TOUT EST DIT

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mercredi 27 août 2014

Hollande : l’homme sans qualités

Devant le tour désastreux pris par la présidence de « moi président », un puissant vent de panique souffle désormais sur la majorité présidentielle y compris le gouvernement Valls qui vient d’imploser.

J’ai aujourd’hui une pensée particulière pour François Hollande qui, le 12 août dernier, a fêté dans l’adversité ses soixante ans sans apparemment se rendre compte, ou fait-il seulement semblant de l’ignorer pour donner le change, qu’il risque très bientôt de tomber de haut et de se faire très mal à la haute idée que, manifestement, il se fait de lui-même.

Ce que nous constatons, chez chacun des présidents successifs de la Vème, c’est une dégradation de ses qualités d’hommes d’États au fur et à mesure de son exercice du pouvoir. Nous constatons en outre dans chaque président une dégradation plus profonde que chez le précédent. Elle est due à un rapide affaiblissement de leurs facultés perceptives et cognitives, qui provient lui-même de ce qu’ils ne rencontrent jamais de contradiction institutionnalisée. — Jean-François Revel, L’Absolutisme inefficace, 1992.
J’essaie donc avec une humilité redoublée de me mettre à sa place pour tenter de comprendre comment ce petit politicien de moindre envergure, faisant chaque jour que Dieu fait la preuve de son absence de talent dans l’accomplissement de sa tâche, peut encore oser regarder en face les Français sans être envahi par un ardent sentiment de honte !
Devant le tour désastreux pris par la présidence de « moi président », un puissant vent de panique souffle désormais sur la majorité présidentielle y compris le gouvernement Valls qui vient d’imploser : une révolution (démocratique) de palais ne semble donc plus devoir être exclue tout spécialement à la suite de l’intervention d’Arnaud Montebourg à la fête de la Rose.
Toynbee, dans son célèbre ouvrage « L’Histoire », avance l’hypothèse que le rôle des élites dans un pays est de répondre aux défis historiques qui sont lancés à la nation. Si ces élites sont incapables de répondre, le même défi se répète jusqu’au moment où il entraîne : au mieux un changement d’élites (De Gaulle en 58, défi de la décolonisation) (…) À l’évidence, les élites dirigeantes françaises ont été incapables d’analyser les défis qui sont proposés à notre pays depuis la chute du mur de Berlin et la fin du communisme et d’y répondre. — Charles Gave, Des lions menés par des ânes, 2003.
Comme on voit, cela remonte à loin et rend d’autant plus difficile, tant le (mauvais) pli a été pris au fil des alternances biaisées de gouvernement, un retour serein à une situation plus conforme au temps présent où il n’est plus question, pour peu que l’on ait encore la volonté de recouvrer notre dignité égarée, de se dérober à l’épreuve des faits quelle qu’en soit la dureté.
François Hollande ayant tiré toutes ses cartouches mouillées en se mettant à dos ses propres amis copieusement trahis depuis un certain discours du Bourget (26 janvier 2012), il ne lui reste plus, en effet, qu’à en tirer toutes les conséquences. Sauf qu’en l’absence d’un vrai programme libéral de gouvernement nous n’avons aucune chance de nous en sortir ! Alors, à Dieu vat !

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