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lundi 23 février 2015

Grèce: Hollande salue «un bon compromis», Tsipras se félicite

Après l'accord sur le sauvetage financier de la Grèce, le président français a salué un compromis qui permet à l'Europe «de montrer de la crédibilité, et de la solidarité». Le premier ministre grec évoque lui «un abandon de l'austérité».
Après trois réunions des ministres des Finances de la zone euro en moins de 10 jours, les grands argentiers de l'Europe sont parvenus à un accord sur le sauvetage financier de la Grèce. Dès ce matin, le président François Hollande et le premier ministre grec, Alexis Tsipras, ont salué l'accord arraché lors de cet Eurogroupe.
Samedi matin, en marge d'une visite au salon de l'Agriculture, François Hollande a qualifié de «bon compromis» l'accord visant à prolonger de quatre mois, sous conditions, le financement européen de la Grèce, en évitant un risque de sortie de l'euro. «Sur le dossier de la Grèce, nous avons cherché la bonne solution», a-t-il expliqué.
«La bonne solution, c'était de prolonger le financement permettant à la Grèce d'assurer sa transition et de pouvoir honorer ses engagements». «La bonne solution, c'était aussi de lui laisser le temps pour que ses réformes soient engagées et que le respect des électeurs grecs soit aussi préservé», a-t-il encore précisé.
L'Europe s'est engagée à prolonger le financement de la Grèce de quatre mois, mais sous de strictes conditions, soumises à examen dès la semaine prochaine. «L'Europe, elle doit montrer de la crédibilité, elle doit montrer aussi de la solidarité. De la crédibilité parce que nous devons montrer que nous avons des règles et qu'elles valent pour tous les pays (...) De la solidarité, parce que quand il y a des pays qui souffrent, il est légitime que nous puissions les accompagner tout en leur demandant de respecter leurs engagements», a expliqué François Hollande.
«La Grèce a fait beaucoup d'efforts ces dernières années. Il y a eu beaucoup de sacrifices qui ont été demandés», a-t-il affirmé. «Maintenant il faut donner du temps, mais en même temps toujours respecter les engagements, car ce sont les contribuables français, allemands et européens qui ont permis que la Grèce puisse s'en sortir». «Nous cherchons avec (la chancelière allemande) Angela Merkel toujours le bon compromis, la bonne solution. Et quand la France et l'Allemagne arrivent a se mettre d'accord, c'est toute l'Europe qui en sort renforcée», a-t-il conclu.
De son côté, Manuel Valls a déclaré à des journalistes, en marge d'une réunion de dirigeants socio-démocrates européens à Madrid: «C'est un bon compromis, comme l'a souligné le président de la République». «On donne du temps à la Grèce pour mettre en oeuvre les engagements qui sont ceux de la Grèce. Il faut aider la Grèce à rester dans la zone Europe, c'est sa place», a-t-il ajouté.
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a lui déclaré que l'accord conclu revenait à annuler les engagements pris par les gouvernements précédents en matière d'austérité. «Hier, nous avons franchi une étape décisive en abandonnant l'austérité, les plans de renflouement et la troïka», a-t-il dit lors d'une allocution télévisée. «Nous avons gagné une bataille, pas la guerre. Les difficultés, les véritables difficultés (...) sont devant nous», a-t-il ajouté. 

L'accord conclu vendredi lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro ouvre la voie à une prolongation de quatre mois de l'aide financière à Athènes mais oblige le gouvernement Tsipras à adresser d'ici lundi soir à ses partenaires une liste des réformes qu'il s'engage à mener.
«L'accord d'hier avec l'Eurogroupe (...) annule les engagements du gouvernement précédent en matière de coupes dans les salaires et les pensions de retraite, de licenciements dans le secteur public, de hausse de la TVA sur l'alimentation et les médicaments», a précisé Alexis Tsipras.