TOUT EST DIT

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mercredi 24 septembre 2014

La main dans le pot de confiture

Au pied du mur, acculés, Michel Sapin, ministre des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget, ont dû reconnaître que cette année le déficit serait de 4,4 %, démontrant l’incapacité du gouvernement à tenir ses engagements vis-à-vis de Bruxelles ; 2014 sera pire que 2013, année au cours de laquelle Paris avait déjà quémandé un délai supplémentaire de deux ans. Le retour aux 3 % est prévu pour 2017, année du rétablissement des comptes prévu dans le programme du candidat Hollande… En cause, une « situation exceptionnelle, explique Michel Sapin, marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l’inflation que personne n’avait anticipé ».
Bruxelles a immédiatement exigé que Paris détaille, d’ici à la mi-octobre, « des mesures crédibles pour mettre en place l’ambitieux plan de réduction des dépenses pour 2015 et après ». Même vigilance en Allemagne : « Le respect de nos engagements en Europe, en particulier dans la zone euro, doit devenir la marque de fabrique de la zone euro », a lancé Angela Merkel. Même Pierre Moscovici, futur commissaire aux Affaires économiques et converti à la rigueur budgétaire, estime que le déficit français est « un problème sérieux ».
En pleine élaboration du projet de loi de finances 2015, Michel Sapin est sommé de faire des économies. Début septembre, il avouait qu’il lui manquerait 2 milliards d’euros sur les 21 prévus dans le plan d’économies… Riposte de Christine Lagarde, la patronne du FMI : « Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques. Même si l’inflation est plus faible que prévu, elle ne peut pas être utilisée comme un paravent pour reporter les efforts nécessaires sur la dépense. » Face à l’intransigeance générale, Michel Sapin a fait un virage à 180 degrés et “refile la patate chaude” à Marisol Touraine : ce sera à la Sécurité sociale de trouver les 2 milliards d’euros.
À ceux qui douteraient de la gravité de la situation, Christian Noyer dit : « C’est l’heure du sursaut ou du déclin. » Le gouverneur de la Banque de France appelle à une réduction des dépenses. Tandis que pour Manuel Valls, « si d’ici trois à six mois, la situation ne s’est pas inversée, ce sera foutu ».