Les socialistes vont relancer cet après-midi à l'Assemblée la polémique sur les frais de campagne de Nicolas Sarkozy, qu'ils accusent de profiter du statut présidentiel pour faire campagne sur les fonds publics. Votre parti pris : en se focalisant sur les comptes du président-candidat, le PS fait une erreur de calcul. Expliquez-nous pourquoi.
D'abord, parce que c'est un calcul impossible : comment distinguer ce qui relève de l'exercice présidentiel de ce qui appartient au registre du candidat ? Dans l'absolu, on peut en effet déplorer que le chef de l'État profite de ses déplacements officiels pour faire campagne - il en a d'ailleurs nettement augmenté le rythme -, mais le problème est insoluble : il suffit qu'il se félicite de son bilan ou qu'il rappelle telle ou telle réforme et on dira que c'est le candidat qui parle. Même chose quand il remet des décorations à l'Élysée et que les petits fours sont payés avec de l'argent public. Quand il va à Marseille au chevet d'un policier blessé, c'est le président qui représente l'État et c'est aussi le candidat qui veut montrer son attachement à la sécurité. On ne peut pas diviser ce qui est indivisible.
Peut-être que ce serait plus simple si Nicolas Sarkozy se déclarait candidat. On lèverait au moins une ambiguïté...
Tout le monde sait qu'il est candidat. Et s'il se déclarait, ça ne réglerait pas le problème, puisqu'il serait toujours président ! L'ambiguïté existe dès lors que le chef de l'État se représente. Elle a d'ailleurs été reprochée à tous les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy - y compris De Gaulle. Quand Nicolas Sarkozy prononce deux discours sur la crise à Toulon, à trois ans d'intervalle, il est net que le deuxième a eu un ton plus politique, plus polémique que le premier. Ce sont quand même deux discours de président. Donc, toute l'organisation a été payée avec des fonds publics. Sur le principe, ce n'est pas différent des grands buffets offerts par tous les maires de France à l'approche des municipales. Est-ce qu'on veut réglementer ça aussi ? Il vaut mieux avoir des candidats obsédés par l'éthique que par l'arithmétique.
Ce qui agace les socialistes, c'est que le gouvernement veut aussi réduire de 5 % le remboursement des frais de campagne qui seront remboursés aux candidats. Ils ont tort ?
Disons que cette mesure a tout l'air d'un gadget pour flatter le poujadisme ambiant. Pour être vraiment significative, l'économie aurait dû aller jusqu'à 10 % ou 15 % : ça obligerait les candidats à diminuer sensiblement leurs dépenses. Il n'empêche que l'effort représente plusieurs millions d'euros et qu'en temps de crise le symbole n'est pas complètement inutile ; donc, le PS n'a pas grand-chose à gagner à le contester. Mais peut-être qu'à défaut de limiter ses apparitions, Nicolas Sarkozy pourrait aussi montrer l'exemple : en n'utilisant pas systématiquement l'Airbus présidentiel pour ses déplacements en province. Le TGV, c'est moins cher... et plus écologique.
Au total, vous trouvez que les socialistes cherchent une mauvaise querelle à Nicolas Sarkozy ?
En tout cas, c'est une polémique un peu mesquine. Bien sûr qu'être candidat en étant en fonction, ça offre des avantages : disposer, dans une certaine mesure, des moyens de l'État en est un. Représenter la France dans les réunions internationales en est un autre. Mais quand on est président et candidat, il y a une autre différence avec ses rivaux : on ne part pas seulement en campagne avec un projet, mais aussi avec un bilan. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, c'est plus probablement un handicap.
lundi 19 décembre 2011
Comptes de campagne de Sarkozy : l'erreur de calcul du PS
Grèce. Même les pères Noël mendient
A la veille de Noël, les Grecs n'ont pas le cœur à la fête. L'austérité imposée depuis plusieurs mois par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, fait subir au pays une dépression collective.
Reportage cette semaine à Thessalonique, sur cette Grèce qui souffre et s'enfonce dans la pauvreté.
Le Père Noël s'appelle Christos. Il a 27 ans, porte un habit rouge de mauvaise feutrine avec une pauvre barbe d'ouate blanche. « J'essaye juste de survivre », dit-il en distribuant la carte de visite de la taverne Katériniotis, tandis que sa copine fait goûter gratuitement les boulettes de viande maison. Aubaine dont profite immédiatement un homme au visage cabossé par la rue…
Christos ? Dans le civil, il a un diplôme de marketing. Et à quelques jours du 25 décembre, il est le seul Père Noël visible, avenue Polytechnique, en plein centre ville. Un extra à « 30 € pour 12 heures de travail », précise-t-il, nerveux, parce que la patronne le regarde causer au lieu de héler le passant. La crise ? « Je ne sais pas où ça va s'arrêter, jusqu'où on va tomber. Je suis terrifié comme chacun », écourte-t-il alors la conversation, rhabillant son visage d'un grand sourire pour jeter son réglementaire Joyeux Noël : « Kala Xristùgena ! » Mais le cœur n'y est pas… L'oreille le sait.
"On fera la fête à Pâques"
Car à Thessalonique, la crise s'entend avant de se voir. Dans la capitale de la Macédoine, la rue s'est mise en sourdine. L'ébullition perpétuelle ? L'éternelle stridence des klaxons qui vous rappelaient qu'au nord du pays et face au Mont Olympe, cette métropole de 1,5 million d'habitants, deuxième ville de Grèce était aussi la porte de l'Orient, le port stratégique des Balkans ? Au ralenti. L'essence chère et l'argent rare ont calmé les ardeurs du trafic.« Maintenant les gens prennent de plus en plus le bus ou marchent, les jeunes découvrent le vélo », explique Stavros. Quant à Noël, cette année, les cadeaux seront remis aux calendes grecques : « On fêtera Noël à Pâques », résume ce professeur d'université, marié et père de trois enfants. Il gagnait 2 500 € il y a deux ans contre 1 496 € désormais. Ses impôts ont explosé. Il a perdu 50 % de ses revenus. Comme tous ses compatriotes, il ne sait donc pas « de quoi demain sera fait ».
Ce demain qui peut soudain prendre le visage d'un cycliste à l'allure de cadre sportif plantant brutalement son VTT devant vous pour vous demander « 50 cents, s'il vous plaît ». À moins qu'il n'ait la tête de ce petit retraité fouillant les poubelles ou de ces dames tentant de garder leur dignité sur l'escalier de la soupe populaire. Car à Thessalonique, si la jeunesse dorée se prélasse encore aux terrasses du front de mer, deux rues derrière, les vitrines de magasins fermés disent « à vendre, à louer »… Une guirlande de rideaux tirés décore la ville tandis que Noël joue partout profil bas.
Adorateurs de la saignée
à l'heure où les comptes de millions de Grecs clignotent en rouge, les illuminations évitent en effet l'ostentatoire tandis que les bardages métalliques des affaires en faillite appellent à la révolte. « Ne fais plus carrière, fais un sabotage », « Université = parking à chômeurs », bombés en lettres écarlates… Ici, plus personne ne croit au Père Noël comme l'attelage franco-allemand, la Banque Centrale Européenne et le FMI ont livré le pays en cadeau aux marchés. Exsangue, la Grèce malade se rend compte qu'elle n'a pour médecins que des adorateurs de la saignée. Et chaque jour réserve sa nouvelle ponction.« Les gens achètent à manger »
Aujourd'hui ? Quotidien régional, « Le Messager » annonce que « La Troïka veut des salaires à 450 € ». Pour sauver ce qui peut encore l'être avant les fêtes, les magasins font des promotions entre - 20 et - 70 %. Cela ne suffit pas. « Je n'ai jamais vu ça » confirme Théophile, vendeur de déco. « Les gens ne regardent même pas. Ils savent que c'est du superflu, ils achètent en fonction des priorités : d'abord à manger, puis de quoi s'habiller ». Sur les trottoirs encombrés, les sacs sont rares au bout des bras. Institution pâtissière de Thessalonique, Athanase Agapitos, 80 ans, n'en revient pas non plus. « Nous sommes à -50 %. Les gens n'achètent rien, ou juste ce qu'il faut. C'est-à-dire d'abord le pain. » Une clause de style ? Non. Deux cents mètres plus loin, Dimis Cohen tient une petite boulangerie. « Depuis quelques mois, je fais +20 % de chiffre d'affaires. Mes clients achètent plus de pain, ça remplit le ventre », reconnaît-il. Le seul à voir plus de monde ? Le « Paradis », brocante de 400 m2 de jouets, de bouquins, de bibelots. « On me snobe moins. Les gens veulent des trucs pas chers et j'ai doublé ma clientèle. Mais chacun n'achète que pour 3 ou 5 €», explique le patron.Tiens ? Un couple de Père Noël installé à un feu rouge ? Lui marche avec des béquilles, elle lui rajuste la barbe tendrement… Ils sont roumains, mariés, un enfant. Pour la première fois, ils tentent de mendier déguisés, « mais on ne sait pas ce que ça va donner ». Un camionneur passe et lance goguenard : « C'est au Père Noël de faire des cadeaux, pas d'en recevoir ! » Kala Xristùgena… Il fait beau. Mais la misère n'est jamais moins dure, au soleil.
La fiscalité galopante des villes les plus dépensières
Mais les élus communistes de la cité aux santons, qui pilotent aussi la communauté d’agglomération, ne sont pas prêts à renoncer aux délices de l’endettement. Ils sont sur le point d’emprunter de nouveau pour s’équiper d’un tramway, alors même que les lignes d’autobus, pourtant gratuites, sont loin d’être saturées. L’engin, surdimensionné pour une aire urbaine de 102 000 habitants, coûtera au bas mot 200 millions d’euros, soit environ 1 000 euros supplémentaires d’impôt par foyer fiscal. Encore un effort, camarades, vous pourrez faire appel au FMI…
Au train où vont les choses, les impôts locaux n’ont pas fini de flamber. Certes, en octobre dernier, les Français ont pu avoir l’impression d’une pause en recevant leur avis. Selon les calculs exclusifs de Capital, les ménages ne bénéficiant pas d’exonération ont vu leurs taxes d’habitation et foncière augmenter de 2,7% en un an. Mais il s’agit d’un simple répit. Depuis 2001, leur note a grimpé en moyenne de 42%, avec des pointes à 65,9% à Aubervilliers, 62,8% à Clermont-Ferrand ou 60,3% à Reims, alors même que l’inflation ne dépassait pas 19%. Et il n’y a aucune raison que cela se calme, car les édiles continuent de recruter du personnel à tour de bras et d’investir à fonds perdus dans des équipements pas toujours judicieux.
Voir aussi notre tableau :L’explosion des impôts locaux en France, ville par ville
La passion pour les palais pharaoniques, par exemple, a bien résisté à la crise financière. Après les hôtels de région et du département, voilà les hôtels d’agglomération. Les Perpignanais mettront par exemple vingt-cinq ans pour éponger les 25 millions d’euros que leur a coûté leur supermairie. Ceux d’Evry (Essonne) ne sont pas mieux lotis : leur intercommunalité, qui accumule 130 millions d’euros de dettes, n’a pas hésité à emprunter 16 millions supplémentaires pour s’offrir une audacieuse structure de verre, qui, à peine inaugurée cet été, s’est avérée trop exiguë…
Autre gouffre sans fond, les tramways. Ce ne sont pas les Parisiens, dont les impôts ont bondi de 53,5% en dix ans, qui diront le contraire : la construction de la deuxième tranche de leur T3 va coûter 61 millions d’euros le kilomètre, deux fois plus que la moyenne des autres villes, et celle de la troisième 74,5 millions. Encore plus absurde, le tram de Caen inauguré en 2002 va, pour sa part, être envoyé à la casse. Cet engin farfelu, doté de pneus et de moteurs Diesel, est chroniquement en panne. Aux 214 millions d’euros investis en pure perte pour le construire, Caen devra sûrement en ajouter 150 autres pour acquérir un nouveau matériel.
La gabegie vaut aussi pour les stades. A Nancy, par exemple, la communauté urbaine s’était lancée dans la construction d’une arène de 32 000 places, alors que son équipe de foot, qui se battait vaillamment pour décrocher la lanterne rouge de la Ligue 1, attirait en moyenne 14.000 spectateurs par match. Coût de ce bijou : 63 millions d’euros. Officiellement, l’Etat devait en apporter 8, tandis que l’agglomération empruntait 25 millions et le club local une trentaine. Mais si l’AS Nancy-Lorraine, qui est exsangue, se révélait incapable de rembourser, ce qui était tout à fait possible, la note (336 euros par foyer) aurait été transmise aux contribuables. Face à la bronca d’opposants locaux, André Rossinot, le maire de Nancy, a été contraint d’abandonner le projet. Les Marseillais, eux, paieront 322 euros pour leur stade, les Lillois 476 euros et les Niçois 634.
Passe encore si ces dépenses étaient financées avec des fonds propres. Mais, la plupart du temps, elles sont couvertes par des emprunts, souvent logés dans des structures parallèles afin de les dissimuler au grand public. Pour établir la véritable addition de chaque commune, nous avons donc dû mener une enquête de bénédictin dans les budgets annexes, les comptes des communautés urbaines ou des syndicats des eaux. Le résultat en valait la peine. Au total, selon la Cour des comptes, la dette globale des collectivités locales s’élevait en 2010 à 163 milliards d’euros, soit 8,3% du PIB.
Le plus consternant, c’est que près d’un tiers de ces prêts (50 milliards d’euros) est indexé sur des valeurs spéculatives. Ils ont été souscrits par des élus imprudents, et pas des moin¬dres. Gérard Larcher, l’ex-président du Sénat, en a pris lui-même pour 15 millions d’euros à Rambouillet, et François Hollande pour 6,7 millions dans sa ville de Tulle, en Corrèze. Selon Emmanuel Fruchard, un pro des salles de marché, le surcoût de ces emprunts toxiques pourrait atteindre 10 milliards d’euros. C’est exactement le montant de la taxe d’habitation perçu l’an dernier par les villes.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il est mort
Le fils du président de la Corée du Nord âgé de 69 ans, Kim Jong-Un, a été désigné pour prendre sa succession, ont annoncé les médias officiels du régime communiste.
Kim, dont la mobilité était réduite depuis un accident cérébral en 2008, est décédé d'un «infarctus du myocarde sévère et d'une crise cardiaque» dans son train au cours d'un de ses traditionnels déplacements sur le terrain, a-t-elle ajouté, soulignant qu'une autopsie avait été réalisée dimanche.
Son fils, Kim Jong-Un, né en 1983 ou 1984, a été désigné pour prendre sa succession à la tête de l'unique dynastie communiste de l'Histoire, toujours selon l'agence officielle de Corée du Nord, qui a appelé les Nord-Coréens à le reconnaître désormais comme leur leader.
Funérailles fixées au 28 décembre
«Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l'autorité du camarade Kim Jong-Un et protéger et renforcer le front uni du parti, de l'armée et du public», a annoncé l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), agence officielle nord-coréenne. Ses funérailles ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités de l'Etat stalinien ont décrété un deuil du 17 au 29 décembre.
A Séoul, le gouvernement sud-coréen était placé en état d'alerte à l'annonce de la mort de Kim, les deux pays restant techniquement en état de conflit armée depuis l'armistice précaire signé à l'issue de la guerre de Corée (1950-53). Le Conseil de sécurité national sud-coréen devait se réunir en urgence lundi.
Bistrot, Bertrand Auboyneau et François Simon, photographies de Christian Sarramon, Flammarion, 220 p., 29,90 euros.
Le Goût transmis, Catherine Ruedin et Vincent Tasso, Rouergue, 224 p., 32 euros.
Le Chocolat, Nicole Cholewka avec la collaboration de Jean Pruvost, Honoré Champion, 141 p., 9 euros.
Russie : la fin du contrat poutinien
De la place Tahrir à la place Rouge, la route paraît bien longue, voire improbable. Les comparaisons lapidaires affluent entre les révolutions arabes et le "printemps slave" qu'aurait lancé la mobilisation de dizaines de milliers de Russes contre les fraudes commises lors des élections législatives du dimanche 4 décembre. La prudence s'impose. Mais il est clair que ce réveil civique inattendu est un poison lent pour le pouvoir.
Les suites du mouvement ont beau être imprévisibles, rien ne sera plus comme avant. Dans une improvisation qui en dit long sur sa panique, le régime prétend répondre aux aspirations libérales d'une partie de la population en téléguidant la candidature du milliardaire Mikhaïl Prokhorov à l'élection présidentielle de mars 2012. Cela n'écarte pas la menace d'une "pékinisation" de Moscou pour policer Internet, même si Vladimir Poutine a rejeté cette idée, jeudi à la télévision.
Une leçon majeure peut déjà être tirée : on assiste à la fin du contrat poutinien. Sur le Net russe, on en résume les termes ainsi : saucisses contre démocratie. Depuis 2000, les Russes ont été invités à voyager, à s'enrichir, à se distraire, à plonger tête baissée dans le consumérisme. Vous voulez partir ? Partez. Vous voulez rester ? Respectez alors les règles du jeu. La politique, la vraie, se joue en petit comité intouchable. Un comité qui ne rend pas de comptes, si ce n'est lors de messes cathodiques scénarisées.
Dans ce système - "l'Etat de droit du plus fort" -, les élections sont une validation symbolique ; les élus de la majorité se plient aux ordres ; l'opposition tolérée est composée de partenaires du pouvoir. La justice, elle, est instrumentalisée. Quant aux médias, à part de rares poches de résistance, ils ne sont qu'une courroie de transmission. Les mots sont vidés de leur substance et le cynisme règne. Voilà pourquoi, pendant une décennie, par réflexe de survie et par lassitude, en souvenir aussi des années 1990 tourmentées, une majorité de Russes s'est repliée sur la vie quotidienne, sur le cercle familial.
On dit souvent que les Russes forment un peuple apathique. En réalité, les ratures sur ce contrat étaient apparues avant le 4 décembre. Mais la taille du pays, la puissance de la propagande et un désintérêt pour la Russie en Occident n'ont pas permis d'en mesurer l'ampleur. Et puis, ce contrat, les dirigeants européens et américains l'ont aussi paraphé, dans l'espoir que la Russie devienne un partenaire fiable.
Or la société civile s'est réanimée depuis plusieurs années. Des mouvements de citoyens ordinaires, hors des organisations non gouvernementales (ONG) ou des partis, ont émergé et menacé le pouvoir, qui assimile toute contestation à une désertion. Il y eut les automobilistes, en Extrême-Orient, protestant contre de nouvelles taxes sur les voitures importées. Il y eut les défenseurs de la forêt de Khimki, près de Moscou, que devait défigurer un projet d'autoroute. Il y eut, aussi, ces accès de fièvre sur la Toile, lorsque l'impunité d'un fonctionnaire ou d'un élu était documentée.
Les foules qui ont manifesté le 10 décembre à Moscou et à Saint-Pétersbourg, mais aussi à Novossibirsk ou à Arkhangelsk, si loin du pouvoir central, ne voulaient pas la révolution, mais le respect de leurs droits. Mus par la colère et l'humiliation, les manifestants se sont reconnus, comptés et encouragés sur Internet, avant de sortir au grand jour. Pour la plupart, c'était leur toute première fois. Leurs moqueries vis-à-vis du régime rappellent irrésistiblement celles qui ont accompagné, il y a vingt ans, la fin de l'URSS.
Les fraudes en Russie sont une pratique ancienne. Pour être réélu en 1996 face au communiste Guennadi Ziouganov, Boris Eltsine y avait eu recours, alors que les médias organisaient sa promotion effrénée. Mais, cette fois, l'ampleur des malversations, en contraste avec l'impopularité du parti Russie unie, a enflammé les réseaux sociaux. Fin septembre, l'annonce d'un échange de postes au printemps 2012 entre le premier ministre, Vladimir Poutine, et le président, Dmitri Medvedev, avait tué l'hypothèse d'une libéralisation douce du système.
L'idée d'un scénario politique dicté d'en haut a exaspéré la Russie urbaine, jeune, ouverte sur le monde. Ce n'est pas toute la Russie. Il y a aussi l'autre, celle des retraités craintifs et disciplinés ; celle des fonctionnaires profitant de la corruption sans précédent ; celle des centaines de milliers d'agents de l'appareil répressif ; celle de Rosneft et Gazprom, les conglomérats pétrolier et gazier. Bref, la Russie qui s'accommode fort bien de la fameuse stabilité (lire : stagnation), vantée par Vladimir Poutine.
Mais l'autre Russie, celle qui gronde, a placé le pouvoir dos au mur. On souligne souvent, en Occident, les tendances autoritaires du régime russe. Elles sont réelles, mais elles ne disent pas tout. Ce pouvoir est aussi faible, essoufflé, incapable de former une administration moderne, de penser une décentralisation efficace. Un système reposant sur la force plutôt que sur le droit, sur des rapports féodaux plutôt que sur des institutions, porte les germes de sa perdition. Mais à quelle échéance ?
Russie : Medvedev estime qu'une refonte du système politique est nécessaire
Les conséquences des importantes manifestations qui ont eu lieu en Russie se font encore sentir. Alors que l'actuel premier ministre et futur candidat à l'élection présidentielle Vladimir Poutine avait laissé entendre que des réformes électorales étaient possibles, l'actuel président et potentiel futur premier ministre Dmitri Medvedev a confirmé qu'une refonte du système politique était nécessaire.
Devant des membres du parti Russie unie, M. Medvedev a annoncé qu'une "nouvelle étape dans le développement du système politique a commencé et nous ne pouvons fermer les yeux", selon une retranscription mise en ligne sur le site du Kremlin. Le président russe n'a cependant pas précisé quelles réformes il pensait mettre en oeuvre, ni quand.M. Medvedev est revenu sur les manifestations sans précédent qui ont eu lieu après les élections législatives, mais a estimé qu'elles n'étaient qu'une étape d'un processus et pas son origine. "Cela n'a pas débuté par des manifestations, a-t-il maintenu. C'est juste sous la surface, comme de l'écume en quelque sorte. C'est le signe du mécontentement des gens. Cela a commencé car l'ancien modèle qui a servi notre pays fidèlement, honnêtement et justement ces dernières années -et nous l'avons tous défendu- a largement été épuisé".
"La rue, c'est l'humeur du peuple, a-t-il ensuite poursuivi. Les autorités doivent dire de façon responsable et directe que c'est également leur humeur. L'humeur du peuple doit être respectée. Il est absolument inacceptable que les autorités soient délégitimisées car pour notre pays cela signifie l'effondrement de l'Etat. Qu'est la Russie sans gouvernement ? Chacun a en mémoire les livres d'Histoire. Ce serait 1917."
Dmitri Medvedev, qui a promis une enquête sur les allégations de fraudes après la victoire contestée de son parti aux législatives, a toujours rejeté ces accusations. Au président américain Barack Obama, qu'il a eu au téléphone vendredi, il a laissé entendre, selon l'agence Interfax, que les critiques internationales étaient tout simplement inutiles. "J'ai bien sûr dû lui dire une chose : vous pouvez considérer nos élections comme vous le voulez, c'est votre affaire. Pour parler franchement, nous n'y accordons aucune importance"
dimanche 18 décembre 2011
Nicolas Sarkozy rend hommage à un "ami" de la France
Plusieurs responsables politiques français ont rendu hommage, dimanche 18 décembre, à l'ancien président tchécoslovaque Vaclav Havel, décédé le même jour.
Nicolas Sarkozy lui a rendu hommage, voyant en lui un "Européen engagé" et "ami" de la France, qui incarnait "un engagement infatigable en faveur de la démocratie et de la liberté". "Son accession à la présidence de la République après la Révolution de velours en 1989 a couronné une vie tout entière vouée au combat contre le totalitarisme et pour la défense des valeurs qui inspiraient son action – la tolérance, la promotion des droits de l'Homme et la lutte contre l'oppression", écrit le président de la République dans une lettre à son homologue tchèque.
Selon Nicolas Sarkozy, "avec la disparition de Vaclav Havel, la République tchèque perd l'un de ses grands patriotes, la France perd un ami, l'Europe perd l'un de ses sages". "Cet Européen engagé, convaincu de l'unité profonde et de la solidarité nécessaire de notre continent, restera dans la mémoire des Français", conclut le chef de l'Etat.
De son côté, le premier ministre François Fillon souligne, dans un communiqué, que "par son opposition constante au régime communiste, par son rôle décisif lors de la Révolution de velours, puis par ses treize ans à la présidence de la République, Vaclav Havel aura marqué près d'un demi-siècle de l'histoire et de la vie de son pays". "Grande conscience européenne, père de la République tchèque contemporaine, ayant préparé l'adhésion de son pays à l'Union européenne, Vaclav Havel restera un modèle de courage politique et moral et de fidélité aux valeurs humanistes de notre continent", écrit François Fillon.
"Avec lui, nous perdons une grande conscience européenne", a estimé de son côté le ministre des affaires étrangères Alain Juppé, qui "salue la mémoire d'un combattant de la liberté". "Les Français n'ont pas oublié la rencontre du dissident et de ses compagnons avec le président Mitterrand, à Prague, le 9 décembre 1988", rappelle-t-il.
Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, salue un "dramaturge totalement engagé dans son art comme dans la vie de la cité". "Depuis plusieurs années, Vaclav Havel luttait contre la maladie et la mort avec le courage que lui connaissaient déjà ses compagnons de combat, écrit Frédéric Mitterrand. Homme de lettres et homme d'Etat, artiste et homme d'action, il savait que les mots peuvent être des armes."
"UNE DES VOIX LES PLUS ADMIRABLES DE NOTRE HISTOIRE"
François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a rendu hommage à "une des voix les plus puissantes, les plus singulières et les plus admirables de notre histoire contemporaine". "Vaclav Havel laissera dans l'histoire le souvenir exemplaire d'un homme qui avait fait de ce qu'il nommait 'la politique antipolitique' un instrument implacable de libération et de progrès, écrit François Hollande dans un communiqué. Sa mémoire, pour les Tchèques bien entendu, pour les Européens à l'évidence mais, au-delà, pour l'humanité toute entière, restera une source vivante de probité, de courage et d'espoir."
Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a salué celui qui, "comme dissident, écrivain ou homme d'Etat, n'a jamais cessé de revendiquer les droits de la conscience morale individuelle et collective, à défendre les droits humains partout où ils étaient menacés, à commencer par la Tchéquie, son pays, qu'il a su intégrer dans l'Union européenne".
Le président du Mouvement démocrate (MoDem) et candidat à la présidentielle, François Bayrou, a estimé que M. Havel, au "parcours original et même unique", représentait "le plus formidable amour de la liberté". "Celui qui vient de s'en aller a été pour notre génération et toute la famille de pensée des démocrates dans le monde, un inspirateur et un repère. Il représentait le plus formidable amour de la liberté", a déclaré M. Bayrou.
Pour Dominique de Villepin, fondateur de République solidaire et lui aussi candidat à la présidentielle, "cet homme de liberté et d'engagement a su faire de son immense culture une exigence de tous les instants au service de l'homme". "C'est avec lui comme avec Jorge Semprun une génération de témoins et de bâtisseurs qui s'efface pour passer le relais de l'espérance à une nouvelle génération, plus épargnée par les tragédies, les persécutions et les guerres. Charge à elle d'être digne de ces grands exemples", poursuit M. de Villepin.
L'"IMMENSE CHAGRIN" DE JACK LANG POUR SON "AMI"
L'ancien ministre socialiste de la culture Jack Lang a fait part de son "immense chagrin" après le décès de son "ami" Vaclav Havel, dont la vie a été "une exemple de courage, d'honnêteté intellectuelle et de fidélité". Jack Lang avait fait sa connaissance par le théâtre dans les années 1970, au moment où Vaclav Havel s'était "imposé comme un des dramaturges les plus féconds et les plus brillants de sa génération".
"Un seul désaccord nous a momentanément séparé" à propos de la création d'une confédération de la grande Europe, à laquelle le président tchèque était opposé, note Jack Lang dans son communiqué. "A ceux qui parfois aujourd'hui doutent de la politique, Vaclav Havel offre un exemple de la noblesse et de la dignité de la vie civique", poursuit-il.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a salué "la mémoire du cofondateur de la Charte 77 qui aspirait à ce que 'l'amour et la vérité vainquent la haine et le mensonge'". "Hier dissident du régime communiste, puis premier président de la Tchécoslovaquie post-socialiste, monsieur Havel ne ménageait pas aujourd'hui ses critiques à l'égard du libéralisme. Son humanisme ne se satisfaisait d'aucun dogme politique quel qu'en soit le nom", déclare Pierre Laurent dans son communiqué.
Eva Joly : "L'économie verte" peut créer "un million d'emplois"
"Dépenser moins pour vivre mieux"
Toute de blanc vêtue, Mme Joly a affirmé que sa « seule règle d'or serait de ne laisser personne au bord du chemin », avant de détailler ses « quatre priorités » dans un discours de 40 minutes. Candidate de la sortie du nucléaire, Eva Joly a d'abord parlé d'un « temps d'urgence sociale et écologiste pour sortir de la récession », refusant « les logiques mortifères de l'austérité ». En résumé, « dépenser moins pour vivre mieux ».Le blocage des loyers
Très applaudie, elle s'est notamment prononcée pour le « blocage des loyers », relevant qu'« il y a même un petit pays où cela fonctionne, un petit pays exotique, l'Allemagne ! » Selon elle, alors que « la France est malade du chômage », il est possible de « créer un million d'emplois » dans « l'économie verte » d'ici à 2020. Le chiffrage de cette annonce ne sera dévoilé qu'en janvier prochain. « C'est le seul chemin pour sortir intelligemment et efficacement de la crise », a-t-elle dit, fustigeant la « toute puissance » des marchés financiers. « Les spéculateurs ne gagneront pas », a souligné l'ex-juge, experte en « combat contre les paradis fiscaux ». Évoquant le cargo échoué dans le Morbihan, l'eurodéputée a également proposé « une section au sein de la Cour pénale internationale chargée de poursuivre et réprimer sévèrement les crimes écologistes »."La xénophobie d'Etat made in France, ça suffit"
Deuxième idée, un « pacte de fraternité ». L'occasion de s'en prendre à « Hortefeux, Besson et Guéant qui n'ont eu de cesse de caresser le Front national dans le sens du poil, avec une expression bien de chez nous "expulsons français" ». Avant de lancer : « La xénophobie d'Etat made in France, ça suffit comme ça ! »"En finir avec la Ve République"
Troisième priorité, « la République des biens communs » pour « en finir avec la Ve République », a poursuivi Eva Joly, s'attaquant aux « pratiques claniques et aux méthodes barbouzardes comme dans l'affaire des fadettes » du quinquennat de Nicolas Sarkozy. « Takieddine, Karachi, Marseille, Hénin-Beaumont », cela « relève du même processus délétère », a-t-elle jugé, faisant allusion à l'UMP comme au PS."Une préférence sociale et environnementale, pas nationale"
Enfin, elle s'est prononcée pour une Europe fédérale, persuadée que les Français « se refusent à une vision hexagonale et chauvine du monde ». A ceux qui parlent d'« acheter français », elle répond que la « réindustrialisation » doit se faire par les PME innovantes et écologiques, « pas contre, ni dans le dos de l'Europe ». « Ma préférence n'est pas une préférence nationale mais une préférence sociale et environnementale », a-t-elle résumé.La candidate d'EELV a indiqué qu'elle proposerait « rapidement » avec Daniel Cohn-Bendit « un autre chemin » que celui d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sur le Traité européen. Sous les « Eva présidente » scandés par une salle debout, elle a appelé à « voter juste » pour un projet de société « et non pas un rafistolage du système ».
Pour Cécile Duflot : "Un projet dense, ambitieux et réaliste"
La secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, avait pris la parole dans la matinée. Face à la « crise d'un système et d'un modèle de développement » fondé notamment sur « l'ultra-court terme », et « au moment où on essaie de nous faire croire que la seule solution est de renier les acquis sociaux et aller vers des sacrifices plus importants », c'est un « programme d'action pour les temps qui viennent » avec l'objectif de « s'attaquer à la racine de nos difficultés et présenter des solutions globales écologistes », a-t-elle dit. « Ni un petit livre vert ni une Bible », ce projet porte « l'étendard affirmé de vivre mieux » en « respectant la planète et les équilibres sociaux », a-t-elle ajouté, relevant que « l'originalité de l'écologie politique est d'avoir tiré les leçons de ce qu'il s'est passé au XXe siècle ». Ce projet « dense, ambitieux, large, synthétique, radical et aussi réaliste et fondamentalement écologiste », « apporte des nouvelles solutions » car il ne faut « pas se cantonner à des solutions dépassées », selon la patronne d'EELV.Présidentielle 2012 : MAM attaque tous azimuts
Hollande dans la ligne de mire de MAM
Et afin de soutenir son candidat à fond, Michèle Alliot-Marie a profité de son passage médiatique pour égratigner les rivaux du président sortant. À commencer par François Hollande. « Monsieur Hollande a une attitude irresponsable. Il ne sait pas comment se passe un conseil des ministres, à fortiori le conseil européen », a attaqué l'ancienne ministre avant d'en rajouter une couche. « Dans son attitude il a commis une faute. Il va dire à Berlin qu’il souhaite la défaite d’Angela Merkel, alors que s’il était élu, pendant des mois, il aurait à discuter avec elle. Comment voulez-vous que ce soit possible ? ».Morin et Villepin également visés
Autre proie de MAM : le centriste Hervé Morin. « C’est quelqu’un qui parle pour lui et qui, si j’ai bien compris, représente entre 0,5 et 1% d’intentions de vote », a-t-elle taclé. Alliot-Marie affirme qu'elle « n’aime pas cet état d’esprit » n'acceptant « pas que l’on dénigre la France. Notre pays et solide, il est dans une tempête mondiale, et ce n’est certainement pas Hervé Morin qui est le bon capitaine. ». Enfin, Dominique de Villepin n'y aura pas échappé non plus. L'ancien premier ministre est accusé de prendre « une posture dont il pense qu’elle est gaullienne, mais il n’est certainement pas de Gaulle, et même certainement pas gaulliste, car être gaulliste, c’est d’abord l’intérêt général, avant des ambitions ou des egos personnels ». La sortie médiatique de MAM aura été généreuse. Tout le monde aura reçu sa critique acerbe.Vaclav Havel est mort
A l'heure de la politique spectacle, Vaclav Havel offrait à L'Express en 2008 un entretien. Attablé au café Slavia, à Prague, haut lieu de l'âme tchèque, il contemple les scènes de rue de cette ville qui a connu tant d'événements dramatiques. Il y a quarante ans, dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les chars du pacte de Varsovie écrasaient le Printemps de Prague. Jusqu'à aujourd'hui, l'itinéraire de Vaclav Havel symbolise à lui seul la résistance à l'oppression communiste.
Courageux dissident, il s'est imposé d'évidence comme l'homme clef de la révolution de Velours, en 1989. "Président philosophe" de 1990 à 2003, homme de théâtre, "faiseur" de paix, il incarne l'âme d'un peuple, mais aussi une autre manière de faire de la politique et une haute vision de l'Europe. C'est pourquoi sa parole est d'or. Entretien.
Vaclav Havel: Un homme peut rarement se dire complètement heureux. Il est vrai que notre pays a aujourd'hui atteint un niveau de sécurité qui n'a pas d'équivalent dans le passé. Maintenant que nous sommes membres de l'Union européenne et de l'Otan, nous sommes en sécurité. Nous avons toutes les libertés de base, un Etat indépendant, et la situation économique générale est bonne. Mais cela ne veut pas forcément dire que les gens sont heureux.
Croyez-vous vraiment que, sous l'Empire austro-hongrois ou au temps de la domination soviétique, quelque 150 000 personnes eussent pu forcer le pouvoir central à reconsidérer une décision politique?
Il est toujours bon qu'une structure soit dotée d'une tête. Cela peut être une fonction symbolique, ou pas, mais, ce qui compte, c'est que les gens sachent qu'il y a bien quelqu'un là-haut, au sommet de la pyramide. Du moment qu'ils connaissent son nom et son visage, les citoyens peuvent se raconter des blagues à son sujet, se moquer de lui ou le respecter ; peu importe, pourvu qu'ils se l'approprient. Quant au profil du dirigeant, la seule chose qui compte c'est qu'il délivre une vision du futur et incarne la dimension spirituelle de l'unification européenne. Il ne peut pas être uniquement le gardien des douanes, des quotas, des tarifs, etc. Aujourd'hui, l'Union européenne paraît être une institution bureaucratique qui ne s'occupe que de sujets techniques et administratifs. Or l'Union comporte une dimension culturelle, historique, traditionnelle, spirituelle. La tâche principale du "leader" devrait être de souligner cette profondeur. Si j'étais encore président, je ne pourrais me prononcer. Citoyen, je peux en dire un peu plus. Je connais McCain en personne et c'est vraiment quelqu'un de très bien. Je ne connais pas Obama, mais, malgré tout, je voterais pour lui. Car, à ma manière, j'ai été de tout temps un démocrate américain. Idéalement, j'aimerais que Hillary devienne la vice-présidente d'Obama.
Naissance à Prague.
S'engage dans l'opposition à la suite de l'écrasement du Printemps de Prague
Auteur de pièces de théâtre et cofondateur de la Charte 77, organisation de défense des droits de l'homme, il est emprisonné à plusieurs reprises.
Révolution de velours. Il devient président de la République.
Démissionne : il refuse de cautionner la partition de la Tchécoslovaquie.
Président de la République tchèque.
Il publie une pièce, Partir, sur l'abandon du pouvoir.



















