TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 27 décembre 2013

Hausse du chômage : François Hollande en plein déni


Malgré une hausse du nombre de demandeurs d'emploi au mois de novembre, le président de la République a assuré jeudi que l'inversion de la courbe du chômage «est bien amorcée».
C'était il y a plusieurs mois dans l'enceinte du Conseil des ministres. «Ce qui est bien, c'est que personne ne croit à cette inversion de la courbe du chômage, avait lancé un François Hollande résolument optimiste. Ce sera donc une bonne nouvelle!» Ou pas. Jeudi soir, la publication des chiffres du chômage de novembre a été une douche froide pour le gouvernement: plus 17.800 demandeurs d'emploi de catégorie A. Une mauvaise nouvelle, qui contredit l'optimisme affiché jeudi matin par le porte-parole du PS, David Assouline. Une mauvaise nouvelle qui contredit surtout les bons résultats d'octobre(baisse de quelque 20.000 demandeurs d'emploi catégorie A), la première depuis le début du quinquennat.

Cette hausse de novembre est toutefois compensée par une baisse des demandeurs d'emploi de catégorie B (moins 3,1%) et C (moins 0,4%), deux catégories en hausse en octobre. En d'autres termes, si l'on inclut les chômeurs ayant travaillé à temps partiel ou en contrats courts, la tendance est à la baisse (- 6900 inscrits). Ce qui permet au ministre du Travail, Michel Sapin, de dire que l'inversion est «bel et bien engagée au quatrième trimestre» et qu'il faut attendre le mois de décembre pour «confirmer» cette tendance. Soucieux d'allumer rapidement un contre-feu, François Hollande a immédiatement publié un communiqué, jeudi soir, estimant à son tour que si les chiffres de novembre venaient «atténuer» ceux d'octobre, «ils ne modifiaient pas la tendance». «L'inversion de la courbe du chômage, sur laquelle je me suis engagé, est bien amorcée, insiste-t-il. La diminution durable du chômage est désormais à notre portée.»

Opération «sauvons le pari de Hollande» lancée

Dès jeudi soir, le gouvernement et le PS ont lancé l'opération «sauvons le pari de Hollande»: à peine les chiffres publiés, le fidèle patron des sénateurs PS, François Rebsamen, est monté au créneau pour se féliciter lui aussi d'une inversion qui «tend à se confirmer». Quant au premier secrétaire du PS, Harlem Désir, il n'hésite pas à employer un ton conquérant: «Après l'inversion en 2013, en 2014 cap sur la consolidation et l'amplification de la baisse», titre-t-il son communiqué. Pas moins. Le premier ministreJean-Marc Ayrault et Michel Sapin se chargeront du service après-vente, vendredi à Lorient. Ils tenteront à leur tour de présenter les chiffres sous leur meilleur jour. «On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut, soupire un conseiller de l'Élysée. Chacun y trouvera ce qu'il voudra y trouver. La tendance (à la baisse, NDLR) est confortée mais ces chiffres ne sont pas mirobolants. Il faut rester très, très prudents. Ce ne sont pas les lendemains qui chantent.»
C'est un coup dur pour François Hollande. Même s'il y croit encore, le chef de l'État - qui avait repoussé sa conférence de presse en janvier pour avoir des résultats à présenter - espérait finir l'année sur une touche positive. Alors qu'il stagne dans les profondeurs de l'impopularité, pouvoir se targuer d'avoir inversé la courbe du chômage, comme il l'avait promis il y a un an, lui aurait permis de recrédibiliser sa parole et son action, démonétisées aux yeux des Français. «C'est la clé de tout, martelait cet automne un ministre. Il n'y a que ça qui compte, tout le reste n'est que littérature. Une partie du quinquennat se joue là-dessus. Si on échoue, on est très mal…» Las.
À l'Élysée, on tentait de relativiser, jeudi soir. «Il faut beaucoup de détermination, et beaucoup de sérénité», philosophait un conseiller. Les fragiles espoirs de François Hollande se reportent désormais sur les chiffres de décembre, qui seront connus fin janvier.

0 commentaires: