TOUT EST DIT

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jeudi 1 octobre 2009

Londres veut faire fermer un site consacré à la prostitution

"Ça ne devrait pas être bien difficile pour Terminator de mettre un terme à ce site." Harriet Harman, la secrétaire d'Etat britannique aux droits des femmes, a interpellé directement le gouverneur de Californie, l'ancien acteur de films d'action Arnold Schwarzenegger. La cause de sa colère : le site Punternet, hébergé en Californie, qui répertorie les prostituées actives au Royaume-Uni et permet aux utilisateurs de laisser des commentaires.
La prostitution est légale au Royaume-Uni, mais le racolage ne l'est pas. Le gouvernement prépare également un projet de loi qui rendrait illégal le fait d'avoir des rapports sexuels avec un ou une prostituée dépendant d'un proxénète. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une grande campagne de lutte contre la prostitution, les autorités britanniques craignant que les Jeux olympiques de 2012 ne provoquent un regain d'activité dans ce commerce.

De par son hébergement, le site est soumis à la loi californienne, qui interdit la prostitution. Mais Punternet traitant de la prostitution dans un pays où cette dernière est légale, il n'enfreint aucune loi, estime l'administrateur du site dans une lettre ouverte à la secrétaire d'Etat. "Aux Etats-Unis, il y a un principe constitutionnel, appelé 'liberté d'expression' […] qui existe justement pour éviter les abus de pouvoirs comme celui que vous souhaitez commettre. Ni le gouverneur, ni le président n'ont le droit de faire fermer un site qui n'enfreint pas la loi."

Aux Etats-Unis, en dehors de considérations de sécurité nationale, seuls les tribunaux peuvent ordonner la fermeture d'un site Internet. Généralement, les contentieux similaires se règlent devant les tribunaux des pays concernés, et non dans les pays hébergeurs. L'entreprise eBay s'était ainsi vu ordonner de cesser de proposer à la vente des objets du IIIe Reich en Allemagne et en France par les tribunaux de ces pays, mais pouvait continuer d'en proposer au Etats-Unis. L'entreprise avait par la suite décidé d'interdire purement et simplement la vente de ces objets sur son site.

SUJET SENSIBLE EN CALIFORNIE

La demande de la secrétaire d'Etat touche un sujet sensible pour Arnold Schwarzenegger, qui n'a pas encore réagi. Lors de sa première campagne électorale, plusieurs femmes l'avaient accusé de harcèlement sexuel, le poussant à présenter des excuses publiques. Depuis, "Terminator" a promulgué plusieurs lois soutenues par les défenseurs des droits des femmes, dont un texte de 2008 qui fait des prostituées mineures des victimes d'exploitation sexuelle, alors qu'elles étaient jusque-là considérées comme des délinquantes.

La prostitution est un sujet de débat fréquent en Californie. L'an dernier, les habitants de San Francisco ont voté contre une proposition de loi qui visait à la légaliser. Plus récemment, le gouverneur de Californie a demandé une enquête sur le scandale Acorn, qui touche un bureau de l'Association d'aide aux nécessiteux, proche des démocrates, en Californie. Une vidéo très controversée, diffusée par des militants conservateurs, laisse entendre que l'association soutiendrait l'organisation de réseaux de prostitution. Acorn a expliqué que la vidéo, tournée par des militants conservateurs déguisés, était une déformation d'une conversation humoristique. Toute prise de position du gouverneur sur le sujet est donc délicate.

Au final, si la demande de Mme Harman a peu de chances d'aboutir, elle a toutefois donné un coup de projecteur sur son programme de lutte contre les violences faites aux femmes. Revers de ce "coup" de communication : la demande de la secrétaire d'Etat a également fait une gigantesque publicité à Punternet. Dans sa lettre ouverte à Mme Harman, l'administrateur du site la remercie d'ailleurs pour cette publicité inespérée.

DSK ET LE SYNDROME DE BUSH

En visite dans une université d'Istanbul (Turquie), le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn a été visé par un étudiant protestataire qui a lancé sa chaussure. La vidéo de l'incident.

Un étudiant a lancé une chaussure contre le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, qui intervenait jeudi à Istanbul devant des étudiants d'université.

La chaussure de sport n'a pas atteint le chef du FMI et l'auteur de l'incident, un jeune homme portant une barbe de plusieurs jours, a rapidement été maîtrisé par de nombreux agents de sécurité présents sur les lieux qui l'ont vite sorti de l'amphithéâtre de l'établissement après l'avoir neutralisé au sol.

L'étudiant est descendu en courant des gradins en vociférant "FMI, va-t-en de la Turquie", en se dirigeant en direction de M. Strauss-Kahn qui terminait son intervention sur le campus de l'Université Bilgi, dans le quartier de Dolapdere, sur la rive européenne de la ville, lors d'une séance de questions-réponses.

Il a ensuite lancé une chaussure de sport blanche qu'il avait dans la main, mais il n'a pas touché le chef du FMI qui est resté calme et a tenté de garder le sourire, sur l'estrade, avec un micro dans la main.

Cet étudiant, qui semblait imiter le geste du journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi qui avait lancé ses chaussures en direction de l'ancien président américain George W. Bush en décembre 2008 à Bagdad, était accompagné d'une dizaine d'autres camarades membres du Parti communiste turc (TKP).

Ceux-ci ont tenté de déployer une banderole avant de crier des slogans dénonçant une collusion entre le FMI et le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir en Turquie.

"FMI voleur, AKP complice", ont-il scandé avant d'être eux aussi conduits en dehors de la salle par les forces de l'ordre.

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan négocie depuis l'an dernier un nouveau prêt du Fonds qui devrait remplacer un précédent prêt accordé en 2005 par le FMI qui avait permis au pays d'éviter l'effondrement financier après une grave crise survenue en 2001.

Une porte-parole du FMI Caroline Atkinson a affirmé que le directeur général du Fonds avait ironisé sur l'incident, disant que "les étudiants ont été au moins assez polis pour attendre la fin de la discussion" pour faire cette protestation.

M. Strauss-Kahn s'est en outre félicité d'avoir eu une "bonne conversation" avec les étudiants présents dans la salle, selon la porte-parole.

Selon le recteur de l'Université privée Bilgi, Halil Güven, il s'agit d'une protestation "normale". S'exprimant sur la chaîne d'information NTV, il a indiqué que le jeune homme interpellé par la police n'était pas un étudiant de son établissement mais d'un établissement universitaire public.

M. Strauss-Kahn est à Istanbul pour assister aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, les 6 et 7 octobre.

Le référendum test d'Aubry

Les militants socialistes sont appelés à voter ce jeudi sur la rénovation du PS. Non cumul des mandats, primaires, ... l'avenir du parti se joue derrière les questions soumises aux votants. En voici les principaux enjeux.

La "révolution" du PS

Martine Aubry l'avait annoncé comme "l'an I de la rénovation". La consultation des militants socialistes ce 1er octobre était la mesure phare de l'université d'été de La Rochelle. Martine Aubry doit rassurer les militants et asseoir son autorité face aux trurbulents quadras du PS (comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon). L'objectif de cette consultation? Donner "un mandat clair à la direction du PS pour rénover ses pratiques, ses délibérations, ses votes" résume le député de Paris Christophe Caresche. "Une révolution rénovatrice" selon les mots d'Arnaud Montebourg, pour un parti régulièrement taxé d'immobilisme.

Le non-cumul des mandats

Les militants vont devoir se prononcer sur l'impossibilité de cumuler un mandat de parlementaire avec une présidence d'exécutif local (communes, intercommunalité, conseil général, conseil régional) ou la participation à un exécutif (vice-président, maire-adjoint). Un changement de statut vivement souhaité par la première secrétaire: "les élus socialistes comprennent bien qu'à l'époque de la décentralisation, il est très difficile d'être maire d'une grande ville, président du conseil général, député ou sénateur" justifie-t-elle.

Mais les barons locaux sont réticents. Certains cumulards refusent une règle limitée au parti socialiste: Gérard Collomb, maire de Lyon, a annoncé qu'il ne votera "sans doute pas" sur le non cumul des mandats à l'instar de François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon. "Le non-cumul, c'est une machine à fabriquer des battus et des dissidents", a affirmé l'électron libre Pierre Moscovici, dans Le Point.

La démocratie interne

Autre enjeu du vote: "choisir les dirigeants en cohérence avec les orientations politiques". Autrement dit, donner des règles communes au parti pour éviter les discordances. Ce vote doit également permettre de désigner les têtes de liste aux régionales

Les primaires ouvertes

La désignation du candidat socialiste par des primaires ouvertes aux citoyens pour la présidentielle de 2012 fait grincer des dents au parti. C'est "une opportunité, non un problème" avait scandé Martine Aubry à La Rochelle.

Si le "oui" l'emporte, encore faut-il définir les projets politiques que devra porter le candidat choisi. Le système même des primaires manque de clarté: qui votera? Comment ? Ces questions devront être tranchées.

La participation

Si 200 000 militants socialistes sont appelés à voter, la participation risque d'être nettement plus faible. Seuls 64 000 d'entre eux sont à jour de cotisation. Les autres vont devoir régulariser leur situation à l'occasion du vote ce jeudi soir.

Malgré les nombreuses tentatives de Monterbourg, Peillon et Aubry pour mobiliser les troupes, l'enthousiasme manque. Martine Aubry, en chef de clan, a multiplié les messages: "Je fais confiance aux militants pour venir ce soir et être cette avant-garde démocratique" a-t-elle assuré, tout en se défendant d'anticiper le nombre de votants. "Je n'ai jamais fait de pronostic. Je souhaite simplement que les militants se rendent compte de l'importance de l'enjeu".

Son prédécesseur François Hollande, toujours prêt à dégainer, ne cache pas son scepticisme. "Le vote de ce soir apparaît simplement comme une adhésion à des principes, d'où le fait qu'il n'y a pas une mobilisation considérableé. Pas de campagne, des questions floues, des débats préparatoires loin de susciter l'enthousiasme... Comme Hollande, nombreux sont les militants qui peinent à saisir l'enjeu du vote.

Problème, une faible participation infligerait un camouflet à la première secrétaire. Sans plébiscite, Martine Aubry pourra difficilement imposer son autorité face à des ténors du parti qui aiment cultiver leur différence. Et le parti sera durablement affaibli. éTous les conservatismes internes pourront en prendre prétexte pour ralentir, voire remettre en cause, le processus même de rénovationé, met en garde Vincent Peillon.

Par ailleurs, certains concurrents de Martine Aubry pourront appeler à une nouvelle consultation des militants en vue de la convention de juin 2010 sur la rénovation du Parti socialiste. "Le vrai débat politique va commencer après", présage François Hollande avant l'ouverture du vote.
RÉVOLUTION, RÉNOVATION, MOBILISTION, PARDON ?

Garmin lance son propre smartphone Nüvifone orienté GPS

Garmin, le spécialiste américain des solutions GPS, délivre son premier smartphone 3G+ à écran tactile, le Nüvifone G60, dédié à la navigation par satellite. Mais uniquement aux Etats-Unis dans un premier temps.
Confronté à la montée des smartphones équipés de puces A-GPS, Garmin a décidé de s’implanter sur le secteur des mobiles en lançant un terminal sous sa marque, baptisé Nüvifone G60, dès le 4 octobre.

Dans un premier temps uniquement commercialisé aux Etats-Unis par l’opérateur AT&T, Garmin précise que ce terminal mobile 3G+ à écran tactile de 3,5 pouces sera un “navigation phone”, essentiellement tourné vers la géolocalisation : il embarquera ainsi nativement des cartes Garmin GPS. Intégrant le Wi-Fi et le Bluetooth, il dispose d’une capacité de stockage de 4 Go et d’un appareil photo numérique de 3 Mégapixels.

Le spécialiste américain des solutions GPS précise que le Nüvifone G60 pourra s’intégrer au tableau de bord d’un véhicule, pour se transformer en véritable système de navigation par satellite, le cœur de métier de Garmin, couplé à un guidage vocal. Seul obstacle : son prix, fixé à 299 dollars avec deux ans d’abonnement, soit le même prix que l’iPhone 3G S 32 Go, la version la plus complète du terminal d’Apple.

Pour compléter les fonctionnalités du Nüvifone G60 dédiées à la navigation, les mobinautes pourront souscrire à un abonnement de 6 dollars par mois pour reçevoir sur leur mobile Garmin des informations concernant les prix de l’essence dans les stations-services, l’info trafic ou la météo.
Le Nüvifone G60 orienté GPS de Garmin

Gouvernance Internet : l’ICANN prendra-t-il son indépendance ?

L'accord liant l'ICANN et le département américain du commerce touche à sa fin : l'organisation chargée de la gestion du nommage Internet pourrait gagner un peu plus d'indépendance.
L’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), une structure de droit californien à but non lucratif qui prend en charge depuis 1998 la régulation Internet et la supervision d’extensions stratégiques de noms de domaine comme le “.com ou le “.net”, pourrait acquérir plus d’indépendance dès demain, mercredi 30 septembre.

C’est en effet à cette date que prendra fin l’accord, datant de plus de dix ans, liant l’organisation à la National Telecommunications and Information Administration (NTIA), une division rattachée au ministère du commerce américain (Department of Commerce ou DoC).

Bruxelles plaide pour un ICANN indépendant

L’ICANN pourrait profiter de la fin de son “contrat” avec le gouvernement pour recouvrer sa liberté et se couper en partie de ses liens avec le gouvernement américain en devenant une institution autonome pour ainsi aboutir à une nouvelle gouvernance de l’Internet, qui serait “plus démocratique, plus transparente et plus multilatérale”, comme l’a souligné Viviane Reding, la commissaire européenne en charge de la Société de l’Information et des Médias.

“Il n’est pas défendable qu’un ministère d’un pays ait la tutelle d’une fonction internet utilisée par des centaines de millions d’internautes dans tous les pays du monde”, avait-elle précisé il a quelques semaines.

La Commission européenne souhaiterait en effet que l’ICANN devienne rapidement indépendante. Bruxelles a ainsi lancé l’idée d’un “G12 pour la gouvernance d’Internet”, qui comprendrait deux représentants par continent (trois pour l’Asie et l’Océanie) et le président de l’ICANN comme membre non votant.

Conserver malgré tout “une relation formelle à long terme” avec le gouvernement américain

Rien ne dite que l’administration Obama écoutera la demande de l’Union Européenne. En tout cas, le nouveau modèle de fonctionnement entre l’ICANN et le département américain du commerce devrait être connu dès demain, via la présentation du Joint Project Agreement, qui règlemente les relations entre le gouvernement américain et l’organisme de la gestion du nommage Internet.

Pour autant, l’indépendance totale de l’ICANN à l’égard du gouvernement américain reste peu probable, mais il pourrait s’ouvrir à l’accueil de nouveaux acteurs, qui pourrait passer par l’instauration de plusieurs commissions intégrant des représentants d’autres pays.

L’ICANN se dirigerait donc vers seulement une semi-indépendance : même le nouveau président de l’organisation, Rod Beckstrom, nommé en juin dernier, n’est pas favorable à son autonomie. Il a ainsi écrit au Congrès pour annoncer au gouvernement Obama que l’ICANN entendrait préserver “une relation formelle à long terme avec le gouvernement des Etats-Unis”.

Viviane Reding : "Vers un Internet libre de toute intervention politique"

Viviane Reding est commissaire européenne, chargée de la société de l'information et des médias. Elle représente notamment l'Union européenne dans les négociations sur le contrôle de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), la principale autorité de régulation de l'Internet, dont le contrat arrive à échéance le 30 septembre. Dans un entretien exclusif au Monde.fr, Mme Reding juge que "le contrôle du gouvernement américain sur l'Icann se termine".
L'accord entre l'Icann et le département du commerce américain (Joint Project Agreement ou JPA) arrive à échéance le 30 septembre. Quels éléments contient le nouveau document, qui doit être présenté au début du mois d'octobre ?
Si l'accord demeure le même que celui dont nous avons pris connaissance, le contrôle unilatéral des Américains sur l'Icann se termine. L'Icann devient indépendant par rapport au gouvernement. En mai, j'avais appelé à une sorte de "tribunal", une instance à laquelle on peut s'adresser, en cas de problème avec les décisions de l'Icann. Nous aurons à présent quatre review panels indépendants, c'est-à-dire quatre mini-tribunaux, un s'occupant de la concurrence, l'autre de la sécurité des réseaux, le troisième de la gestion des données par les détenteurs des noms de domaine (registrants) et un quatrième sur l'intérêt public. Ces quatres panels doivent vérifier si le principe du droit et de la gestion équitable sont respectés.

J'avais aussi demandé l'internationalisation et une approche multilatérale. C'est le cas : les personnalités qui vont être nommées dans ces quatre instances le seront par le Governmental Advisory Committee (GAC) [ndlr : composé de représentants des Etats et d'organisations internationales, rouage essentiel dans la nomination du bureau directeur de l'Icann], et par le directeur de l'Icann. Ceci suppose donc aussi une réforme du GAC, afin de rendre toutes ces mesures opérationnelles.

Comment analysez vous l'initiative américaine ?

Il s'agit d'une ouverture historique, qui vient après de longues années, où il ne se passait rien. Lorsque d'un côté l'Europe parle d'une seule voix et que de l'autre un nouvel état d'esprit anime les Américains, les choses commencent à marcher. Depuis le président Clinton, la Commission et l'Union européenne négocient avec les Américains pour mettre fin à ce contrôle unilatéral d'un gouvernement sur l'Icann. Pendant tout le mandat de George W. Bush, toutes ces négociations n'ont mené à rien et, lorsque le président Obama a obtenu sa victoire, j'ai lancé un message aux Américains. Il a été suivi par l'Union européenne à l'unanimité, par la voix de son conseil des ministres des télécommunications et de ses négociateurs, qui sont allés à Washington pour parler avec l'administration Obama. Ce mouvement historique laisse entrevoir un Internet libre de toute intervention politique, et des mesures qui permettent aussi à la société civile ou économique d'avoir un droit de regard.

En mai, vous appeliez à l'instauration d'un "G12 de la gouvernance de l'Internet", un groupe informel de représentants des gouvernements qui pourrait formuler des recommandations à l'intention de l'Icann. Cette idée a-t-elle été abandonnée ?

Ce que je voulais, c'est qu'il y ait une supervision multilatérale, et donc je considère que ces review panels indépendants vont dans cette direction. J'ai fait une proposition, on peut en faire une autre. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une supervision. Il faut savoir qu'il n'y a pas seulement ceux qui pensent comme l'Union européenne et comme les Américains, il y a maintenant d'autres approches, comme celles de la Chine ou de la Russie. Nous voulons qu'il y ait dans le monde une grande majorité de nations qui s'engagent pour la liberté de l'Internet.

Il sera désormais très important de faire le pont entre le forum de la gouvernance de l'Internet (IGF), qui a été voulu par l'Union européenne lors du sommet de Tunis en 2005, et qui est ouvert à la société civile, et le GAC. La prochaine réunion de l'IGF, à Charm el-Cheikh (Egypte) en novembre, sera d'une grande importance pour créer des liens entre les deux institutions.

Le JPA ne prend pas en compte une fonction cruciale de l'Icann, la fonction dite IANA, qui porte sur la gestion du serveur racine, au cœur du fonctionnement d'Internet. Comptez-vous aborder cette problématique avec le gouvernement américain ?

Nous allons sûrement aborder ces questions, mais dans un second temps. Ce qui est très important, pour le moment, c'est que les choses évoluent dans le bon sens. Il y a finalement une ouverture, et nous sommes en train d'établir des bases pour que ce réseau mondial puisse rester indépendant et que la liberté de l'Internet soit garantie.

J'ai toujours demandé que l'on tienne compte de la manière dont Internet est organisé, de la réalité multiculturelle du monde. L'Internet ne peut pas être seulement anglais, il doit être aussi arabe, bulgare et grec, iranien, chinois… La prise en compte de toutes les communautés de l'Internet doit se faire.

Quelles sont les prochains rendez-vous de la gouvernance d'Internet ?

Le prochain pas est la mise en place du nouveau système. Si les annonces ont lieu le 1er ou le 2 octobre, il faudra à ce moment-là songer à leur mise en pratique. Le GAC va alors se réunir. Il y aura le sommet de Charm el-Cheikh, où l'on va écouter la société civile, et établir ce pont avec le GAC. Ce que l'on a souvent voulu obtenir les uns contre les autres, à Tunis notamment, est en train de devenir réalité.
Propos recueillis par Laurent Checola

Qui va gouverner le web ?

L'organisme de gestion des noms de domaine devrait bientôt gagner en autonomie. L'Icann, qui était jusqu'à présent sous la houlette des Etats-Unis, pourrait s'ouvrir aux autres nations. La structure devrait cependant conserver des liens privilégiés avec l'Oncle Sam
(Rédaction Internationale) - Le contrat de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), la principale autorité de régulation de l'Internet, avec le gouvernement américain est arrivé à échéance le 30 septembre. La structure californienne à but non-lucratif gère depuis 1998 les noms de domaine sur Internet (AFP) à l'instar des ".com" ".gov" et autres ".net". Le gouvernement américain via son département du Commerce en a obtenu dès sa création un contrôle unilatéral. Si l'annonce n'est pas encore faite, il est très probable que l'organisme gagne très bientôt en indépendance.

Dans quel but ?
Pour le reste du monde, et en particulier l'Union européenne, cette main mise des Etats-Unis sur Internet n'est pas normale. “Il n’est pas défendable qu’un ministère d’un pays ait la tutelle d’une fonction internet utilisée par des centaines de millions d’internautes dans tous les pays du monde”, a ainsi déclaré Viviane Reding. La commissaire européenne en charge de la Société de l'Information et des Médias est d'ailleurs à l'origine de l'appel fait à l'administration américaine pour la privatisation de l'organisme. Ce changement de statut rendra, selon elle, la structure “plus démocratique, plus transparente et plus multilatérale".

Quels seront les changements ?
Selon The Economist, le nouveau contrat baptisé "affirmation d'engagement" modifie le fonctionnement de l'Icann pour une période indéterminée. Le nouveau statut prévoit la mise en place de commissions, en forme de mini-tribunaux, pour surveiller que ses décisions restent toujours équitables. Elles seront de quatre ordres : un review panel pour la concurrence, la sécurité des réseaux, la gestion des données par les détenteurs de noms de domaine et enfin la protection de l'intérêt commun. Cette ouverture des commissions à des représentants d'Etats et d'organisations étrangers permettra l'internationalisation de l'Icann et la possibilité d'un droit de regard de la part de la société civile ou économique. Le directeur du collectif NetChoice, Steve DelBianco, espère que l'arrangement "reflète ce qui était demandé dans l'enquête publique: des mécanismes permanents qui permettent de faire en sorte que l'Icann ait des comptes à rendre".

Une réelle indépendance ?
L'indépendance proclamée de l'Icann ne serait pourtant pas totale. La structure dépend en effet toujours du droit californien. Son nouveau directeur Rod Beckstrom, qui n'est pas favorable à son autonomie, a également annoncé dans une lettre au Congrès qu'il souhaitait préserver "une relation formelle à long terme avec le gouvernement des Etats-Unis". De plus, l'Icann conserve encore jusqu'en 2011 un contrat avec le gouvernement américain concernant la fonction dite IANA, qui porte sur la gestion du serveur racine. Cette petite victoire de la diplomatie étrangère devrait tout de même permettre une redistribution de la gouvernance d'Internet aux autres nations mais aussi à la société civile. Bon nombre de pays critiquaient en effet l'hégémonie des Etats-Unis et de l'Icann dans un domaine aux enjeux économiques importants. La Chine tente d'ailleurs de le concurrencer en possédant déjà son propre DNS, système de nom de domaine, en chinois.
Damien Bouhours

mercredi 30 septembre 2009

La hausse des prix des cigarettes retardée

Le prix des cigarettes n'augmentera pas, contrairement à ce qui était attendu, le 5 octobre. Selon des sources proches du dossier, la signature de l'arrêté ministériel précisant son ampleur a été retardée. La décision devrait attendre que le président de la République, Nicolas Sarkozy ait prononcé son discours sur le plan cancer 2, à la fin du mois d'octobre.

Le sujet fait polémique. Après une rencontre à l'Elysée le 14 septembre avec un conseiller du chef de l'Etat, les buralistes avaient exprimé, auprès de la mission parlementaire chargée de réfléchir à l'avenir de cette profession, leurs craintes de voir appliquer une hausse des prix nettement plus forte que celle de 6 % anticipée. Ils s'étaient également inquiétés du risque que soient imposées sur les deux faces des paquets de cigarettes des photos chocs, destinées à convaincre les fumeurs de stopper leur consommation.
Associations combatives

Les associations antitabac et le ministère de la Santé estiment que seule une hausse des prix significative, d'au moins 10 %, et répétée chaque année est susceptible de réduire les ventes et le tabagisme. Les associations sont d'autant plus combatives que le marché du tabac a légèrement progressé en volume au premier semestre et queles ventes transfrontalières se sont tassées. Notamment avec l'Espagne, où les prix ont été un peu relevés, rendant moins intéressants les déplacements des Français pour y acheter des cigarettes.

La dernière hausse du prix des cigarettes (6 %) remonte à août 2007, il y a plus de deux ans. Le prix des cigares et cigarillos a été relevé en juillet dernier de 4 % en moyenne. Les prix des produits du tabac peuvent être revus chaque trimestre.

MARIE-JOSEE COUGARD, Les Echos

Arrêtons de prendre la santé et le salut public comme prétexte pour augmenter le prix des cigarettes, si cela avait été réellement le cas, la paquet de cloppes serait déjà à 20 € !

Jean Marie Le Le Pen doute de la version officielle du 11 septembre 2001

UN DE PLUS AVEC BIGARRE

mardi 29 septembre 2009

DEUX IMAGES A MÉDITER



Hémorragie de militants au Parti socialiste

Sur plus de 200.000 membres recensés, un tiers sont à jour de leur cotisation, selon Benoît Hamon, qui explique ne pas avoir réglé la sienne.

Au deux jours du référendum organisé auprès des militants socialistes, le chiffre fait mal : Mardi, Libération annonce que sur plus de 200.000 militants socialistes recensés, seuls 64.000 sont à jour de leur cotisation. Un chiffre confirmé par Benoît Hamon lors du point presse hebdomadaire du parti.

Précisément, selon le Bureau national des adhésions (BNA), le corps électoral du PS est actuellement de 200.319 adhérents. Les fichiers ont été nettoyés durant l'été pour supprimer 48.000 «inactifs» (c'est-à-dire non à jour de cotisations depuis deux ans). Parmi eux figure un bon nombre des adhérents «à 20 euros» de 2006, quand le PS avait proposé des adhésions à prix réduit.

Et sur ces 200.300 personnes, 64.000 seulement ont réglé leur cotisation annuelle. Parmi les retardataires, il y a notamment... un certain Hamon, Benoît. «Moi, je ne suis pas à jour de mes cotisations. Je ne suis pas dans les 64.000, je serai mis à jour quand j'irai voter», a avoué ce dernier, qui doit régulariser ses cotisations depuis juillet, sur la base de 150 euros par mois lorsqu'il était député européen.

«Le jour où on va voter, le trésorier de section vous dit 'faut que tu payes tes cotisations depuis le début de l'année'. Il y a plus d'adhérents qui vont voter qui ne sont pas à jour que d'adhérents à jour», promet-il, assurant : «C'est pareil dans toutes les associations».

Et le porte-parole de positiver : «Le Parti socialiste est le parti le plus transparent qui soit. Vous n'avez cette transparence dans aucun autre parti en France. Vous savez combien il y a d'adhérents, combien on en a enlevé des fichiers, combien sont à jour des cotisations. Vous en savez autant que les dirigeants du PS eux-mêmes».

Si Benoît Hamon affiche son optimisme, ce n'est pas le cas de l'ensemble du PS. Dans Libération, Arnaud Montebourg explique ainsi : «il n'y a plus de militants nulle part au PS. Après le congrès de Reims, ils sont tous rentrés chez eux écoeurés. Le PS est dans un état de démoralisation».

Transparence ?

En juin, Le Parisien annonçait que l'hémorragie était pire encore. Citant des chiffres émanant du Bureau national des élections du parti, le quotidien évoquait 40.993 adhérents «inactifs» sur 203.000 au total. Le PS annonçait alors vouloir faire le ménage et demandait à ces militants de se mettre à jour avant le 28 août dernier, sous peine d'être radiés.

Or, un simple calcul arithmétique permet de constater une incohérence : 203.000 adhérents en juin, moins les 40.993 «inactifs» radiés (si l'on prend le chiffre donné par Le Parisien), cela fait normalement 162.007 militants et non pas 200.000 comme annoncé par le PS ce mardi. A moins d'une vague d'adhésions passée inaperçue durant l'été, ou de radiations non effectuées...

Questionné par lefigaro.fr, Christophe Borgel, secrétaire national aux élection du parti, assure pourtant que «les chiffres donnés par Benoît sont les seuls bons» et que Le Parisien «a mélangé deux sujets» et donné un mauvais nombre de militants en juin... Contacté, le rédacteur de l'article du Parisien n'était pas joignable en début d'après-midi.

Toujours est-il que si la consultation souhaitée par Martine Aubry sera l'occasion de remobiliser les forces au PS, elle risque cependant de montrer la désaffection des militants pour leur parti, qui pourrait se traduire par une contre-performance électorale. Pour le premier tour de l'élection du premier secrétaire en 2008, 133.000 militants avaient voté. Cette fois, selon Libération, le chiffre pourrait ne pas dépasser les 80.000 à 90.000. Et les adversaires d'Aubry, toujours selon le quotidien, promettent déjà de contester si la participation leur semble trop élevée...

JE ME DEMANDE SI LES JOURNALISTES DE LIBÉRATION ONT RÉGLÉ LEUR COTISATION ?

Le PS, combien de -vrais- militants?

A quelques jours d'une consultation sur les primaires et la rénovation, un rapport interne du Parti socialiste établit à seulement 64 332 le nombre de militants à jour de cotisations.

Si le Parti socialiste revendique 203 000 adhérents, ils étaient seulement... 64 332 à jour de cotisation avant la consultation militante du 1er octobre, selon des chiffres internes à la direction.
Le jour du vote, les participants pouvaient cependant régulariser leur situation.

Par ailleurs, la direction du PS a supprimé la
catégorie des membres "inactifs". Cette catégorie, créée de toutes pièces juste avant le congrès, avait permis aux retardataires n'ayant pas réglé leur cotisation depuis plus de deux ans – et qui auraient dû être radiés d'office, selon les statuts – de voter
à Reims.

Parmi les "inactifs" figurait l'avocat Jean-Pierre
Mignard, auteur du ­rapport sur les fraudes des partisans de Martine Aubry. "Je ne me souviens pas exactement où j'en étais à propos des cotisations, s'agace-t-il. Ce que je sais, c'est que j'étais
en règle."

L'incroyable chimie des bulles de champagne

En éclatant à la surface, les bulles dispersent un brouillard de composés aromatiques.

Le champagne a ses amateurs. Il a aussi ses scientifiques attitrés. Gérard Liger-Belair, de l'université de Reims, en fait partie. Il y figure même en bonne place. En effet, depuis une dizaine d'années de recherches sur le plus célèbre vin effervescent de la planète, il multiplie les découvertes. C'est grâce à lui, par exemple, que l'on sait comment les bulles se forment dans les coupes. Gérard Liger-Belair et ses collègues s'intéressent également aux milliers de gouttelettes qui explosent chaque seconde à la surface, juste après qu'on ait versé le champagne dans les coupes. Ils publient leurs résultats dans les Comptes rendus de l'académie des sciences américaine (Pnas, 29 septembre 2009). Le 15 octobre prochain, ressort en librairie chez Odile Jacob une nouvelle édition de son ouvrage intilulé sobrement Le Champagne.

Dans un litre de champagne, il y a l'équivalent de cinq litres de gaz carbonique appelé aussi dioxyde de carbone, porté à la pression de 6 bars. C'est ce gaz qui est à l'origine des bulles qui remontent dans la coupe, pétillent et forment à la surface la mousse légère, sonore et explosive, si caractéristique du champagne. Mais pour que les bulles se forment dans le verre, il faut qu'il y ait des poussières ou des minuscules morceaux de textiles accrochés aux parois. En effet, l'air emprisonné dans ces particules pompe le dioxyde de carbone qui, alors, peut se gazéifier. «Si le verre est absolument propre, aucune bulle ne se forme», explique Gérard Liger-Belair. Cela ne veut pas dire pour autant que le gaz carbonique ait disparu du vin car, quand on le boit, les bulles éclatent aussitôt sur la langue et le palais en présence de l'air.

Magnifier les saveurs

La formation des bulles dans la coupe de champagne et leur ascension rapide ont déjà donné lieu à plusieurs publications. Cette fois, Gérard Liger-Belair et son équipe ont analysé les composés aromatiques relargués à la surface, lors de l'explosion des bulles en milliers de gouttelettes.

Ils n'ont pas lésiné sur les moyens : ils ont utilisé le spectromètre de masse à très haute définition de Münich, l'un des appareils les plus puissants existant aujourd'hui en Europe. Aidés de chercheurs allemands, ils ont identifié près d'une vingtaine de composés aromatiques dans le brouillard de gouttelettes qui picotent le nez quand on boit le vin. «Elles sont surconcentrées en composés aromatiques, souligne Gérard Liger-Belair, ce qui contribue encore à magnifier les saveurs du champagne.»

Le mécanisme est le suivant : quand les bulles se forment sur les parois du verre, elles agrègent autour d'elles toute une catégorie de molécules attirées par les gaz (elles sont dites tensioactives). Les bulles les font remonter à la surface et, quand les bulles explosent, les arômes présents dans les molécules tensioactives sont dispersés au-dessus de la coupe.

«Je suis le premier surpris d'avoir découvert autant de choses sur le champagne», reconnaît aujourd'hui le chercheur rémois qui travaille aussi sur d'autres boissons pétillantes. Aujourd'hui, il a reconstitué tout le cycle de vie des bulles, de leur naissance le long des parois du verre à leur disparition, quand elles explosent à la surface.

Hulot : « Je suis fier d’avoir Claude Allègre pour ennemi »

L’animateur écolo Nicolas Hulot, qui sort un film alarmiste sur l’état de la planète, salue l’engagement de Nicolas Sarkozy en faveur de la taxe carbone. Et il tacle Claude Allègre.
Apres avoir bataillé pour imposer son idée de taxe carbone au plus haut sommet de l’Etat, Nicolas Hulot repart en crois a de. Mercredi prochain, son film « le Syndrome du Titanic » sort en salles*. En apôtre de la décroissance, l’animateur écologiste fustige le modèle économique occidental et appelle à modérer nos excès pour sauver la planète.
Claude Allègre vous a traité « d’imbécile » ce week-end en expliquant que vous trompiez votre monde…
Nicolas Hulot. Il y a des ennemis que l’on est fier d’avoir… Jusqu’à présent j’essayais d’ignorer ses injures. Sauf que là, c’est une fois par semaine, ça commence à faire beaucoup. Ce sont des sujets graves. Selon deux derniers rapports officiels, 300 000 personnes meurent déjà chaque année à cause du changement de climat. Deux ou trois personnes contestent ces faits et vivent sur des niches médiatiques. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas d’accord avec le plus grand nombre que ces gens-là sont méprisables, mais ils le sont lorsqu’ils manient l’injure et le mensonge comme Claude Allègre. Je rappelle que le réchauffement climatique est un fait scientifique validé par plusieurs milliers de scientifiques réunis au sein du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Allègre vous accuse de voyager en hélicoptère alors que vous prônez le tout-vélo…
Deux mensonges en une phrase. Je ne suis pas pour le retour à la lampe à huile ou à la charrue à bœufs. Au contraire, je veux éviter d’y retourner. Quant à l’hélicoptère, on ne peut pas empêcher les gens de garder des préjugés pendant des années et des années. J’ai été un enfant de la société de consommation, j’ai cédé à certains excès mais depuis vingt ans il y a eu un cheminement de ma part et je crois m’être débarrassé de ces excès.

Comment cela se traduit-il ?
J’essaye simplement de m’améliorer avecma famille tous les jours. On ne va plus dans les grandes surfaces, on mange bio, on essaye autant que possible d’éviter les déplacements en avion, on chauffe notre maison à 18 degrés, on fait du compost, on récupère l’eau de pluie… Je ne me considère pas comme un exemple, car je suis bien conscient que c’est plus facile quand on a une certaine liberté matérielle.

Nicolas Sarkozy a imposé la taxe carbone malgré les réticences de son propre camp et de l’opinion publique. Est-ce courageux de sa part ?
C’est la responsabilité d’un homme politique, parfois, de ne pas faire de concessions. Je regrette que certains, à gauche, se soient affranchis de leurs responsabilités et aient remis en cause le principe de cette taxe qu’ils avaient soutenu avant les élections. Je regrette aussi les maladresses qui ont conduit à présenter cette contribution climat-énergie comme un impôt nouveau sans expliquer qu’il y aurait un dispositif de compensation financière.

Sarkozy a-t-il vraiment évolué sur la question environnementale ?
Sur le changement climatique, il a maintenant une vraie conviction. Il a compris les enjeux et les menaces que cela fait peser sur l’équilibre du monde. En ayant adopté la taxe carbone et en militant pour l’application d’un dispositif similaire aux frontières de l’Europe, la France arrivera en décembre au sommet climatique de Copenhague sans baisser les yeux. Le problème vient surtout des Etats-Unis où l’on a trop attendu de Barack Obama. Le réchauffement de la planète est au dernier rang des préoccupations des citoyens américains et je suis très inquiet sur l’issue de ce sommet.

Votre film, « le Syndrome du Titanic », est davantage un manifeste politique contre les excès de notre société de consommation qu’un documentaire écologique. Pourquoi élargissez-vous votre champ d’action ?
Depuis quelques années, la crise environnementale a croisé d’autres crises : énergétique, alimentaire, économique et financière. Nous avons voulu comprendre pourquoi on en est arrivé à une telle faillite du système. La cause commune à toutes ces crises est notre incapacité à nous fixer des limites alors que les ressources de la planète ne sont pas infinies. Il faut donc impérativement que l’on accepte une rupture de notre mode de vie, en tenant compte à la fois de la dimension écologique et de l’urgence sociale. Les instruments pour faire face à la crise écologique doivent simultanément et impérativement permettre de réduire les inégalités.

Mais pourquoi refusez-vous de vous engager en politique pour faire changer les choses ?
On peut faire de la politique de façon différente. Mon travail, au sein de la fondation Hulot, est de convaincre les agriculteurs, les syndicats, les scientifiques, les élus, que la mutation de la société est indispensable. Mon action est conditionnée à une certaine neutralité. Si je veux avoir porte ouverte à la CGT, pouvoir discuter un week-end avec le patron de la FNSEA ou des députés de gauche, je ne dois pas avoir d’étiquette partisane collée sur le front.

Après avoir vu votre film, chaque citoyen peut se demander ce qu’il peut changer à l’état de la planète…
Si demain l’Etat nous fixe des limites, il faudra qu’on les accepte sans réticences. Simple exemple : si l’Europe décidait que plus une seule voiture ne puisse rouler au-delà de 130 km/h, émettant ainsi beaucoup moins de CO2, il faudra dire bravo. Que nous le voulions ou pas, il va falloir changer de mode de vie.

La Lucy des Beatles s'est éteinte

La Britannique qui avait inspiré "Lucy in the sky with diamonds", l'une des plus célèbres chansons des Beatles, est décédée d'un lupus mardi 22 septembre à 46 ans, a annoncé lundi 28 septembre une association caritative qui s'occupait d'elle. "Tout le monde à l'unité de soins du Lupus Louise Coote a été très choqué par la mort de Lucy. Elle était l'un de nos soutiens importants et une vraie battante", a expliqué Angie Davidson, directrice de campagne du St Thomas Lupus Trust.



Lucy O'Donnell — devenue Lucy Vodden après son mariage — était dans la même classe que Julian Lennon, le fils de John Lennon, lorsqu'elle avait 3 ans en 1966. Le jeune Lennon avait réalisé une peinture et, la montrant à son père, lui avait expliqué: "It's Lucy in the sky with diamonds" (C'est Lucy dans le ciel avec des diamants). Cette version, qu'elle avait racontée elle-même en 2007, a été appuyée par plusieurs biographies consacrées aux Fab Four.

La chanson, extraite de l'album légendaire "Sgt Pepper's lonely hearts club band", qui a fêté ses quarante ans en juin 2007, incarne depuis des décennies la "culture drogue" des années 1960 car elle est considérée comme faisant l'apologie du LSD, comme le suggèrent les initiales du titre.

Les deux anciens camarades de classe avaient renoué ces derniers mois lorsque Julian Lennon avait appris que Lucy avait contracté un lupus. Selon un communiqué, Julian et sa mère Cynthia "sont sous le choc et attristés par la disparition de Lucy et leurs pensées vont à son mari et à sa famille".

La reprise est une illusion d'optique


Le rebond de certains indicateurs est à la fois mécanique, sous l'effet des plans de relance, et technique, suite au déstockage des entreprises. Mais les moteurs de la croissance durable, tels que l'investissement des entreprises et la consommation des ménages, sont toujours grippés. L'analyse d'Emmanuel Lechypre, responsable du Centre de prévisions de L'Expansion.

La consommation, victime de la flambée des déficits publics


La consommation des ménages, qui avait bien résisté jusque là, décroche. Comme si les Français avaient pris conscience que c'est sur eux que va reposer le rééquilibrage des finances publiques.

lundi 28 septembre 2009

FORCÉMENT


DANS CETTE POSITION Y'EN QUAND MÊME UN QUI PÊTE, NON ?

M. de Villepin assigne M. Sarkozy en justice

Un huissier s'est présenté, lundi 28 septembre à l'Elysée, pour y délivrer à "Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, président de la République, demeurant Palais de l'Elysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris" une assignation à comparaître devant le tribunal de grande instance de Paris, pour atteinte à la présomption d'innocence.
Le dépôt de cette plainte avait été annoncé, mercredi 23 septembre, par les avocats de Dominique de Villepin, après la diffusion, sur TF1 et France 2, des propos du président de la République affirmant, à propos de l'affaire Clearstream : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel."

Selon le texte de l'assignation, ces propos sont une "atteinte aussi flagrante qu'extrêmement grave" à la présomption d'innocence de M. de Villepin, qui est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel d'abus de confiance et de vol.

Rappelant que, selon l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme, "tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable", la défense de M. de Villepin observe que les propos de M. Sarkozy sont "l'affirmation brutale de la culpabilité des prévenus dans le procès Clearstream" et que cette affirmation "concerne nécessairement M. de Villepin".

Elle estime en outre que la suite de la déclaration du chef de l'Etat – "les juges décideront qui a fait ça, pourquoi on a fait ça, qui sont les opérateurs et qui sont les commanditaires" – confirme et "amplifie" cette atteinte. "En effet, relève le texte de l'assignation, selon , la culpabilité des prévenus dans ce procès ne faisant aucun doute, les juges n'auront plus qu'à décider de la répartition des rôles" entre opérateur et commanditaire.

Les avocats de M. de Villepin ajoutent que l'heure de diffusion – les journaux télévisés de 20 heures – et les fonctions de M.Sarkozy, président de la République et, à ce titre, garant de l'indépendance de la justice, "confèrent à cette atteinte une intensité exceptionnelle".

L'issue judiciaire de cette démarche est d'ores et déjà connue puisque l'immunité pénale dont bénéficie le chef de l'Etat rend impossible toute poursuite à son encontre pendant la durée de son mandat. Comme ce fut le cas avec une procédure similaire intentée par Yvan Colonna, le tribunal ne peut que constater l'immunité et renvoyer l'examen de cette plainte à l'échéance d'un mois après la cessation des fonctions présidentielles de M. Sarkozy.

Mais la démarche des avocats de M. de Villepin est avant tout destinée à alimenter le débat sur le problème que pose, selon eux, la constitution de partie civile du chef de l'Etat, en matière de rupture du principe de l'égalité des armes devant la justice.

Après les divisions suscitées par les propos présidentiels au sein de la majorité, notamment lors des journées parlementaires de l'UMP au Touquet, jeudi et vendredi, M. Sarkozy a reçu le soutien de François Fillon. Interrogé dans le Journal du dimanche, le premier ministre a indiqué : "Dans cette affaire, il y a une victime principale, le président de la République. Et on ne doit pas transformer les victimes en coupables."

La ministre de l'économie et des finances, Christine Lagarde, a, pour sa part, observé, lors de l'émission "Le grand jury RTL-Le Figaro-LCI" : "J'ai été avocate. L'adage dit que quand la politique entre dans un prétoire, la justice en sort." Elle n'a pas précisé lequel de ses deux confrères avocats – M. de Villepin, prévenu, M. Sarkozy, partie civile – cet adage visait.
Pascale Robert-Diard
Ce chien de De Villepin ne recul devant rien pour se défendre, lapsus ? surement pas, Nicolas Sarkozy a appelé les choses par leur nom. De Villepin est coupable de faux et de tentative d'atteinte à la personne morale de Nicolas Sarkozy.
Il est coupable et sait très bien que les preuves sont contre lui, c'est pourquoi il agit ainsi.

Le gouvernement face au mur du déficit

Il va être beaucoup question dans les jours prochains de l'ampleur du déficit public qui atteint 8,2 % du produit intérieur brut. Mercredi 30 septembre, le projet de loi de finances pour 2010 est présenté au conseil des ministres. Jeudi 1er octobre, les grandes lignes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) seront rendues publiques, après la réunion de la commission des comptes de la "Sécu".
"Nous ne pourrons l'an prochain faire mieux que de stabiliser les déficits globaux (comptes publics et comptes sociaux)", a prévenu François Fillon dans un entretien au Journal du Dimanche.

"8,2 % de déficit public, c'est trop", s'est aussitôt inquiété l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin (UMP), en appelant, sur Canal+, à une "mobilisation nationale contre les déficits".

Cette année, le déficit de l'Etat atteindra 140 milliards d'euros, a précisé M. Fillon. Il était attendu à 130 milliards d'euros. La récession, même moins forte que prévu (– 2,25 % au lieu de – 3 %), a amputé les rentrées fiscales, le plan de relance a alourdi les dépenses.

Le projet de budget pour 2010, bâti sur l'hypothèse d'une croissance à nouveau positive (+ 0,75 %), portera encore les stigmates de la crise. Fidèle à la ligne présidentielle, le gouvernement a choisi de ne pas compromettre le début de reprise par une politique rigoureuse.

Même ramené à 115 milliards – ce qui sera difficile –, le déficit de l'Etat restera élevé. Et celui de la Sécurité sociale continuera de se creuser de plusieurs milliards du fait du chômage. Il atteindra environ 30 milliards d'euros a précisé le ministre du budget, Eric Woerth, après 24 milliards d'euros en 2009.

Dans ce contexte tendu, le gouvernement affiche ses priorités : l'emploi – sauf dans la fonction publique (33 000 postes en moins) – et la compétitivité. Il le fait directement en prolongeant certaines mesures de 2009 (exonération de charges sociales pour les très petites entreprises qui embauchent, extension du contrat de transition professionnelle, etc) ou en finançant le plan jeunes.

Il le fait indirectement en baissant la fiscalité des entreprises, avec la réforme de la taxe professionnelle (TP) qui, selon M. Fillon, représente "0,7 point de PIB transféré au service de l'investissement et de l'emploi". Cette réforme coûtera 11 à 12 milliards d'euros à l'Etat en 2010.

Elle consiste à supprimer la taxation des investissements productifs, qui pénalisait l'industrie, et à la remplacer par une cotisation économique territoriale, assise sur le foncier et sur la valeur ajoutée. L'immense majorité des 2,9 millions de sociétés non financières en profitera.

MÉNAGES PERDANTS

Globalement, les entreprises sortiront gagnantes du projet de budget 2010, même si le patronat s'offusque à l'idée que les quelque 2 milliards prélevés sur elles au titre de la taxe carbone servent au financement de la réforme de la TP.

Les ménages seront nettement moins bien lotis. Les diverses mesures de soutien de 2009 –dont les baisses d'impôt ciblées sur les plus modestes – vont s'arrêter. La prime à la casse va tomber de 1 000 à 700 euros au 1erjanvier, puis 500 euros à compter du 1er juillet.

Le forfait hospitalier va passer de 16 à 18 euros, certains médicaments vont être moins bien remboursés, les plus-values mobilières vont supporter la CSG dès le premier euro. Et si le patron du groupe UMP de l'Assemblée, Jean-François Copé, dépose son amendement, les indemnités journalières versées aux accidentés du travail vont être fiscalisées.

Les promesses de baisse des prélèvements obligatoires n'ont pas résisté à la crise. La fiscalité des ménages devient aussi complexe qu'illisible. La taxe carbone, à côté de plusieurs mesures de verdissement de la fiscalité, l'illustre. Elle verra le jour en 2010 alors que Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir augmenter les impôts. Le gouvernement précise que la part prélevée sur les ménages leur sera intégralement restituée. mais cela n'empêchera pas certains foyers d'être perdants.
Claire Guélaud

CONTENTS OU PAS LA FRANCE EST UN PAYS OÙ IL Y A TROP DE FONCTIONNAIRES, TROP DE CHOSES SONT GÉRÉES PAR L'ETAT ET DONC PAYÉES PAR L'IMPÔT SUR LE REVENU. ALORS QUE LES FRANÇAIS ARRÊTENT DE GUEULER.

dimanche 27 septembre 2009

Angela Merkel à qui-perd-gagne

Elle devrait rester à la tête du pays après les législatives de dimanche. Mais avec quelle majorité?
Angela Merkel se prépare à une victoire au goût de défaite, à la veille des élections législatives allemandes. La chancelière pourrait rester à la tête du pays, mais apparaître dimanche soir comme la grande perdante du scrutin. Avec 35 % des intentions de vote, son parti, la CDU-CSU, conserve la pole position dans la course à la chancellerie, mais son avance diminue sondage après sondage. De quoi plomber les rêves d’Angela Merkel, qui souhaite depuis des années former un gouvernement avec les libéraux du FDP. A deux jours du scrutin, le bloc conservateurs-libéraux n’était plus crédité que de 46 à 48 % des voix. L’hypothèse d’une poursuite de la grande coalition se profile.

Toujours sûr de lui, Guido Westerwelle, le président du FDP, persiste pourtant à croire à la victoire. Son parti sortirait alors de onze années d’opposition. C’est l’un des paradoxes d’une campagne électorale assez morne où les deux principaux protagonistes ont eu du mal à se différencier : un parti prônant la déréglementation tous azimuts tire son épingle du jeu en ces temps de crise internationale. "Traditionnellement, le FDP est le parti de l’économie. C’est un parti d’experts avec une image sérieuse, qui rassure", décrypte le politologue Christian Callies, de la Freie Universität de Berlin. Le FDP est la formation politique qui gagnerait le plus de voix par rapport à 2005.

A l’opposé, avec une chute de 8 à 12 points, le SPD se prépare à son plus mauvais score de l’après-guerre. Les sociaux-démocrates paient les pots cassés de la grande coalition. "Le grand public attribue les succès du gouvernement au chancelier, en l’occurrence à Angela Merkel", explique Oskar Niedermayer, chercheur en sciences politiques à Berlin. Pourtant, Frank-Walter Steinmeier, le leader des sociaux-démocrates, s’est révélé bien meilleur cheval que prévu. Le vice-chancelier est sorti vainqueur du débat télévisé qui l’a opposé à Angela Merkel, et a réduit l’écart. En deux semaines, il a gagné quatre points, passant de 22 à 26 % des intentions de vote. A l’aise dans cette nouvelle posture de challenger provocateur, ce bureaucrate, pour sa première élection, a hier encore montré son assurance : "Me présenter une seconde fois ? Pourquoi pas… comme chancelier sortant !"

Comme il le dit lui-même, il est porté par une opinion publique foncièrement à gauche. Le SPD, les Verts (12 %) et l’extrême gauche Die Linke (11 %) rallient ensemble plus de voix que le bloc de droite. Mais les sociaux-démocrates ne veulent pas d’une alliance avec Die Linke, car elle regroupe des anciens communistes du régime est-allemand. Ce nouveau parti, mené par le charismatique Oskar Lafontaine, a le vent en poupe. Et il entend demain capitaliser les succès engrangés localement.

QUAND DSK IGNORE OBAMA

LA GROSSESSE DES HOMMES.

D’un côté, EllaOne, superpilule du lendemain, très bientôt sur le marché européen, efficace jusqu’à cinq jours après un rapport sexuel non protégé. De l’autre, une campagne épatante de l’Inpes, qui incite les hommes à s’intéresser à la grossesse. À la veille de la Journée mondiale de la contraception, ces deux dispositifs affichent le même objectif : réduire le nombre d’avortements.


Un jeune homme entre, fébrile, dans des toilettes. Dans ses mains, un test de grossesse. Tremblant, il parcourt la notice, puis lit le résultat. Il sort, ébahi, puis inspecte sa silhouette de profil dans le miroir. Le spot, muet, se termine par un slogan tonitruant : « Faut-il que les hommes tombent enceintes pour que la contraception nous concerne tous ? » Un message fort et un concept original à l’attention des 18-30 ans. Cette campagne de communication de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) est actuellement déclinée à la télévision, à la radio et sur Internet. « Il est important de considérer le couple, et non pas la femme seule, dans la démarche du choix de la contraception et de son suivi », nous explique-t-on à l’Inpes.
Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le Planning familial, salue cette campagne : « Une étude de la mutuelle LMDE a montré qu’une majorité de jeunes hommes ignore si leur copine est sous contraception et que ceux qui le savent n’ont en revanche aucune idée de la méthode choisie.
Ce n’est pas qu’une histoire de nanas, il faut sensibiliser les garçons. »

De la sensibilisation, mais aussi des actes. L’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments (EMEA) s’apprête à donner son aval pour la commercialisation d’EllaOne, la pilule dite « du surlendemain », produite par le laboratoire français HRA Pharma. Elle serait efficace à 97 % et jusqu’à cinq jours après un rapport sexuel non protégé, contre quarante-huit heures pour la pilule
« classique » du lendemain, la Norlevo.
Le hic ? Son prix et son accessibilité. EllaOne n’est pas remboursée par la Sécurité sociale et son coût se chiffrerait aux alentours de 50 euros. Norlevo coûte 7,60 euros, a été disponible en vente libre dès sa mise sur le marché, alors qu’il faudra une ordonnance pour obtenir EllaOne. Une situation qui révolte le Planning familial.
« Cette pilule d’urgence doit pouvoir être délivrée sans ordonnance : pharmacies, infirmeries scolaires, centres de planification… et être remboursée, donc accessible financièrement au plus grand nombre et gratuite pour les mineures », déplore Marie-Pierre Martinet.
EllaOne est plébiscitée par les gynécologues autant que par les associations. « Quand l’accident arrive un samedi soir et que l’on ne trouve une pharmacie que le lundi ou le mardi, il est trop tard. Or les jeunes filles reportent souvent l’achat de la pilule du lendemain, n’osent pas et traînent dans la démarche », explique le docteur Marc-Alain Rozan, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof). « Aujourd’hui, il y a 200 000 I. V. G. par an pour 800 000 naissances. Si l’on veut lutter contre l’avortement, cette pilule est une très bonne solution. Je vois tous les jours des jeunes filles qui préfèrent l’I. V. G. à une pilule payante parce que c’est gratuit et anonyme. »

Mais n’y a-t-il pas un risque de relâchement dans la planification de la contraception si les femmes savent que ce dispositif si efficace existe en vente libre ? « Aucune inquiétude, poursuit Marie-Pierre Martinet. On présente souvent les contraceptifs d’urgence comme des solutions anti-tête de linotte, mais les femmes sont conscientes des enjeux. Les deux tiers des I. V. G. ont lieu alors que la femme est sous contraception, cela veut bien dire qu’il y a un problème dans le choix de la méthode. »
Autrement dit, il faut sortir du tout-pilule, qui est bien loin de convenir à toutes les femmes. Et informer, encore et encore. C’est dans cette optique que l’Inpes, en plus de sa campagne miroir, propose depuis le 15 septembre une version relookée du site choisirsacontraception.fr, où l’ensemble des moyens existants sont expliqués. Les objectifs des pouvoirs publics, des médecins et des associations convergent : faire baisser le nombre d’avortements, dans un contexte où l’accès à l’I. V. G. chirurgicale est toujours compliqué, délais d’attente et clause de conscience obligent… Et s’il faut pour cela que les hommes, le temps d’un spot télé (1), angoissent pour un retard de règles et se demandent qui peut être la mère de leur enfant, on redemande de telles campagnes de sensibilisation.