TOUT EST DIT

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mercredi 15 octobre 2014

La voix Royal

La voix Royal

Et si demain on roulait gratis sur les autoroutes le week-end ? Une fois encore, Ségolène Royal a fait entendre sa voix iconoclaste en lançant une idée qui n'a pourtant pas eu vraiment le temps de faire son chemin. Aussitôt émise, la proposition de l'incontrôlable ministre de l'Écologie a été jugée « inenvisageable » par Manuel Valls. Voici donc le dernier épisode en date dans le concert des couacs gouvernementaux. Le recadrage de Matignon n'a pas empêché Ségolène Royal de revendiquer, en conférence de presse, sa liberté de parole. Sauf que l'on n'attend pas d'un ministre qu'il déblatère sous couvert de bon sens, mais qu'il s'exprime sur des projets aboutis en accord avec le Premier ministre.
Depuis son rejet de l'écotaxe, Ségolène Royal semble lancée dans une course éperdue aux idées lucratives pour combler le manque à gagner. Quitte à polluer davantage en encourageant le « rouler plus en payant moins », et donner le tournis à Bison futé dans les bouchons du dimanche soir. Il y a, certes, un côté populaire dans le combat de Ségolène Royal contre la goinfrerie des sociétés autoroutières qui roulent sur l'or amassé aux péages.
Mais cette obsession de s'en prendre aux profits abusifs des concessionnaires relève de la forfanterie. C'est oublier avec légèreté que des contrats « bétonnés » interdisent à l'État de leur imposer une augmentation de la fiscalité sans compensation. Ces clauses ont précisément pour objet de mettre les exploitants à l'abri des revirements politiques. Et n'oublions pas que si les sociétés autoroutières empochent 20 euros sur 100 euros de recettes aux péages, il en rentre 37 dans les caisses de l'État. Faut-il punir une bonne gestion dont nos gouvernements se sont montrés incapables dans l'usage des 15 milliards qu'avait rapporté la privatisation en 2004 ?
Une concertation s'impose donc dans le cadre du plan de relance des autoroutes de 3,6 milliards d'euros, créateur de 15.000 emplois, assorti de la prolongation des concessions. 
La recherche du compromis, dans l'intérêt des Français, doit prévaloir sur les postures démagogiques de Ségolène Royal.