TOUT EST DIT

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dimanche 29 avril 2012

Fillon qualifie Mediapart d'"officine financée par de riches amis" de Hollande

Le Premier ministre qualifie le document censé prouver un financement illicite de la campagne de l'UMP en 2007 de "faux". 

François Fillon a qualifié dimanche le site d'information Mediapart, qui affirme que la Libye a participé au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, d'"officine financée par de riches amis" de François Hollande.
"On peut faire preuve d'esprit critique à l'égard de Mediapart, une officine financée par de riches amis de François Hollande qui, depuis cinq ans, n'a de cesse de vouloir traîner dans la boue le président de la République et nous sort, à sept jours des élections, selon une méthode ancienne [...], un document faux, en tout cas impossible à authentifier", a déploré le Premier ministre, invité du Grand Rendez-vous Europe1/i-Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France. Mediapart "n'est pas une officine, mais un journal animé par des journalistes professionnels" qui "maintient le sérieux" de ses informations, a répliqué dimanche son fondateur, Edwy Plenel, à des accusations du Premier ministre, François Fillon.
"À sept jours de l'élection, on nous ressort les services secrets qui écoutent Dominique Strauss-Kahn, cette affaire rocambolesque sur la campagne de Nicolas Sarkozy... Tout ça est indigne !" a déploré François Fillon. Selon lui, "l'ensemble de ces affaires montre qu'il n'y a pas une grande sûreté de choix dans le camp de François Hollande".

"On est tellement dans le grotesque"

"Comme par hasard, c'est le moment où toutes ces boules puantes sortent d'une façon scandaleuse", a enchaîné François Fillon, pour qui "ça nous éloigne du seul sujet qui compte : entre les deux programmes, lequel est le mieux à même" de redresser la France. Avec la publication d'un document libyen censé évoquer le financement de la campagne de 2007, "on est tellement dans le grotesque qu'on peut s'interroger sur l'absence de rigueur d'une partie de la presse", a fustigé François Fillon.
Il a ironisé sur ce document qui émanerait d'un "proche d'un dictateur (Muammar Kadhafi) que la France a largement contribué à faire tomber et qui indique que 50 millions d'euros auraient été versés pour une campagne qui en a coûté 20 et dont les comptes" ont été validés. "On est dans la calomnie, les responsables de tous les camps s'honoreraient à dénoncer ces pratiques", a fait valoir le Premier ministre.
"Mediapart maintient le sérieux et la fiabilité de ses informations, fruit de dix mois d'enquête sur les relations nouées depuis 2005 par le premier cercle de Nicolas Sarkozy avec le régime dictatorial du colonel Kadhafi", explique Edwy Plenel.

Démenti de Bachir Saleh

Ce document attribué à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, aujourd'hui en exil, affirme que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Il a été adressé, selon Mediapart, à Bachir Saleh, ex-président du Fonds libyen des investissements africains et ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve aujourd'hui en France, selon son avocat, Me Pierre Haïk.
Bachir Saleh a démenti "avoir été jamais destinataire d'un tel document", dans une déclaration transmise à l'AFP, dans laquelle il "émet au préalable les plus expresses réserves sur l'authenticité de la note" citée par Mediapart.
"Hier l'un des plus proches collaborateurs du dictateur déchu, Bachir Saleh est aujourd'hui mystérieusement protégé par les autorités françaises, ainsi que l'a révélé Le Canard enchaîné", écrit Plenel. "Son démenti tardif est contredit par l'ensemble de nos révélations, qui sont à la disposition d'une justice indépendante, et par Ziad Takieddine lui-même, qui fut l'intermédiaire de ces relations occultes franco-libyennes et qui, cité dans le document révélé, en confirme l'authenticité", poursuit le fondateur du site d'informations.
L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, mis en examen dans le volet financier du dossier Karachi, a dit à l'AFP reconnaître la signature de Moussa Koussa sur le document. Il a affirmé dans un communiqué qu'il n'avait "pas assisté" à une réunion le 6 octobre 2006, comme l'indique la note citée par Mediapart, mais qu'"elle a pu avoir lieu".