TOUT EST DIT

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jeudi 17 décembre 2009

La bataille autour des restes d'Adolf Hitler continue

En septembre, des chercheurs américains ont mis en doute la thèse des Russes, qui assurent être en possession d'ossements du Führer. Jusqu'à ce que Moscou réplique en dévoilant la semaine dernière de nouveaux éléments.

D'un côté les Russes, de l'autre les Américains. Au centre de la bataille, une interrogation : que sont devenus les restes d'Adolf Hitler ? Près de 65 ans après la mort du Führer, la question n'est toujours pas tranchée.

Pour Moscou, pas d'hésitation. Selon le FSB, le service de sécurité fédéral russe, qui a remplacé le KGB, les Russes ont toujours été en possession de la dépouille d'Hitler. En avril 2000, une exposition dans la capitale russe présentait d'ailleurs pour la première fois un fragment de crâne du leader nazi. A l'époque, Sergei Mironenko, chef des archives russes, assurait que l'os, troué par balle, était authentique.

L'histoire retient qu'Adolf Hitler a mis fin à ses jours le 30 avril 1945 dans le bunker berlinois où il s'était réfugié en avalant une capsule de cyanure puis en se tirant une balle dans la tête. Son corps aurait alors été emmené à l'air libre, dans les jardins de la Chancellerie, puis jeté dans un cratère d'obus et aspergé d'essence. C'est là que les soldats de l'Armée rouge auraient ramassé ses restes cinq jours plus tard. Les Soviétiques auraient aussi saisi les dépouilles d'Eva Braun, la femme d'Adolf Hitler, et de Joseph Goebbels, chef de la propagande nazie.

Selon les Russes, en février 1946, les trois corps auraient été secrètement enterrés par un groupe d'agents spéciaux du KGB sur un terrain militaire soviétique à Magdebourg, en Allemagne de l'Est. Mais en mars 1970, les Soviétiques doivent abandonner cette zone aux autorités est-allemandes.

À Moscou, la crainte de voir le lieu de sépulture d'Hitler se transformer en lieu de culte pour les nostalgiques du nazisme grandit. Le chef du KGB, Youri Andropov, décide alors de mener une opération secrète pour détruire les ossements. Le 4 avril 1970, des agents pénètrent secrètement sur le terrain militaire et déterrent les corps avant de les brûler. «Les cendres ont été jetées dans la rivière Biederitz, à 11 kilomètres de Magdebourg», a révélé la semaine dernière Vassili Khristoforov, l'actuel chef des archives du FSB dans une interview à l'agence de presse russe Interfax.

Le crâne d'Hitler serait celui d'une femme

Tout aurait donc disparu du terrain est-allemand, à deux exceptions près : le fameux fragment de crâne et un morceau de mâchoire du Führer, que le KGB aurait choisis de conserver dans ses archives, à Moscou. «Ces restes sont uniques», affirme Vassili Khristoforov. «Il s'agit des seules preuves de ce type de la mort d'Hitler, et c'est pour ça que le FSB les maintient dans ses archives».

Mais la version russe, pourtant crédible, a été remise en question en septembre dernier par des scientifiques américains. Des chercheurs de l'université du Connecticut ont réalisé à Moscou une série d'analyses sur le fragment de crâne censé avoir appartenu à Adolf Hitler, prélevant notamment des échantillons d'ADN sur l'os. Le résultat des analyses a de quoi surprendre : pour les Américains, ce crâne est en réalité celui d'une femme âgée de 20 à 40 ans.

Cette révélation décrédibilise la thèse des Russes. Mais elle réduit aussi à néant la seule preuve qu'Hitler se soit effectivement tiré une balle dans la tête, et pourrait relancer toutes les théories les plus fantaisistes. Certains évoquent depuis longtemps la possibilité que le Führer ne soit pas mort dans son bunker.

Les Russes, eux, persistent et signent. Les services de renseignement remettent en question les résultats des chercheurs américains, accusés d'avoir travaillé sans autorisation. «Ils ne se sont pas adressés aux archives du FSB pour effectuer une analyse ADN», assurait la semaine dernière le général Khristoforov. «Et même s'ils avaient obtenu de l'ADN de nos fragments, avec quoi auraient-ils pu le comparer ?»

L'étude approfondie de la mâchoire présumée d'Hitler, toujours conservée à Moscou et à laquelle les scientifiques américains n'ont pas eu accès, pourrait apporter de nouveaux éléments. Le FSB assure déjà que des analyses ont été réalisées et ont établi la correspondance entre le morceau de mâchoire et l'identité dentaire d'Adolf Hitler. De quoi relancer un débat qui dure déjà depuis plus d'un demi-siècle.

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