TOUT EST DIT

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mercredi 1 juin 2011

Quand Luc Ferry accuse un ex-ministre de pédomanie

Luc Ferry a annoncé sur le plateau du Grand Journal de Canal + lundi soir qu'un de ses ex-confrères s'était fait « poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons ». Depuis des juristes le pressent de réagir en déposant une plainte afin d'ouvrir une enquête alors que celui-ci s'y opposait.
La classe politique française connaît une pleine période de déliement des langues. Après les affaires Georges Tron et DSK, c'est maintenant l'ancien ministre de la Jeunesse qui accuse un ex-membre du gouvernement français d'actes pédophiles. Le philosophe Luc Ferry a, en effet, affirmé sur le plateau du Grand Journal de Canal+ lundi avoir eu des « témoignages » sur le fait qu'un « ancien ministre s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons » il y a quelques années. Pressé par les journalistes de la chaîne cryptée d'en raconter plus et de donner un nom, Luc Ferry a alors déclaré : « Si je sors le nom maintenant, c'est moi qui serai mis en examen et à coup sûr condamné, même si je sais que l'histoire est vraie ».
L'ancien ministre revenait sur cette histoire en citant un article paru dans le Figaro Magazine le 28 mai dernier qui relatait cette affaire dans le cadre d'un dossier sur celle de DSK et qui indiquait encore que l’histoire, à l’époque, avait été étouffée. « L'affaire m'a été racontée par les plus hautes autorités de l'Etat, en particulier par le Premier ministre », expliquait Luc Ferry.

Ce mardi, les réactions de juristes ont fusé. Pour beaucoup, le ministre devrait déposer une plainte pour déboucher sur l'ouverture d'une enquête et ne risquerait rien s'il n'est pas impliqué dans cette affaire de pédomanie relatée en haut lieu selon ses dires. Sur son blog, le juriste Vincent Dufief explique par exemple que « pour qu’il y ait dénonciation calomnieuse, il faut que l’auteur soit de mauvaise foi et ait conscience que les faits qu’il dénonce sont faux ». Le juriste cite par ailleurs « l’obligation de dénonciation » des actes de pédophilie prévue par l'article 434-3 concernant la « connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans ».

De son côté, l'avocat pénaliste Thierry Lévy explique au Nouvel Obs que l'ex-ministre de l'Education nationale ne pourrait pas être inquiété pour non-dénonciation de crime. Cependant, il condamne son attitude, qu'il juge « injustifiable », « puisqu'en refusant de révéler un nom, il laisse impuni un crime qu'il juge grave ».
D'autres juristes mettent encore en avant, un jour après cette nouvelle non-révélation de Luc Ferry, l'article 434-1 du code pénal qui incrimine « le fait, pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives (…)» d'être soumis à une obligation de dénonciation de ces faits aux autorités.

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