TOUT EST DIT

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vendredi 11 janvier 2013

Le nouveau visage du billet de 5 euros


Ils seront dans les portefeuilles des 332 millions d'Européens à partir du 2 mai prochain. Toute la gamme, jusqu'au billet de 500 euros, est amenée à changer.

Recto du nouveau billet de 5 euros.

Recto du nouveau billet de 5 euros.
Tout un chacun peut l'examiner mais pas encore le toucher, et encore moins le glisser dans son portefeuille. Mario Draghi, le président de la BCE, a dévoilé ce jeudi, à Francfort, le nouveau billet de 5 euros. Il ne sera toutefois mis en circulation que le 2 mai prochain.
À première vue, le changement est minime. En recto, on retrouve toujours un arc de triomphe. Et en verso un aqueduc avec une carte d'Europe complète, y compris les pays qui se tiennent délibérément en dehors de la zone euro, notamment le Royaume-Uni.


Pour percevoir les nouveautés, il faudra recourir à la méthode traditionnelle «toucher, regarder, incliner», que la BCE et les banques centrales nationales recommandent plus que jamais pour distinguer les vrais billets des faux.

Portrait de la déesse Europe

Au toucher, et c'est une innovation, «le nouveau billet présente une série de petites lignes imprimées en relief sur les bordures, à gauche et à droite». Plus spectaculaire, au sens premier du terme, un portrait de la déesse Europe apparaît en filigrane, et le symbole «€» apparaît dans le fil de sécurité, à la place du mot «EURO» qui figure dans la coupure actuelle. Troisième nouveauté, l'hologramme: quand on incline le billet, la bande argentée fait apparaître également un portrait d'Européen, ainsi qu'une fenêtre.
Cette présence de la déesse Europe constitue une révolution. Jusqu'à présent, les coupures de l'euro ne faisaient figurer que des formes architecturales. L'euro était la seule des grandes monnaies à ne pas avoir de visage. Le dollar, la livre, le yuan, le yen sont illustrés par une personnalité du pays.
L'ensemble des coupures de cette nouvelle série, qualifiée «Europe» pour cette raison, sera remplacé progressivement. La gamme restera inchangée, avec des valeurs faciales respectivement de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euros.

Trop d'impôts tue l'impôt aujourd'hui encore


Trop d'impôts tue l'impôt. L'adage doit être rappelé avec force à l'heure où la folie taxatoire de Hollande-Ayrault ne s'arrête pas.
Trop d'impôts tue l'impôt. L'adage doit être rappelé avec force à l'heure où la folie taxatoire de Hollande-Ayrault ne s'arrête pas. Nous proposons l'adage inverse : moins d'impôts multiplie l'impôt. Avant de l'expliquer évoquons cette furie taxatoire.
Les sages autoproclamés du Palais Royal ont censuré la taxe à 75 % sur les hauts salaires. Elle serait injuste et confiscatoire dans certains cas. Quels que soient les arguties juridiques, c'est un raisonnement dénué de sagesse car tout impôt est confiscatoire. Quant à Hollande, il a promis sans tarder de la rétablir dès que possible par un texte adapté, ce sur quoi les connaisseurs disent que c'est impossible. Pour bien montrer qu'il ne perdait rien de son allant, il a remarqué que la majorité des nouveaux impôts prévus pour 2013 étaient passés sans encombre, ceci pour un total de plus de vingt milliards €.
Les médias ont détaillé le menu des réjouissances pour cette année 2013.Tout le monde est taxé : entreprises, riches,  pauvres, familles, retraités, titulaires de niches, stock-options, retraites chapeaux. Par exemple, pour un prétexte environnemental, le pouvoir, sans que personne ne proteste vraiment, vient de créer une écotaxe sur les camions : tout le monde en souffrira par réduction du pouvoir d'achat. Grâce à la solidarité républicaine, rien n'est prévu pour rogner les privilèges scandaleux des élus nationaux et locaux.

Expliquer l'adage

L'explication de l'adage et de son contraire est simple.  L'excès d'impôt ralentit nécessairement la croissance et, diminue donc la matière à taxer : au bout du compte l'impôt pourrait disparaître. S'il n'y a plus de riches, il n'y aura que  des pauvres pour payer.  L'adage inverse s'explique ; l'allègement et, mieux encore, la suppression totale de certains  impôts déclenche  la création de richesses.
A cet égard, il faut mettre en vedette le rôle des entrepreneurs, seuls vrais créateurs de richesse.  En combinant sans cesse des capitaux, du travail, de la recherche, et maints autres éléments, ils créent des surplus qui n'existeraient  pas sans eux ; ce type d'action est aussi bien valable pour l'entreprise d'un seul que pour celle de milliers de personnes. La suppression de certains impôts les frappant durement, déclenche le cercle vertueux de la création de richesse et augmente la base fiscale des impôts restants.
A Londres, il y a une nouvelle Silicon Valley qui fonctionne tres bien: Tech City. Le nombre de start-up y a triplé depuis deux ans, pour atteindre 700 entreprises. Les Français qui veulent fonder une start up sont sûrement attirés par Tech City. Des entrepreneurs importants avec des noms prestigieux quittent la France en disant qu'ils ne partent pas pour des raisons fiscales : personne ne les croit.
Des facteurs divers s'ajoutent  dans l'exode :instabilité des lois fiscales, risque de nationalisation, difficultés pour la transmission des entreprises. Les gens qui prennent des risques importants en créant une entreprise, veulent pouvoir récolter le fruit de leur travail.
Bien entendu, il ne peut être question de diminuer seulement des impôts, ce qui  ne crée pas de choc, car un impôt diminué revient toujours. Il faut supprimer complètement certains impôts bien ciblés : plus de déclarations, plus de fonctionnaires, plus de bureaux, plus de contentieux, plus de contrôles.
L'économiste Arthur Laffer avait bien mis en lumière l'adage en traçant sa célèbre courbe (de Laffer). C'est une modélisation économique fondée sur l'idée que la relation positive entre la croissance du taux d'imposition et la croissance des recettes de l'Etat (l’Etat étant défini au sens large, c’est-à-dire que le terme représente ici toutes les administrations publiques) s'inverse lorsque le taux d'imposition devient trop élevé. Cela vient comme expliqué plus haut de ce que les agents économiques  ne sont plus incités à travailler.

Un cercle vertueux

Dans la perspective du cercle vertueux, si un pouvoir voulait l'appliquer, il  devrait réfléchir à l'équilibre des comptes publics sous l'oeil attentif des marchés. Il pourrait s'appuyer sur le jeu mécanique du nouvel adage, mais cela risquerait de ne pas être rapide et suffisant.
Il serait impératif de faire des économies ; là aussi il ne faudrait pas se contenter de mesurettes. Les économies devraient être massives, immédiates et certaines. Dans un pays socialisé à 70 % la marge de manœuvre est immense.
Un pouvoir le fera-t-il ? Ce serait un coup de tonnerre, la France étant accusée par tous ses voisins de ne pas se réformer. Le  pouvoir actuel pourrait le faire : il faudrait  à cette fin qu'il abandonne ses intérêts électoraux pour s'occuper enfin du bien commun.

Décès de James Buchanan : un géant nous a quitté


L’économiste américain James Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, est décédé hier à l’âge de 93 ans.
L’économiste américain James Buchanan (de son nom complet James McGill Buchanan), lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, est décédé hier 9 janvier à l’âge de 93 ans. Son apport à la compréhension de l’économie et plus largement des sciences sociales et politiques, est immense.
En collaboration avec son compatriote Gordon Tullock, James Buchanan a co-initié la sous-discipline de l’économie des choix publics (ou analyse économique de la démocratie) avec le livre de 1958 The Calculus of Consent(« Le calcul du consentement ») et ensuite en lançant la revue scientifique Public Choice. L’idée que l’« échec de l’État » puisse être probablement pire que l’« échec du marché » a ainsi été injectée dans l’analyse économique. De même, la notion que les règles du jeu comptent énormément pour comprendre comment le « jeu social » est joué a initié l’économie constitutionnelle. Ses réflexions dans son ouvrage Les limites de la libertéfont de Buchanan l’un des plus grands penseurs de la relation entre État et liberté.
Dans son célèbre What Should Economists Do ? (« Que doivent faire les économistes ? ») Buchanan a critiqué l’analyse économique dominante qui envisage l’économie comme une science de « l’allocation des ressources rares » (suivant la célèbre définition de Lionel Robbins), ou une science du « choix », définition qui est en fait le plus sûr chemin vers une ingénierie sociale dangereuse. Il se réfère plutôt à sa discipline comme une science de l’échange - origine de la création de valeur - et insiste sur la nécessité pour les économistes de mieux comprendre les institutions qui permettent et sécurisent l’échange.
Ses écrits en méthodologie économique comprennent également un très beau livre sur une défense (« autrichienne », diront certains) de la théorie subjective du coût, Cost and choice («Coût et choix »), avec d’évidentes conséquences critiques pour l’économie du bien-être « objective ».
Ses dernières œuvres sont une lecture indispensable de la théorie de l’évolution économique d’Adam Smithfondée sur l’idée que la division du travail est limitée par l’étendue du marché. Après l’analyse classique d’Allyn Young Increasing Returns and Economic Progress (« Rendements croissants et progrès économique »), Buchanan a inventé le concept de « rendements croissants généralisés » : augmenter le nœud d’échange génère davantage d’opportunités de division du travail, donc davantage de productivité et de croissance. Cette vision a des conséquences majeures en termes de défense de la libéralisation du commerce ou de la critique du partage du temps de travail (par exemple, les 35 heures par semaine en France) fondée sur la notion d’éthique du travail.
Critique de l’économie keynésienne ainsi que des dépenses publiques et de l'endettement incontrôlés, James M. Buchanan a contribué de manière immense à la cause d’une analyse économique de qualité et mais aussi à la cause de la liberté. En ces temps de crise des finances publiques, nos décideurs seraient bien inspirés de lire l’œuvre de cet économiste et intellectuel de premier plan.

Le Japon et la France, les deux prochains problèmes mondiaux ?


L'année 2013 est maintenant correctement entamée et le retour complet à l'activité, après les quelques jours de pause normale de la période de fête, permet de regarder rapidement les jolis clignotants (verts pour Lagarde) et autres indicateurs de l'économie mondiale pour se faire une idée de ce qui nous attend dans les prochaines semaines. Et les dernières nouvelles laissent présager quelques épisodes houleux.
Et au niveau mondial, deux éléments se distinguent particulièrement. Et alors qu'on pourrait s'imaginer que ce soit la Chine (avec cette étrange nouvelle de quadruplement de ses importations de riz) ou encore les États-Unis (avec cette loufoquerie de pièce en platine d'un trillion de dollars). Il n'en est rien. Lorsqu'on fouille un peu au-delà de l'écume des jours, les deux pays qui se distinguent sont, à l'Est, le Japon, qui montre des velléités de sortir de son marasme, sans pour autant sembler éviter des écueils majeurs, et à l'Ouest... la Belle & Majestueuse Socialie Française sous le règne de François Mimolette dit Charnière, cette espèce de gond, aux commandes.
Pour le Japon, ce n'est pas vraiment dans la presse française qu'on trouvera de la matière pertinente. Mis-à-part quelques remarques générales sur le désir de l'Empire du Levant d'accroître ses dépenses militaires liées au ravivement des tensions avec la Chine, on ne trouve pas grand-chose. C'est donc dans la presse étrangère qu'on tombe sur quelques informations solides. Der Spiegel nous fournit ainsi un article intéressant dans lequel on rappelle qu'un quart du budget annuel du pays est destiné à rembourser les intérêts d'une dette que nos amis teutons n'hésitent pas à qualifier de kölossale (et à 245% du PIB, on les comprend).
Évidemment, cette situation est grandement simplifiée par le fait que la dette japonaise était jusqu'à présent essentiellement détenue par les Japonais eux-mêmes ce qui permettait d'obtenir des taux d'intérêts fort bas. Je dis jusqu'à présent, car avec le vieillissement inévitable et déjà bien entamé de la population japonaise, la source d'épargne (et donc, la source d'investissement dans la dette d’État) se tarit. Mécaniquement, le Japon va devoir, tôt ou tard, emprunter de plus en plus sur un marché international déjà particulièrement échaudé par les autres pays. Et compte-tenu du niveau d'endettement déjà atteint, les taux risquent bien d'exploser, mettant le pays devant un véritable mur infranchissable de dettes.
Natalité au japon
Quant à la solution de la planche à billet... elle ne marche pas. Shirakawa, le gouverneur de la banque centrale japonaise, admet ainsi
Pour le moment, l'effet de notre politique monétaire de stimulation de l'économie est très limité. La monnaie est là, la liquidité est abondante, les taux d'intérêts sont très bas, mais les entreprises n'utilisent pas ces conditions financières accommodantes. Le retour sur investissement est trop bas.
Cela fait des années que le Japon tente cette approche, n'obtient aucun résultat et l'explique à qui veut l'entendre. Bizarrement, cela n'empêche pas les Américains (trop heureux de suivre les propositions idiotes de Krugman et Bernanke) ou les Européens (Draghi, le frétillant Goldman-boy en tête) de suivre exactement le même chemin, avec exactement le même résultat. Et on comprend aussi pourquoi le nouveau premier ministre japonais, Abe, a bien du mal à convaincre le gouverneur lorsqu'il veut injecter 91 milliards de dollars dans l'économie japonaise. Le Keynésianisme, finalement, c'est de la crotte et ça ne marche pas même chez ceux qui y croient dur comme fer.
Du reste, ce qui est remarqué par Der Spiegel l'est aussi par LibreMercado, journal en ligne espagnol, qui explique exactement la même chose : depuis l'arrivée au pouvoir du Parti Libéral Démocrate (et qui n'a de libéral que le nom, comme d'habitude), c'est Open Bar sur l'interventionnisme et les dépenses d’État pour "relancer". Cette attitude, d'après l'article, risque bel et bien de propulser le Japon dans les mêmes eaux (financières) que la Grèce dont on sait qu'elle est maintenant complètement insolvable, en faillite et dans le proverbial caca.
À l'Ouest, vraiment plus à l'Ouest, on trouve ensuite la France. Là encore, ce ne sont pas les éditoriaux les plus palpitants d'une presse sursubventionnée qui nous permettront de dresser un constat correct pour ce pays. Il nous faudra y chercher des signes parallèles, ou aller regarder dans les productions outre-Manche. Oui, certes, la perfide Albion peut se fendre de titres un peu racoleurs, comme celui-ci, par exemple, qui n'hésite pas à noter avec justesse la concomitance de deux actualités gênantes :
the eu zone is not working
Le lundi, on apprend que les problèmes de la zone euro seraient résolus d'après Barroso, et le mardi, sapristipopette, on bat le record du taux de chômage de la zone euro. Et au milieu de cette zone euro en délicatesse, on trouve la Socialie Française, dont le premier représentant, au sourire et à l’œil si pétillant d'intelligence contenue, laisse augurer du meilleur. Là encore, il faudra se reporter à la presse étrangère pour un état des lieux réaliste : si on peut convenir que les taux d'emprunts actuellement pratiqués sont suffisamment faibles pour éviter tout stress, l'économie française n'en est pas moins en panne. Et d'après Shawn Tully, l'auteur de l'article lié, c'est une panne sévère :
Pour le dire simplement, les produits français – ses voitures, son acier, ses vêtements, son électronique – coûtent bien trop à produire comparés avec les mêmes biens venant aussi bien d'Asie que de ses voisins européens, non seulement en incluant l'Allemagne mais aussi l'Espagne et l'Italie. Ceci provoque une baisse forte et en pleine accélération de ses exportations, et un déclin notoire dans l'industrie et les services qui les nourrissent.
Pour lui, c'est bien la France, et non la Grèce, l'Italie ou l'Espagne, qui pose le plus grave problème de la zone euro : là où ces derniers pays, confrontés au même problème de compétitivité qui dégringole, ont commencé (même timidement) les ajustements structurels nécessaires et parlent à présent de refontes fiscales, la France s'entête dans son immobilisme. L'auteur s'étonne (presqu'aimablement) qu'une économie de cette taille puisse s'effondrer aussi vite. À mon avis, il n'a encore rien vu.
Parce que parallèlement à ces contre-performances de compétitivité, le marché immobilier continue de tousser de plus en plus fort. Or, ce que nous ont appris des pays comme l'Espagne ou les États-Unis, c'est qu'un immobilier qui chute provoque des effets de bords mémorables sur le reste de l'économie (effets qui viendraient s'additionner à ce qu'on observe déjà et qui est dès à présent jugé préoccupant outre-Atlantique). Et pour l'immobilier, comme l’a rappelé The Economist dans son dernier indice des prix, la France est, en Europe et après la Belgique, le pays où les prix sont les plus surévalués, de 43% en moyenne.
Bulle Immobilière
À ceci, on devra ajouter les récentes tendances du marché (dans lequel on découvre que des soldes sont mises en place, oui, des soldes !) et le fait que, selon la FNAIM, les agences immobilières ont perdu en 2012 plus de 10.000 emplois (sur un total de 80.000) et ont vu 3000 d'entre elles fermer leurs portes (soit 10% du total).
Avec un immobilier qui va, inévitablement, dégonfler plus ou moins brutalement (ne pariez pas trop sur un atterrissage en douceur, ce serait du jamais vu), on peut s'attendre à une année 2013 puis 2014 particulièrement agitée. Et il sera impossible de pointer du doigt une austérité dont on peine à voir le moindre début de contour, cette dernière étant définie comme une baisse des déficits (LOL n°1), et une baisse des dépenses de l’État (LOL n°2).
Bien évidemment, la date précise à laquelle la panique éclatera est impossible à fournir. Mais avec un consensuel mou comme Hollande, incapable de la moindre décision couillue, on voit franchement très mal comment on va l'éviter.


La PMA : pour plus tard

La PMA : pour plus tard


Bruno Le Roux et Najat Vallaud-Belkacem l’avaient évoqué ce week-end. La décision, « adoptée par consensus », a été prise ce mercredi, lors d’une réunion du groupe parlementaire assez animée selon les dires d’Olivier Faure, proche de François Hollande et Jean-Marc-Ayrault. Non, la question de la procréation médicalement assistée (PMA) ne sera pas examinée par le Parlement, en janvier, dans le texte sur « le mariage pour tous ». Le groupe PS de l’Assemblée renonce à déposer son amendement élargissant, dans le cadre du mariage homosexuel, aux couples de lesbiennes, l’assistance à la procréation.
On est loin, cependant, de l’abandon. Comme annoncé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ce projet serait finalement intégré dans une loi sur la Famille, en mars, projet dont une première lecture est annoncée à l’Assemblée avant l’été, et « qui permettra d’aborder la question du statut du tiers et des familles recomposées, hétérosexuelles ou homosexuelles ». Le ministre délégué à la Famille, Dominique Bertinotti, a dû être légèrement prise de court par cette décision à l’emporte-pièce : interrogée encore il y a quelques jours, elle affirmait qu’à aucun moment, « la possibilité d’un tel texte sur la famille n’avait été évoquée »…
La cacophonie règne, il est vrai, sur ce sujet, depuis le début. On a cherché à inclure la PMA un peu partout : sous la forme d’un amendement dans le projet du mariage homosexuel, dans le cadre d’une loi sur la bioéthique. C’est le ministère de la Famille qui en écopera. Selon le Canard Enchaîné, la pression de l’Elysée n’y a pas été pour rien. « C’est fait, le groupe a accepté le report », a d’ailleurs affirmé Olivier Faure, proche de Jean-Marc Ayrault, à l’issue de la réunion. Peut-être. La chose était en tout cas calculée. N’en déplaise au rapporteur de la loi, Erwann Binet qui affirme dans une interview au Nouvel Observateur publiée mercredi qu’« il ne faut y voir aucun calcul ». Pas si sûr…
Ce qui est certain, c’est que cela permet de réduire le nombre de crispations autour d’un sujet déjà plus que houleux. A quelques jours de la grande manifestation de dimanche, c’est utile. D’autre part, cela permet de mobiliser pour le projet tous les députés socialistes, y compris ceux qui étaient hostiles à une extension de la PMA. Rappelez-vous que le 20 décembre dernier, face à la tribune, publiée par Mediapart, des 100 députés PS favorables à l’amendement, était sortie celle, adverse, de 27 députés du même giron.
Certains parlent de victoire politique, d’autres de reculade ou de rebuffade. Ils ne sont pas tous d’accord. Bruno Le Roux, lui, chef du groupe PS à l’assemblée et porteur du défunt projet d’amendement, est tout à son auto-louange. « S’il n’y avait pas eu le vote du 19 décembre [en réunion de groupe socialiste], je ne suis pas sûr qu’il y aurait eu un texte sur la famille incluant la PMA dès le mois de mars (…). Je me félicite très grandement qu’avec cette annonce, avec ce dialogue nourri, loyal, nous aboutissions dans un délai bref à réaliser un engagement de François Hollande. » Ce n’est en rien un engagement de François Hollande, mais plutôt une promesse de politique dans une interview au magazine Grazia en février 2012.
Le revirement est dû aussi et surtout au risque d’inconstitutionnalité. Car la PMA aurait pu créer une rupture d’égalité devant la loi par rapport aux couples hétérosexuels ou aux femmes seules. Et le Conseil d’Etat, toujours consulté en amont des débats au Parlement, aurait pu assez certainement y opposer un veto (cf. la taxe à 75 %). Les défenseurs de la PMA retournent l’échec : ce sera beaucoup mieux ainsi ! Car « le projet de loi permettra aussi d’aborder le statut du tiers, le statut des enfants nés par gestation pour autrui, la question de l’accès aux origines ; autant d’enjeux qui concernent majoritairement les familles hétéroparentales » selon le rapporteur PS du texte de loi, Erwann Binet.
L’important, c’est ce que la PMA soit inscrite dans le calendrier. Mais c’est justement la crainte des associations homosexuelles et des écologistes. Car, oui, le calendrier est surchargé et comme le souligne le porte-parole de l’Inter-LGBT, Nicolas Gougain, « rien ne garantit que cela se fasse ». Ils se disent « très déçus » et les écologistes menacent même de déposer eux-mêmes un amendement pro-PMA au projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous, énervés par les « louvoiements » de l’exécutif.
Alors pire ou pas, ce sursis ? Pour le député UMP Hervé Mariton, l’intégration de la question de la PMA dans un texte sur la famille représente une « menace plus globale », une « fuite en avant ». Ce qu’il y a surtout d’étonnant, c’est que tout le monde se focalise sur une mesure qui dépend entièrement d’une loi qui n’est même pas encore adoptée… et contre laquelle vont marcher bientôt des centaines et des centaines de milliers de Français. 
Oh, oh, les entendez-vous bien venir, M. Hollande ?

jeudi 10 janvier 2013

LE YACHT DE TAPIE SUR LE VIEUX-PORT

Une demande d’hivernage pour le « Reborn » déposée à MPM.

L’homme d’affaires, ex-futur politique, acteur, chanteur et patron de presse, Bernard Tapie vient de déposer une demande à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) pour disposer rapidement d’une place dans le Vieux-Port de Marseille pour son modeste yacht de luxe de 76m de long, ironiquement baptisé le Reborn (renaissance). Un courrier adressé à Eugène Caselli, le président de MPM, que Nanard conclut d’un « je ne souhaite aucun favoritisme ». Tiens ? Pourquoi ?... Peut-être parce que, comme le révélait il y a un an Médiapart, le navire a été acheté par Bernard Tapie à son précédent propriétaire (le magnat des médias australien Reg Grundy), 40 millions d’euros, en 2009, juste après qu’il ait empoché 304 millions d’euros net dans l’affaire Adidas-Crédit lyonnais, avec le soutien probable de son ami Nicolas Sarkozy. Un bateau qui appartient donc un peu à tout le monde puisqu’il a été indirectement acheté sur des deniers publics.
Depuis des travaux d’amélioration ont été effectués et Bernard Tapie loue son bateau à partir de 570 000 euros la semaine (jusqu’à 800 000 euros), à des richissimes Russes principalement.

« Pas de piston »

Et la demande pourrait être acceptée, elle est à l’étude comme deux autres du même acabit (dont un navire de croisière de luxe de 88m, le Ponant). « Pas de piston en vue, glisse-t-on dans les couloirs de la communauté urbaine, ordre a été donné de ne prendre aucune considération politique en compte mais veiller au respect d’éléments techniques et financiers. » Et dans un port au plan d’eau en cours de rénovation, aucune raison que cela soit impossible. Il y aura les quais adéquats, les arrivées d’eau et d’électricité ainsi qu’une grande sauterie de presque un an, Marseille Provence 2013, une Capitale de la culture qui mettrait bien un peu de bling-bling sur son port tout neuf. Et le Reborn est le seul yacht appartenant à un Français qui figure dans le classement des 100 plus gros du monde. Il bat pavillon de l’île de Man, un paradis fiscal très accueillant pour les grandes fortunes.
Espérons qu’en cas d’avarie, le Reborn sera pris en charge dans la forme 10, la plus grosse des chantiers navals marseillais. En bon saint, Bernard soutiendrait là un secteur dans le besoin.

Fric à flots
Mais cette demande d’hivernage d’un tel navire dans le Vieux-Port ne peut être dénuée d’arrières pensées, connaissant le propriétaire. Il y a d’abord le business immédiat. Médiapart décrivait les prestations : " Comprenant cinq ponts, une piscine, un SPA, des salons tapageurs au luxe clinquant style nouveau riche tape-à-l’œil, de nombreuses cabines s’apparentant à des bonbonnières pour recevoir des invités -quatorze officiellement mais qui visiblement ont l’habitude de prendre leurs aises-, il est devenu un palace flottant pour milliardaire désœuvré". Et si quelques milliardaires n’ont rien à faire, pourquoi ne viendraient-ils pas prendre un peu de soleil et de culture dans un Marseille en fête ?

C’est ensuite un gigantesque panneau publicitaire pour Bernad Tapie qui vient récemment de se payer une large vitrine en rachetant (associé à Philippe Hersant à 50/50), le quotidien La Provence, pour 51 millions d’euros. Un nouveau pion est donc avancé. Peut-être qu’en 2014 il faudra faire passer les dépenses de cet hivernage médiatique sur un compte de campagne électoral ? Puisque Bernard Tapie a juré ne pas viser la mairie (lui qui assurait il n’y à pas si longtemps ne pas vouloir racheter La Provence). A moins que l’objectif soit différent. Pour rappel, l’Olympique de Marseille de Margarita Dreyfus n’est pas à vendre et Bernard Tapie n’est pas acheteur.

Philippe Pujol