TOUT EST DIT

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mardi 22 juin 2010

Un match très politique

On peut facilement deviner à quoi pensera le président de la République cet après-midi sur le coup de 16 h. Pour 90 minutes, la suite du roman des Bleus recouvrira le millefeuille de soucis accumulé dans les parapheurs, en y ajoutant une anxiété supplémentaire. Les tribulations de l'équipe de France de football sont devenues une affaire d'État, en effet. Elles ont pris une telle proportion qu'elles engagent l'image du pays, bien au delà de la compétition sportive. La rébellion des joueurs a défié l'institution que constitue la fédération. C'est tout simplement l'autorité officielle qui a été narguée. Terrible image que celle du président Escalettes, totalement ignoré pendant l'entraînement d'hier ! Après la main qualificatrice de Henry au stade de France, Nicolas Sarkozy, évidemment embarrassé, avait éludé le problème. Là, il sait qu'il n'aura pas d'autre choix que de gérer lui-même le dossier et - à moins d'un miracle, toujours possible - dès ce soir. Méritoire, la médiation express de sa ministre de la Santé et des Sports, a tourné court. Quant à Rama Yade, disqualifiée, elle a carrément disparu du terrain... Et pendant ce temps, les pétitions plus ou moins populistes se multiplient contre les Bleus. Un député alsacien a même réclamé la création d'une commission d'enquête sur les « incidents » de l'aventure sud-africaine. Sale affaire décidément, dont le pouvoir se serait bien passé dans une période aussi morose, même si elle lui offre une petite contrepartie : elle est si bruyante qu'elle étouffe, pour le moment, le scandale Bettencourt, dont les ombres troublantes auraient eu de quoi, en d'autres temps, faire trembler le gouvernement tout entier. Le cocktail de l'argent, de la fraude fiscale, et de la présence de la femme d'un ancien ministre du Budget réputé pour sa grande intégrité, est explosive. La précipitation avec laquelle les conseillers de Mme Bettencourt, l'une des plus grandes fortunes de France, ont annoncé la mise en règle d'investissements manifestement frauduleux ajoute un peu plus à la confusion générale. Et à la suspicion. La presse, elle, est au cœur de ce téléscopage des événements. Pas toujours d'un blanc immaculé elle non plus. De la publication d'une citation qui s'avère de plus en plus approximative à l'utilisation sans états d'âme des écoutes sauvages d'un majordome inquiet pour son poste, les médias, peu avares en caricatures et en chasses à l'homme, ne sont pas non plus dans une forme éblouissante. Et voilà comment la rencontre au sommet du foot africain et du foot français lors d'une Coupe du monde se présente aujourd'hui comme une contrariété quand elle aurait dû être une fête... Dommage, non ?

Olivier Picard

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