mardi 22 juillet 2014
Sortir de l’ambiguïté
Sortir de l’ambiguïté
Il y a des extrémistes partout. Ceux qui transforment les manifestations en saccage en sont, mélange de casseurs, de militants du désordre, de jeunes en déshérence très communautaristes, avec une identification forte à un conflit qu'ils ne comprennent pas toujours. Mais ils trouvent là le moyen d'exprimer leur différence. Ces groupes très hétérogènes, dans lesquels sans doute se glissent quelques antisémites, sont dangereux par leur capacité à faire vaciller des équilibres déjà bien fragilisés par le manque d'emplois. Des extrémistes aussi en Israël où, malgré les discours et les promesses, la colonisation continue au mépris du droit international. Il faudra bien finir par se demander si elle n'est pas l'objectif ultime des expéditions punitives contre Gaza et sa population.
Pourtant, Sarcelles croyait avoir trouvé un modus vivendi entre deux communautés qui se refusaient encore à jeter le trop ressassé « vivre ensemble » dans la corbeille aux utopies. L'analyse selon laquelle nous serions en présence de la contagion du conflit israélo-palestinien est un peu rapide. Même si cette guerre est proche et ne laisse personne indifférent tant elle tue de civils innocents.
Les affrontements de Paris, et ceux qui suivront, sont le résultat d'opérations de déstabilisation menées par des groupes qui ont pour stratégie la peur et l'insécurité. L'interdiction des manifestations n'était sans doute pas la bonne réponse. La France, ce n'est pas nouveau, a toujours eu un rapport compliqué à la communauté israélite. Comme un sentiment de culpabilité qui nous obligerait au silence et au pardon d'actes aussi terribles que le massacre des camps de Sabra et Chatila, cet Oradour libanais. À part Chirac en son temps, nous ne brillons pas par nos déclarations fermes à l'encontre d'Israël. Le « tout faire » présidentiel d'hier « pour mettre fin à la souffrance de Gaza » en est l'illustration.
Il faut sortir de l'ambiguïté. Netanyahu ne doit pas pouvoir se réclamer du soutien de François Hollande comme il l'a fait la semaine dernière. Il y a urgence à demander des sanctions comme celles prises contre la Russie dans la crise ukrainienne. Pour symboliques que soient ces décisions, elles coupent au moins court au reproche de l'impunité.
Le Brexit ou l'absurdité du siècle
Le Royaume-Uni présente une situation paradoxale. Sur le plan économique, il connaît une brillante reprise qui tranche avec la stagdéflation de la zone euro. La croissance atteindra 3 % en 2014 ; le retour au plein-emploi se dessine avec un taux de chômage revenu à 6,6 % de la population active ; le déficit public a été ramené de 10,9 à 6,1 % du PIB depuis 2010 et l'objectif de l'équilibre budgétaire pour 2018 paraît crédible. Londres, portée par le redémarrage de la City et de l'immobilier, s'impose comme une des métropoles clés de la mondialisation. Forte de son rayonnement dans le domaine des arts, de la culture et du sport, elle aimante les fortunes et les talents. L'industrie n'est pas en reste, qui se redresse vivement, à l'image du secteur automobile, qui a construit 1,3 million de véhicules en 2013. La stratégie de l'austérité s'est donc révélée gagnante, favorisant la relance du secteur privé, qui a créé 1,2 million d'emplois depuis 2010, compensant très largement les 550 000 postes supprimés dans le secteur public.
Le renouveau économique du Royaume-Uni demeure inégalement réparti, tant sur le plan social que territorial ; il est également menacé par la reconstitution de bulles spéculatives sur les marchés financiers et immobiliers. Mais le plus grand péril est politique. La reprise économique s'accompagne en effet d'une profonde crise identitaire aux manifestations multiples : remise en question de l'organisation de la société en communautés ; opposition croissante à l'immigration ; montée de l'islamophobie ; tentation séparatiste avec le référendum du 18 septembre sur l'indépendance de l'Ecosse ; exacerbation du sentiment national et antieuropéen. La percée du parti populiste Ukip et l'effondrement des libéraux sont la traduction politique de ce trouble existentiel, qui se cristallise autour du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union, promis par David Cameron pour 2017 en cas de victoire des conservateurs aux prochaines élections législatives.
Le Brexit (British exit) ou sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne paraît pratiquement inéluctable. David Cameron, à l'instar de Jacques Chirac en 2005 avec le calamiteux référendum sur la Constitution européenne, est prisonnier de la mécanique infernale qu'il a lancée. La renégociation des traités européens qu'il réclame pour éviter le référendum est vouée à l'échec. D'un côté, le Premier ministre britannique est aussi ferme dans sa volonté de tout mettre à plat qu'incapable de donner un contenu précis à ses demandes. De l'autre, la révision globale des traités est inacceptable pour les autres pays européens, car elle ouvrirait une boîte de Pandore qui conduirait à l'implosion de l'Union. Elle s'opposerait par ailleurs à la relance de l'intégration, qui constitue la condition de survie de la monnaie unique.
Le Brexit fait partie de ces événements historiques absurdes qui semblent aussi désastreux qu'impossibles à désarmer.
Pour l'Europe, la mise en oeuvre par le Royaume-Uni de l'article 50 du traité de Lisbonne, qui permet à un pays de quitter l'Union, marquerait un terrible échec. Elle affaiblirait le poids des partisans du marché et de la maîtrise des comptes publics. Elle réduirait à néant l'Europe de la défense. Elle laisserait l'Allemagne dans une position dangereusement hégémonique. Enfin, elle enclencherait une dynamique de fragmentation de l'Europe à rebours de soixante années de progrès dans l'intégration du continent.
Le Royaume-Uni, en cas de sortie de l'Union, retrouverait la disposition de sa contribution nette à l'Union, soit 7,2 milliards d'euros. En revanche, le pari sur le renforcement de l'attractivité du pays grâce à son émancipation des règles européennes et à la réaffirmation de la vocation mondiale de la City est risqué. La force de la place financière de Londres repose sur la réalisation de 74 % des échanges de devises européennes, notamment de 40 % des transactions en euros, ainsi que sur la présence de 85 % des fonds d'investissement actifs sur le continent. L'industrie britannique, à l'image du secteur automobile ou pharmaceutique, est étroitement imbriquée à l'Europe. Les exportations vers le continent représentent ainsi 15 % du PIB. Dès lors, la sortie de l'Union pourrait créer un double choc sur la demande intérieure et extérieure, avec une perte de croissance à moyen terme comprise entre 1,1 et 3,1 % du PIB et la suppression d'une partie des 4 millions d'emplois liés aux échanges avec le continent. Sur le plan diplomatique et stratégique, la position internationale du Royaume-Uni serait compromise. Il n'est pas de taille à rivaliser avec les géants qui structureront l'histoire du XXIe siècle. Et l'espoir de réactiver la specialrelationship avec les États-Unis reste chimérique, compte tenu des séquelles laissées par les guerres perdues d'Irak et d'Afghanistan dans l'opinion britannique et du grand basculement de l'Amérique vers l'Asie-Pacifique.
Le principe de responsabilité en politique consiste à se préparer d'autant plus à un événement très probable qu'on mesure ses conséquences négatives. L'Union européenne et la France doivent éviter d'apporter de l'eau au moulin des partisans du Brexit tout en travaillant à son éventualité. L'Union doit réfléchir aux négociations financières, commerciales et fiscales à conduire avec Londres, qui devront être menées avec fermeté pour interdire au Royaume-Uni d'abuser de sa position de passager clandestin en Europe. La France fait partie des rares gagnants potentiels du Brexit, qui représente une occasion unique d'inverser l'exil des centres de décision économique, des entrepreneurs, des talents et des capitaux vers Londres en relocalisant une partie de l'industrie financière qui travaille autour de l'euro. Voilà pourquoi il faut interrompre le déclin de la place financière de Paris, démanteler la fiscalité confiscatoire sur le capital, sécuriser un statut favorable pour les fonds, pour les investisseurs et pour les hauts revenus. Paris doit dérouler un tapis rouge aux futures victimes du Brexit.
David Cameron a choisi la ligne du mieux-disant démagogique en flattant les passions nationalistes. Il est en passe de commettre, avec le Brexit, une erreur économique et politique aussi majeure que le retour à l'étalon or décidé par Churchill en 1925, qui installa le pays dans la stagnation jusqu'à la dévaluation de septembre 1931. Tout comme Churchill s'est fourvoyé en tentant de rétablir l'ordre monétaire et la position de leadership du Royaume-Uni antérieurs à la Grande Guerre, Cameron fait fausse route en cherchant à restaurer, à travers le Brexit, une forme de souveraineté nationale déconnectée de la structure multipolaire et du capitalisme mondialisé. À l'âge de l'histoire universelle, l'Union n'est pas l'ennemi mais l'un des remparts de la souveraineté des nations européennes.
“Spectacle du Monde” disparaît
“Spectacle du Monde” disparaît
Vous connaissez tous cette excellente et magnifique revue de droite fondée par Raymond Bourgine à la fin de la guerre d’Algérie. Son dernier numéro, de juillet-août 2014, est désormais un “collector”. Spectacle du Monde c’est fini.
Malgré ses 16 500 abonnés, le magazine, qui existe depuis 52 ans, n’est pas un produit rentable pour le groupe Valmonde, qui détient également Valeurs Actuelles. Cinquante-deux années de qualité exceptionnelle, d’une esthétique rare, de grandes plumes comme Gaxotte,Vialatte, Dutourd, Michel de Saint-Pierre, Eric Zemmour, Patrice de Plunkett, Alexis Brézet, de dossiers de fond et d’authentique ouverture à toutes les droites. C’est terminé.
La presse est un produit fragile. La presse de droite l’est bien plus encore. Nous vous le disons tous les jours mais en êtes-vous vraiment conscient ? Combien reste-t-il encore de publications de droite vendues en kiosque ? Faites l’expérience. Cherchez-les. Présent, Rivarol, Minute, La Nouvelle Revue d’Histoire, L’Action Française, L’Homme Nouveau, Valeurs Actuelles (dont le cœur bat surtout pour Sarko). Et qui d’autre ? Six, sept titres de presse libres. Face à une armée de publications de gauche, d’extrême gauche, ou plus largement de journaux consensuels. Consensuels dans la désinformation. Disant tous la même chose.
La presse de droite va mal.
La presse de droite disparaît. Elle doit être défendue, et tout particulièrement son seul quotidien, Présent. Avant que comme pour Spectacle du Monde, il ne soit trop tard.
La presse de droite disparaît. Elle doit être défendue, et tout particulièrement son seul quotidien, Présent. Avant que comme pour Spectacle du Monde, il ne soit trop tard.
Qui est Boris Vallaud, le mari de Najat Vallaud-Belkacem ?
Alors que Najat Vallaud-Belkacem occupe l’espace médiatique en tant que ministre du Droit des femmes, de la Ville et de la Jeunesse et des Sports, son mari, Boris Vallaud se fait plus discret. Planet.fr vous présente le mari de la ministre.
De l’ombre à la lumière ? Najat Vallaud-Belkacem est sur le devant de la scène politique en tant que ministre du Droit de femmes, de la Ville et de la Jeunesse et des Sports. A contrario, son mari Boris Vallaud est plus discret –les seules informations parues dans la presse sont celles d’un portrait de Paris Match en juillet 2013- tout en occupant un poste politique important. En effet, à 38 ans, ce dernier est directeur du cabinet d’Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie.Un amour politique ?
A l’instar de Ségolène Royal et François Hollande dans les années 80, Najat Belkacem et Boris Vallaud se sont rencontrés sur les bancs de Sciences Po Paris à la fin des années 90. C’est d’ailleurs à la bibliothèque du campus que les deux étudiants ont commencé à se fréquenter : ils révisaient ensemble le concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Boris Vallaud a été admis, la future ministre ne l’a pas été. Cette différence de parcours ne les a pas pour autant séparés. Ils sont en couple depuis dix ans et mariés depuis l'été 2005.
A la sortie de l’ENA, Boris Vallaud devient haut fonctionnaire au conseil général de Saône-et-Loire où il rencontre un certain…Arnaud Montebourg, lequel présidait l'assemblée générale du département. Alors que sa femme se lance en politique comme porte-parole à la mairie de Lyon puis prend un statut de nouvelle figure politique auprès de Ségolène Royal en 2007 et de François Hollande en 2012, Boris Vallaud reste, quant à lui, dans l’ombre. Il travaille en tant que haut fonctionnaire et puis père à partir de 2008 : deux jumeaux Nour et Louis, dont le sens est 'lumière". Désormais ministre après le triomphe socialiste de 2012, Najat Vallaud-Belkacem embarque avec elle à Paris ses enfants. Boris fait d’abord la navette entre le domicile familial de Lyon et Paris - à la manière d'un vrai "Working dad"- jusqu’en 2013, lors de sa nomination au poste de conseiller d'Arnaud Montebourg au Redressement productif. Cette dernière lui permet de rejoindre sa famille, installée depuis mai 2012 dans la capitale. Le dernier remaniement lui a même permis de prendre la tête du cabinet du désormais ministre de l'Economie. Toujours dans la volonté de se tenir à l'écart, tel un véritable homme de l'ombre, il laisse la visibilité politique à sa ministre de femme.
dimanche 20 juillet 2014
Le salut des planches
Le salut des planches
Il est trop simple d'affirmer que le combat des intermittents du spectacle n'est que la défense de privilèges exorbitants dont profiteraient abusivement quelques artistes nantis et aussi peu scrupuleux que peu solidaires avec leur corporation. Cette façon d'évacuer la question d'un revers de mépris occulte, à dessein, une réalité complexe. Elle masque aussi la volonté du patronat d'en finir avec un régime d'indemnisation trop vite qualifié de sectoriel quand il ne fait qu'atténuer d'insupportables disparités. En vérité, c'est de la place de la culture dans un système où les sociétés de production exploitent des salariés horaires comme il y a deux siècles, dont il faut parler. Au-delà du sentiment des festivaliers d'être pris en otages par une agitation minoritaire, c'est bien de la crise du système libéral qu'il s'agit.
On sait les causes du malaise depuis plus de dix ans et, déjà, une précédente réforme avait mis le feu aux poudres en 2003. Faute d'avoir été traitées dans la concertation par les gouvernements et les partenaires sociaux, elles produisent les mêmes effets et les nombreuses annulations continuent de mettre en péril la survie de certains festivals majeurs.
Ne peut-on réduire le déficit de l'assurance-chômage sans précariser les métiers de la culture ? Ne devrait-on pas, avant, revenir sur les abus de l'audiovisuel public qui fait tourner sa machine de production avec des intermittents et sans embaucher ? Oui, il faut « remettre à plat le régime à bout de souffle des intermittents » mais tous ces mots désarticulés qui s'évanouissent dans les cintres sont aussi inefficaces que le tango de l'hésitation gouvernementale. En tentant, en vain, de ne pas froisser le patronat, Manuel Valls ne fait que menacer deux mille festivals créateurs d'économie et déjà malmenés par la diète budgétaire. La culture, pierre angulaire de notre rayonnement universel, vaut mieux que des bouts de ficelle.
La culture, le théâtre surtout, est un des outils de la démocratie. C'est cet outil porteur de sens qui est visé par les manipulateurs du conflit des intermittents dans tous les camps. Ils se trompent ! Du désarroi de la jeunesse naîtront demain les poètes qui réveilleront notre pensée desséchée. Par eux viendra le salut des planches.
samedi 19 juillet 2014
Pour une majorité de Grecs, la crise résulte d'un action "préméditée"
Une majorité de Grecs est convaincue que la crise économique dans laquelle est plongé le pays depuis 2010 résulte d'une action "préméditée" par des forces extérieures, selon une étude universitaire parue dans la presse vendredi.L'étude conduite en juin sur un échantillon de 1045 personnes et publiée par le quotidien Kathimerini montre des Grecs prompts à accréditer toutes les formes de théories du complot et de "mythes urbains".
Ainsi, outre les 75% de personnes interrogées qui se disent convaincues que "la crise grecque a été préméditée par des forces extérieures", 69% croient qu'"il existe un médicament contre le cancer qui n'est pas diffusé largement".
Ils sont encore 59% à croire que les attentats du 11 septembre relèvent d'une manipulation américaine et 27% à penser que les premiers pas sur la lune ont été tournés en studio.
La Grèce a été le premier pays emporté par la crise de la dette lorsque le gouvernement socialiste a révélé, fin 2009, que le déficit public avait été sous-estimé par le précédent gouvernement conservateur.
Le pays, alors devenu paria sur les marchés financiers et au bord de la faillite, est depuis placé sous l'assistance financière des Européens et du FMI qui lui ont accordé deux prêts d'un montant total de 240 milliards d'euros en échange d'un vaste programme de réformes et d'une réduction drastique de ses dépenses.
"Il semble que le crise exacerbe le discours politique irrationnel", observe dans Kathimerini George Antoniou, l'un des chercheurs de cette étude menée par l'université d'Oxford, les universités grecques de Macédoine et Thessalonique.
Un autre chercheur Ilias Dinas lie également adhésion aux théories du complet et faible niveau d'éducation.
Autre enseignement de l'étude: sur un classement de 1 à 7, l'Eglise Orthodoxe est l'institution à laquelle les Grecs font le plus confiance, leur parlement arrive bon dernier.
60% des personnes interrogées pensent par ailleurs que "les Grecs de confession juive sont plus juifs que Grecs" et que Costas Simitis, premier ministre socialiste au moment du passage de la Grèce à l'euro, est "d'origine juive".
En mai, une étude mondiale de la Ligue anti-diffamation, l'une des principales ONG internationales contre l'antisémitisme, avait classé la Grèce largement en tête des pays d'Europe où les stéréotypes sur les Juifs sont le plus ancrés, bien que très rarement associés à des violences.
Ainsi, outre les 75% de personnes interrogées qui se disent convaincues que "la crise grecque a été préméditée par des forces extérieures", 69% croient qu'"il existe un médicament contre le cancer qui n'est pas diffusé largement".
Ils sont encore 59% à croire que les attentats du 11 septembre relèvent d'une manipulation américaine et 27% à penser que les premiers pas sur la lune ont été tournés en studio.
La Grèce a été le premier pays emporté par la crise de la dette lorsque le gouvernement socialiste a révélé, fin 2009, que le déficit public avait été sous-estimé par le précédent gouvernement conservateur.
Le pays, alors devenu paria sur les marchés financiers et au bord de la faillite, est depuis placé sous l'assistance financière des Européens et du FMI qui lui ont accordé deux prêts d'un montant total de 240 milliards d'euros en échange d'un vaste programme de réformes et d'une réduction drastique de ses dépenses.
"Il semble que le crise exacerbe le discours politique irrationnel", observe dans Kathimerini George Antoniou, l'un des chercheurs de cette étude menée par l'université d'Oxford, les universités grecques de Macédoine et Thessalonique.
Un autre chercheur Ilias Dinas lie également adhésion aux théories du complet et faible niveau d'éducation.
Autre enseignement de l'étude: sur un classement de 1 à 7, l'Eglise Orthodoxe est l'institution à laquelle les Grecs font le plus confiance, leur parlement arrive bon dernier.
60% des personnes interrogées pensent par ailleurs que "les Grecs de confession juive sont plus juifs que Grecs" et que Costas Simitis, premier ministre socialiste au moment du passage de la Grèce à l'euro, est "d'origine juive".
En mai, une étude mondiale de la Ligue anti-diffamation, l'une des principales ONG internationales contre l'antisémitisme, avait classé la Grèce largement en tête des pays d'Europe où les stéréotypes sur les Juifs sont le plus ancrés, bien que très rarement associés à des violences.
Lancement du premier satellite grec par la NASA
Le premier satellite grec a été lancé dimanche dernier par la NASA aux États Unis et s’envole avec succès vers la Station spatiale internationale. Le satellite porte du matériel technique et scientifique afin de contribuer à des expériences relatives aux applications de la nanotechnologie utiles pour l’électronique et l’informatique. Le satellite, construit par une équipe de scientifiques grecs sous le nom Lambda (Λ-sat), aura également la possibilité de surveiller les navires marchands grecs et leurs équipages en temps réel, visant à améliorer la sécurité maritime et la lutte contre la piraterie.
En tête de cette équipe de jeunes scientifiques, qui ont travaillé bénévolement, se trouve Périclès Papadopoulos, Professeur d'ingénierie aérospatiale à l’université San Jose à Silicon Valley qui, avec la collaboration de l’université de Columbia à New York et de l’université grecque de l'Égée, a dirigé ce projet.
Peine plafond !
Peine plafond !
Sans doute va-t-il falloir réviser le procès en laxisme pénal intenté à Christiane Taubira. Car si la garde des Sceaux est contre les peines plancher, elle ne semble pas hostile aux peines plafond ! Du moins quand elle est concernée. Elle a en effet réagi à la lourde condamnation de l'ex-candidate du FN Anne-Sophie Leclère en expliquant sobrement que le tribunal de Cayenne n'avait fait qu'appliquer le Code pénal. Osons croire que l'on peut se permettre de critiquer cette sanction disproportionnée sans encourir aussitôt le reproche de sympathie frontiste ? Bien sûr que l'ex-tête de liste FN aux municipales a franchi les bornes de la bêtise, de l'insulte et, sans doute, d'un racisme latent. Pour cela, elle devait être condamnée.
Mais il est aussi évident que les juges guyanais ont, par complaisance envers la ministre (une justiciable pas comme les autres ?) ou par imprégnation idéologique, manqué à une élémentaire mesure. En allant largement au-delà des réquisitions du parquet, en infligeant de surcroît une amende au FN qui avait pourtant exclu de ses rangs Anne-Sophie Leclère, ils ont fait un exemple.
Cette justice d'exception ne rend pas service à l'institution. Comment empêcher le citoyen de s'inquiéter d'une justice qui manifeste plus de tolérance envers des délinquants violents ? S'insinue également dans les esprits le sentiment d'une surveillance de plus en plus extensive de la liberté d'expression au nom d'une bien-pensance menaçant humoristes, caricaturistes et polémistes.
On souscrit très volontiers à une lutte indifférenciée contre tous les extrémismes et tous les racismes. Encore convientrait-il que le gouvernement ne paraisse pas obsédé par son combat contre le FN. Ou alors, si Marine Le Pen est un réel danger pour la République, on imagine que François Hollande renoncera à « tenter le diable » en instaurant la proportionnelle. On ne saurait à la fois condamner le FN et contribuer à son essor. De même qu'il est contre-productif de le victimiser. Sur ce plan, la justice rendue à Cayenne « pour l'exemple » n'est pas forcément exemplaire.
Le prix de l’agilité
Le prix de l’agilité
Qu’aurait dit un Arnaud Montebourg si Microsoft avait été un groupe français annonçant, comme il vient de le faire aux Etats-Unis, qu’il allait supprimer un emploi sur sept dans l’année ? Qu’aurait dit un Jean-Christophe Cambadélis en apprenant qu’à cette annonce, l’action Microsoft avait grimpé en bourse pour atteindre son niveau le plus élevé depuis 14 ans ? La polémique aurait été immédiate, intense, et aurait à coup sûr débouché sur un texte de loi pour réprimer un peu plus les « licenciements boursiers ». Et on aurait certainement fini par créer une nouvelle taxe sur cette course au profit, honteuse, forcément honteuse. Fiction ? Pas sûr : dans le dossier Alstom, le gouvernement a bien imposé à General Electric de vivre sous la menace d’une énorme amende en cas de… non-création d’emploi ! Sauf que cette fois, l’épicentre du plan social ne se situe pas en France. Microsoft échappera donc à la vindicte gauloise et pourra se concentrer sur l’essentiel : sa transformation, sa relance dans un univers en bouleversement permanent où l’immobilisme signifie la mort. Les Nokia, Kodak, et autres Compaq en savent quelque chose. Et Microsoft a déjà vécu plusieurs vies, frôlant parfois la sortie de route, synonyme d’éviction du marché.
Quant au plan social, il sera d’autant moins dur à absorber que les Etats-Unis sont en situation de plein-emploi. Les derniers chiffres d’inscription au chômage, dévoilés ce jeudi, ont surpris les économistes par leur faible niveau. Et on voit désormais des industriels s’y alarmer des effets du manque de main d’œuvre et de l’accélération du turn-over de beaucoup de salariés, sensibles à la multiplication des offres d’embauches et aux surenchères salariales. Quel dommage qu’aucun de nos gouvernants ne profite de l’été pour aller faire un petit stage au pays du libéralisme et de l’enfer économique.
Natacha Polony : « Mort aux Juifs », ou la banalité de la haine à Paris
C'est désormais une habitude: dans les rues de Paris, on peut crier «mort aux Juifs». Des manifestants veulent exprimer leur colère et leur frustration: «Mort aux Juifs!». Des gens entendent protester contre les bombardements meurtriers en Palestine décidés par un gouvernement d'Israël aux mains d'une droite de plus en plus dure: «Mort aux Juifs!». Une passante prend la défense de deux jeunes filles qu'un homme menace verbalement. Il se retourne contre elle, la traitant de tous les noms, puis la regarde attentivement et s'exclame: «Mais tu es une sale Juive! Casse-toi, sale Juive ou je vais te crever.» Et c'est le déferlement. «Mort aux Juifs!»
Qui aurait imaginé que dans les rues de Paris, en 2014, on pourrait rencontrer cette expression décomplexée de l'antisémitisme le plus violent? Il y a déjà quelques années que l'on entend des politiques déplorer mollement les «importations du conflit israélo-palestinien» sans que cela n'enraye en rien une mécanique qui dépasse de beaucoup les problématiques de politique étrangère.
Bien sûr, la politique d'Israël faite de poursuite de la colonisation et de militarisation des différends est insoutenable et suicidaire. Bien sûr, on aimerait une position ferme sur la scène internationale pour interdire ce mur inique qui coupe les villages palestiniens et ne respecte pas les frontières fixées par l'ONU. Bien sûr, on voudrait entendre davantage les voix juives dénonçant la politique de l'actuel gouvernement israélien. Bien sûr, on espérerait que certains n'assimilent pas toute critique de cette politique de l'État d'Israël, ou même toute critique à l'encontre d'une personne publique se trouvant être juive, à de l'antisémitisme. Bien sûr. Mais quel rapport avec les Juifs de France et la possibilité pour eux de vivre en paix dans une nation qui est la leur?
Il y a déjà plusieurs années que des professeurs alertent sur la montée d'un antisémitisme décomplexé dans certains établissements scolaires. Cela a commencé avec des usages du mot «juif» assimilé à une insulte: «Fais pas ton Juif»… Cela a continué avec des contestations de l'enseignement de l'holocauste. Et l'on peut considérer que cet enseignement a été mal conçu, faisant le choix de l'émotion pour frapper les esprits de jeunes au détriment parfois d'un enseignement appuyé sur la raison et l'analyse, peu importe. Il ne s'agissait pas de cela mais bien de propos négationnistes tenus par des jeunes gens expliquant benoîtement qu'Hitler n'avait pas «fini le travail». Quand un rapport d'un inspecteur de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Obin, a relaté ces faits pour s'en inquiéter, il n'a pas été rendu public par le ministère de l'Éducation nationale. Ce n'est qu'un an après sa rédaction que des professeurs et des essayistes ont choisi de le publier. Réaction de toute une partie de la presse et des associations et syndicats? «Ce rapport n'a pas de valeur scientifique car il ne parle que de quelques établissements scolaires.» Allons, ce n'est pas si grave. Fermez le ban!
Ce qui se passait dans les établissements scolaires n'était que le reflet d'un climat plus général dont il aurait fallu s'alarmer. Au lieu de cela, on a pratiqué la dénégation. Il ne fallait surtout pas analyser ce phénomène car il eût fallu admettre que cet antisémitisme n'était pas le fait de la vieille extrême droite européenne, de ce «fascisme» devenu un épouvantail à force d'être invoqué pour décrédibiliser n'importe quel adversaire.
Cet antisémitisme-là marquait la jonction entre un antisionisme d'extrême gauche assimilant avec une facilité dangereuse la haine du capitalisme et la haine d'Israël et un antisémitisme historique de populations musulmanes déracinées et en quête d'identité. L'antisémitisme des banlieues a crû parallèlement à une radicalisation religieuse savamment entretenue par certains imams salafistes gracieusement fournis par des puissances du Golfe. Le drame des populations palestiniennes n'était alors qu'un opportun catalyseur. On aurait attendu une réaction politique. Impossible puisqu'il aurait fallu admettre que les victimes du racisme et de la discrimination pouvaient, elles aussi, incarner la haine. Lancer l'alerte, c'était déjà se voir soupçonné de stigmatiser des populations à qui l'on devait, par culpabilité, une déférence extrême. Pourtant, c'est dans les manifestations contre la loi sur les signes religieux à l'école, en 2003 et 2004, qu'on entendit les premiers «mort aux Juifs» de la part de gens qui faisaient passer l'affichage d'un islam instrumentalisé et militant pour une revendication de liberté.
Peu à peu, les positions se sont radicalisées. Quand Israël lançait il y a quelques années des campagnes pour inciter les Juifs de France à faire leur alya pour fuir l'antisémitisme, c'était intolérable. Peut-on encore le dire après Mohamed Merah et Medhi Nemmouche? L'antisémitisme d'extrême droite, lors de la manifestation «Jour de colère», a rejoint l'antisémitisme d'extrême gauche. De cette jonction terrible, nul ne sait ce qui sortira.
Réponse à Philippe Bilger
Réponse à Philippe Bilger
Au coeur de l’ été, un temps lourd et orageux écrase le pays, à l’image de son climat politique, de plus en plus chaotique, délétère.
Dans une tribune publiée le 17 juillet par leFigaro Vox, je m’étonnais de paroles prêtées à François Fillon contre Nicolas Sarkozy estimant que si elles étaient avérées, elles relevaient plus d’une attaque personnelle, dans une perspective de course à l’Elysée, que d’un désaccord politique.
Philippe Bilger me fait l’honneur de répondre à ma tribune en soulignant que les combats de personnes font aussi pleinement partie de la politique.
Il a raison. Cependant (et c’est ce que j’ai voulu dire), dans une période aussi tourmentée que la nôtre, les Français, me semble-t-il, attendent de la politique des réponses à leur profondes inquiétudes, à leurs souffrances ou à leur malaise, c’est-à-dire davantage de débat d’idées et moins de batailles d’ambitions et de petites phrases.
Nous traversons une crise d’une exceptionnelle gravité: poussée d’antisémitisme sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale avec les cris de "mort aux juifs" entendus à Paris; révélations à tout-va de corruption dans les milieux politiques; crise de la représentation démocratique qui se manifeste dans la montée vertigineuse de l’abstentionnisme et de vote protestataire; aggravation des phénomènes de violence et de communautarisme; malaise des services publics, de l’école, de la police, de l’armée; soupçons de partialité idéologique qui pèsent, non pas sur la Justice, mais sur certains juges; impuissance du pouvoir politique, notamment face au chômage de masse; montée de sentiments "europhobes" véritables c’est-à-dire, non pas dirigés contre les institutions et les politiques de l’Union européenne – ce qui relève du débat démocratique – mais contre de grands pays voisins qui s’en sortent beaucoup mieux que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Pendant ce temps, contrairement au mythe de "la fin de l’histoire" et du triomphe de la démocratie universelle, la planète est prise de violentes secousses, au Moyen-Orient et jusqu’en Europe elle-même où un massacre d’une barbarie inouïe vient d’être commis avec la destruction de l’avion de la Malaysia Airline au-dessus de l’Ukraine.
Dans ce contexte, les batailles d’ego entre politiciens en mal de reconnaissance élyséenne prennent une connotation particulièrement odieuse. Notre premier devoir civique de Français, dans ce marasme, est de nous foutre éperdument de la question de savoir qui sera le prochain petit marquis à pavoiser sous les ors de l’Elysée. Celui de tout homme d’Etat digne de ce nom – aujourd’hui – est de travailler à la recherche de solutions concrètes et réalistes à la crise profonde que traverse la Nation et qui la menace dans son intégrité et son avenir. La conquête du pouvoir ne doit pas être considérée comme une fin en soi, sauf à s’exposer à une épouvantable désillusion, mais une étape obligée dans l’accomplissement d’un projet politique. Que faire? Il n’y a pas d’autre question, de mon point de vue, qui tienne la route en ce moment.
Une triste et une bonne Nouvelle
Une triste et une bonne Nouvelle
Une triste nouvelle pour commencer: le décès d’Hervé Christiani. A vrai dire, le nom ne me disait plus grand chose mais sa chanson culte, "Il est libre Max", reste gravée dans ma mémoire. Quand j’étais adolescent, tout le monde la chantait, dans la rue, la cour du lycée, au travail, partout, et mon prénom (plutôt rare à l’époque), m’exposait plus que quiconque à ce refrain. Ecoutons-là une nouvelle fois, elle est vraiment belle, pleine de poésie, de gentillesse, de simplicité, d’humour:
Une bonne ensuite, même de portée minime: ce blog se comporte comme les coureurs français du Tour de France cette année: il monte, inexorablement, désormais classé 27ème de tous les blogs politiques, 5 places avant celui d’Alain Juppé! Il prouve que l’on peut échanger des idées sur Internet en se respectant, sans polémique ni sectarisme, crêpage de chignon, violence verbale, vulgarité ou fanatisme.
Un grand merci à ses visiteurs – environ un millier chaque jour, avec des pointes exceptionnelles entre 2 et 3 000 – contributeurs, et blog associés. Sur Internet aussi, l’union fait la force!
Nicolas Sarkozy : quand ses chiens saccageaient le mobilier de l'Elysée
Selon "Mediapart", les chiens du coupe Bruni-Sarkozy ont considérablement endommagé le mobilier précieux de l'Elysée.
Hier nous parlions du mobilier qui disparaissait mystérieusement de l’Elysée, aujourd’huiMediapart publie ce que les chiens de Nicolas Sarkozy ont fait subir aux meubles du palais présidentiel. Selon le site d’investigation, le Mobilier National a dû payer plusieurs milliers d’euros de réparation juste après le départ du couple Bruni-Sarkozy du château, en 2012.
D’importants moyens ont été mobilisés pour réparer les dégâts constatés dans le Salon argent de l’Elysée. Toujours selon Mediapart, les crocs de Clara, Dumbledore et Toumi (les trois chiens du foyer Sarkozy) ont eu raison de plusieurs accoudoirs d’un "ensemble de meubles parmi les plus précieux de la République" précise le site.
Le coût de la restauration des meubles vandalisés est estimé à au moins 6.600 euros pour la rénovation des dorures auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’euros pour le rachat des galons endommagés.
Un précédent avait déjà constaté place Beauvau où un canapé "imbibé de poils d’urine" avait été retrouvé après le mandat de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.
MEDIAPART ET SON PATRON HAINEUX, IL N'Y A PAS PLUS FIABLE COMME INFO.
MERCI EDWY PLENEL, JOURNALISTE LE PLUS FOIREUX DE FRANCE
jeudi 17 juillet 2014
Face à l'exode, Athènes cherche à se réinventer
Depuis un mois, le néon rouge d'un nouveau lieu culturel brille au fond d'un passage quasi désaffecté du centre d'Athènes, lueur d'espoir pour un immeuble parmi les centaines de bâtiments vides de la capitale grecque qui attendent de renaître.
«Depuis l'ouverture, au moins mille personnes ont visité ce passage où elles n'avaient jamais mis les pieds, rien que ça, c'est positif», constate Anna Taouksi, qui pilote avec quatre amis cette étonnante terrasse coincée entre deux hautes barres d'immeubles des années 50 et flanquée, au rez-de-chaussée, d'un restaurant.
La terrasse du Bread and Roses repérable à son néon en forme d'étoile rouge le long de l'avenue Panepistimiou, l'une des principales artères d'Athènes, est proposée gratuitement aux organisateurs de concerts, lectures, projections et autres événements culturels.
Sur un mur, une fresque de crustacés en mosaïque rappelle que l'endroit a connu des jours meilleurs : «C'était un restaurant chic, les serveurs portaient des noeuds papillon», raconte Anna. «Tout ça s'est arrêté dans les années 1970».
La municipalité d'Athènes a ainsi perdu en trente ans un quart de sa population, passée de 886 000 habitants en 1981 à 665 000 en 2011, dernier recensement en date.
Un tiers de commerces fermés
«C'est le fruit de l'exode vers les banlieues, explique le géographe Thomas Maloutas. En l'absence de logements sociaux, les pouvoirs publics ont encouragé, après la guerre, l'accès à la propriété et le centre d'Athènes est devenu très dense».
«Le coup de grâce a été porté par la dictature (1967-1974) qui a "offert" 20% de surfaces constructibles supplémentaires aux petits propriétaires. Résultat: des immeubles de six étages ont poussé dans des rues étroites. Avec la hausse de la circulation, ces quartiers se sont dévalués et la population est partie», explique-t-il.
Puis est venue en 2010 la crise économique : 31% des commerces d'Athènes sont aujourd'hui fermés, selon la confédération du commerce grec (Esee), s'ajoutant à la surface inoccupée.
Une récente cartographie de 1650 bâtiments d'un des quartiers les plus centraux a dénombré entre 35 et 40% de bureaux, logements et commerces vides, selon Nikos Triantafyllopoulos, auteur de l'étude.
«Le bâti abandonné était une réalité bien avant la crise, mais on ne le voyait pas. Aujourd'hui, on a l'impression de ne voir que ça», observe Panagiotis Tournikiotis, enseignant à l'École d'architecture de l'Université polytechnique d'Athènes.
De cet électrochoc sont nées depuis quatre ans une multitude d'initiatives publiques ou associatives pour faire renaître le coeur de la ville.
«Rethink Athens»
«C'est comme si la crise nous avait réveillés et fait prendre conscience qu'il fallait prendre soin de notre ville», estime Irina Gratsia, l'une des architectes à l'origine du projet «Monumenta» qui depuis 2013 recense tout le bâti du 19e et de la première moitié du 20e siècle.
L'équipe du projet: «des passionnés, simples citoyens, qui ne veulent pas que disparaisse un pan du patrimoine», explique-t-elle.
Encore plus ambitieuse, l'initiative «Rethink Athens» a pris la forme d'un concours international d'architecture lancé en 2010 sous l'impulsion de la fondation Onassis pour remodeler le centre-ville. De nombreux événements publics ont accompagné le développement du projet pour impliquer les Athéniens.
L'équipe d'urbanistes néerlandais Okra a gagné le concours avec une proposition axée sur la réduction de la circulation, l'augmentation des surfaces piétonnes, des espaces verts, la récupération des eaux et un concept baptisé le «théâtre de 1000 pièces» visant spécifiquement les bâtiments abandonnés.
«L'idée est de proposer des contrats d'occupation temporaire des surfaces vides pour des projets culturels, des événements, des start-up. C'est une stratégie qui a porté ses fruits sur le long terme dans d'autres villes comme Amsterdam ou Berlin», explique Martin Knuijt, l'un des membres d'Okra.
Le lancement des appels d'offres pour l'ensemble du plan de rénovation est prévu d'ici à la fin de l'année.
«Je suis né dans le centre d'Athènes, puis ma famille a déménagé en banlieue. La maison de la fin du 19e où nous habitions a été classée en 1990 et s'est écroulée en 1998 : Je suis un exemple vivant de l'histoire d'Athènes !», plaisante Panagiotis Tournikiotis, également directeur de «Rethink Athens».
Il voit maintenant «les enfants des familles parties à la périphérie revenir au centre, dans l'appartement vide des parents ou grands-parents» : «C'est maintenant qu'il faut agir pour qu'ils restent».
ISOLÉ
ISOLÉ
Si la France s’était imposée en finale de la Coupe du Monde hier, François Hollande aurait pu miser sur un regain d’euphorie national au moment de s’adresser aujourd’hui aux Français. Las, les « Bleus » se sont arrêtés en quarts et n’auront pas d’influence sur le spleen hexagonal. Même les militaires qui défileront ce matin à Paris ont le moral dans les rangers et redoutent une nouvelle baisse du budget de la défense. Le président lui-même confiait il y a quelques jours à ses amis, réunis dans un restaurant, qu’il se sentait isolé à l’Elysée. De là à imaginer que François Hollande aussi a le blues… Certes, le chef de l’Etat fera bonne figure à la mi-journée lors de son allocution du 14 juillet, tentera de donner l’image d’un président réformiste, en phase avec son Premier ministre, tout entier mobilisé contre le chômage. En coulisses, son entourage le pousse toutefois à limiter ses apparitions publiques cet été à quelques sorties « fédératrices », entre étape du Tour de France et commémoration de 14-18. Ses proches lui auraient même conseillé de se « chiraquiser », entendez de prendre de la hauteur et de se faire un peu oublier en attendant des jours meilleurs. Après tout, la prochaine présidentielle n’aura lieu que dans trois ans. Et d’ici là, qui sait, les « Bleus » auront peut-être gagné l’Euro 2016.
BOULEDOGUES
A n’en pas douter, il s’agit du premier étage de la loi Montebourg annoncée pour la rentrée, une « loi de croissance et de pouvoir d’achat destinée à restituer six milliards d’euros aux Français ». Un rapport choc de l’Inspection générale des finances a opportunément fuité hier. Echo assuré. Il jette l’opprobre sur 37 professions réglementées. Tout le monde y passe. Huissiers, notaires, pharmaciens, écoles de conduite… Accusés, sous prétexte de monopole, de prélever leur dîme et de freiner une relance qui tarde et qu’il ne saurait être question de faire payer à une classe moyenne qui grogne. Marre d’être prise pour une vache à lait. Vrai qu’il est des situations choquantes qu’il conviendrait de dépoussiérer. Appelant à mettre fin à « ses survivances de l’Ancien Régime », Alain Tourret, député socialiste du Calvados, prévient : « Devant chaque niche fiscale, il y a un chien. Et devant chaque profession réglementée, deux bouledogues ». Façon de dire qu’il faut se méfier de cette énième amorce de réforme. Même si, derrière ses lunettes noires à la Jacques Chirac, François Hollande n’a cessé de le marteler lors de son intervention du 14-Juillet. Malgré ses louvoiements, il se voit définitivement comme un président réformateur.
La fable corrézienne
La fable corrézienne
On peut choisir d’en rire : chevelure d’un noir soigneusement entretenu et lunettes carrées, le mimétisme est frappant. On peut aussi choisir d’en sourire : la Corrèze, les réseaux, les amitiés rad-soc sont les mêmes. On peut surtout s’en affliger : plus on s’avance dans le quinquennat, plus François Hollande ressemble à Jacques Chirac. Pas au Chirac des réformes à la hussarde, ni à celui des embardées programmatiques. Pas le Jacques du trop vite, trop fort, trop loin. Celui-là avait laissé ses habits de réformateur galopant au vestiaire de l’Elysée, peu après son arrivée dans le palais : il avait suffi des grandes grèves de 1995 pour convaincre le nouveau chef de l’Etat qu’une bonne réforme ajournée, c’est autant « d’emmerdements » évités.
Jacques Chirac craignait par dessus tout de voir « les petites camionnettes jaunes et bleues » des PTT et d’EDF dans la rue avec les manifestants du secteur public. François Hollande, lui, a trouvé une autre façon de ne rien faire : il n’est de bonne réforme qu’une commission ad hoc ne puisse enterrer. La discussion, la négociation, le dialogue social permettent d’endormir les réformateurs les plus vaillants, de surseoir à trancher ou de se réfugier dans la demi-mesure.
Et pendant ce temps, les records s’accumulent : dette publique, impôts et taxes, chômeurs, faillites d’entreprises, comptes extérieurs, c’est le toujours plus. Ainsi la France s’immobilise-t-elle petit à petit, bercée par le lancinant ronron hollandais des promesses verbales (« je réformerai jusqu’au dernier jour ») et de la réécriture de l’histoire (« j’ai réorienté l’Europe vers la croissance ») pour nourrir cette fable corrézienne selon laquelle les Français redouteraient les réformes, alors que c’est désormais l’absence de résultats qu’ils ne supportent plus.
La carte et les territoires
La carte et les territoires
La réforme territoriale aurait pu être la « mère de toutes les réformes » du quinquennat. Elle aurait pu bénéficier du rare privilège d'être consensuelle parce que voulue unanimement. Et finalement, elle n'aura été qu'une occasion manquée. Une de plus. Tout cela parce qu'on ne joue pas avec la carte et les territoires comme on le ferait avec un puzzle sur un coin de table. N'insistons plus sur l'improvisation avec laquelle a été conçu le projet élyséen, entre coups de fils et coups de ciseaux, un soir de grand bazar. On ne le rappellerait pas si cela n'avait fourni des arguments providentiels aux barons locaux adversaires de tout changement. Mais comment donner tort à ceux qui ont accusé François Hollande de mettre la charrue avant les b'ufs ?
Le groupe socialiste, en ayant proposé une nouvelle carte de 13 régions (au lieu de 14), avant l'ouverture des débats à l'Assemblée, a de lui-même « corrigé » la copie élyséenne pour prévenir une fronde transpartisane. Et, de fait, le projet est devenu moins incohérent et donc plus présentable. Ce qui, malheureusement, ne le purgera pas pour autant de tous ses vices originels.
On sent bien que cette réforme se voulait d'abord un écran de fumée après des déroutes électorales. Mais, sur un sujet touchant d'aussi près les populations, comment enjamber toute concertation préalable avec les élus et les citoyens ? Comment avoir fait passer le contenant (le découpage) avant le contenu (la répartition des compétences) ?
On s'aperçoit que la question des économies n'est même plus d'actualité. Les chiffrages sont restés flous. Dans l'immédiat, il y aura forcément des surcoûts (bâtiments, alignement des régimes des personnels). Pressé par le temps, le gouvernement n'autorisera qu'en 2016 la possibilité, pour un département, de changer de région. Et il a repoussé aux calendes grecques la suppression de ces mêmes départements, qui aurait pu être compensée avec la (re) création des conseillers territoriaux et une « cantonalisation » des régions. Dommage que la carte abattue par François Hollande soit biseautée.
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