faut d’autres illustrations de l’impuissance européenne…) par les déroutants pas-de-deux de la Banque centrale de Francfort enferrée dans ses statuts, toujours prête à démentir ses propos de la veille…
Bref, tout reste à faire en Europe et pour l’euro. 
Avec ou sans sourires dits amicaux échangés hier entre François Hollande et Angela Merkel.

Ségolène 


Et pourquoi elle n’y va pas, Ségolène, à la Rochelle ? Elle est socialiste, non ? Et puis elle est un peu chez elle, là-bas, puisque la Rochelle, c’est la Charente-Maritime, et donc la région Poitou-Charentes qu’elle préside. Elle pourrait tout de même y accueillir ses nombreux amis qui l’ont soutenue en 2007 quand elle briguait l’Élysée, et qui lui doivent tous un peu de leur maroquin d’aujourd’hui…
En plus, elle était à Poitiers il n’y a pas deux jours, avec sa copine écolo Duflot. Allons, Poitiers-La Rochelle, même en Mia, la voiture électrique qu’elle trimbale partout – avant c’était le Chabichou – c’est trois heures de route maxi… Pourquoi elle n’y va pas Ségolène ? À cause de Falorni, qui a été élu député par les Rochelais alors qu’elle, elle avait pourtant été nommée députée par le parti ? Voyons, madame Royal, la défaite en politique c’est préparer l’avenir. Alors il ne faut pas bouder. Car bientôt, le PS aura de nouveau besoin de vous. 
Quand la droite sera revenue .

ET QU'IL FAUDRA RETROUVER UNE BRAVITUDE ?

PS : de l'euphorie à l'angoisse du pouvoir

Réunis à La Rochelle pour leur université d'été, les socialistes ont des états d'âme face aux choix du gouvernement.

Grande première pour les socialistes. Jamais, depuis la création des universités d'été de La Rochelle, ils n'avaient abordé la rentrée dans une telle situation: avec quasiment tous les pouvoirs entre les mains, de l'Élysée à Matignon en passant par l'Assemblée nationale, le Sénat et les collectivités territoriales. Pourtant, c'est sans euphorie et sans grand optimisme que les socialistes ouvrent vendredi (pour trois jours) leur grande réunion annuelle. Avant c'était simple, il suffisait de s'en prendre à Nicolas Sarkozy. Désormais, c'est plus compliqué, il faut agir. «Nous sommes encore dans cette espèce d'entre-deux, entre le sucre de la victoire et l'inquiétude de gouverner», confie Jean-Christophe Cambadélis. C'est que l'été de François Hollande a laissé des traces et commencé à susciter des interrogations jusqu'au sein de son propre camp.
Roms, Syrie, croissance, avenir de l'euro, sécurité… le «rêve français» du candidat Hollande s'est enlisé dans l'exercice du pouvoir. «Ce n'est pas l'euphorie, ce n'est pas “tous heureux” comme on a pu le ressentir en 1981 ou 1997, constate la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Les socialistes sont à un carrefour. Ils sentent bien qu'il y a dans l'opinion un petit mouvement.»

Signes de défiance

La rentrée des désillusions? Dans les mesures annoncées par Jean-Marc Ayrault, certaines semblent déjà traduire un renoncement par rapport aux promesses de campagne. Le blocage «immédiat» du prix de l'essence est devenu une baisse «modeste et provisoire». Le doublement «immédiat» du plafond du livret A sera finalement progressif. Sans compter la hausse du smic qui, sans figurer précisément dans les engagements de campagne de Hollande, était tout de même un marqueur de gauche fort. Elle s'est finalement limitée à 2 %, au grand dam de la gauche du PS.
Comme pour se mettre eux-mêmes en garde contre la tentation de renoncer à leurs promesses de campagne, les socialistes ont programmé samedi la diffusion du film L'Exercice de l'État qui décrit froidement la lassitude et le renoncement en politique. Mais déjà les déçus de l'élection présidentielle commencent à se faire entendre, jusqu'au sein même du PS où l'aile gauche n'en finit pas de réfléchir au dépôt d'une motion lors du prochain congrès de Toulouse. Ce serait un signe de défiance adressé directement à Jean-Marc Ayrault qui avait accepté de s'allier à Martine Aubry pour appeler à une motion unique de soutien à l'action de François Hollande. Les soutiens du président ressentent d'ailleurs du vague à l'âme. Alors que leur mentor s'est installé à l'Élysée, «ils ont le sentiment que l'appareil leur échappe, qu'ils sont les couillons, les dindons de la farce», explique un élu PS.

«Se tirer une balle dans le pied»

À cela s'ajoutent les attaques venues de l'extérieur du parti, notamment de Jean-Luc Mélenchon. Une partie de l'ancien courant de Benoît Hamon est tentée de se faire entendre pour ne pas laisser le champ libre au leader du Front de gauche. Depuis le début de l'été, il menace de ne pas voter le traité européen renégocié par Hollande.
La grogne est suffisamment forte pour que le leader de l'aile gauche du PS, aujourd'hui ministre, prenne lui-même la peine d'appeler ses amis à la patience. «Parier aujourd'hui sur l'échec de François Hollande, c'est se tirer une balle dans le pied, prévient Benoît Hamon dans un entretien au Parisien. Je suis favorable à ce que le débat vive à gauche mais la situation est trop grave pour que l'on se divise artificiellement.» Silence dans les rangs, donc.
Sauf que les Verts n'ont pas l'intention de se taire. Et leurs prises de position contre le gouvernement - prix de l'essence, gaz de schiste - commencent à agacer au PS où l'on a toujours du mal à accepter que ces alliés turbulents aient pu décrocher un groupe à l'Assemblée nationale et deux portefeuilles ministériels. Mais les socialistes veulent, cette fois au moins, réussir leur rentrée. Harlem Désir l'assure: «Les universités d'été doivent montrer un PS de militants, ouvert et rassemblé, au moment où la droite est incapable de se rassembler sur un même campus et se déchire pour la présidence de l'UMP.»


Des couacs en série 
Dès les premiers jours du gouvernement, il y a eu plusieurs couacs, notamment de la part de Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale, avec la fin programmée ou non de la semaine des 4 jours. Il y avait eu aussi le recadrage de Nicole Bricq qui avait dû quitter son ministère de l'Écologie pour celui du Commerce extérieur après un cafouillage concernant une autorisation d'exploration pétrolière au large de la Guyane. Pour savoir quelle action mener afin de freiner la hausse des prix à la pompe, Pierre Moscovici a lancé une réflexion cet été. Mais alors que le ministre de l'Économie attend, ce vendredi, un rapport qu'il a commandé à l'IGF et au conseil général des mines sur la formation des prix de l'essence, qu'il reçoit lundi les associations de consommateurs et mardi pétroliers et distributeurs, le premier ministre n'a pas hésité dès mercredi à vendre la mèche  - en l'occurrence que l'État baissera «modérément» et «provisoirement» les taxes. Petit couac aussi autour de la communication sur le livret A. Alors que Jean-Marc Ayrault indiquait mercredi qu'«aucune décision n'était prise» sur la fiscalisation des revenus tirés de la hausse du plafond du livret A, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a annoncé dans la foulée qu'ils resteraient épargnés. Le ministre balayait ainsi le flou autour de la mesure, mais ne donnait pas l'impression d'une grande cohérence de communication.

Hollande a déjà déçu les siens

Hervé Gattegno, rédacteur en chef au "Point", intervient sur les ondes de RMC du lundi au vendredi à 8 h 20 pour sa chronique politique "Le parti pris".
Comme chaque année, les socialistes se retrouvent ce week-end à la Rochelle pour leur université d'été. Ils pourraient y fêter leur retour au pouvoir mais l'humeur des socialistes ne semble pas à la réjouissance. Votre parti pris : François Hollande a déjà déçu les siens. Vous êtes sûr ?

Étonné lui-même de son poste de Président de la République.
L'an dernier, à La Rochelle, les socialistes étaient en pleine primaire ; ils avaient éludé les désaccords et posé tous ensemble pour la photo. Cette année, ils ne devraient pas avoir à se forcer. Ils devraient être en liesse : François Hollande est à l'Élysée, et le PS contrôle l'essentiel des pouvoirs. Or l'ambiance est moins rose que morose. Le miracle attendu ne s'est pas produit. Le gouvernement a du mal à créer une dynamique, la croissance est en panne et les sondages à la baisse. Il y a de la déception dans l'air. François Hollande voulait "réenchanter le rêve français" ; on dirait qu'il a désenchanté les socialistes.
Est-ce que cette impression ne vient pas du fait que l'aile gauche du PS espère encore une politique plus radicale, notamment sur la fiscalité ou sur le droit du travail ?
Bien sûr - mais c'est un espoir qui est répandu au-delà de la gauche du PS. La plupart des socialistes, comme leurs alliés des Verts, ont rêvé d'une politique nettement ancrée à gauche. Pendant la campagne, ce n'est pas le François Hollande gestionnaire qu'ils ont aimé, mais celui qui désignait la finance comme son "ennemi". Aujourd'hui, ils ont l'impression de revivre les renoncements de l'ère Mitterrand, mais en accéléré. Psychologiquement, c'est comme si, trois mois après la victoire, on était déjà à mi-mandat. Alors que, politiquement, le plus dur reste à faire.
Vous pensez qu'il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne durant son quinquennat ?
Personne ne l'a jamais fait. Cela dit, soyons juste : il y a eu des engagements honorés. Mais beaucoup sont des mesures symboliques - sur le smic, l'allocation de rentrée scolaire ou les loyers - qui ne suffisent pas à compenser les économies qui s'imposent partout, les plans sociaux auxquels on ne peut pas grand-chose. Surtout, il manque l'essentiel : des marqueurs politiques forts - la réforme des banques, celle du droit des licenciements, la grande révolution fiscale. Tout cela est reporté sine die. À l'inverse, il y a le traité budgétaire européen, que François Hollande avait juré de renégocier - et qu'il demande maintenant aux socialistes de voter, à peine augmenté d'un volet "croissance" auquel personne ne croit vraiment. Sur la question de fond, celle du fédéralisme budgétaire, le PS reste profondément divisé.
À propos du PS, les socialistes vont aussi profiter de La Rochelle pour préparer la succession de Martine Aubry ?
C'est surtout Martine Aubry qui la prépare ! Il faut de moins en moins exclure qu'elle soit finalement candidate pour un nouveau mandat. Elle tient assez bien l'appareil, et sa motion commune avec Jean-Marc Ayrault, qui n'est rien d'autre qu'un verrouillage de la ligne, montre que François Hollande ne tient pas à ouvrir les hostilités contre elle. Si elle se maintient finalement à la tête du PS, ce sera un signe supplémentaire que décidément, François Hollande a du mal à imposer sa volonté.

UMP : Sarkozy veut-il et (surtout) peut-il revenir ?


La question d'un retour au premier plan de l'ancien chef de l'État resurgit avec la réunion de ses amis à Nice.
Nicolas Sarkozy veut-il et peut-il revenir au centre de l'arène politique ? Lancinante, la question resurgit avec la réunion à Nice vendredi des amis de l'ex-président, beaucoup pensant qu'il le voudra, mais que son retour serait compliqué. Publié dans la torpeur du 7 août, trois mois pile après sa défaite face à François Hollande, un communiqué de l'ancien chef de l'État sur la Syrie avait été un coup de gong. Notamment pour ceux qui se souvenaient qu'en janvier il assurait qu'il arrêterait la politique en cas d'échec. "Vous n'entendrez plus parler de moi", "je changerai complètement de vie". Des paroles "off" devant une vingtaine de journalistes qui l'avaient suivi en Guyane.
Pour certains de ses proches - qui commentent sous couvert d'anonymat - il ne fait aucun doute que le désir de revenir en pleine lumière est dans le paysage mental de Nicolas Sarkozy. "Il a le virus (de la politique) depuis l'âge de 17 ans", observe l'un. "D'ailleurs il part de l'Élysée à l'âge où Hollande y entre. Ça laisse du champ." "Il ne sait faire que ça !" renchérit un autre. La volonté de gagner beaucoup d'argent qui lui est prêtée ? "S'il voulait faire du fric, il l'aurait fait après 1995, pendant sa traversée du désert, après la grande claque de l'échec de Balladur", observe un élu qui était auprès de lui pendant ces années de vaches maigres. "La politique, c'est sa vie, son truc, et en plus il y est très bon."
Dès le 10 mai, Roselyne Bachelot, qui fut sa ministre, tranchait : "Nicolas Sarkozy, arrêter la politique ? Même pas en rêve !" car "quand on ne s'occupe pas de politique, on ne s'occupe de rien" (dixit Démosthène). Voilà pour la volonté. Reste la possibilité d'un retour. "Il ne s'est pas fermé la route, ayant plutôt réussi sa sortie", relève le politologue Emmanuel Rivière, de TNS-Sofres. D'abord parce que "sa campagne lui a permis de redorer son image. Ensuite parce que sa défaite a été honorable. Enfin parce que son apparition télévisée au soir du 6 mai a été une réussite."

Une perspective qui ne peut être immédiate

Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours pesé. Certes il assurait qu'"une autre époque s'ouvre", "je m'apprête à redevenir un Français parmi les Français". Mais sans aller jusqu'à l'engagement de Lionel Jospin au soir du 21 avril 2002 : "J'en tire les conséquences en me retirant de la vie politique." Formule qui a lesté l'ex-Premier ministre quand il avait fait un tour de piste pour les primaires PS en 2006.
Des sources proches de l'ancien président racontent : le 6 mai à 17 heures, il se sait battu et prépare son discours. Il le lit à son entourage. Son ministre Alain Juppé, mais aussi son conseiller Patrick Buisson lui conseillent avec force d'enlever le mot "jamais". Frappé par l'accord des deux hommes d'ordinaire opposés, Nicolas Sarkozy obtempère. Le discours est expurgé.
Fin juin, sa "cote d'avenir" était mesurée à 28 % par la Sofres. Tout sauf une sanction, puisque seuls une dizaine de responsables politiques passent les 30 %. Un sondage Ifop a montré que 53 % des sympathisants UMP placent en lui leurs espoirs élyséens. Une perspective qui ne peut pas être immédiate, selon tous les proches interrogés. Et qui sera des plus difficiles. Giscard d'Estaing n'a jamais trouvé la voie de passage, Jospin a trouvé porte close.
Le 13 août, le politologue Thomas Guénolé égrenait dans Le Monde pas moins de huit conditions pour une nouvelle candidature sarkozyste : marasme économique persistant en 2016, calendrier judiciaire éclairci, un président de l'UMP ne prenant pas tout l'espace. De ce point de vue, l'hypothèse Copé - plus jeune, encore premier-ministrable - à la tête du parti serait plus favorable à Nicolas Sarkozy que Fillon. Et enfin le désir. "On imagine difficilement que l'envie de revanche ne le tenaille pas", concluait ce chercheur.

CET ARTICLE EST AUSSI CRÉTIN QUE CELUI DE L'EXPRESS D'HIER, CETTE FOIS C'EST : "LE POINT" BRAVO MESSIEURS LES JOURNALISTES CREUX.

Les SMS de François Hollande

Le président de la République n'a pas été insensible aux attaques de Mélenchon. Certains ministres ont reçu la marche à suivre pour le contre-attaquer... par texto.
François Hollande a juré après son élection présidentielle qu'il ne participerait plus à des réunions partisanes. Ce qui ne l'empêche pas de garder un oeil sur l'actualité politique, spécialement lorsqu'elle est agitée à gauche.
Dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon accorde au Journal du dimanche une interview dans laquelle il n'épargne pas le président de la République et ses cent premiers jours "pour presque rien". Ce jour-là, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg anime sa traditionnelle fête de la Rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).
"C'est exactement ça, la ligne !
 " La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine est son invitée. Des journalistes sont présents, l'occasion est donc trop belle de répondre au patron du Front de gauche. Face aux caméras de BFM TV, Touraine lance que les Français n'ont pas élu François Hollande pour cent jours, mais qu'il reste bien "1 800 jours d'un gouvernement de gauche".
Dans la minute qui suit, elle reçoit sur son téléphone un SMS. C'est... François Hollande, ravi : "C'est exactement ça, la ligne !" la félicite le président de la République, qui lui avait déjà envoyé un SMS pour savoir comment elle comptait gérer la canicule. "As-tu prévu de dire des choses ?" demandait le président. François Hollande est décidément scotché à son portable le jour de la fête de la Rose puisque Arnaud Montebourg a également droit à son SMS présidentiel : "N'hésite pas à taper Mélenchon !" lui écrit en substance le président.

«Taubira reste prisonnière des vieilles lubies de 1968»

Le député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, estime que les projets de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, 

Que vous inspirent les projets en cours?

ÉRIC CIOTTI - Mme Taubira reste prisonnière des vieilles lubies soixante-huitardes, qui considèrent par nature la sanction comme dangereuse. Elle veut privilégier l'impunité pénale comme moyen de lutte contre la récidive. Depuis sa nomination, elle a multiplié les annonces laxistes: suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, disparition des peines planchers, reniement de la promesse de M. Hollande de doubler les centres éducatifs fermés. Et là, encore plus grave, au prétexte de désengorger les prisons, c'est la fin programmée des courtes peines.
Mais pour des faits mineurs…
Taubira, rétrograde ? non, un fait.
Absolument pas! On nous fait croire que les sanctions alternatives qu'elle va systématiser concernent des petits délits. C'est totalement faux! Cela couvre des peines de prison qui peuvent aller jusqu'à trois ou quatre ans ferme, puisque, déjà, les aménagements de peine se sont généralisés pour les faits punissables de deux ans d'emprisonnement. Les faits concernés peuvent donc être très graves. Ils incluent même des cas de violences physiques. C'est une refonte très inquiétante de tout notre Code pénal.
L'objectif affiché n'est-il pas la lutte contre la récidive?
On nous vend une pseudo-étude, où il apparaîtrait que ceux qui ont droit à une libération conditionnelle récidivent moins (39 %) que ceux qui n'ont droit à aucun aménagement de peine (63 %). Mais cette présentation est biaisée. Car ce ne sont pas les mêmes profils. Ceux qui ont déjà droit à plus de mansuétude sont des individus au passé moins lourd, offrant des garanties de réinsertion. Ils sont forcément plus souples que ceux que les magistrats préfèrent emprisonner. Les comparer est une supercherie. Et tout cela pour justifier des libérations massives! Une autre étude, sur les grâces du 14 Juillet, avait, au contraire, démontré que systématiser les aménagements, sans tenir compte des profils, aboutissait à d'importants échecs.
Mais les prisons sont surpeuplées?
C'est le comble! La garde des Sceaux considère que, puisque les prisons sont pleines, il n'y a qu'à les vider. Allez expliquer ça aux victimes! Alors que nous avions prévu sous le gouvernement Fillon de créer 23.000 places supplémentaires.
Est-ce la fin annoncée du plan prison des années Sarkozy?
C'est une évidence. Alors que la France dispose de l'un des plus faibles nombres de places de prison par habitant de l'Union, très en dessous de la moyenne européenne. Prétendre que notre pays incarcère plus qu'ailleurs est un mensonge. Et en tirer argument pour supprimer une partie des peines de prison, au profit de formules sans valeur dissuasive, c'est, d'une certaine manière, faire pression sur les magistrats et surtout se moquer des Français.

Sondage : Hollande passe sous les 50%

Le président François Hollande perd cinq points de cote de confiance par rapport à juillet selon un sondage CSA, à 49%, passant sous les 50% pour la première fois depuis son élection, tandis que le remier ministre Jean-Marc Ayrault perd 4 points, lui aussi à 49%.

49% des personnes interrogées font confiance au chef de l'Etat élu en mai "pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays", contre 54% en juillet, et 51% en juin. 47% des sondés ne font pas confiance à François Hollande (+5) et 4% ne se prononcent pas. La cote de confiance est également de 49% pour Jean-Marc Ayrault, en baisse de 4 points par rapport à juillet, alors que 42% ne lui font pas confiance (+2) et 9% ne se prononcent pas.


Selon CSA, "ces évolutions s'avèrent proches (...) de celles enregistrées en août 2007 pour Nicolas Sarkozy et François Fillon", qui recueillaient alors respectivement 55% et 47% de bonnes opinions, "en baisse de 6 points chacun". "A noter toutefois que Nicolas Sarkozy n'était passé pour la première fois sous la barre des 50% qu'en janvier 2008, soit huit mois après son élection", ajoute CSA.

Fillon reste la personnalité politique préférée

Soixante-douze pour cent des personnes interrogées ont le sentiment que le gouvernement n'est pas suffisamment actif face à la crise économique et au chômage. Même au sein du parti socialiste, ce jugement est majoritairement partagé (49% contre 47% exprimant un avis opposé).

Dans le baromètre des personnalités politiques, François Fillon reste en tête avec 55% d'image positive (-1), devant Alain Juppé (53%, +1) et Manuel Valls (49, -1). La présidente du FN, Marine Le Pen, se trouve en dernière position, avec 31% d'opinions positives, près de son record du mois de mai dernier (32%). Elle se situe juste derrière la Garde des Sceaux, Christiane Taubira (32%) et non loin du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé (33%).

Sondage réalisé par téléphone les 21 et 22 août auprès d'un échantillon national représentatif de 998 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas après stratification par région et taille d'agglomération.

Annonces du gouvernement


Le premier conseil des ministres de la rentrée s’est soldé par nombre de promesses qui ont en commun de devoir coûter cher à l’Etat – et qui auront donc pour effet de creuser la dette et de conduire à des récupérations ailleurs, c’est-à-dire dans la poche des contribuables. On peut bien sûr se demander si ces annonces – réduction de la taxe sur le pétrole, embauche de 150 000 jeunes dans des emplois décoratifs grâce à d’importantes subventions publiques – n’auront  pas un effet bénéfique immédiat. Les mesures visent à réduire la précarité, le chômage de cette jeune génération qui démarre beaucoup plus difficilement dans la vie aujourd’hui que naguère, la pression de plus en plus insupportable pour les budgets familiaux du coût de l’énergie et du logement.
Mais l’expérience du socialisme est là pour dire que le gonflement de la dépense publique au moyen de mesures qui ont presque toujours leurs effets pervers n’aboutit pas à répartir la richesse, mais la pauvreté.
 
Taxes à la pompe
 
L’une des mesures très attendues et d’ailleurs promises par le candidat Hollande, le blocage des prix de l’essence, n’aura pas lieu. Trop difficile à mettre en œuvre, trop complexe. La promesse de campagne n’était donc qu’un effet d’annonce, merci de l’avoir confirmée… Le gouvernement a opté pour une diminution de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, elle sera « modeste » et « provisoire » et la date de sa mise en œuvre n’est pas fixée, en attendant que les services compétents pondent enfin un projet de régulation des prix à la pompe.
Plusieurs associations de consommateurs montrent du doigt les compagnies pétrolières et des opérations de raffinage dont les marges augmentent, alourdissant la proportion du prix du produit lui-même dans l’addition payée par les automobilistes. De fait la hausse du pétrole – pourtant loin de ses niveaux de 2008 où les prix à la pompe étaient moins élevés qu’aujourd’hui – profite nécessairement à quelqu’un. Mais que peut faire la France pour jouer sur le prix du baril, empêcher l’instabilité mondiale qui incite à la hausse, faire diminuer la demande des pays émergents et notamment celle de la Chine qui est pour beaucoup dans l’augmentation des prix ?
Reste que la part des taxes demeure énorme dans le prix du litre d’essence ou de gazole : plus de 60 % pour le sans plomb, 53,7 % pour le gazole. Elle représentait respectivement plus de 70% pour le sans plomb, 60 % pour le gazole en 2004, ce qui relativise grandement le poids de la hausse du produit lui-même dans les factures subies aujourd’hui par les Français. En 2010, la TICPE était la quatrième source de revenus pour l’Etat, derrière la TVA où le pétrole pèse aussi de tout son poids puisque la note de vos « pleins » supporte le taux de 19,6 %.
Que l’Etat se fasse un peu moins gourmand, c’est toujours une bonne nouvelle.
Mais pour cela il faut aussi qu’il soit moins dépensier.
150 000 employés de l’Etat
L’autre annonce phare de ce conseil des ministres s’assortit pourtant d’une note forcément salée. La création de 150 000 emplois-jeunes – pardon, « emplois d’avenir » – réservés aux organismes de droit privé à but non lucratif, aux collectivités territoriales, et autres personnes morales de droit public, à l’exception de l’Etat et aux groupements d’employeurs qui organisent des parcours d’insertion et de qualification, va conduire le budget de l’Etat à supporter 75 % des coûts salariaux sur un à trois ans et équivaut donc – le statut et la pérennité de l’emploi en moins – à l’embauche de 150 000 fonctionnaires. Ils s’ajouteront aux 80 000 emplois aidés déjà votés à l’initiative de Michel Sapin en juillet.
Ce qu’annoncent l’Elysée et Matignon, ce n’est pas précisément de l’emploi productif. Au contraire, c’est une charge supplémentaire pesant sur les entreprises françaises qui n’en peuvent déjà mais.
Et, cerise sur le gâteau et idéologie oblige, le dispositif fonctionnera selon le principe de l’attribution prioritaire aux « jeunes résidant dans les zones urbaines sensibles » ou les « zones rurales », spécialement ceux qui n’ont pas de diplôme. Ce ne sera pas à 100 %, mais tout de même largement, la mise en œuvre d’un recrutement de « préférence ethnique », puisqu’il y a une prime à l’origine immigrée.
Et si l’on commençait plutôt par donner à ces jeunes les capacités dont l’école les a sciemment privés : savoir lire, écrire, calculer, s’exprimer, et même penser ? Les moyens existent, on pourrait imaginer d’aider plutôt à cette « récupération » des intelligences malmenées, un développement du bénévolat en ce sens, et une contre-révolution immédiate dans les programmes scolaires pour faire cesser le désastre. Tout le reste est parlotes.
Profs sensibles…
Vincent Peillon a imaginé autre chose. Le ministère de l’Education nationale présidera à la création de 6 000 « emplois d’avenir professeur », ouverts aux étudiants boursiers en deuxième année de licence et leur assurant, dès 2013, un revenu mensuel de 900 euros pour 12 heures d’emploi (et non de cours à part entière) à l’école. L’idée pouvait être bonne à l’heure où l’on peine à recruter des professeurs. Mais voilà ; il s’agit encore de privilégier les étudiants originaires des « zones urbaines sensibles », d’alimenter le Mammouth, et de passer outre les difficultés cognitives spécifiques des étudiants passés par L’école des illusionnistes. (Lisez vite l’ouvrage éponyme d’Elisabeth Nuyts, vous comprendrez.)
Ces mesures seront présentées au Parlement qui entrera en session anticipée dès le 24 septembre, vraisemblablement, date à laquelle il sera également saisi du relèvement progressif du plafond du Livret A (d’abord 25 %, puis 25 % supplémentaires pour la fin de l’année, annonce-t-on), le tout pour soutenir la construction de logements sociaux, dont, miracle, on ne dit pas qu’ils seront réservés aux personnes habitant les Zones urbaines sensibles. Mais on peut probablement croire l’ancien ministre UMP du Logement Benoist Apparu qui qualifie de « quasi inexistant » le lien entre cette mesure sur le Livret A et la création de nouveaux logements sociaux : « Augmenter les ressources disponibles, déjà sous-utilisées, est un non-sens. »
Réguler la spéculation sur l’immobilier, penser à la préférence nationale et familiale dans le domaine du logement, promouvoir la stabilité familiale dans la mesure où les divorces pèsent lourdement sur le marché du logement, reconnaître que les braves gens ne méritent pas la punition de vivre dans des zones de non-droit tolérées au nom d’une politique insensée de l’immigration aurait plus de sens.
Laïcité  
Mais qu’espérer, lorsque l’on sait que François Hollande s’aveugle encore sur le « pacte républicain » et prône encore la « laïcité » dont on sait qu’elle est une machine de guerre au service du génocide franco-français, et que Jean-Marc Ayrault a annoncé que le traité budgétaire européen sera examiné en Conseil des ministres le 19 septembre en appelant à la discipline ceux de ses amis qui veulent voter contre : « Je crois que ce n’est pas possible. »
Oui, il y a des choix qui, par idéologie, par soumission, par abandon de souveraineté, ne sont pas possibles.
 

Grèce/délai:"pas une solution"(Schaüble)

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a estimé jeudi qu'un allongement du calendrier pour que la Grèce réalise les économies demandées, comme l'a réclamé le premier ministre grec Antonis Samaras, n'était "pas une solution". "Plus de temps n'est pas une solution au problème. (...) Plus de temps signifie (...) plus d'argent", a déclaré Wolfgang Schäuble, interrogé jeudi par la radio allemande Südwestrundfunk (SWR).

L'invalide rancunier...Schraüble
"Il faut être compréhensif vis-à-vis de la situation difficile dans laquelle se trouve la Grèce". Mais il est également clair qu'Athènes a "perdu beaucoup de temps", en raison de ses élections successives pour former un gouvernement. Il ne s'agit pas "de plus ou de moins de générosité", mais de trouver un chemin pour "sortir la zone euro de la crise de confiance croissante sur les marchés financiers", a-t-il poursuivi.

Cet entretien intervenait quelques heures avant une rencontre entre le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, au cours de laquelle devraient être évoqués en priorité la crise en zone euro et le sort de la Grèce.
Athènes, qui est entrée dans sa cinquième année de récession, doit réaliser 11,5 milliards d'euros d'économies à travers des coupes budgétaires drastiques et des réformes structurelles.

Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, voudrait obtenir de ses partenaires européens un sursis de deux ans, renvoyant à 2016 le retour à l'équilibre des comptes publics jusque-là prévu pour 2014, afin de ne pas aggraver la récession.
M. Samaras a rencontré mercredi le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avant une rencontre vendredi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel et samedi à Paris avec François Hollande.

SCHAÜBLE EST HANDICAPÉ, C'EST VISIBLE, MAIS L'EST-IL À CAUSE DE LA GRÈCE ? 
CAR IL SEMBLE EN VOULOIR AUX GRECS.

jeudi 23 août 2012

La force du faible : l’Europe obligée d’accepter les demandes grecques pour éviter l'explosion de l’euro

Alors qu'Angela Merkel a annoncé qu'il ne fallait pas s'attendre à une solution vendredi lors de sa rencontre avec le Premier ministre grec, Athènes a de nouveau demandé à la Troïka (Union européenne, FMI et BCE) du temps supplémentaire pour mettre en place les réformes. Mais l'Europe en a-t-elle encore ?
Le Premier ministre grec va rencontrer la Chancelière Merkel et le Président Hollande dans l’espoir d’obtenir plus de temps pour se conformer aux réformes auxquelles la Grèce s’est engagée en contrepartie de l’aide financière promise.
Dans le contexte d’une Union européenne qui entre à nouveau en récession et la situation spécifique de la Grèce qui, après 5 ans, se trouve dorénavant en dépression, cette requête semble justifiée, car il y a des limites aux sacrifices qu’il est possible de demander aux Grecs déjà très durement éprouvés. Cette requête doit être considérée dans le cadre assoupli des règles communautaires (circonstances exceptionnelles) qui s’appliquent à tous les pays membres de l’Eurozone. En effet, étant privé, comme membre de l’Union économique et monétaire, de l’outil de la dévaluation, l’assainissement exclusif par voie budgétaire a déjà dépassé les limites et son renforcement ne fera qu’aggraver la situation.
Le geste demandé aux partenaires européens doit s’accompagner d’un programme détaillé de mise en œuvre des réformes aussi précis que possible et doit faire l’objet d’un suivi rigoureux. C’est le rôle de la troïka (FMI, Commission, BCE). Faire droit à la requête est aussi dans l’intérêt des partenaires, car un refus conduirait inéluctablement à la sortie de la Grèce de l’UEM (union économique et monétaire) avec des conséquences largement imprévisibles, à moins de l’assortir d’un programme d’assistance, aussi coûteux qu’indispensable, pour circonscrire tout risque de « contagion ».
La question de la capacité financière de l’Europe à faire face à la crise de la dette souveraine dans plusieurs des Etats membres en général et en Grèce en particulier dépasse de très loin le cadre du problème grec.
Depuis le début de la crise, quelles que soient les erreurs et tergiversations qui ont émaillé son développement, le cas grec pris isolément n’a jamais constitué un problème qui dépassait la capacité financière des Etats membres et des mécanismes de sauvetage mis en place. Cela reste vrai aujourd’hui.
Par contre, l’extension de la crise à l’Irlande, au Portugal et à Chypre et ensuite à l’Espagne et à l’Italie a le potentiel de devoir mobiliser des fonds qui dépassent très largement la capacité des mécanismes existants, dont la disponibilité demeure d’ailleurs en grande partie « virtuelle » tant que le MES (Mécanisme européen de stabilité) n’est pas opérationnel.
La situation se complique dans la mesure où la crise de la dette souveraine, qui est chaque fois confinée à l’Etat en question, se double d’une crise de « solvabilité » d’une partie du secteur bancaire qui, elle, affecte l’ensemble des institutions financières de l’UE (et au-delà), notamment celles qui ont des engagements à l’égard de la dette des Etats fragilisés ou à l’égard de banques situés dans ces mêmes pays.
C’est très largement par le canal des connexions interbancaires que le danger d’une contagion d’une crise se propagerait. C’est sur ce plan spécifique que les marchés financiers sont en demande d’une solution crédible qui, immanquablement requerra des moyens qui dépassent de très loin les disponibilités actuelles.
Il est évident que si la situation a été contenue jusqu’à présent, c’est en grande partie grâce à l’intervention hardie et déterminée de la BCE. Les opérations de refinancement (et en particulier le trillion d’euros à trois ans), l’assouplissement des critères d’éligibilité de collatéral ou encore le programme d’intervention dans le marché secondaire (SMP) ont tous puissamment contribué à maintenir le marché bancaire (et indirectement de la dette souveraine) à flot. La BCE a ainsi fourni à plusieurs reprises aux autorités un répit supplémentaire qu’ils étaient sensés utiliser pour décider des réformes structurelles nécessaires (MES, Union bancaire etc.).
Les déclarations du Président Draghi au début du mois d’août ont aussi « acheté » un peu de temps, mais cette fois en balisant clairement les limites et les conditions de toute nouvelle intervention de la Banque Centrale. Celles-ci invitent clairement les autorités politiques à prendre rapidement leurs responsabilités car on touche aux limites de ce que la BCE est susceptible de réaliser de sa propre initiative.
Ce que le marché demande ce sont des engagements politiques crédibles et irréversibles suivi d’une feuille de route réaliste pour leur mise en œuvre. Dans ces conditions, les moyens dont dispose l’UE devraient être largement suffisants pour juguler la crise mais cela requiert, en contrepartie de la solidarité, des mécanismes de surveillance et de contrainte avec les transferts de souveraineté qui s’y rapportent.
En conclusion, il convient de distinguer le cas grec de la problématique générale de la gestion de la crise. Bien sûr, si rien n’est décidé rapidement, le cas grec pourrait devenir – sans en être la seule ou la principale cause - le fusible par lequel une implosion de l’UEM se propagerait. Ainsi prendrait fin tragiquement la courte histoire d’une monnaie qui avait déjà atteint le statut envié de deuxième monnaie de réserve du monde.




La délinquance roumaine en France en augmentation de 70%

Les 20 000 personnes de nationalité roumaine mises en cause en 2011 représentent une augmentation de 69,35% par rapport à 2009, selon les statistiques de la police judiciaire, publiées ce jeudi par le Parisien.
Près de 70% d'augmentation en deux ans. Le nombre de personnes de nationalité roumaine mises en cause pour des faits de délinquance a augmenté de plus de 69% entre 2009 et 2011, selon des statistiques de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) publiées jeudi par Le Parisien.
Selon ce qu'en rapporte le quotidien, les quelque 20 000 personnes de nationalité roumaine mises en cause en 2011 représentent une augmentation de 69,35% par rapport aux 12.000 qui l'avaient été en 2009. La note de la DCPJ précise par ailleurs qu'"en 2011, un étranger mis en cause sur dix est" un ressortissant roumain. Ce sont, ajoute la même source, particulièrement pour des faits de cambriolages, d'escroqueries et de vols à l'étalage, que ces personnes sont mises en cause. Quant aux Roumains mineurs, leur délinquance a augmenté de 102,92% entre 2009 et 2011, soit plus de 5 000 mis en cause en 2011, avec "une concentration près des grandes villes et des secteurs touristiques".

Violences envers les forces de l'ordre

Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'avait pas été en mesure, jeudi matin, de confirmer le contenu de cette note de la DCPJ, dont on reconnaît l'existence de sources policières.
Déjà, en juillet 2011, des responsables policiers et de la justice s'inquiètaient de la délinquance "générée par les ressortissants roumains" en région parisienne qui, selon eux, explosait, se diversifiait et devenait violente à l'égard des forces de l'ordre.
Entre le 28 novembre 2011 et le 30 janvier 2012, vingt-cinq policiers roumains ont patrouillé en uniforme avec des policiers français dans les sites touristiques parisiens, et deux d'entre eux sont restés jusqu'au printemps dernier avec 8 autres déjà en place à la PP, spécialisés dans les investigations.

ARTICLE BIDON DE L'EXPRESS, MERCI CHRISTOPHE BARBIER !!!!

6 raisons de ne pas souhaiter un retour de Sarkozy


Depuis son intervention sur la Syrie, l'ex-président, malgré sa retraite, focalise toutes les attentions. Doit-il remonter sur le ring politique? L'Express cite six raisons (plus ou moins bonnes) pour qu'il reste éloigné de la vie politique. En voyez-vous d'autres?
Reviendra? Reviendra pas? Le petit monde politique s'agite et les communicants salivent en dessinant LE sorytelling de la rentrée: Nicolas Sarkozy pourrait faire son retour C'est sa prise de position, à la fois brève, distante et piquante, pour critiquer la politique de François Hollande sur la Syrie qui a nourri cette idée un peu folle. Revue d'arguments pas toujours sérieux contre le retour de Nicolas Sarkozy après avoir recensé les raisons de souhaiter un come back de l'ex-président.
1. Parce qu'il veut tenir sa parole. "En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude.", assurait Nicolas Sarkozy en janvier alors que la campagne présidentielle faisait rage. Rebelote au mois de mars: "[Si je perds], je ferai autre chose. Mais quoi, je ne sais pas...", expliquait-il au micro de BFM et RMC. Puisque Hollande est élu, l'ex-président n'a plus qu'à se recycler s'il ne veut pas être pris en flagrant délit de contradiction avec lui-même.
2. Parce qu'il a envie de gagner plus (sans travailler plus). "[Président], je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric, comme Clinton. 150 000 euros la conférence!", déclarait l'ex-chef de l'Etat en privé en 2008. Son ancien métier d'avocat paraît alors plus indiqué qu'un plein temps à la tête de l'UMP.
3. Parce que quelqu'un (Carla) le lui a dit. En 2010 déjà, dans un entretien au Figaro Madame, l'ex-première dame confiait ne pas souhaiter que son mari accomplisse un deuxième mandat présidentiel. "Peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix.", glissait-elle. La dolce vita, pourquoi pas?
4. Parce qu'il a assez pris de coups pour ne pas avoir envie de s'immiscer dans le duel Fillon-Copé. La bataille pour la tête de l'UMP s'annonce sans pitié. Qu'il choisisse son camp ou qu'il se lance lui-même dans la course, comme le souhaitent certains ténors du parti, il aura du mal à esquiver les attaques. Battling Sarko est-il déjà prêt à encaisser?
5. Parce qu'à part de Gaulle, peu de politiques ont réussi leur come back. Giscard et Jospin s'y sont cassé les dents. Pour réussir, il faudrait que Nicolas Sarkozy ait l'étoffe de l'homme du 18 juin. Ou alors qu'il ait un coaching serré avec Dave...
6. Parce qu'on adore l'imaginer dans un nouveau costume.Diplomate, conseiller stratégique, gardien de chèvres ou jardinier, les hypothèses ne manquent pas

Deux poids, deux mesures

Compte tenu de mon histoire personnelle et de ma position actuelle, je ne suis  certainement pas en mesure de prendre part à la polémique sur les roms. Cependant je ne peux m’empêcher de relever le nouveau paradoxe de cet œil de Caïn, du « big brother » qui surveille l’Europe et s’exprime à travers les éditoriaux de la presse bienpensante, les commentaires quasi unanimes de la télévision et de la radio, les communiqués de Bruxelles, de Paris et du monde associatif, le discours politique et les jurisprudences diverses.
Sous l’ancien gouvernement, il était interdit de prononcer le mot rom, sous peine d’être accusé de discrimination. Un prêtre se disant ami des roms a été jusqu’à déclarer qu’il priait pour que « le chef de l’Etat ait un infarctus » : fait sans précédent je crois dans l’histoire de la République depuis sa proclamation en 1870. Un autre, plus haut dans la hiérarchie, a fait allusion à la Shoah à propos de la politique de démantèlement des camps illégaux de roms, tout comme d’ailleurs une commissaire européen. Un haut fonctionnaire de la République a été tout près d’être traîné devant la justice pour une circulaire comportant le mot rom. Un ministre, à l’époque, avait (sérieusement) inventé la formule PRISI « populations roumaines itinérantes en situation irrégulière» afin d’éviter le mot rom… Les citoyens, notamment Franciliens, pouvaient chaque jour côtoyer la  réalité des bidonvilles insalubres sous les bretelles d’autoroute, les phénomènes de mendicité infantile, etc, etc. Cependant, le mot était interdit en public.
Aujourd’hui, le pouvoir a changé. Des hommes et des femmes aux intentions pures et généreuses (…) sont aux commandes de l’Etat. Dès lors, le mot rom est à nouveau autorisé. Ils annoncent en gros, quoi qu’on en dise, la même politique : le démantèlement des campements illégaux sur la base d’une décision de justice et le retour dans leur pays de ceux qui sont en situation illégale : normal, ce sont les lois de la République… L’enrobage diffère un peu il est vrai : on ouvre (comme il est prévu par les traités européens) le marché de l’emploi aux Roumains et aux Bulgares. Tout le monde est content et fait semblant de croire que cette mesure est destinée aux roms… Bien sûr… Cependant, aujourd’hui,  plus rien n’est pareil. Le « méchant Sarko » s’en est allé, remplacé par des gens plein d’humanisme, et la bonne conscience européenne, apaisée, voit désormais les choses d’un tout autre œil…

A prendre avec dérision, bien sûr !

En avant toute, en avant doute 


« Monsieur le Président, vous pouvez compter sur la détermination et l’engagement du gouvernement dans l’année qui s’ouvre » : ainsi se conclut la communication de Jean-Marc Ayrault, qui présentait hier son programme de travail en conseil des ministres. C’est à peu près la formule qu’emploierait le directeur général d’une entreprise en s’adressant à son PDG. Et c’est d’ailleurs ainsi que fonctionne l’actuel couple exécutif, un binôme avec une hiérarchie claire mais une assez grande liberté de manœuvre pour le numéro deux : un partage des rôles conforme à la tradition de la V e République, après la parenthèse de l’hyperprésidence sarkozyste.
Le chef de l’État et son chef du gouvernement ont compris qu’ils devaient reprendre la main, car la période estivale et les premières critiques de la rentrée ont donné prise à un venimeux reproche, celui de l’immobilisme. Prolongée d’un dîner de travail – avec invitation aux micros et aux caméras – qui a réuni l’équipe gouvernementale, la contre-offensive est manifeste, presque trop insistante.
La feuille de route, qui ressemble à un nouveau discours de politique générale, est copieuse, placée par François Hollande sous le double signe du « courage et de la cohérence ». La volonté d’appliquer, dans les cinq ans, tout le programme de la campagne électorale sert de boussole constante, même si les promesses sont mises en œuvre avec une prudence de sioux pour s’adapter aux réalités de la conjoncture. Le relèvement du plafond du Livret A se fera ainsi de manière progressive, moins vite que prévu. Et l’action sur le prix des carburants sera « modeste » et « provisoire » via une diminution des taxes, une marche arrière par rapport au blocage des prix initialement envisagé. Un blocage qui serait périlleux pour les finances publiques, alors que s’élabore le budget 2013.
Bercy table sur une croissance de 1,2 % l’année prochaine, mais les experts internationaux considèrent que ce niveau est hors d’atteinte. Ce qui obligerait l’État à serrer fortement la vis sur ses propres dépenses et à augmenter encore plus que prévu le niveau de prélèvements. Redoutable équation, le Premier ministre lui-même n’excluant pas de réajuster à la baisse les hypothèses de croissance.
Pour le gouvernement c’est « en avant toute ». 
Mais surtout, en avant doute…

Le casse-tête du retour de la pub sur France Télévisions

Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, a évoqué le possible rétablissement de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques. Cela dépendra de la décision de Bruxelles sur la taxe télécoms.

Jérôme Cahuzac le ministre délégué au Budget a jeté un pavé dans la mare ce matin sur BFMTV. Il a déclaré qu'au cas où Bruxelles censure, fin septembre, la taxe sur les télécoms mise en place pour financer l'arrêt de la publicité après 20 heures sur France Télévisions, il recommanderait le rétablissement des écrans publicitaires sur les chaînes publiques.
Le gouvernement est dans une situation délicate. En cas de censure de Bruxelles, très vraisemblable selon Jérôme Cahuzac, l'État français devra rembourser 1,2 milliard d'euros aux opérateurs télécoms. En cette période budgétaire délicate, c'est un trou supplémentaire à combler. Pour y faire face, Jérôme Cahuzac a donc expliqué le dilemme. Soit l'État créé une nouvelle taxe soit il rétablit la publicité après 20 heures, ce qui lui évitera de verser à France Télévisions un complément de budget de 400 millions d'euros par an.
La discussion est ouverte au gouvernement car le nouveau pouvoir ne se sent pas tenu par la décision de Nicolas Sarkozy d'abroger la publicité sur France Télévisions en 2008. «Il n'y a aucun tabou sur la question» expliquait Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la communication devant les députés lors de son audition le 17 juillet. «La véritable question est de savoir comment financer l'audiovisuel public sur les prochaines années en période de contraintes budgétaires et de baisse des recettes publicitaires. Nous explorons plusieurs pistes dont le rétablissement de la publicité et un effort d'économie de la part de France Télévisions» avait-elle ajouté. La question sera tranchée entre le ministère de la Culture et Matignon dès que la décision de Bruxelles sera connue. En attendant, le ministère de la Culture et Bercy, les deux tutelles de France Télévisions, voulaient mettre la pression: avant d'accorder toutes nouvelles sources de financement, France Télévisions doit d'abord se réformer. Dans ce contexte, l'intervention de Jérôme Cahuzac vient troubler le jeu et agace un peu le ministère de la Culture.

France Télévisions pas chaud

D'autant que le rétablissement de la publicité sur France Télévisions après 20 heures pose beaucoup de questions. Tout d'abord, le secteur traverse une période de crise avec une baisse des investissements publicitaires d'environ 5 % au premier semestre. Ensuite, d'ici à la fin de l'année, six nouvelles chaînes de la TNT financées exclusivement par la publicité devraient voir le jour. Un retour de la publicité sur France Télévisions handicaperait gravement leur lancement. Enfin, France Télévisions lui même n'y est pas très chaud. La raison en est simple: sa régie n'est pas sûre, dans un contexte de crise de retrouver sur le marché publicitaire les 400 millions d'euros perdus en 2009. Le groupe est davantage rassuré de recevoir cette somme du budget de l'État en compensation, comme c'est le cas depuis 2009.

Rencontre Hollande / Merkel : plaies et bosses du couple franco-allemand 100 jours après l’élection du Président normal

Rencontre au sommet pour Angela Merkel et François Hollande ce jeudi. La discussion doit principalement porter sur l'assouplissement des conditions d'octroi de l'aide à la Grèce. Un sauvetage de la Grèce et de la zone euro qui pourrait peut-être entériner le divorce du couple historique.

Ce jeudi, François Hollande et Angela Merkel se rencontrent pour discuter de la Grèce, dont on attend qu’elle réalise 11,5 milliards d'euros de coupes budgétaires, alors que son Premier ministre voudrait obtenir un sursis de deux ans et renvoyer à 2016 le retour à l'équilibre budgétaire. François Hollande sera-t-il aussi offensif qu’au début de son mandat ? Y a-t-il eu une évolution récente par rapport aux premiers sommets ?

Hans Stark : François Hollande devrait être plus ouvert aux positions allemandes qu’il ne l’était pendant la campagne électorale. Toute campagne a sa logique propre, François Hollande a dû tenir compte des différentes positions au sein de la gauche, au-delà même du Parti socialiste. Maintenant qu’il est président, il a sa propre majorité, et, comme nous l’avons vu lors de la rencontre du 10 juillet dernier, il existe de la part de Paris et de Berlin une volonté de poursuivre la relation franco-allemande. Même si cela est difficile du point de vue politique, puisque les deux gouvernements n’ont pas la même idéologie ; et si les situations économiques divergent de part et d’autre. Ces divergences sont bien connues et ne devraient pas empêcher une tentative d’œuvrer pour le compromis.
Toi, ta gueule le déplumé, même le ciel ne peut rien pour toi.
La France joue le rôle d’intermédiaire entre les pays du Sud et l’Allemagne, qui doit tenir compte de la position des autres pays du Nord de l’Union Européenne. Mais dans l’ensemble, on s’achemine bel et bien vers davantage de convergence.
Rudolf Balmer : Cette relation a peut-être débuté par un malentendu, qui était prévisible, au sujet de la promesse qu’avait fait François Hollande aux Français de renégocier le pacte de stabilité et notamment la règle d’or. Ce malentendu peut être imputé à un manque de précision des deux côtés, qui a ouvert la voie de part et d’autre.
Du côté allemand, on a volontairement exagéré en disant que François Hollande voulait remettre en cause la totalité du compromis trouvé à 25. Du côté français, on avait volontairement laissé ouverte la question de savoir s’il s’agissait d’un protocole annexe ou effectivement de l’adoption d’un nouveau pacte.
Je pense que le compromis qui a finalement été trouvé montre que les deux côtés n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre, contrairement à ce qu’on a pu faire croire pendant la campagne électorale.
Après l’élection, nous sommes sortis de ce contexte de campagne et Angela Merkel a trouvé un partenaire qui s’est avéré tout à fait acceptable.En ce moment-même, il n’y a pas de vrais « couacs ». La façon qu’a François Hollande d’aller vers la chancelière avec beaucoup plus de distance et de discrétion, ou, de manière plus exacte, avec plus de retenue, montre qu’il a tiré des leçons du passé et de Nicolas Sarkozy, qui avait quelque peu froissé la timidité d’Angela Merkel.

Quelles sont les grandes dates qui marquent cette évolution dans la relation Merkel / Hollande ?

Rudolf Balmer : Je distinguerais deux dates : la première rencontre officielle, où l’on a vu un François Hollande qui était encore un peu maladroit, qui cherchait ses marques ; et la rencontre à Reims, dans la cathédrale, qui a montré que les deux chefs d’Etat appartiennent à cette grande histoire de l’amitié franco-allemande initiée par Adenauer et De Gaulle. Je pense que cet événement a démontré que ces derniers s’inscrivent dans la continuation de cette coopération franco-allemande, sans vouloir la rupture.
En ce moment, le grand débat est celui de l’aide à la Grèce. Il nous apprend que la divergence ne se situe pas sur le terrain des principes, mais des procédés. On diverge sur la façon de faire. La France voudrait être un peu plus souple, afin de ne pas empêcher l’Europe de renouer avec la croissance ; tandis que pour l’Allemagne, la priorité est de diminuer la dette maintenant et tout de suite. 

La rencontre ne sera pas suivie d’une conférence de presse, comme l’aurait apparemment souhaité l’Elysée. François Hollande tient-il plus à faire la promotion du « couple » franco-allemand qu'Angela Merkel ?

Hans Stark : Je pense que la réaction d’Angela Merkel s’explique car la réunion de jeudi est véritablement une réunion de travail qui ne va pas déboucher sur des propositions concrètes et tangibles. Nous sommes dans une phase de négociation, M. Samaras se rendra également à Berlin cette semaine, on reprend en charge le sujet de la crise de l’euro. La décision de la Cour Constitutionnelle allemande est attendue pour le 12 septembre, et la question reste assez sensible outre-Rhin. Aussi, Mme Merkel ne voulait pas alourdir le climat avec des déclarations hautes en couleur qui, de toute façon, n’ont aucune chance de déboucher sur des engagements concrets.

Au contraire, pourquoi souhaiterait-on communiquer sur cette rencontre à l'Elysée ?

Hans Stark : Il n’y a rien de mal à faire une conférence de presse après une rencontre… C’est sans doute un souci de transparence de la part de l’Elysée et une volonté de marquer le coup de la rentrée politique. La rentrée politique, c’est maintenant : il s’agir de réinscrire le gouvernement dans l’action et de marquer la rupture avec ces quelques semaines de vacances.
Les logiques sont différentes. Une conférence de presse, c'est très bien, mais elle serait moins bien vécue par Mme Merkel compte tenu du contexte.

Vous le disiez, la réunion de jeudi n'est pas susceptible de déboucher sur une décision forte.  « Il ne faut pas attendre que l'on prenne les décisions essentielles », a d’ailleurs averti lundi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Vue la difficile position de la chancelière vis-à-vis des membres de sa coalition et de l’opinion, Angela Merkel cherche-t-elle à gagner du temps pour ne pas subir les foudres de l’opinion publique et des membres de sa coalition ?

Rudolf Balmer : La chancelière est confrontée à un calendrier électoral qui l’oblige à ménager les susceptibilités allemandes du côté de l’opposition. Elle a besoin du vote des socio-démocrates pour les ratifications, par exemple.
On a vu que François Hollande, de son côté, sait parfaitement jouer cette carte. Tactiquement, il prend contact avec les socio-démocrates allemands pour exercer une pression indirecte sur Angela Merkel.
Cela dit, ce jeu n’est que limité, parce que sur les grandes questions comme la règle d’or, la nécessité de faire des économies et de réduire la dette, Angela Merkel et les socio-démocrates allemands sont plus ou moins sur la même ligne.

Hans Stark : 
Je n’irais pas jusque là. L’Allemagne n’est pas encore en campagne : la campagne électorale va débuter au printemps 2013. Evidemment, on se met dès aujourd’hui en position.
Il est également vrai, du point de vue intérieur, que pendant l’été, plusieurs sorties politiques ont échauffé les esprits outre-Rhin, comme celle du ministre de l’Economie Philipp Rösler, qui estimait qu’une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas si catastrophique que cela ; ou celle du partenaire bavarois de Mme Merkel, la CSU, Horst Seehofer. La chancelière doit en tenir compte.

Pourtant, a priori, les marchés verraient de bonne augure un accord franco-allemand. M. Hollande et Mme Merkel ne sont-ils pas incités à une décision lors de ce sommet par la pression des « marchés » ?

Hans Stark : Même s’il est très important, il ne faut pas surévaluer le rôle de l’entente franco-allemande sur les marchés financiers. Bien sûr, le CAC 40 profite toujours des lendemains d’accords entre les deux pays. Mais le marché prend d’autres facteurs en considération : la situation de la Chine, dont les échos économiques sont assez alarmistes ; des Etats-Unis ; des autres politiques de la zone euro...

Le président de la République n’a-t-il pas intérêt à se cacher derrière le refus de Mme Merkel pour ne pas faire supporter le poids de l’aide grecque à la France ?

Hans Stark : De toute façon, il faudra aider la Grèce quoi qu’il arrive. On ne peut pas ne pas aider Athènes sans risquer de la voir sortir de la zone euro, ce qui aurait, malgré tout, des conséquences néfastes pour l’ensemble de la zone. M. Junker l’a dit encore récemment.
La question est de savoir quelles seraient les contreparties de cette aide. Et c’est de cela qu’il s’agit demain. Du côté allemand, on attend des engagements fermes pour des réformes structurelles. Le but n’est pas d’embêter les Grecs : les Allemands sont simplement convaincus qu’en-dehors des réformes structurelles, aucun pays ne peut s’en sortir. L’aide économique, selon eux, ne suffit pas.  Les conditions pour attribuer cette aide sont bien connues : l’austérité, la rigueur, et au-delà, la mise en œuvre d’une vraie politique fiscale, qui fait défaut à la Grèce, tout comme le désengorgement de l’administration grecque, la diminution du nombre de fonctionnaires. C’est tout l’objet des négociations avec M. Samaras.
Mais, pour l’instant, personne n’envisage de cesser d’aider la Grèce. Même si celle-ci sortait de la zone euro, elle serait toujours tributaire d’une aide importante de la part de l’Union Européenne. Quoi qu’il arrive, on continuera d’avoir la Grèce sur les bras.

M. Hollande plaidait pour le secours à la Grèce. Confronté à une situation économique délétère dans l’hexagone, le Président pourrait-il se servir des réticences allemandes afin de ne pas fournir ce coûteux secours à Athènes ?

Hans Stark : Bien évidemment, si l’Allemagne décidait d’arrêter toute aide à la Grèce, la France ne pourrait pas, à elle seule, épauler Athènes. On pourrait alors peut-être parler d’un alibi, mais c’est surtout une question de réalisme.  La France est le deuxième Etat en termes de soutien au paquet de solidarité à l’intérieur de la zone euro derrière l’Allemagne.

Si l’Allemagne fait défaut, la France n’a pas d’autre choix que de faire de même.
Dès lors, il ne s’agirait pas de se cacher derrière Mme Merkel  mais tout simplement d’admettre que la France, étant donnée la situation politico-économique qui est la sienne, ne peut pas soutenir la zone euro à elle toute seule.
Mais, de toute façon, nous n’y sommes pas encore.



Ayrault, rentrée mi-figue, mi-raisin



C'est un fait entendu : le rite des 100 jours procède d'une construction artificielle à laquelle tout nouveau pouvoir ne saurait échapper. Bien connu aussi : c'est au mois d'août que l'on règle les problèmes de la France et ceux du travail ! À cette épreuve des 100 jours, l'exécutif doit pourtant s'attaquer, d'autant que naissent les premiers doutes sur son inaction supposée, un début de procès en immobilisme. Pour le Premier ministre, l'exercice s'annonce complexe, aussi sûrement que la rentrée est balisée de nuages noirs, entre les plans sociaux qui s'amoncellent et l'euro qui inquiète. La quasi récession laisse présager des efforts accrus en matière d'économies et d'impôts. Aussi installe-t-il l'idée du changement dans la durée et redonne-t-il des perspectives à l'échelle du quinquennat. Sa feuille de route de rentrée est en réalité un agenda réactualisé qui vise à déjouer les critiques sur « l'indécision » du gouvernement et à signifier que celui-ci ne souffre pas de langueur. Pas de nouvelles réformes à l'horizon, n'était un futur plan banlieues aux contours imprécis, mais la réaffirmation des emplois d'avenir. Et deux demi-mesures dans lesquelles on aura du mal à déceler un volontarisme conquérant. La promesse de relever le plafond du livret A, déjà retardée, n'est qu'en partie honorée ; la régulation des prix des carburants, soumise aux conclusions des experts. Au fond, là où Jean-Marc Ayrault, dans sa tentative de désamorçage, se montre le plus clair, c'est qu'il n'exclut pas de réviser les prévisions de croissance, hypothèse qui servira à bâtir le budget 2013. Un cadrage serré qui ne dit pas encore son nom !

Ayrault joue l'apaisement sur le dossier des Roms

Ils auront accès à plus de métiers, mais les expulsions judiciaires des campements illicites continueront.
Matignon a fixé la ligne sur la question des Roms, ces quelque 20 000 ressortissants roumains ou bulgares dont l'installation en France, dans des campements de fortune, souvent en violation de la propriété privée, occasionne des troubles insupportables pour les riverains concernés.
Dès hier matin, en préambule à la réunion qu'il devait présider l'après-midi sur le sujet, Jean-Marc Ayrault a promis «fermeté et humanité». Une déclaration aussitôt accueillie comme une forme de soutien à Manuels Valls, très critiqué dans son camp pour avoir fait expulser des campements illicites à Lille cet été.
Le premier ministre s'est par ailleurs déclaré «favorable à une évolution» des mesures transitoires qui restreignent l'accès des ressortissants de ces pays au marché du travail en France. À ce jour, et jusqu'au 31 décembre 2013, ces étrangers, qui ne sont pas encore pleinement européens, n'ont accès qu'à 150 types d'emplois dans des secteurs dits «en tension».

 

 

 

Extension des secteurs professionnels accessibles aux Roms

Certes, on trouve dans cette liste nombre de métiers de main-d'œuvre, mais leur exercice y est très encadré. Parmi les conditions imposées: le versement par l'employeur d'une taxe à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). Un frein à l'intégration de ces populations, estiment les associations humanitaires qui les soutiennent. En Italie et en Irlande, les autorités ont purement et simplement supprimé ces mesures transitoires, offrant aux «Roms» un accès sans réserve à leur marché de l'emploi.
La France semble privilégier une solution intermédiaire. Lors de la réunion d'hier, en présence de neuf ministres, dont celui de l'Intérieur, Manuel Valls, l'hôte de Matignon a retenu le principe d'une extension des secteurs professionnels accessibles aux Roms et annoncé la suppression de la taxe pour les employeurs. A-t-il ainsi voulu limiter le risque d'«appel d'air» tant dénoncé par l'opposition? Beaucoup s'interrogent, quoi qu'il en soit, sur la portée concrète de telles mesures en période de crise. «Le gouvernement fait diversion», assure le député UMP de l'Yonne, Guillaume Larrivé.

Trouver des terrains

Quid, en effet, des 300 à 400 campements illicites qui concentrent, en périphérie des grandes villes, toute la misère de ces populations itinérantes s'adonnant souvent à la mendicité? D'un côté, le gouvernement déclare qu'il fera exécuter les expulsions ordonnées par la justice. De l'autre, il défend la doctrine du candidat Hollande de ne pas expulser sans proposition préalable de relogement.
Les autorités s'activent donc pour recenser les terrains disponibles. Mais ces derniers manquent. Tous les gouvernements s'y sont cassé les dents. La France invite par ailleurs les pays d'origine de ces communautés à mieux prendre en charge leurs ressortissants. «Le gouvernement souhaite ouvrir des discussions avec ceux-ci», déclare Matignon.
En tout état de cause, les expulsions de Roms cesseront «au plus tard fin 2013», se félicite le collectif Romeurope, dont Jean-Marc Ayrault a tenu à recevoir hier les représentants. Le temps de la «stigmatisation» est peut-être révolu. Le problème des Roms est loin d'être réglé.

  LES VOTES POUR LE FN VONT SE MULTIPLIER, 
C'EST MAGNIFIQUE !!!

Samaras promet "un retour spectaculaire" de la Grèce (presse)

Le Premier ministre Grec Antonis Samaras affirme que son pays pourra bientôt témoigner d'un "retour spectaculaire", dans une interview au journal Bild à paraître jeudi.
"Bien évidemment, nous rembourserons nos dettes, je le promets. Nous pourrons témoigner d'un retour spectaculaire", déclare M. Samaras au quotidien à grand tirage.
Le chef du gouvernement grec ose la comparaison avec la victoire de la Grèce à l'Euro de football en 2004. "C'était un miracle", se souvient M. Samaras.
Et de citer l'ancien entraîneur allemand de la sélection grecque de l'époque: "Otto Rehhagel disait alors que le succès était le résultat d'un mélange de valeurs typiquement allemandes, d'enthousiasme grec et d'inventivité". "Donc, nous avons la bonne recette", conclut M. Samaras.
Dans une interview qui doit paraître également jeudi dans le quotidien Süddeutsche Zeitung Antonis Samaras, promet également que la Grèce remboursera toutes les aides perçues et mettra en oeuvre les réformes promises.
M. Samaras rencontrait mercredi le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker avant une rencontre vendredi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel et samedi à Paris avec le président français François Hollande.