TOUT EST DIT

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lundi 12 juillet 2010

Pour dire quoi ?

Il a donc décidé de parler le jour de la St Olivier. C'est un hasard du calendrier évidemment, mais on souhaite au président de la République d'aborder son rendez-vous télévisé de ce soir avec la paix et la résistance qui caractérisent l'arbre qu'on célèbre aujourd'hui à travers un prénom.
Il en aura besoin. Rarement un président de la République aura abordé une telle épreuve médiatique dans des conditions aussi difficiles. S'il a sauvé la face en résistant aux injonctions de ceux qui le pressaient de parler immédiatement - il a eu raison de rester ferme sur la gestion de son propre agenda - le chef de l'État donne malgré tout le sentiment d'aller au devant des caméras avec une épée dans le dos.
La présentation du projet de loi de réforme des retraites en conseil des ministres le lendemain lui donne un excellent prétexte, et une raison valable, de s'exprimer. Sur ce sujet essentiel, il est parfaitement légitime qu'il fasse le point sur sa religion en la matière, et prenne des engagements autrement que de façon empirique, comme cela a été le cas depuis le début du débat sur le dossier. Mais évidemment tous les Français qui l'écouteront ce soir en prime time - et on peut parier qu'il seront fort nombreux - le regarderont surtout pour « savoir ». Certains savourent à l'avance, un peu grossièrement, ce moment où le funambule va encore une fois défier la pesanteur politique, ou perdre son équilibre.
Ils risquent, de toutes façons, d'en être pour leurs frais. Sur « l'affaire », le président ne dira rien, sinon quelques formules de circonstance. C'est trop tard ou trop tôt. Que pourrait-il dire d'intéressant qui ne le mette en porte-à-faux ?
Il a retrouvé un peu de marge de manoeuvre après la publication du rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF) qui disculpe totalement son protégé. Il y avait peu de chances que le document, rédigé par une administration dépendant du ministre du Budget, soit dérangeant, mais ça va mieux en le disant. Le chef de l'État se fera un plaisir de surfer sur ces excellentes conclusions - tombées opportunément un dimanche d'été. Et il saura évidemment s'en servir pour prendre l'avantage sur l'adversaire.
Ceux qui l'imaginaient déjà au fond du trou (politique) se font des illusions en oubliant l'exceptionnelle combativité du personnage. L'essentiel ne sera pas tant ce qu'il dira que la façon avec laquelle il le dira. Tout tiendra dans ces minutes qu'aucun conseiller de communication ne saurait prétendre maîtriser. Ce soir, c'est définitivement un nouveau Sarkozy qui va parler. Il n'annoncera sans doute pas de remaniement, ce lourd machin qu'il n'aurait aucun intérêt à se lancer maintenant. Ce ne sont pas de nouvelles têtes - fûssent-elles expérimentées - qui pourront changer quoi ce soit à la perception du gouvernement. Un changement serait purement psychologique autant qu'éphémère. Mieux vaut garder cette carte pour l'automne. En attendant, il n'aura pas d'autre choix que de réussir sa prestation.

Olivier Picard

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