TOUT EST DIT

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mercredi 24 septembre 2014

N’ayez pas peur !

N’ayez pas peur !

Confronté à « l'appel au meurtre », en France et ailleurs, lancé par les jihadistes de l'État islamique, Bernard Cazeneuve a solennellement répliqué : « La France n'a pas peur. » En la circonstance, notre ministre de l'Intérieur a sacrifié à un exercice difficile. Comment alerter l'opinion sans engendrer la psychose ? Et comment rassurer totalement sans déresponsabiliser ? Bref comment en faire assez sans en faire trop ? Bernard Cazeneuve a navigué difficilement entre ces deux écueils. Car si la France n'a pas peur, il n'est pas sûr que les Français, eux, soient vraiment rassurés. Beaucoup de spécialistes estiment en effet que la question n'est plus de savoir aujourd'hui si des attentats auront lieu, mais où ?
Dans ces conditions, il était sans doute du devoir de Bernard Cazeneuve d'intervenir. Mais on ne saurai trop insister sur la nécessité, pour nos dirigeants, de ne pas infantiliser l'opinion. Il importait pour cela de la préparer en amont au chantage prévisible des « barbares ». Inutile de faire croire aux Français que l'on pouvait entrer dans cette guerre « extérieure » sans risques et périls « intérieurs ». On ne se pose pas impunément en chef de file, sans s'exposer à une riposte contre un tel adversaire.
Ce n'est évidemment pas une raison pour baisser lâchement les armes, mais mieux vaut prévenir avant. Cela impose un devoir de vérité qui évite les retournements d'une opinion acquise à l'illusion d'une guerre « zéro danger ». Cela justifie une information totale des citoyens, à travers la représentation nationale, sur les moyens, les buts, la durée et les éventuelles conséquences d'un engagement armé. On a connu des « aventures » militaires s'enlisant et manquant leur but faute d'anticipation.
C'est pour cela que le débat sans vote prévu demain à l'Assemblée est une absolue nécessité. Si François Hollande a déclenché les opérations aériennes en Irak dans l'affirmation solitaire de son autorité régalienne, les Français, à qui l'on demande sang-froid et unité, doivent être pleinement associés. Il ne suffit pas de leur dire : « N'ayez pas peur. »