TOUT EST DIT

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lundi 19 novembre 2012

UMP: l'ombre de Sarkozy

Impossibilité technique de départager François Fillon et Jean-François Copé. Impossibilité de valider qui l'a emporté dans ce vaudeville interne de la course au leadership de l'UMP qui n'a pas de chef élu. Le pathétique le conteste à l'irresponsable. Le spectacle est indigne d'un parti d'une démocratie sereine et mature. L'ombre de Nicolas Sarkozy plane encore sur son mouvement. Pourtant depuis sa défaite aux législatives, l'UMP et la droite parlementaire sont demeurés pugnaces, loin de l'effondrement ou plutôt de l'implosion annoncée. Elles doivent cette quasi dynamique aux difficultés de l'actuelle majorité, à un personnel expérimenté mais surtout au score de Nicolas Sarkozy au second tour de
l'élection présidentielle.

 
La proportionnelle, arme ultime de Holllande
Nicolas Sarkozy a perdu. Mais il a obtenu 48,3% des suffrages exprimés. Il a ainsi sauvé les positions de l'UMP dans la bataille de la recomposition au sein des familles des droites. Le FN et Marine Le Pen, certes dans la continuité de sa défaite personnelle aux législatives, peinent à s'affirmer. Au centre, il faudra attendre un peu pour saisir l'impact de la tentative d'évasion dans une UDI aux contours proches d'une mini UDF à la sauce Borloo. Et surtout la recomposition s'achèvera, en réalité, dans la législative en mode proportionnelle en 2017 qui sera l'arme ultime du Président François Hollande.
Quoi qu'il puisse se passer d'ici là, Nicolas Sarkozy même sorti du jeu politique quotidien, même s'il confirme son éloignement, va demeurer, qu'il le souhaite ou non, un leader des droites. Comme une figure tutélaire dont les citoyens raffolent, en particulier en temps de crise. Un recours, au moins imaginaire, même pour celles et ceux qui l'avaient détestés. Au grand regret légitime des François Fillon, Jean-François Copé, Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Marine Le Pen.
Les Français attendent d'abord des idées
Le quinquennat est rapide comme notre temps digitalisé et mondialisé, loin du tempo du septennat d'un autre siècle. Il se pourrait même que Sarkozy devienne à terme, l'une des personnalités politiques préférées des Français. Tout ceci n'arrange en rien les affaires des actuels leaders des droites. Et ca pose à l'UMP en particulier la question du choix de positionnement et de stratégie pour les 5 prochaines
années. L'enjeu du leadership n'a pu être réglé ce week end. Etait-il nécessaire de le clarifier immédiatement après les 2 défaites de l'année ? Il n'est pas certain que les français, même ceux qui se reconnaissant dans les forces des droites, espèrent une alternative personnalisée, individualisée à François Hollande et à son Gouvernement. Un parti politique n'est pas seulement une machine à fabriquer un candidat. Ils attendent des idées, une
vision, des explications, ... et des victoires ensuite.
C'est dans l'opposition qu'il faut faire naître un nouveau paradigme pas quand on est dans l'action. Et sur l'ensemble de l'échiquier politique, il y a comme une panne idéologique. Plus personne n'a quoi que ce soit de fort et d'emblématique dans son magasin. La vision a fait place nette et générale un discours tétanisé sur la crise et surtout à un message et une pratique de plus en plus gestionnaires qui délaissent toute proposition pour le futur. Et ce futur, le notre à tous et en particulier celui de nos enfants, a besoin d'avocats dans le
présent. Pas d'un seul !

vendredi 6 avril 2012

Du référendum à l'élection, où est passé Sarko?


Très au delà de leurs différences politiques, les français méritent une autre élection présidentielle que le seul referendum pour ou contre Nicolas Sarkozy. A quelques jours désormais du premier tour, pour que la campagne décolle vraiment enfin. Pour que les français, qui attendent une grande conversation sur l'avenir, l'obtiennent. Pour qu'ils puissent s'y investir très au delà du fauteuil du téléspectateur des monologues télévisuels ronronnants ou des débats audiovisuels des candidats avec les seuls journalistes. Pour que nous échappions au spectre de l'abstention. Il faut le retour de Sarko là où nous avons pour l'instant un Président sortant qui peine encore à revêtir la totalité ducostume du candidat.
Une comparaison avec 2007 accusatrice
La comparaison avec 2007, malgré des efforts récents et désordonnés, est accusatrice. Comme un sentiment diffus d'impréparation. Une organisation qui apparaît floue. Où sont les seconds rôles ? Et surtout pas de véritable histoire à nous raconter. Manquent un récit, des acteurs, une structure et une discipline narrative aussi. Nicolas Sarkozy n'a pas encore vraiment trouvé la ligne éditoriale de l'histoire réélection.
Dans ce temps de bataille des histoires que constitue la conversation on et off line des candidats avec les électeurs, celle du Président est dominée. Pourtant les narrations des autres candidats n'emballent pas vraiment les foules. Mais l'histoire qui était la plus attendue pour y adhérer, pour s'y opposer aussi, celle du tenant du titre, ex magicien des campagnes, ne parvient pas encore à être captée clairement par l'opinion.
Un chef de campagne qui doute
L'expérience Sarkozy 2012 demeure brouillée. Le Guide a laissé la place à un chef d'une campagne qui doute. En 2007, la marque Sarko était tout à la fois globale et locale, populaire et "people". On l'aimait ou on la détestait. Elle séduisait ou elle faisait peur. Elle ne fait plus vraiment rêver ses fans et elle n'inquiète plus trop ses adversaires. Elle avait ses codes génétiques. Qui peut prétendre aujourd'hui décrire son ADN? Et surtout, elle choisissait ses cibles, elle les "impactait", les fidélisait, les développait sans cesse. Elle a trop lu de sondages, s'est éloignée, a oublié de se relier à ses publics réels.
En 2007 les scénaristes de Nicolas Sarkozy nous livraient des séquences que nous dévorions épisodes après épisodes. La « machine de guerre fictionnelle » écrasait tout sur son passage. En 2012, des séquences sans contrôle s'entrechoquent. Les seconds rôles quittent l'espace de l'écran. Même le tempo n'est pas encore le sien. Le pont narratif entre la Présidence et la campagne, n'a pas été suffisamment préparé. La fin d'année 2011 aurait dû permettre cette évolution du récit. Le public attendait de nouvelles intrigues, de nouveaux personnages.
Une campagne définie par son indéfinition
Ce qui définit encore le mieux sa campagne, c'est son indéfinition. Et c'est inacceptable face à la complexité du Monde et celle de nos vies citoyennes. Sans tomber dans la simplicité, là où « Yes We Can » sonnait comme une victoire annoncée partagée et confiante, la « France Forte » raisonne comme une Ligne Maginot. Une « contre-narration ».
Ses partisans devraient lui dire : « Sarko sors de cette maudite boîte présidentielle ! Ton mea culpa, épaules basses, on s'en fout ! Tiens toi droit, parle des français, de ton action, pas de toi. Dis leur que tu les aimes. Montre que tu t'arraches pour eux ». La normalité du voisin de palier, du mec qui a souffert, ni n'est rassurante encore moins séduit. Le « je suis une personne comme vous ! » cette nouvelle définition de la proximité qui place le candidat non seulement au cœur de la société mais à la place même du citoyen, comme un clone politique de chacun ne sied pas au Président candidat. On a même parfois le sentiment que le langage du corps du candidat annonce une défaite du Président. Il n'est pas certain du tout que les français et en particulier, celles et ceux qui avaient choisis Sarko en 2007 avaient envie que le candidat exprime tant de regrets. En tout cas pas durant cette séquence. Ils préfèrent la tonalité plus combattante inaugurée depuis. Et de loin.
Une élection doit être un choix, pas un référendum

On veut s'élever dans le vote. Je veux croire que celui qui est là peut changer ma vie, celle de mes proches ou au moins la rendre meilleure. Il faut un souffle. « Nous sommes tout prêt du gouffre. Je suis un rempart. Le seul. » devrait être le registre. Karl Rove, le stratège de Bush en 2004 l'exprimait assez bien : « une élection doit être un choix, pas un referendum ». David Axelrod, le conseiller historique de Barack Obama s'en inspirant directement décrit la ligne de la prochaine campagne du Président sortant qui partage avec Nicolas Sarkozy une situation électorale complexe : « On ne va pas les laisser gagner par défaut. Et il ne sera pas suffisant de dire qu'ils sont différents d'Obama. »
Avec des challengers majeurs si peu idéologiquement positionnés, l'élection ne sera qu'un référendum sur la présidence Sarkozy. Dans l'état de crise économique et sociale du pays, nous savons ce qui va se passer ! Ce referendum pour ou contre Sarkozy favorise le seul François Hollande et à l'exception notable d'un Jean Luc Mélenchon, neutralise les performances des autres candidats du premier tour et en particulier de François Bayrou et Marine Le Pen. Avec des compétiteurs incarnant pleinement des visions différenciées du destin du pays, le débat s'engagerait vraiment sur toute sa surface de premier tour.
Une autre histoire que celle qui semble aujourd'hui écrite, celle d'une défaite annoncée pour Sarkozy, et surtout celle d'un pays qui n'aura pas eu le débat tant attendu.