TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 13 novembre 2013

La guerre de 14-17

La guerre de 14-17


Ce qui s'est passé hier sur les Champs-Élysées est un néfaste signe des temps. Les huées qui ont accompagné François Hollande lors des cérémonies du 11-Novembre témoignent d'une inquiétante désacralisation de la fonction présidentielle et, à travers elle, du décorum républicain. Certes, le phénomène n'est pas nouveau mais il n'a fait que s'amplifier depuis le précédent quinquennat sous l'effet de l'incessant martèlement médiatique. Mais ici, l'intensité des attaques personnelles a subverti ce qui devait être un exceptionnel moment d'unité nationale.
N'oublions pas que ce 11 novembre avait ceci de particulier qu'il marquait l'ouverture officielle des célébrations du centenaire de la Grande Guerre. La symbolique du moment et le respect dû aux « morts pour la France » imposaient une trêve. Même en visant d'abord le chef de l'État, les insultes ont aussi injurié la mémoire des Poilus. C'est une faute inexcusable qui a été commise. Et qui a été unanimement condamnée par les partis républicains, au-delà des clivages.
Les interpellations et les gardes à vue de militants d'extrême droite ne doivent donc pas prêter à des exploitations politiciennes abusives. Il y a seulement à méditer, pour le pouvoir, sur une intransigeance qui ne saurait être sélective. Si des « fachos » ont abusivement coiffé un bonnet rouge, c'est peut-être qu'il y ont vu le signe distinctif et encourageant d'une révolte timidement réprimée par l'exécutif. Manuel Valls a sûrement retrouvé hier un plus commode cheval de bataille.
À juste titre, François Hollande a confirmé que la loi devait être la même pour tous. Il en a encore appelé à l'unité nationale au-delà des appartenances locales ou régionales. Le rassemblement est devenu la maître-mot pour le chef de l'État. Sans doute l'a-t-il négligé sur des projets sociétaux dont on voit qu'ils ont creusé des fractures dans le pays et généré une radicalisation. À trop tirer sur la corde mémorielle et « mixer » l'histoire d'hier et d'aujourd'hui, François Hollande pourrait donner l'impression de songer surtout à « sa » guerre 14-17. Entendez, celle de 2014 à… 2017 !

0 commentaires: