TOUT EST DIT

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mardi 6 janvier 2015

François Hollande : happiness therapy

Le chef de l’Etat tente de convertir le pays à son optimisme retrouvé, au moment où le moral des Français plonge.

Dans l’exercice éculé des vœux présidentiels, il y a cette année quelque chose de nouveau. François Hollande dit les mots habituels, « confiance »« espoir »« volonté », mais cette fois il les vit. Requinqué, presque résilient après une année éprouvante, omniprésent, comme ce matin encore sur France Inter. Il y croit.
A quoi au juste ? Difficile à dire. « En nous », disait-il le 31 décembre au soir. En l’économie française qui ne peut qu’aller mieux, assure-t-il, avec le pacte de responsabilité désormais opérationnel, la loi Macron sur les rails et Bruxelles se convertissant (prudemment) à l’investissement. A moins que ce ne soit surtout en lui. « L’année a été rude, j’ai tenu bon », a insisté le chef de l’Etat, dans une référence à ses difficultés personnelles.
Croire en la France, croire en lui-même, les deux ne sont pas incompatibles. J’ai surmonté les difficultés, le pays peut faire de même, semble même dire le président de la République. Thérapeute d’un pays qui ne s’aime pas assez, François Hollande propose le remède qui lui a réussi, l’optimisme et la confiance en lui.
La tâche est immense, si l’on en croit le sondage Ifop publié hier par « Ouest-France ». Avec seulement 29 % d’optimistes, le moral des Français n’a jamais été aussi bas qu’en ce début 2015, la défiance à l’égard du gouvernement n’a jamais été aussi haute.
Avec de tels niveaux, l’exercice thérapeutique de François Hollande n’est pas sans risque. S’il parvient à démontrer que le pays « repart », que les indices économiques virent au vert, un effet d’entraînement peut de fait se produire. S’il apparaît aux Français que le président va mieux parce que les circonstances politiques lui sont moins défavorables, que ses rivaux internes n’ont pas d’espace pour l’affronter, que Nicolas Sarkozy ne parvient pas à retisser le lien avec l’opinion et que Marine Le Pen reste un adversaire de second tour fragile, alors le résultat pourrait être tout autre. Les Français pourraient y lire du calcul politique, c’est-à-dire tout ce qui a concouru et concourt encore à creuser le fossé avec leurs dirigeants.
Dans un pays déprimé, l’optimisme est une arme boomerang.