TOUT EST DIT

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mercredi 17 septembre 2014

Vote de confiance : les conseils d'André Bercoff à Manuel Valls

Pour André Bercoff, si Manuel Valls devrait sortir vainqueur de l'épreuve du vote de confiance, le premier ministre doit veiller à ne pas se laisser entraîner dans la chute de François Hollande.


Le Premier ministre passe un examen. Dans une démocratie bien tempérée, l'exercice n'a rien d'extraordinaire: il est normal que le couple de raison formé par l'exécutif et le législatif se prête à la cérémonie auguste, nuptiale et de moins en moins solennelle de la confiance. Surtout que le suspense, ici, est mince: les frondeurs fronderont, ront, ront, en petits patapons qu'ils sont, mais ne pourront former une majorité qui n'a aucune envie d'aller, en ce moment, à l'abattoir des urnes. Une autre partie de la gauche dite radicale, est trop occupée à faire d'un trader repenti l'horizon indépassable de notre temps, pour pouvoir renverser qui et quoi que ce soit. Aubry, Montebourg, Hamon et autre Duflot, sont en embuscade mais ne tireront pas les premiers. Quant à la droite, elle se partage entre ceux qui attendent Sarkozy comme on attend Godot, et ceux qui le vomissent mais ne le disent plus qu'in petto.


La comédie d'un pouvoir qui ne sait plus à quelle étoile se vouer, continue. Valls, en bon animal politique, utilise toutes les flèches du carquois: le danger de la récession et des sanctions européennes à l'horizon ; ma politique est la seule qui tienne compte de la réalité et non des fantasmes de mes petits camarades ; et surtout, si vous ne mangez pas la soupe de l'oncle Valls, même s'il s'agit d'une soupe à la grimace, la fée Marine Carabosse, l'odieuse Cruella est à nos portes et ne rêve que de prendre notre place, pour le plus grand malheur du pays.
Trente ans plus tard, quasiment jour pour jour, l'Histoire va-t-elle repasser les plats? Mitterrand célébrait l'entreprise avec Tapie, Valls avec le MEDEF. Même si la chute éperdue de Hollande l'entraîne évidemment vers le bas, le Premier ministre ne peut que tenir bon la rampe, en espérant que sa fermeté contre le terrorisme et sa petite musique sociale-libérale, seront un jour portées à son actif. Reste que la question se pose de plus en plus du maintien d'une candidature Hollande en 2017. Valls veut être à la fois fidèle entre les fidèles et prêt à toute éventualité. Ainsi va la politique quand on est dans l'œil du cyclone.