TOUT EST DIT

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mercredi 21 août 2013

2025, c’est maintenant !


Vivement 2025 ! Cela vaut le coup d'attendre : retour au plein emploi (Moscovici), industrie requinquée (Montebourg), logements pour tous dans un environnement de qualité (Duflot), police 3.0 épousant les évolutions de la société (Valls), moins de monde dans les prisons pour plus de sécurité (Taubira). Ce tableau idyllique, brossé à l'occasion du séminaire gouvernemental de rentrée, prête forcément aux sarcasmes. Il est même un peu trop facile de s'y abandonner. Parce que, direz-vous, on reproche suffisamment aux politiques de ne penser qu'aux échéances électorales pour ne pas souligner l'intérêt d'une démarche faisant, pour une fois, abstraction du court terme.
Après tout, ce sont des stratégies de planification qui ont permis à la France d'après-guerre et des années 60 de se reconstruire et de se moderniser. N'a-t-il pas manqué à nos gouvernements passés une vision pour enrayer la terrible désindustrialisation du pays ? Mais alors, pourquoi tourner en dérision cette initiative élyséenne ?
Parce qu'une fois de plus pèse un soupçon d'opportunisme sur la démarche de François Hollande. S'il s'agissait de définir un cap pour l'avenir, pourquoi ne pas l'avoir fait dès l'avènement de son quinquennat ? Pourquoi avoir attendu l'imminence de réformes douloureuses, si ce n'est pour inviter l'opinion à lever le nez ? Le moment choisi renforce la thèse de la diversion. Surtout que les ministres, alertés hâtivement, ont bâclé des copies trop complaisantes.
Comment travailler sérieusement en faisant abstraction des évolutions géopolitiques et des contraintes européennes ? On veut croire que le nouveau rapport demandé au Commissariat général à la stratégie et à la prospective sera plus charpenté. Mais le vrai test sera constitué par les arbitrages que va rendre François Hollande sur les dossiers chauds qui conditionnent justement l'avenir. Saura-t-il rompre avec la politique des réformes à petits pas et des choix différés qui sclérosent la France ? Pour François Hollande, 2025, c'est maintenant !

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