TOUT EST DIT

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lundi 8 septembre 2014

François Hollande viré de l'Elysée en 2017 ?

En cohérence avec l'effondrement de la popularité du Président de la République, 85 % des Français ne souhaiteraient pas que François Hollande soit candidat en 2017, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. Est-ce si sûr ?
Dimancheselon lequel 85% des Français ne souhaitent pas que le Président postule à un second mandat. Ce serait la première fois (excepté Georges Pompidou) dans l'histoire de la Ve République qu'un président sortant ne serait pas en position de solliciter une deuxième fois la confiance des électeurs. Même chez les sympathisants socialistes, 65% ne souhaitent pas que François Hollande se représente.
Plus de la moitié des Français (55 %) pensent que le chef de l'Etat ne sera d'ailleurs même pas candidat en 2017 contre 44 % d'un avis contraire et 1 % qui ne se prononcent pas. En première ligne des reproches adressés à François Hollande viennent « les promesses non tenues de sa campagne présidentielle », puis dans l'ordre décroissant "le manque de résultats obtenus sur le plan économique", "la manière dont il exerce la fonction présidentielle", "la progression du nombre de chômeurs" et "l'exposition de sa vie privée".
Que va faire le président face ce qui devient une crise de régime ?
Le climat de la rentrée est calamiteux pour le chef de l'Etat. Croissance en berne, majorité divisée, fracturée même, aucune de ses inititiatives ne parvient à redresser la barre. Mais François Hollande, bien qu'apparu très absent et un peu perdu sur les photos lors du sommet de l'OTAN, a pour lui la force de l'institution présidentielle. Lors de la conférence de presse qu'il a donné vendredi à Newport au pays de Galles, il a réaffirmé qu'il gouvernera jusqu'au bout et n'était qu'à la moitié du mandat que lui a confié le peuple français en mai 2012. Une intervention inédite sur la politique intérieure pour un chef de l'Etat à l'étranger qui lui a fourni l'occasion de répondre aux attaques dont il fait l'objet dans le livre de son ex-compagne (Merci pour ce moment, Valérie Trierweiller, édition des Arènes), qui fait un carton en librairie. Et de se défendre notamment de l'accusation qu'elle insinue selon laquelle lui, le socialiste bourgeois, n'aimerait pas les pauvres, qu'il appellerait les "sans-dents", devenu un hastag vedette sur twitter. "Je ne laisserai pas mettre en cause [...] la relation humaine que j'ai avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres [...], parce que c'est ma raison d'être." a-t-il proclamé, visiblement ému.
Protégé par les institutions, le président de la République va néanmoins devoir prendre des initiatives politiques rapides pour éviter de sombrer dans la spirale d'impopularité qui le tire actuellement vers des niveaux d'impopularité jamais connu. La conférence de presse semestrielle prévue le 18 septembre sera un moyen pour lui de reprendre l'offensive. De ce point de vue, le sondage Ifop-JDD lui offre quelques pistes intéressantes de réflexion. Ainsi, à propos de l'action politique immédiate, 23 % des personnes interrogées pensent que François Hollande doit « convaincre des personnalités du centre et de la droite de participer au gouvernement » et 12 % seulement estiment qu'il doit « convaincre le Front de Gauche et EELV-Les Verts de participer au gouvernement »11 % jugent qu'il doit à nouveau« remanier le gouvernement » et 31 % déclarent qu'il ne doit « rien [faire] de tout cela »La tentation de la dissolution progresse et passe en moins de trois mois de 17 à 23%. Avec sans surprise des pics au FN (46%) et à l'UMP (31%). Mais on est loin des "deux Français sur trois" revendiqués par Marine Le Pen dimanche à l'Université des jeunes du Front national à Fréjus...
La France va-t-elle connaître cet automne une crise de régime avec un président aussi affaibli ? Une étape majeure sera le vote de confiance au gouvernement Valls II mardi 16 septembre. Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et l'ex-dirigeant du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon ont appelé samedi les parlementaires à voter contre la confiance. Si les frondeurs votaient contre, avec la droite donc, ce serait un scénario catastrophe pour le chef de l'Etat. Si la majorité des opposants à la ligne sociale-démocrate s'abstiennent, ce qui le plus probable (208 députés socialistes ont publié un texte de soutien), alors la situation devrait s'apaiser et le gouvernement pourra avancer sur les réformes. Signe de nervosité au sommet de l'Etat, la présentation officielle du budget 2015 a été repoussée d'une semaine, au mercredi 1er octobre. Et pour apaiser les tensions à gauche, le gouvernement a renoncé à son projet de réformer les règles du travail du dimanche par ordonnance.
Il est sans doute trop tôt dire que François Hollande a définitivement perdu toutes ses chances pour se représenter en 2017. Lui même a reconnu que son éventuelle candidature dépendra des résultats qu'il obtiendra ou non, sur la baisse du chômage. Plus que jamais, le choix du pacte de responsabilité et de la politique de l'offre apparaît, pour le président de la République, et donc pour la gauche, comme un pari sans retour en arrière possible. Ca passe ou ça casse, au risque d'emporter avec lui en cas d'échec tout le parti socialiste. Car, même si la gauche se cherche des alternatives, avec Martine Aubry en embuscade à Lille, où elle a annoncé qu'elle proposera prochainement des "inflexions" à la politique économique menée par le gouvernement, avec Arnaud Montebourg qui ne parvient néanmoins pas à devenir le leader des frondeurs malgré son départ fracassant du gouvernement, sans parler de Manuel Valls, entrainé à son tour vers des abîmes d'impopularité par le chef de l'Etat dont il applique et incarne la ligne politique, tous les sondages actuels laissent entendre que la gauche perdrait, sans doute éliminée dés le premier tour, la prochaine élection présidentielle, et ce quel que soit son candidat. "Il faut tenir", a assumé le Premier ministre, Manuel Valls, dans un entretien au JDD, alors que les principaux ténors socialistes ont resserré les rangs autour du président, de Julien Dray a Claude Bartolone en passant par Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du PS. "Ne rajoutons pas une crise institutionnelle à la crise économique", a soutenu Manuel Valls en Italie, où il a rejoint dimanche le chef du gouvernement italien Matteo Renzi à la "Festa de l'Unita" à Bologne (nord de l'Italie), une rencontre destinée à afficher "l'unité" de la gauche européenne, notamment sur les réformes et la politique budgétaire.
Pour le PS, et toute la gauche de gouvernement,  le seul choix qui demeure, finalement, n'est donc autre que la réussite de François Hollande. C'est sur cette conviction et cette réalité que le président de la République peut trouver, dans cette rentrée désastreuse, un peu de réconfort...