TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 24 mai 2013

De la difficulté d’être libéral en France


Être libéral, c’est vouloir ramener l’État sous le contrôle du droit et étendre les libertés individuelles. Et c’est là que les problèmes commencent, bien sûr.

Je vais avoir 70 ans, l’âge où les ombres s’allongent sur le sol, et, de temps en temps, je me pose la question : « Mais pourquoi est-ce aussi difficile d’être libéral en France ? » Qui peut aussi se traduire par : « Mais qu’est-ce que je suis allé faire dans cette galère ? » Voici ce qui, pour moi, est un début de réponse à ces étranges questions.
Tout d’abord, le libéralisme est une philosophie du droit et non pas du tout une série de recettes économiques. Des principes juridiques ont émergé au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ont été appliqués aux États-Unis et au Royaume-Uni et, à la stupéfaction générale, ont amené au décollage économique d’abord ces deux pays, puis ensuite tous les autres États qui ont suivi leur exemple. L’application des principes juridiques du libéralisme amène à la croissance économique, mais c’est une conséquence heureuse et non recherchée. Ces principes juridiques définissent, d’un côté, les relations des individus entre eux et, de l’autre, la relation entre ceux-ci et l’entité à qui ils ont librement délégué le monopole de la violence légale, je veux dire l’État.
Le principe fondamental du libéralisme est donc que le droit régit tout et est supérieur à tout. Dans un monde organisé selon une philosophie libérale, le droit est le coeur même du système, ainsi qu’on le voit aux États-Unis, où le président élu lors de sa prise de fonctions, jure de respecter la Constitution des États-Unis, cette Constitution étant, comme chacun le sait, la clef de voûte de tout le système juridique, légal et économique aux États-Unis. Et cette Constitution est inchangée depuis son origine, à l’exception de quelques amendements, dont le plus célèbre reste le premier : « Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d’expression ». Ce qui interdit par exemple toutes les stupides lois mémorielles dont nous souffrons dans notre pays. Or, dans le subconscient des Français, rien ne peut être supérieur à l’État.
Et donc, nous ne pouvons avoir aucune stabilité juridique, puisque chaque changement dans l’État amène avec lui des changements dans le droit. Depuis que les États-Unis existent, nous avons eu le bonheur d’avoir cinq Constitutions républicaines, deux ou trois monarchies, un ou deux empires et quelques régimes indéterminés tels le Consulat ou Vichy. Et tous les agents de l’État qui avaient juré fidélité à la Constitution précédente n’ont jamais eu aucun problème à continuer à servir quand bien même la Constitution aurait changé, puisque l’État et ses serviteurs restaient en place.
En France, l’État est pérenne, alors que les Constitutions et donc le droit sont tout à fait transitoires. Et d’ailleurs, depuis Napoléon, l’État a même son droit à lui, ce qui est une monstruosité philosophique, puisque cela veut dire que l’État et ses agents répondent à des règles différentes du commun des mortels.
Dans un monde libéral, le droit est supérieur à l’État. En France, l’État est supérieur au droit. Et donc, prendre le contrôle de l’État en France, c’est se retrouver dans la position de Moïse, en contrôle du droit et de l’État, c’est-à-dire être à la fois roi et prêtre, et non pas simplement président (temporaire), ce qui est quand même beaucoup plus intéressant que d’être brimé par des textes rédigés il y a deux cents ans.
Et donc, pour moi, être libéral, c’est vouloir ramener l’État sous le contrôle du droit. Et c’est là que les problèmes commencent, bien sûr. Hélas, je ne pense pas que les choses vont beaucoup bouger de mon vivant ni que j’aurai une grande influence, mais cela ne m’importe guère. Ce qui compte, c’est de porter le flambeau, quelqu’un d’autre le relèvera un jour. Après tout, il n’est pas honteux d’échouer là où Montesquieu, Benjamin Constant, Tocqueville, Bastiat, Raymond Aron, Jouvenel, Revel et tant d’autres ont échoué avant moi. Et comme le disait un grand Français, Pierre de Coubertin : « L’important dans la vie, ce n’est point le triomphe, mais le combat. » Charles Gave, économiste et président de l’Institut des libertés.

La fête des incompétents

Manuel Valls souffre d’un trait de caractère qui domine tout : il a toujours raison. Voilà pourquoi le saccage du Trocadéro est accablant pour lui.

Le ministre de l’Intérieur ne va pas pouvoir continuer à parader très longtemps comme ça. Mardi matin, après la soirée de pillage place du Trocadéro, il répétait au micro de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1 : « Pas de leçons, pas de leçons ! » L’après-midi, à l’Assemblée, c’était sa fête, pas celle du PSG. Manuel Valls souffre d’un trait de caractère qui domine tout : la prétention. Il ne se trompe jamais. S’il y a une erreur de jugement, une “faille” dans un dispositif, c’est la faute des autres, ou mieux, celle de ses prédécesseurs. François Hollande l’encourage dans cette attitude en le citant comme l’un de ses “meilleurs ministres”. Mais la prétention conduit à l’aveuglement ; c’est ce qui le perdra.
Des leçons, il n’en reçoit pas ; c’est lui qui en donne. En arrivant au ministère de l’Intérieur, il n’a rien eu de plus pressé que de remplacer le préfet de police de Paris et le directeur général de la Police nationale. Il voulait des hommes à sa main, politiquement conformes avant d’être professionnellement compétents. Dans ce domaine, le préfet de police, resté sans affectation opérationnelle de premier plan pendant douze ans, est un modèle. Mais pour le ministre, c’est secondaire, puisque le patron, c’est lui. Lui qui manoeuvre, dirige les compagnies de CRS et les escadrons de gendarmes mobiles selon ses humeurs et ses choix politiques.
Il se fait la main avec les manifestations anti-mariage gay. La droite, qui le jugeait ferme à l’égard des délinquants et voyait en lui un bon successeur de ce pauvre Jean-Marc Ayrault, découvre un ministre méprisant et hautain. Pris à contre-pied par l’ampleur des défilés, par les mauvais renseignements de ses préfets zélés, qui préfèrent le laisser s’enfermer dans des impasses et le commentaire de chiffres de manifestants truqués. Par réaction, il en fait trop : il interdit les Champs-Élysées à la “manif pour tous” et se fait surprendre à l’Étoile, le 24 mars ; du coup, le 28, lors de l’intervention télévisée de François Hollande, il envoie 1 400CRS et gendarmes casqués barrer la route aux 2 000 manifestants pacifiques qui cernent le siège de France Télévisions. Mieux, le soir du 15 avril, alors qu’un groupe de la “manif pour tous” installe deux ou trois tentes sur le côté de l’Assemblée nationale, il fait interpeller 67 jeunes gens, les place en garde à vue durant vingt-quatre heures, avec prise d’empreinte ADN et inscription au fichier de la délinquance !
Lundi, Manuel Valls paradait donc, à Lyon, avec Christiane Taubira pour célébrer ses résultats en matière de lutte contre la délinquance et les progrès de ses 64 zones de sécurité prioritaires, alors que les habitants de Villeneuve-d’Ascq et d’ailleurs devaient se constituer en comité d’autodéfense ou que l’on continuait à jouer de la kalachnikov à Lille, Marseille ou Istres… Et le soir même, le saccage de la place du Trocadéro venait spectaculairement ruiner les “acquis” de sa politique.
Mais ce n’était pas sa faute, il ne savait pas que le football entraîne avec lui des cortèges de violence, que le PSG avait expulsé des rangs de ses supporters des hooligans qui n’attendaient qu’une occasion pour se venger ; il ne savait pas ce qui s’était déjà passé la veille aux ChampsÉlysées, ni que la place du Trocadéro était impossible à “boucler” avec quelques rideaux de policiers, surtout quand on conserve ouvertes les stations de métro. Il a sous-estimé les événements, ne mobilisant sur place que la moitié des effectifs engagés à France Télévisions pour la “manif pour tous”. Il s’est ridiculisé en parlant dans un communiqué prématuré de « mouvements de foule et de bousculades » quand les chaînes d’information montraient déjà des images d’émeutes. Ce soir-là, les policiers ont mis 38 casseurs en garde à vue, 30 de moins que pour les “campeurs” de l’Assemblée nationale, alors que le saccage faisait 32 blessés, dont trois parmi les forces de maintien de l’ordre (zéro pour les centaines de milliers de manifestants de droite).
La démonstration est accablante. Non pas que le phénomène des pilleurs (il fallait voir l’autocar de touristes dévalisé dans l’impuissance policière sous l’oeil des caméras étrangères) soit nouveau, mais le ministre de l’Intérieur nous avait fait croire que cela ne se reproduirait plus avec lui. C’est pourtant à l’image d’une politique pénale où les casseurs encagoulés ne risquent rien, puisque Mme Taubira a supprimé l’emprisonnement pour les peines inférieures à six mois et qu’elle considère que de tels débordements ne devraient pas être exagérément grossis. Sauf que ceux-ci ont produit leurs effets à la veille d’une conférence de presse du président de la République. Le procès en incompétence se poursuit sans désemparer.

jeudi 23 mai 2013

Éducation, mauvaise gestion

Éducation, mauvaise gestion


Par temps gris de disette budgétaire – et elle est bien placée pour le savoir – la Cour des comptes ose pourtant poser la question de la rémunération des enseignants. Elle met les pieds dans les plats de la refondation de l’école mitonnés par Vincent Peillon. Nos professeurs, dit-elle, restent mal payés et mal gérés. S’il y a une crise des vocations, ne cherchez pas ailleurs. L’Éducation nationale est un piètre employeur qui mène ses troupes, ses 837 000 enseignants, à l’ancienne. 

Bref, le « Mammouth », solidement archaïque, survit à tous les ministres. Le monde enseignant vit un profond malaise, diagnostique la Cour des comptes, et une « inquiétante crise d’attractivité ». Autrement dit, ce métier parmi les plus nobles, sacralisé par la République, mythe national avec ses hussards noirs, ce métier ne fait plus rêver : statut social détérioré, enseignants chichement payés. Leur rémunération nette annuelle est 35 % inférieure à celle d’un cadre non enseignant de la Fonction publique. Mais entre enseignants, l’écart est très net (5 000 €) entre le professeur des écoles débutant et l’agrégé très capé. 

Vincent Peillon affirme partager l’essentiel de l’analyse. Au fond, il se rassure. La Cour, dit-il, règle surtout les comptes de la gestion de mes prédécesseurs. Alors que l’actuel gouvernement, lui, refonde et recrée 60 000 postes quand le quinquennat précédent en a supprimé 80 000. Mais tout cela est vain, assène Didier Migaud, le président de la Cour, si les règles de gestion de l’Éducation nationale demeurent inchangées. 

L’École ne souffre pas d’un déficit budgétaire, d’un manque de moyens, de bras, de cerveaux. Elle dépérit d’être gérée à l’ancienne. Avec les plus jeunes enseignants affectés dans les académies et les établissements les plus difficiles, là où les plus aguerris seraient les bienvenus. Malheureusement, on progresse dans la carrière selon un barème, l’âge, la situation familiale, et non au gré des besoins réels des établissements. 

Tous ces constats, toutes ces critiques, nul ne les ignore dans l’Éducation. Par ci par là, des correctionsont ététentées.Mais,pour l’instant, et depuis longtemps, un conservatisme rassurant l’emporte au détriment des élèves les plus en difficultés et des résultats globaux de l’enseignement français qui recule dans les classements internationaux. 

Nicolas Sarkozy avait fait le choix de l’argent : moins d’enseignants, mieux rémunérés grâce aux heures supplémentaires. François Hollande a fait le choix de l’emploi. 60 000. Mauvais choix ? Insuffisant, si on ne redynamise pas l’Éducation nationale dans ses méthodes, ses principes, ses statuts. C’est la leçon Migaud. Formation, déroulement des carrières, conditions de travail, rémunération… Tout est à revoir, et cela passe bien évidemment par la révision du sacrosaint statut des enseignants, qui date des années cinquante. 

Par crainte de heurter les syndicats, Vincent Peillon a renvoyé à plus tard cette question, et donc celle des heures de présence dans les établissements. En son temps, la candidate Ségolène Royal avait osé parler des 35 heures à l’école. En réalité, ce n’est pas une affaire de chronomètre qui est posée, mais celle d’une réorganisation de l’ensemble du temps scolaire. Peu ou prou, nous en sommes restés à une organisation des classes, des horaires, héritée des vieux lycées napoléoniens. Innovons. Il n’est jamais trop tard.

mercredi 22 mai 2013

Suicides à l'école, au travail et même à Notre-Dame : la souffrance sociale mène-t-elle à une multiplication des pétages de plomb ?


Dominique Venner, essayiste d'extrême droite, s'est suicidé hier mardi dans la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Jeudi dernier, un homme avait mis fin à ses jours dans le hall d’une école. Faits divers isolés ou symptômes du basculement d'une France épuisée socialement, propice aux manifestations de violence qui caractérisent généralement la société américaine ?

Dominique Venner, essayiste d'extrême droite, s'est suicidé ce mardi dans la cathédrale de Notre-Dame de Paris tandis que jeudi un quinquagénaire avait mis fin à ses jours dans le hall d’une école devant les yeux d’une dizaine d’élèves. Enfin, un anonyme a également lancé sur internet des menaces de fusillade dans un lycée en Alsace. Se dirige-t-on vers une société à l’américaine marquée par les "pétagede plomb" ?

 Michel Wieviorka : Il faudrait faire la comparaison non pas avec d'autres sociétés, mais avec la notre en d'autres temps. La période actuelle n'est pas la seule qui ait connu des suicides. J'appartiens à une discipline, la sociologie, dont le père fondateur, Émile Durkheimest justement connu pour sa grande étude sur le suicide. Le phénomènenous dit quelque chose sur l'Etat de la société, mais n'est pas nouveau. Il est toujours difficile d'expliquer des comportements isolés par des attributs généraux de la société. Il faut éviter deux écueils : le "sociologisme" qui consisterait à tout expliquer par le social et le psychologisme qui à l'inverse consisterait à voir dans ces suicides des cas particuliers ou pathologiques sans tenir compte de l'environnement social.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'interroger sur le sens de ces suicides. Quand un certain nombre de suicides ont lieu dans une entreprise cela dit quelque chose sur les rapports sociaux ou plutôt sur l'absence de rapport sociaux dans cette entreprise. Les suicides chez France Télécom ont évidemment à voir avec la brutalité des changements qui se sont opérés dans cette entreprise, avec les techniques de management et les conditions de travail.  Dans le cas d'un suicide devant une école comme celui-ci, on pense effectivement aux "school shootings" américains comme le massacre de Colombine. Le fait que l'école soit un lieu où l'individualisation se fait mal pour un certain nombre de personnes est très important. Dans les affaires de "school shooting", les enquêteurs ont souvent relevé que les criminels n'avaient pas eux-même trouvé leur place dans l'école, avaient été maltraités, avaient subi des humiliations. Le fonctionnement de l'école crée des conditions qui contribuent à l'explication de tels gestes. Quelqu'un qui se suicide ne choisit pas complètement au hasard l'endroit où il va se donner la mort. Quelqu'un qui se suicide devant une agence Pôle emploi ne dit pas la même chose que quelqu'un qui se suicide du dernier étage de son immeuble.
Eric Delbecque : Je ne sais pas vraiment ce qu’est une société "à l’américaine" !... En revanche, il est vrai que nous devons faire face, y compris en Europe, à de nouvelles formes de violence qui remettent en cause bien des catégories. Ce qui importe c’est de ne pas voir des drames en puissance à tous les coins de rue, de ne pas imaginer que notre voisin peut être un tueur en série ou croire que les tueurs de masse vont se multiplier comme des petits pains ! Il faut raison garder tout en analysant consciencieusement la réalité de cette violence et surtout se garder des amalgames : un tueur de masse ne se confond pas avec un terroriste ou un tueur en série ! Parfois il y a des intersections mais ces individus n’ont pas les mêmes profils psychologiques ni les mêmes parcours de vie. Quant à leurs motivations, elles sont différentes.
Ne cédons pas à la caricature. Il faut quand même rappeler que la violence en Europe n’a rien à voir aujourd’hui par rapport à ce qu’elle était au Moyen Âge. Contrairement à ce que l’on dit nos sociétés ne sont pas de plus en plus violentes : c’est la métamorphose des formes de la violence qu’il faut parvenir à penser, pour pouvoir les combattre.

Cette violence est-elle causée par une progression de la souffrance sociale ? Est-elle liée à la crise ?

Michel Wieviorka : Un raisonnement trop élémentaire consisterait à dire : "il y a une crise, il y a des difficultés et il n'y a plus les médiations qui permettent de transformer la crise en conflit. En d'autres temps, des syndicats puissants, des partis politiques actifs, une Église plus influente auraient peut-être apporté un traitement institutionnel, politique, culturel, religieux à ces problèmes." Dans un premier temps, on pourrait donc dire que la crise exacerbe les difficultés dans un contexte où il n'y a plus de médiations. 
Mais, à mon sens, la question est plus complexe. Dans le passé, les questions sociales étaient formulées en termes de grands ensembles : la classe ouvrière ou les paysans par exemple. Il y avait de grand agrégats et chacun pouvait se dire partie prenante d'un ensemble. Aujourd'hui, les gens se sentent de plus en plus livrés à eux-mêmes, de moins en moins pris en charge par de grands ensembles. Dans le passé, il était possible de dire : " si je ne réussis pas, si je ne trouves pas ma place, c'est la faute du système, de l'entreprise, du capitalisme, etc..." 
Désormais, avec les progrès de l'individualisme, l'idée de l'échec personnel s'est imposé : "si je ne réussis pas, c'est ma faute à moi, c'est que je n'étais pas capable de trouver ma place." On intériorise beaucoup plus qu'avant l'idée qu'on est responsable de ses propres difficultés et le suicide est certainement une façon d’exprimer cette intériorisation. Il arrive un moment où l'on considère que la meilleurs solution est de se détruire. On exprime le sentiment de ne plus avoir sa place dans cette école, dans cette société, sur cette terre...
Eric Delbecque : "Causée" non, mais favorisée sans doute. Cependant, il importe de ne pas sombrer dans la "culture de l’excuse". Personne n’est mécaniquement porté à devenir un tueur. En revanche, moins les individus sont intégrés dans des structures de sociabilité leur fixant des repères et créant des solidarités positives plus ils sont susceptibles de basculer vers des comportements allant jusqu’au bout de l’horreur.

Quels sont les points communs et les différences dans le rapport de la société française et américaine à la violence ?

Eric Delbecque : Les deux sociétés connaissent les conséquences de l’hypermodernité, y compris dans le domaine de l’insécurité. De nos jours, les organisations criminelles ou terroristes ne sont plus les seules à pouvoir propager la violence. Des individus, par exemple radicalisés par les idéologies, comme les terroristes, peuvent devenir de terribles porteurs de mort au nom des idées les plus folles et les plus inacceptables pour les démocraties. Il n’en reste pas moins que la société américaine connaît un climat général de violence qui constitue un terreau pour les actes meurtriers.Sans doute le rapport aux armes facilite-t-il le passage à l’acte mais il ne doit pas monopoliser la réflexion et les "ripostes" politiques.
Un autre point mérite d’être souligné. Les tueurs de masse ou en série démontrent en particulier un comportement érostratique (du  nom de l’incendiaire du temple d’Artémis à Ephèse qui visait à ce que l’on retienne son nom par-delà la mort) : ils veulent que l’on se souvienne d’eux et font donc tout pour attirer l’attention collective, médiatique.Malheureusement, dans leur esprit défaillant, tuer devient le moyen de se faire connaître, de s’assurer d’une future célébrité. Il faut briser cette logique terrifiante en réfléchissant à un autre traitement médiatique de ces actes déments.  

Une tragédie comme le massacre de Colombine, qui avait causé la mort de 12 étudiants américains en 1999 ou comme la fusillade d'Aurora (dix tués dans une salle de cinéma en 2012) pourrait-elle désormais se dérouler en France ? La tuerie d’Utoya en Norvège est-elle le symptôme d’un basculement de l’Europe dans l’ère des tueurs de masse ?

Eric Delbecque : Il faut en tout état de cause s’y préparer : faire des pronostics n’a aucun sens, l’affaire Merah en témoigne. On ne saurait dire ce qui arrivera ou pas. Mais dès lors qu’un événement a eu lieu, il convient d’en tirer des conclusions, c’est-à-dire d’acter que la chose est possible. Je ne crois pas pour autant qu’il faille affirmer que nous sommes entrés dans l’ère des tueurs de masse. Disons plutôt que certaines idéologies ou faits sociaux, contextes globaux, favorisent l’éclosion de tel ou tel passage à l’acte. Dans le cas des terroristes islamistes, c’est un radicalisme religieux mortifère qui pousse des individus vers l’horreur, mais ce dernier exploite une "faille", une carence précoce.

La mondialisation provoque-t-elle dans les pays occidentaux un accroissement de l’insécurité notamment sur le plan économique, social et culturel. Comment cela se manifeste-t-il. Quelles en sont les conséquences ?

Michel Wieviorka : Ce serait trop facile de mettre sur le dos de la mondialisation des phénomènes aussi précis que le passage à l'acte d'un individu qui vient mettre fin à ses jours devant une école. La mondialisation est un élément qui nous permet de décrire le monde dans lequel nous vivons. On peut peut-être trouver des articulations entre le passage à l'acte d'un individu et des phénomènes planétaires. Mais ce serait une facilité paresseuse que d'établir un lien direct entre le fait que des gens se suicident et la mondialisation. Des gens se donnent la mort dans une société qui est pour le meilleur et pour le pire partie prenante de la mondialisation. Mais ils se suicident d'abord pour des raisons personnelles.
Eric Delbecque : Ce genre de liens mécaniques n’existe pas. L’insécurité constitue une réalité protéiforme, qui n’a pas le même visage, la même intensité, selon les lieux, les temps et les situations. Elle exige une analyse différenciée et se prête mal aux explications univoques et caricaturales. Il est donc trop facile de mettre la mondialisation en accusation. Qu’elle accentue certaines précarisations, c’est certain. Mais en aucun cas ses "victimes", si tant est que le mot soit approprié, ne deviennent mécaniquement des délinquants. Ce serait faire injure aux personnes en difficulté en regard de leurs difficultés socio-économiques. On cumulerait l’ignorance et l’injustice en propageant ce cliché.

L'Europe contre la fraude fiscale ?


L'Europe va-t-elle caler dans la lutte contre l'évasion et la fraude fiscale ? Ou aura-t-elle la volonté politique de s'y attaquer de front ? Dans la foulée de l'affaire Cahuzac et des révélations de « l'Offshore leaks » sur les paradis fiscaux, les chefs d'État des Vingt-sept, réunis aujourd'hui à Bruxelles, ne sont pas tous sur la même longueur d'ondes.
Le fléau représente un manque à gagner colossal pour les Européens : 1 000 milliards d'euros par an, 80 rien qu'en France. C'est dire si la triche, où blanchiment et délinquance financière font bon ménage, s'est érigée en sport national ici ou là. C'est dire si le jeu, qui consiste pour chacun des pays floués à vouloir récupérer des fonds « souverains » évaporés dans des stratégies fumeuses de contournements fiscaux, en vaut la chandelle.
Reste, pour y parvenir, à faire sauter des verrous. Car la lutte ne sera efficace que si elle est internationale. Mais, puisque l'Asie et l'Amérique continuent d'oeuvrer sans trop se poser ce genre de questions, d'abord européenne. Or, l'Autriche et le Luxembourg, farouches défenseurs du secret bancaire, freinent des quatre fers. Ces deux-là demandent, au préalable, des négociations abouties avec les pays tiers comme la Suisse, pour éviter une fuite de leurs clients (et surtout de leurs capitaux !). Des postures intenables dans le contexte de crise persistante en Europe.
Vote à l'unanimité
Car la fraude galopante est plus insupportable que jamais pour nos économies. Pour tous ces États en mal de trésorerie, en quête de lendemains meilleurs pour les peuples à bout de souffle, soumis à l'austérité et aux affres d'un chômage record. Alors que la zone euro est engluée dans la récession, l'Europe doit donc absolument convaincre tous ses membres de lever leurs ultimes résistances.
Le changement des règles fiscales impose un vote à l'unanimité des 27. Pourquoi attendre pour agir ? Échouer, là, laisserait à penser que le scandale perdure à nos portes, au vu et au su de tous, alors que la fraude contribue à accroître le niveau d'endettement des États, détruit la possibilité de concurrence loyale entre les firmes honnêtes et les tricheuses.
La Suisse y mettrait-elle aussi de la mauvaise volonté ? Non-membre de l'UE mais place financière incontournable, elle ne veut pas entendre parler de nouvel arrangement avec les Européens tant qu'il n'y aura pas de standard mondial sur l'échange automatique d'informations de certaines données bancaires. La Commission européenne, mandatée pour renégocier des accords fiscaux avec elle comme avec Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Liechtenstein, plaide pourtant pour que le principe d'un tel dispositif voie le jour au 1er janvier 2015. Que dira la Grande-Bretagne plutôt adepte, comme d'autres, d'accords bilatéraux ? Là encore, les chances de consensus restent faibles.
Fer de lance dans ce combat, la France, elle, continue la traque sans merci de ses exilés fiscaux, quitte à durcir son arsenal répressif. Mais quid de la fraude sociale estimée à 20 milliards d'euros annuels ? De l'économie souterraine ? Le seul travail au noir pèserait entre 6 et 10 % du Produit intérieur brut. Certes, c'est moins qu'en Bulgarie, en Grèce, en Italie ou en Allemagne. Mais dans un pays où un euro sur cinq échappe déjà à l'impôt, peut-on, sérieusement, s'en réjouir ?

L'Europe, remède miracle et bouc émissaire

Selon la presse, François Hollande veut « sortir l'Europe de sa langueur ». On se demande dans quel dimension il vit pour proférer pareil propos. L'Europe n'a jamais été aussi active. Entre l'aide au pays en difficultés, et la réforme bancaire, elle n'a jamais évolué aussi rapidement.

Ce que veut Hollande, c'est que l'Union européenne emprunte pour donner de l'argent à ses membres. C'est toujours l'idée d'une relance par l'endettement financée par l'Europe que veut le socialiste. Il se place ainsi dans la continuité de l'utilisation que font les politiciens français de l'Europe.
Quand il s'agit de voter un référendum, l'Europe est parée de tous les atouts. Ceux qui votent contre sont des europhobes. Car l'Europe doit permettre à la France d'imposer sa politique à tout le continent. Par contre, quand la France connaît des difficultés économiques, c'est la faute à l'Europe. Celle-ci libéralise les services, et tire les salaires vers le bas, où elle maAintient un euro trop fort et pénalise les exportations françaises.
Aujourd'hui, Hollande refuse toute réforme en France et attend le salut de l'Europe. Pourtant, croire qu'un emprunt européen relancera par miracle l'économie est une totale absurdité.
En effet, pour emprunter, l'Union européenne a deux solutions. Soit les États membres garantissent les emprunts. Ce qui fait que les emprunts dépendent de leur capacité à rembourser, finalement. C'est déjà ce qui existe aujourd'hui pour l'aide aux pays en difficultés. Et ne change rien pour la France.
Soit l'Union européenne instaure un nouvel impôt, sur les citoyens, les entreprises ou les nations, pour rembourser l'emprunt. Ce qui signifie des prélèvements supplémentaires sur la France. Et donc plus d'austérité. D'autant que la France est la deuxième économie de la zone euro. Elle supporterait une part importante d'un emprunt européen.
De plus, le taux d'intérêt d'un emprunt européen ne serait pas forcément très bas. Il dépendrait de la situation de l'Union dans son ensemble. Le taux pourrait dépendre du maillon le plus faible. Un problème en Espagne et le taux augmenterait. Finalement, la France devrait, indirectement, payer un taux plus élevé que pour ses propres emprunts.
Hollande considère sans doute que c'est l'Allemagne qui paiera. Mais l'Allemagne n'a pas une situation budgétaire si saine. Son endettement est important, du même ordre que celui de la France. D'autre part, l'Allemagne n'est pas assez grande pour financer l'Europe à elle seule. La France est la deuxième économie de la zone euro, l'Italie la troisième. L'Allemagne n'est pas à ce point puissante pour financer ces pays.
François Hollande propose donc un emprunt européen sans se soucier des modalités qu'il pourrait prendre. Dans la droite ligne de l'attitude des politiciens français vis-à-vis de l'Europe. Et se défausse sur l'Europe des problèmes de la France : si la France va mal, c'est la faute à l'Europe qui ne veut pas l'aider !
Et pourtant, la France a beaucoup profité de l'Union. Son agriculture s'est construite avec l'Europe. L'euro a maintenu des taux d'intérêt très bas pour les entreprises et les particuliers. L'euro a permis à la France d'emprunter à des taux très bas, et continue de lui permettre d'emprunter à des taux très bas. L'euro permet le déficit budgétaire, et la politique de relance que mène le pays. En effet, les établissements financiers de la zone euro ont des obligations d'investir en euro, et dans des titres d’État. La France, dans une Europe en crise, est un des pays les moins mal en point. Elle a une économie diversifiée. Son marché obligataire est large. Donc des capitaux affluent pour financer la France. Ils affluent d'autant plus que les difficultés d'autres pays réduisent le choix des gérants de fonds.
Malheureusement, la France n'a pas utilisé les facilités que lui offre l'Europe pour chercher à améliorer son économie. Elle en a profité pour ne rien faire. Et elle accuse l'Europe qui l'aide de l'obliger à des efforts, alors que l'Europe soulage les efforts que la France devrait faire sans elle. Ce faisant, elle crédibilise les extrémistes qui accusent eux aussi l'Europe.
L'Europe est une grande idée. Elle a permis la paix. Là est son plus grand apport. Auparavant, une crise comme celle d'aujourd'hui entraînait une guerre. Ce sont les leçons des guerres qui ont conduit à l'Europe. Malheureusement, les politiciens ne respectent rien. Ils sont prêts à gâcher une belle idée à leur intérêt personnel.


mardi 21 mai 2013

La mort de la Sécu


Sur le papier, ça paraît du simple bon sens : pour sauver la Sécurité sociale, les plus riches peuvent faire un effort. Le gouvernement s’apprête donc à réduire les allocations familiales des ménages gagnant plus de 5.000 euros par mois, soit un ménage sur six. Dans la même veine, une étude publiée par l’Insee propose de moins bien rembourser les dépenses de santé des ménages les plus aisés. Lors d’une consultation chez le médecin, le "reste à charge" serait modulé en fonction des revenus de chacun. Du simple bon sens? Et pourtant, il y a de quoi mettre à mort la Sécurité sociale!
Avec ce genre de mesure, on met le doigt dans un système à deux vitesses. Sournoisement, la Sécurité sociale se recentre sur les pauvres, comme le Medicare aux États-Unis. Tandis que les riches, eux, finiront par souscrire des assurances privées. C’est le début de la fin de la "Sécu pour tous" avec son principe fondateur : "Cotiser selon ses moyens. Recevoir selon ses besoins." Le gouvernement se trompe s’il croit faire oeuvre de justice sociale. S’il veut aider les plus défavorisés, il existe un autre outil bien plus efficace : l’impôt sur le revenu. Avec l’impôt sur le revenu, on sollicite tous les ménages aisés, y compris ceux sans enfants, qui sont épargnés avec cette réforme.
Quant aux économies attendues (un milliard d’euros), à terme, on ouvre la voie à la paupérisation de Sécurité sociale. Aujourd’hui, le système est accepté de tous, car il est universel. Riche ou pauvre, tout le monde est traité de la même façon. En remettant en cause cette universalité, on risque de faire fuir les plus riches. Rien ne dit que – dans quelques années – une directive européenne ne viendra pas abroger le monopole de la Sécurité sociale, permettant aux ménages les plus aisés de passer exclusivement par des assurances privées. Ce sera alors la fin. Voilà comment on passe du "simple bon sens" à la mort de la Sécu!

Noyon. Un arrêté municipal pour interdire les tracts contre la loi Taubira


Le maire de la ville de Noyon vient de prendre un arrêté interdisant la distribution de tracts « Non à la loi Taubira, non à l'adoption PMA-GPA pour tous ».
Pour bâillonner ses adversaires, Patrick Deguise, maire PS de cette ville de l'Oise, a pris un arrêté sous le prétexte fallacieux que la distribution de ces tracts pouvait entraîner « des risques de trouble à l'ordre public ».

En France, la liberté d'expression écrite est pourtant garantie par l'article 11 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et par l'article 10 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision du maire socialiste d'interdire la distribution de tracts d'appel à la manifestation du 26 mai est donc une très grave entrave à la liberté d'expression. Le socialisme sous Hollande prend une tournure de plus en plus dangereuse qui tente de faire taire ses opposants.
Face au mépris et à la censure de la gauche, nous sommes plus que jamais mobilisés.
Le 26 mai, tous à Paris ! Le collectif non au mariage homo et l'adoption homo étant étonné de cette information a vérifié l'existence de cet arrêté en appelant la mairie. Il s'avère que celui-ci est bien réel !

DÉMAGOGIE SOCIALISTE


2 personnels de sécurité à vélo dont un en cravate, 1 monospace (pour mettre le vélo), 1 équipage à moto ...

Le féminisme à géométrie variable, ça suffit !


Une partie des féministes a une vision à géométrie variable de ce qu'est le féminisme, de la nature de ce qu'il devrait combattre et se contredit sur les méthodes.
Il y a quelque chose de comique chez les féministes : c'est leur vision à géométrie variable de ce qu'est le féminisme, de la nature de ce qu'il devrait combattre et des contradictions sur les méthodes.
Prenez Ségolène Royal, qui sort un livre ces jours-ci, accompagné d'un gros plan de communication chez les médiasmainstream type le Huff Post. Ne trouvez-vous pas insupportable de lire que, selon Ségolène Royal, si elle n'a pas été soutenue par le PS et élue par les Français en 2007, c'est parce qu'elle était une femme ? Quelle arrogance de la part de cette Énarque ancienne ministre,  vis-à-vis de tous les hommes et femmes politiques qui n'atteindront jamais son niveau de pouvoir. N'est-elle pas présidente de conseil régional ? Ce qui est drôle avec les féministes de gauche, c'est que, quand ils échouent, c'est forcément de la faute à la société, jamais de la leur.

Si le brave Olivier Falorni a gagné en 2012 face à Ségolène Royal, c'est, non pas parce qu'il était un homme, mais parce qu'il était un petit, un sans grade face à a toute puissance d'une personne soutenue par l'état major socialiste.
A droite aussi, la notion de féminisme n'est pas très claire. Déjà, on cherche toujours à savoir si les conservateurs défendent la thèse essentialiste (les femmes ont des qualités intrinsèquement liées à leur sexe) ou non. Ensuite, on aimerait bien que l'UMP explique comment on peut défendre un idéal de parité alors que la vie politique française est dominée par le scrutin majoritaire à deux tours. A moins que l'on ne mette que des femmes en candidate, il n'y a par définition aucune garantie pour que des élections fassent élire 50% de femmes, c'est de la pure logique.
Des femmes au pouvoir, il y en a eu, et il y en a. Toutes n'ont pas eu besoin de quotas. Sauf preuve du contraire,Margaret Thatcher s'est imposée à la tête des Tories puis du Royaume-Uni à la force de son seul mérite, et par les idées. Maintenant, si les féministes à géométrie variable veulent vraiment aller jusqu'au bout de la logique des quotas, qu'elles s'attendent à trouver sur leurs routes les minorités qui seraient elles aussi éligibles à de tels dispositifs. Si, par exemple, le seul argument d'Anne Hidalgo, la candidate à la mairie de Paris, est "il faut une femme à la tête de Paris, nous sommes 53% de la population de la ville", très bien, mais dans ce cas, que propose t-elle pour qu'on soit sûrs que le personnel politique parisien reflète vraiment la sociologie de la ville, dans toutes ses dimensions (économiques, ethniques, raciales, religieuses) ?
Face au féminisme de quotas, il y a le féminisme de promotion de l'Humanité toute entière, comme le montre l'action de femmes telles que Christine de Saint Genois, qui a reçu fin 2012 les palmes de l'excellence, pour sa carrière exceptionnelle et sa lutte pour la liberté et la dignité des femmes dans le monde (voir le communiqué de presse d'Alternative Libérale).

8 000 contribuables imposés à plus de 100% de leurs revenus en 2012


C'est le quotidien économique Les Echos qui a révélé ces chiffres, samedi 18 mai. D’après les calculs du ministère des Finances, 8 010 foyers fiscaux ont payé tous impôts confondus en 2012 plus de 100% de leur revenu fiscal de référence de l’année 2011. Il s'agit souvent de personnes possédant un très gros patrimoine. La même année, 11 960 foyers ont été imposés à plus de 75% de leurs revenus, et 9 910 à plus de 85%.
Le collectif budgétaire de l’été 2012 explique en partie cette situation. Le gouvernement Ayrault a fait voter une contribution exceptionnelle sur la fortune, surtaxe d’ISF, destinée à compenser ponctuellement le coût du bouclier fiscal, qui donnait encore lieu à des remboursements. Cette contribution, qui ne s’est appliquée que l’an dernier, ciblait les patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros et n'était pas plafonnée.
En 2011 déjà, plus de 5 200 foyers étaient imposés à plus de 100% de leurs revenus.

Parlement : vacances du 26/07 au 9/09


Le calendrier est fixé. Les travaux parlementaires cesseront le 26 juillet pour reprendre le 9 septembre, a déclaré mardi le ministre des Relations avec le Parlement devant les députés écologistes, qui ont déploré l'absence de tout calendrier pour l'instant sur la PMA ou la transition énergétique."Alain Vidalies est venu nous présenter les perspectives d'agenda de l'Assemblée nationale, avec des travaux jusqu'au 26 juillet, puis une pause pour les vacances et une reprise le 9 septembre, ce qui permet d'avoir un peu de visibilité. Nous avons déploré des manques" dans le calendrier, a déclaré à la presse la coprésidente du groupe, Barbara Pompili.
Concernant le texte sur la transition énergétique, "pour l'instant pas inscrit à l'ordre du jour, il a tenté de nous rassurer en nous disant qu'il fallait qu'il soit rédigé pour qu'il puisse le mettre dans son circuit. Sur la réforme du code minier, pas inscrite non plus, il nous a affirmé que cela passerait a priori à la fin de l'année. Quant au texte famille avec la PMA (procréation médicalement assistée, ndlr), que nous avons évoqué, Alain Vidalies a dit que le gouvernement le mettra à l'agenda après l'avis du Conseil national d'éthique, pour ne pas influencer le Conseil en lui forçant la main pour qu'il donne un avis trop vite", a-t-elle ajouté. Au sujet des retraites, a noté le coprésident des députés écologistes François de Rugy, "pour ne pas donner une date couperet aux partenaires sociaux, le projet de loi n'est pour l'instant pas inscrit dans telle ou telle période de la rentrée, alors que l'intention est d'avancer sur cette question après l'été comme annoncé par le président de la République".
Quant à la réunion du Parlement en Congrès à Versailles le 22 juillet sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le ministre a déclaré qu'elle aurait lieu si la majorité requise des trois cinquièmes des parlementaires était acquise, a rapporté sa collègue de la Somme.

    La potion amère de Maître Lescure


    La taxe proposée par la "Mission Lescure" ne risque-t-elle pas de pénaliser davantage le consommateur et de fragiliser les relais de croissance économiques ?
    Les travaux du groupe de travail dirigé par Pierre Lescure avaient pour ambition d’être le fondement d’une nouvelle politique culturelle à l’ère du numérique, censée apporter des solutions durables à la crise que traversent les producteurs français de contenus culturels, confrontés à la révolution du passage au tout numérique. Au-delà d’un diagnostic raisonné et équilibré de la situation, force est de constater que ce sont toujours les mêmes vieilles recettes qui sont appliquées : créer une nouvelle taxe et faire payer au consommateur notre incapacité à réformer un système de financement inadapté aux nouvelles habitudes de consommation.
    Une double peine pour le consommateur

    Assurer un financement pérenne de la création culturelle, mise à mal par les téléchargements illégaux et les difficultés de ses bailleurs de fonds, relèvent sans doute de la quadrature du cercle. Mais faut-il pour autant céder à notre « pêcher mignon » national et s’en remettre à une énième taxation pour « sauver le soldat Ryan » en mauvaise posture ? Taxer tous les terminaux dotés d’une connexion internet : ordinateurs, smartphones, consoles de jeux et autres tablettes, reviendrait en effet avant tout, plutôt qu’à s’attaquer aux profits des géants du web comme on nous le présente un peu vite, à appliquer au consommateur une double peine, puisque les ayants droit sont déjà rémunérés pour l'accès aux contenus culturels sur les plateformes légales par le biais de la taxe sur la copie privée. Monsieur Lescure aurait-il oublié que 25% de cette taxe sont déjà destinés à des actions d’aide à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à la formation des artistes ? Une autre part, pour ne pas dire la plus importante, profite aux créateurs, artistes-interprètes aux producteurs ainsi qu'aux ayants droits. Il ne s’agirait donc là que d’une nouvelle taxation massive et aveugle (86 millions d’euros de recettes espérées), sans considération de l'usage réel de ces supports, comme la fait remarquer l’association de consommateurs CLCV.
    Et pour quelle efficacité économique ?
    Ne risque-t-on pas en surtaxant ces outils de communication, de fragiliser des relais de croissance et de développement pour des secteurs en pleine expansion comme le commerce en ligne ? Dans un contexte économique peu favorable où le pouvoir d’achat est déjà mis à rude épreuve, ne risque-t-on pas d’inciter les consommateurs à privilégier les matériels low cost produits à l'étranger, constituant ainsi un manque à gagner pour l’État (pertes de TVA), pour les distributeurs nationaux (nombreux emplois menacés) et pour les ayants droit, comme l’ont fort justement rappelé les industriels du secteur ?
    L’essor des technologies numériques est pourtant présenté par la Mission Lescure elle-même comme une « opportunité inédite » pour l’accès de tous les publics aux œuvres culturelles, plutôt que comme une menace pour leur diffusion et leur diversité. Il serait dommage d’en brider maladroitement le développement en considérant ce secteur porteur de notre économie, comme une nouvelle source de financement que d’autres, si nous n’y prenons garde, s’empresseront aussi de solliciter. Selon l’association France Digitale qui regroupe plus de 100 startups et investisseurs français, les entreprises du numériques pèsent désormais 1 milliard € de CA dont 39% à l’international. Elles affichent une croissance annuelle de 33%, un accroissement de leurs effectifs de 24% en moyenne chaque année et créent 87% d’emplois pérennes. Loin de l’image tentaculaire des Google, Apple et Amazon, ce secteur est constitué en très grande majorité de PME qui ne bâtissent pas leur fortune sur les ruines encore fumantes d’un modèle à l’agonie, mais participent pleinement au développement économique de nos territoires. Alors laissons-les travailler et prospérer au plus grand bénéfice de tous.

    5 caractéristiques des génies


    ✓ La créativité et l’ambition sont les deux qualités essentielles des génies
    Pour son livre « Creativity »,  le professeur Mihaly Csikszentmihalyi a interrogé 91 génies qui se sont distingués dans des disciplines variées, incluant 14 lauréats du prix Nobel.
    Il conclut que les génies se distinguent par deux qualités : la créativité et l’ambition. Ils sont fascinés par leur sujet d’étude, mais ce qui leur permet de distancer des individus plus brillants qu’eux, c’est leur désir absolu de réussite.
    ✓ Ce n’est pas une question d’études, mais de nombre d’heures consacrées à la discipline
    Dean Keith Simonton, un professeur à l’université de Californie à Davis, a mené une très vaste étude sur des génies nés entre 1450 et 1850, dont Leonard de Vinci, Galilée, Beethoven, et Rembrandt. Il a trouvé que la relation entre l’éducation et le génie ressemblait à un « U » inversé : les créateurs les plus éminents étaient ceux qui avaient reçu un niveau d’éducation modéré. Ce qui leur avait permis de faire la différence, c’était leur travail acharné. Beaucoup de génies n'ont jamais obtenu de diplôme universitaire. Ces conclusions rejoignent la théorie des 10.000 heures de pratique délibérée développée par Anders Ericsson.
    ✓ Testez vos idées
    Howard Gardner a étudié des génies tels que Picasso, Freud et Stravinsky et il a découvert qu’ils avaient la même façon d’analyser, d’expérimenter et de recueillir les commentaires des autres. Ils passent beaucoup de temps à réfléchir à ce qu’ils essayent d’accomplir, et à leur réussite, et lorsqu’ils échouent, ils réfléchissent aux nécessaires adaptations.
    ✓ Des sacrifices seront nécessaires
    10.000 heures de pratique délibérée, cela représente énormément de temps, et cela signifie qu’il y aura moins de temps disponible pour les autres activités. C'est ce qui explique pourquoi les petits génies sont souvent des adolescents introvertis. Les jeunes extravertis et populaires à l’école, à l’aise dans les relations humaines, sont moins enclins à cultiver leurs talents, parce la pratique d’un activité conduit à une solitude qu’ils exècrent.
    Au stade du génie, la dévotion peut frôler l’anormal et s’assimiler à une véritable pathologie de l’obsession.
    ✓ Travaillez par passion, pas pour l’argent
    La passion produit de bien meilleurs résultats que le simple appât du gain, et c’est ce qui mène au succès à long terme. Les œuvres des artistes peintres et sculpteurs qui peignent ou sculptent pour le plaisir sont socialement reconnues comme étant d’une valeur supérieure. Finalement, ce sont ceux qui sont les moins intéressés par les récompenses qui en raflent le plus. 

      Avenir morose en France : quitte ou double ?


      La France est en récession, le chômage augmente, la dépense publique est hors de contrôle et la dette colossale ne pourra être remboursée qu'en spoliant les citoyens, si tant est qu'elle puisse être remboursée. Il devient clair que l'avenir de la France est morose.
      L'une après l'autre, les entreprises mettent la clé sous la porte.Les success stories françaises sont de plus en plus exceptionnelles. La taxation des profits a réduit la capacité des entreprises à investir et, surprise, elles ne sont plus compétitives. La redistribution aplanit les revenus et, surprise, c'est la classe moyenne qui prend. Innovation et investissement se raréfient, et les offres étrangères qui permettraient d'impulser une nouvelle croissance dans les quelques entreprises françaises à succès sont refusées, non par leurs propriétaires et fondateurs, mais par le gouvernement. Quelques ministres décident de l'avenir d'entreprises qu'ils n'ont pas créées ni gérées, qui ne leur doivent rien, mais avec lesquelles ils ne peuvent s'empêcher de jouer - l'un des seuls jouets à leur portée qui ne soit pas trop abîmé ou usé.
      Concrètement, la France va s'enfoncer ou chuter ; à un rythme difficile à déterminer, elle va s'essouffler, perdre pied, et ce qu'on appelle poliment en économie "ajustement" ne pourra en France se faire sans heurts. Le retour à la réalité et à des principes cohérents avec celle-ci sera nécessairement douloureux pour une partie des Français, à qui on devra expliquer que personne ne leur offrira l'accès à tous leurs désirs illégitimes ou de protection contre tous les risques de la vie. On devra leur expliquer qu'il n'y a rien de gratuit, que les interactions humaines sont décidées par les individus et pas par l’État, qu'on ne peut pas plus "relancer la croissance" qu'on ne peut "inverser la courbe du chômage". C'est possible en quelques mots, étrangement peu utilisés en français : "There is no free lunch".
      Il faudra donc expliquer aux Français que l’État-providence n'est pas simplement un joli bouton sur lequel on appuie et qui donne automatiquement à tous des droits sympathiques ; la "solidarité" sur laquelle il repose n'est pas offerte par l’État, mais réalisée par lui avec la richesse de ceux qui en produisent. Il y a de très belles citations sur le sujet [1], mais si on veut que les Français comprennent bien comment les choses fonctionnent dans la vie, quelques mots suffisent : "If you want a guarantee, buy a toaster".
      Les Français, après des décennies de martèlement, sont désormais convaincus que les richesses sont destinées à être redistribuées avant tout ; ils ne comprennent pas plus le concept de propriété privée qu'ils n'en acceptent les implications. La réussite crée des devoirs envers tous ceux qui n'ont pas réussi et ne force ni l'admiration, ni le respect ; au mieux, celui qui réussit s'en est bien tiré en ayant bénéficié de conditions favorables. Jamais le talent individuel n'entre en compte ; l'égalité poussée trop loin (i.e. au delà de l'égalité des droits) n'admet pas que nous puissions être différents, sauf pour tenter d'imposer toujours et partout une improbable diversité. La lutte contre les discriminations est devenue une lutte pour les discriminations forcées.
      Tout ce système de redistribution forcée repose sur l'hypothèse, simple mais forte, que les individus qui le peuvent choisiront toujours de produire et qu'on pourra, si ce n'est pas le cas, les forcer à le faire. Toute décision imposée par l’État est, en dernier ressort, assise sur son possible recours à la force. En clair, le système français (ou "modèle français" pour les fans) repose sur l'idée que les producteurs de richesse produiront de quoi redistribuer. Et pour les Français un tant soit peu ambitieux, cela veut dire que, s'ils restent en France, ils seront forcés de contribuer à ce système. Qui ne pourra qu'exiger d'eux de plus en plus.
      La bonne nouvelle, c'est qu'en faisant tourner un planisphère et en arrêtant leur doigt au hasard, ils tomberont difficilement sur un pays moins libre.
      Le degré de liberté n'est pas le seul critère à prendre en compte, mais il est étrangement corrélé avec le développement, la richesse produite par habitant et des tas d'autres critères sympathiques. Compte tenu de la situation du marché de l'emploi en France et de la facilité d'y créer, gérer et développer une entreprise, il ne sera pas difficile de faire mieux ailleurs. Mais attention, on n'a rien sans mal. Les jeunes Espagnols s'en plaignent déjà: partir, c'est dur. Et Contrepoints l'a déjà bien expliqué : on a tous de bonnes raisons de rester. Mais au regard de ce qui attend les Français, le choix est assez simple : ce sera quitte, ou double.
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      Note :
      1. Dans la mesure où les choses dont l'homme a besoin pour survivre doivent être produites, et où la nature ne garantit le succès d'aucune entreprise humaine, il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de garantie d'une sécurité économique. L'employeur qui vous donne un emploi n'a aucune garantie que son entreprise va rester en activité, que ses clients vont continuer à acheter ses produits ou services. Les clients n'ont aucune garantie qu'ils auront toujours la capacité et l'envie d'échanger avec lui, aucune garantie de ce que leur besoins, choix et revenus seront dans le futur. Si vous vous retirez dans une ferme autonome, vous n'avez aucune garantie vous protégeant des conséquences d'une inondation ou d'un ouragan sur vos terres et vos cultures. Si vous laissez tout aux mains du gouvernement et lui donnez tout pouvoir pour planifier l'économie dans son ensemble, cela ne garantira aucunement votre sécurité économique, mais garantira l'abaissement de la nation entière à un niveau de pauvreté misérable – le résultat pratique que toutes les économies totalitaires, communistes ou fascistes, ont démontré.
        Moralement, la promesse d'un impossible "droit" à la stabilité économique est une infâme tentative d'abrogation du concept de droits. Elle ne peut signifier et ne signifie qu'une seule chose : la promesse de réduire en esclavage tous les hommes qui produisent au bénéfice de ceux qui ne travaillent pas. "Si certains hommes ont le droit de bénéficier des fruits du travail des autres, cela signifie que ces autres sont privés de droits et condamnés à travailler en esclaves."* Il ne peut y avoir de droit de réduire en esclavage, i.e. de droit de détruire les droits.