TOUT EST DIT

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mardi 21 mai 2013

Et maintenant, la Sécurité Sociale en fonction du revenu. Ben voyons.


Si vous avez un sentiment désagréable lorsqu'on vous parle de sécurité sociale, de système de soins français que le monde nous envie, et d'excellents remboursements de prestations médicales, c'est normal : plus personne ne semble réellement croire à ces fariboles. Le problème avec les systèmes collectivistes, c'est que même lorsqu'on a cessé d'y croire, il faut continuer à les financer. Et en période de crise, ça pose de furieux problèmes.
C'est un peu toujours le même problème avec les bonnes intentions mal boutiquées financées sur la bonne volonté, les calculs faux et une bonne dose de mensonges optimistes : ça finit toujours en catastrophe budgétaire. De ce point de vue, l'ensemble des différentes branches de la sécurité sociale (chômage, maladie, retraite) répond de façon parfaitement prévisible à ce qu'on pouvait attendre d'un système collectiviste qui aura soigneusement détaché les responsabilités de ceux qui coûtent aux devoirs de ceux qui payent : c'est la faillite.
Oh, bien sûr, pour le moment, on louvoie, on bricole, on travestit un peu la réalité parce qu'on la sait douloureuse et ce peuple enfantin que les politiciens dirigent ne pourrait encaisser pareille nouvelle. Pensez donc ! "Votre retraite ? Des nèfles. Les indemnités chômages ? Cacahuètes. Les remboursements sécu ? Peanuts." Voilà qui n'est pas très vendeur électoralement parlant.
François Bricorama et Jean-Marc Jardiland occupent donc le terrain pour arrondir les angles qu'on va de toute façon se prendre dans la pommette. Avec les retraites, ce qui était du domaine de l'impossible (augmenter la durée des cotisations) est redevenu réalité dans la décontraction qui caractérise les gens déjà élus dont les promesses n'engagent finalement personne, pas même ceux qui les ont écoutés, ces derniers étant endormis on ne sait trop où.
Pour le chômage, ne vous inquiétez pas : les tours de passe-passe statistiques suffiront à pipeauter le peuple. Dans mon godet droit, la catégorie A. Dans mes deux autres godets, du vide élyséen. Je déplace un peu par ici, un peu par là, zip, zoup, la main est plus rapide que l’œil, zip, zoup, catégorie D, catégorie E, ni vu, ni connu, zip, zoup, et où sont les chômeurs ? Dans le godet du milieu ? Non. Dans le godet de droite ? Non plus. Celui de gauche ? Eh non. Disparu. Pfuit. Sacré François.
Quant à l'assurance maladie, il en ira de même : puisqu'on n'arrive plus à boucler les budgets, dépensons l'argent autrement, c'est-à-dire arrêtons de le dépenser, et, si possible, continuons de faire payer ces cochons de riches (pour rappel, est riche en France celui qui gagne plus de 1700€ net, le salaire médian). Comment allons-nous nous y prendre, et surtout, quelle gélatine devra enrober le suppositoire à hameçon pour qu'il s'insère sans douleur ?
Le plus simple, dans ce genre de cas, c'est de faire appel à quelques chercheurs du CNRS triés sur le volet pour être à l'économie ce que l'aspartame est au glucose. Le mode de fonctionnement est simple, regardez : on insère une subvention de recherche dans la fente ici, on pousse sur le gros bouton rouge là, cela fait un petit ronronnement rassurant, et en quelques minutes, un "plonk!" mat nous indique qu'une étude vient de tomber. Et ce sont donc Pierre-Yves Geoffard (CNRS) de la Paris School of Economics et Grégoire de Lagasnerie (doctorant au CNRS) qui décrochent la timbale en préconisant de réformer le système de remboursement de la Sécurité Sociale en prenant en compte le revenu des malades.
Oh, une réforme ! Que voilà une bonne idée ! Il est vrai que la réforme des systèmes collectivistes, en France, se faisait attendre puisqu'on n'en parle qu'une fois ou deux par an.

Cette fois-ci, on part donc de la constatation, navrante, que "malgré sa générosité, le système français ne réussit pas véritablement à garantir à l'ensemble de la population une couverture suffisante à un prix acceptable". Zut alors. Et pour corriger cela, rien de tel qu'instaurer un système de franchises et de plafonds, en proportion des revenus des assurés sociaux pris individuellement (et non en ménage). Miam.
Eh oui : de la même façon que votre assurance auto ou habitation est plus chère si vous êtes un salaud de bourgeois ou très abordable si vous êtes un adorable pauvre, on va moduler l'assurance santé en fonction de vos revenus. Parce que la Sécurité Sociale n'assure pas un risque, au contraire des assurances capitalistes et assez scandaleusement égalitaires au point de ne faire aucune différence entre l'assurance du pauvre et l'assurance du riche. La Sécurité Sociale n'assure rien. Ce n'est plus son rôle. Fini. Maintenant, elle est un outil qui va vous faire payer une situation sociale, qui va vous facturer votre opulence, vous punir de votre entregent, votre intelligence, ou votre meilleure fortune. Quelle idée lumineuse ! Se faire rembourser au lance-pierre pour un traitement approximatif décidé au cours d'une séance de 15 minutes chez un praticien stressé et sous-payé ne permettant pas d'équilibrer les comptes, on passe donc à l'étape suivante : plus de remboursement du tout si vous êtes correctement habillé, ponctuel, que vous parlez bien ou que vous avez un salaire honteusement discriminant face aux populations dans le besoin.
On peut le dire, c'est bien fait. Fallait pas être riche, ni voter socialiste. Tant pis pour vous. On vous avait prévenu.
Et puis, après le mouvement déjà entamé qui a cadenassé les salariés aux complémentaires santé, comment vouliez-vous compter sur une libéralisation de la Sécu ? Je vous le rappelle : le peuple français ne veut pas de ce méchant ultra-turbo-libéralisme qui croûte 56% du PIB ! Il n'en veut tellement pas que d'ailleurs qu'il s'en enfuit de plus en plus, dans le silence opaque d'une presse qui s'obstine à faire un travail mémorable sur le sujet (de ce point de vue, Contrepoints est, réellement, le seul organe qui diffuse le fait pourtant avéré qu'on peut s'extirper des organismes collectivistes de sécurité sociale). On arrive à un rythme de 500 individus par semaine qui se disent que le changement, c'est maintenant et le collectivisme, c'est super, mais c'est pas pour eux...
Sécurité sociale
On le voit : la situation se dégrade, les idées de plus en plus consternantes se répandent dans le gouvernement, et comme ça ne marche toujours pas, c'est qu'il n'applique pas suffisamment ses recettes pourries à tout ce qu'il peut. Et puisque la Sécurité sociale est maintenant en faillite, pourquoi ne pas étendre l'idée à l'immobilier ?
Oui, vous avez bien lu : l'inénarrable Cécile Duflot propose actuellement de badigeonner le secteur de l'immobilier, déjà gravement touché par les interventions de l’État, d'une bonne nouvelle couche d'interventionnisme et de collectivisme en (au mieux) rendant obligatoire l'assurance privée, ou, au pire et selon toute vraisemblance, ce qui sera choisi, en instaurant une "sécurité sociale du logement" alimentée à parts égales par les propriétaires et les locataires. Dans les colonnes du Monde,Jean Perrin, président de l'Union nationale de la propriété immobilière, remarque avec la méchanceté de ces esprits perfides typiquement turbolibéraux que c'est une « idée absurde d'une caisse, quand on voit le trou de la Sécurité sociale ».
Il n'y a pas à tortiller : si vous pensiez que pour la France, le pire était atteint, c'est que vous manquiez d'imagination.
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« Mariage pour tous » : principe contre principe


La loi ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe, adoptée le 23 avril dernier, a été promulguée samedi 18 mai. Le Conseil constitutionnel a en effet décidé de valider le texte dans sa totalité, reconnaissant au législateur le droit de modifier une disposition ancienne qui réservait le mariage à l’union d’une femme et d’un homme. Les juges, de même, ont estimé que les parlementaires avaient toute latitude pour considérer « que l’identité des sexes ne constituait pas un obstacle à l’établissement d’un lien de filiation adoptive ». Seule réserve : le Conseil précise que cette loi « n’a ni pour effet ni pour objet de reconnaître aux couples de même sexe un droit à l’enfant » et rappelle que dans toute adoption, il convient de tenir compte avant tout de l’intérêt de l’enfant.
Tous ceux qui se sont battus pour que soit repoussée cette loi, qui bouleverse le sens du mariage, union d’un homme et d’une femme, en vue d’établir un lien de filiation, seront profondément déçus par cette décision, attendue comme un dernier recours possible après tant de désillusions successives. Mais le Conseil constitutionnel n’émet pas un avis basé sur des considérations anthropologiques ou morales ; il s’interroge sur la conformité d’une loi avec les principes fondamentaux de la République, et a dû trancher entre deux visions de ces principes : la définition du mariage ou l’égalité de tous les citoyens ; il a opté en faveur de la seconde. Sans résoudre une contradiction – soulevée d’ailleurs par la réserve émise à propos de l’adoption : qu’en est-il du tiers, de l’enfant et de ses droits ?
Il est possible de comprendre la réserve du Conseil constitutionnel comme une sorte d’avertissement pour la suite, pour rassurer ceux qui pensent qu’après l’étape du mariage, toujours au nom de l’égalité, viendront automatiquement les revendications de procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui. La loi sur le mariage n’ouvre pas ce « droit à l’enfant », prévient-il. C’est sur cette interprétation que se battront désormais les opposants au « mariage pour tous » qui préparent une grande manifestation dimanche. Non pas comme un baroud d’honneur, ni par défi. Mais pour rappeler au gouvernement que pour engager de tels changements de civilisation (puisque les promoteurs de la loi revendiquent eux-mêmes cette interprétation), il est primordial d’en mieux mesurer les enjeux et les conséquences ;  il est nécessaire d’engager un profond débat avec les citoyens, sans jeter l’opprobre sur ceux qui ont l’audace de penser autrement.

Un mal social


Les urgences hospitalières sont un lieu indiqué pour prendre le pouls de notre monde. Ce qui s’y passe va bien au-delà de la prise en charge d’une somme de traumatismes et d’affections. Comme si le trop-plein de misère physique, d’abandon social voire d’incivisme que produit une collectivité avait trouvé son déversoir dans l’accueil hospitalier d’urgence.
La saturation du dispositif français d’urgence relève pour une part de phénomènes bien palpables : vieillissement de la population, épidémies saisonnières, démographie médicale défavorable et évolution de la pratique des médecins de ville, eux aussi plus soucieux de leur vie privée, voilà qui draine dans les établissements de santé un nombre sans cesse croissant de patients. Mais l’engorgement procède aussi de comportements typiques de l’époque, assez proche d’un consumérisme de santé. Par facilité, par négligence mais aussi par manque de régulation médicale, des patients vont aux urgences sans qu’il y ait urgence. Au point qu’une bonne part de l’activité pourrait être différée.
Avant que de hurler à la paresse et à l’inconséquence de nos citoyens, il convient de ne pas négliger que, pour certains, parents isolés, personnes non valides, indigents, les parcours de santé sont devenus trop complexes, voire hermétiques. Et que la crise, encore elle, est passée par là : si d’aucuns passent des heures à attendre aux urgences, c’est aussi parce qu’ils ne peuvent pas payer l’avance des frais ou un reste-à-charge.
Le recours de plus en plus important aux urgences est en quelque sorte un indicateur de la santé de notre système de soins. Chaque fois que, dans le maillage de l’offre médicale, dans l’organisation de la prise en charge ou dans la structuration de la solidarité à l’égard des plus faibles se manifeste un manque, c’est aux urgences que tout finit, même en l’absence de détresse vitale. On comprend le blues des urgentistes : la société entière leur arrive chaque jour sur un brancard.

Un Français s'attaque au continent de plastique


Nous polluons la nature et la mer. En l'espace de 40 ans, la mer est devenue une immense décharge publique. Nous devons agir, secouer les écolos endormis et autres politiques.

Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme six fois la France. Un continent d'ordures, le 7e continent, provenant de la consommation humaine, a pris forme. Le navigateur Charles Moore l'a découvert par hasard en 1999 lors d’une expédition et il a alerté Algalita, une fondation américaine de recherche océanographique. Le 20 mai, c'est un Français qui, à la tête de l'organisation 7e continent, a décidé d'aller sur place pour voir et faire des recherches. Patrick Deixonne, 48 ans, pompier de formation et skipper professionnel, a rejoint le domaine de la recherche pour dénoncer ce continent de poubelles et pour que les pays réagissent enfin et s'allient pour nettoyer la mer.
Expédition. Patrick Deixonne, chef de mission, Président d'OSL et membre de la Société des Explorateurs Français et son équipe ont financé leur expédition sur leur seul investissement personnel. Le propriétaire d'une Goélette a mis à
disposition son bateau pour que cette équipe d'irréductibles chercheurs et protecteurs de la nature puissent aller sur le 7e continent, ramener les preuves de son existence, de son étendue. Ce 20 mai, l'équipe de chercheurs et de professionnels de la mer devrait quitter San Diego pour se rendre sur le vaste continent d'ordures. Ils se donnent un mois pour analyser le terrain et devraient passer deux à trois semaines en mer. Leur embarcation est un Swan 47. A bord, ils ont une balise Argos pour pouvoir suivre leur parcours, cinq bouées dérivantes pour connaître les courants de surface, une bouée Gyroplastique pour caractériser les milieux traversés, des filets et des systèmes de filtration dans le but de collecter du plastique et du plancton.
Situation. Une couche de déchets pouvant atteindre 30 mètres d’épaisseur et représentant six fois la France menace la planète et ses habitants, les animaux comme les humains. Les déchets plastiques se dégradent extrêmement lentement et menacent l'écosystème et la santé humaine. Les poissons, la faune marine mais aussi les grands prédateurs comme les tortues, les oiseaux de mer ou les mammifères marins, avalent ces polluants. Les animaux marins et les oiseaux confondent les morceaux de plastique avec des proies et meurent par asphyxie. « Ces déchets finissent par former des micro-plastiques caractérisés par une taille inférieure à cinq millimètres. Ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normal. Ces polluants véhiculés par les plastiques sont ingérés par la faune marine. Certains ont la propriété de s’accumuler dans les organismes qui les consomment et peuvent avoir des conséquences sur la santé de ces animaux et celle de leurs prédateurs, dont l’homme fait partie (retour à l’envoyeur !) »,expliquent les chercheurs.Au bout de cette chaîne alimentaire, c'est l'homme qui est directement touché par cette pollution. Selon les chercheurs, cette importante superficie de poubelles qui se trouvent dans l'océan serait dans une zone peu fréquentée par la navigation : « Il n’y a pas de voiliers de plaisance, pas d'exploitation par la pêche industrielle, et on ne recense que quelques îles minuscules çà et là. Cela fait dix ans qu'on supposait l’existence d'une forte concentration de plastiques dans la zone. Greenpeace avait donné l’alerte à plusieurs reprises mais on ignorait l'étendue du problème jusqu’à ce qu’une organisation écologiste de la côte ouest des Etats-Unis, l'Algalita Marine Research Foundation (AMRF), publie les résultats de ses recherches au terme d’une enquête menée sur les dix dernières années ». Cet immense continent se trouve dans les eaux internationales et personne ne se sent obligé d'intervenir pour avertir et trouver des solutions adéquates. Actuellement, nous avons une absence quasi-totale d'initiatives publiques consacrées à la question des macro-déchets en pleine mer. 

Objectif. Sur place, les chercheurs vont faire des reportages afin de montrer au monde entier l'étendue des dégâts engendrés par l'homme. L'objectif est d'obtenir des solutions pour lancer une opération sur le long terme pour nettoyer la mer et stopper cette pollution qui menace notre environnement. « Notre équipe ne recherche pas la gloire ou la notoriété, mais bel et bien à nous informer sur l'ampleur de la pollution plastique. Grâce aux images que l’on va ramener, toute personne touchée par une photo, un film, ne se contente plus de la simple contemplation. S’ensuit un questionnement, et sûrement l’envie d’agir », explique le chef de mission. N

lundi 20 mai 2013

La fin des paradis fiscaux II, le retour


Cette fois, ce serait du sérieux. Les paradis fiscaux sont dans le collimateur du G7. Reste à savoir ce qu'on entend par paradis fiscaux…
« Les paradis fiscaux, c'est fini ! ». Ça, c'était du Nicolas Sarkozy dans le texte. C'était en 2009 et, à l'exception d'une liste ridicule de pseudo-paradis fiscaux, on n'avait strictement rien vu. Ce week-end, le G7 vient de remettre ça. On sourit d'autant plus que le sommet s'est tenu à Londres et que c'est George Osborne, chancelier de l'Échiquier du Royaume-Uni, qui pousse aux feux. A priori, c'est un peu comme si Al Capone organisait à Chicago un sommet contre les fraudes à la Prohibition.
Mais non, il ne faut pas sourire. Cette fois, ce serait vraiment sérieux. « Nous sommes en train […] de faire des pas de géant », assure même Pierre Moscovici, le ministre français des Finances. Sous la pression de l'opinion publique et, surtout, de la dette publique, tous les pays développés seraient vraiment décidés à en finir. Même les Anglo-Saxons qui, longtemps, ont profité du système.
Les autres paradis fiscaux sont sous pression. En Europe, l'étau se resserre sur le Luxembourg et l'Autriche. Une directive est prête à entrer en vigueur. La Commission européenne n'attend qu'un mandat des états membres pour négocier directement avec les paradis fiscaux européens. L'objectif est le même que celui du G7 : obtenir des échanges automatisés d'informations bancaires.
La Suisse, sous très forte pression, se dit prête à se plier aux demandes du G7. Elle pose toutefois à deux conditions. La première, c'est que les places exotiques (Singapour, Hong Kong…) fassent de même et, la seconde, c'est que tous les individus liés aux « trusts » soit concernés. Or, là, on touche au cœur du système anglo-saxon. Un trust, c'est un fondé de pouvoir, qui, aujourd'hui, n'a pas à révéler les propriétaires des sommes qu'il gère. Si George Osborne, et le gouvernement de sa Majesté, sont prêts à les sacrifier. Alors oui, ce sera peut-être bien la fin d'un monde.

Les mots

Les mots


Faisons crédit à François Hollande de sa maîtrise subtile du langage, de sa passion pour les mots, jeux de mots, jeux de cache-cache. Un art perfectionné au PS par sa pratique de la synthèse. Et facilité, désormais, par le théâtre de conférences de presse orchestrées par les services élyséens. Les questions n'ont pas l'air de surprendre. Le président choisit ses mots.
Ainsi le mot courage, sujet du livre de Ségolène Royal (lire ci-dessous). Attaque subliminale contre un président qui en serait dépourvu ? Le seul courage, répond-il, est celui qui donne des résultats (il cite le mariage pour tous), sinon c'est de la témérité. Et toc ! Ensuite, plus que les multiples recours au « je », ce qui frappe, c'est l'usage présidentiel d'autres mots, a priori libéraux.
Les mots entreprise, psalmodié plus souvent que dans les manuels d'économie, rigueur, compétitivité, investissements privés, rénovation du modèle social… La ligne économique du président fleure bon la social-démocratie. Horreur !
Car c'est du socialisme qu'il se revendique, après avoir banni ce mot six mois plus tôt. Un mot totem qui permet, dans cette période très tendue, de faire passer les réformes hollandaises sans être taxé de social-traître. Ainsi, pour parodier un certain abbé de Lattaignant, peut-on dire encore le mot, alors qu'on ne peut plus la chose ! Il est vrai que l'abbé, libertin, parlait d'autre chose.

Le maître du temps


Elle est bien loin, l'image du « Président normal » qui envisageait son mandat sous l'angle d'une relation « réenchantée » avec les Français. Elle a fait place à l'image d'un « Président volontaire » confronté à la crise et à l'impopularité. Devenu Président « au pire des moments », pour reprendre sa propre expression, François Hollande a bel et bien changé de statut. Sous la pression des événements, il a clairement affiché hier son « présidentialisme ». Du coup, sa deuxième conférence de presse sera apparue nettement plus consistante que la première. À ses habiletés coutumières et à son aisance dans le maniement des bons mots, il a ajouté une évidente fermeté de ton.
C'est en Président offensif qu'il s'est présenté. Pas question pour lui de renier les réalisations de l'An I du quinquennat et de s'abandonner à l'autocritique. François Hollande a préféré sortir sa botte secrète : si la France ne va pas bien, c'est parce que l'Europe est un continent malade de la récession. D'où l'impérieuse nécessité de sortir l'Union de sa langueur. Et François Hollande, nouveau général Europe, de décliner son initiative en quatre points avec, en particulier, une gouvernance économique de l'Europe et une harmonisation fiscale et sociale.
François Hollande se pose ainsi en défenseur de l'idéal européen qui ne doit être ni de gauche ni de droite. Reste, bien sûr, à convaincre nos partenaires, au moment où la gauche française dit pis que pendre de Merkel. En tout cas, le chef de l'État a été plus prolixe sur un retour de la croissance venant de l'Europe plutôt que de nos propres réformes structurelles.
Tout cela nous ramène au gouvernement que le chef de l'État n'entend pas remanier « maintenant ». Pour François Hollande, il n'y a qu'une seule ligne et un pacte gouvernemental qui va de soi (sic). Sans doute a-t-il voulu faire taire, provisoirement, les spéculations. François Hollande veut rester, coûte que coûte, maître du temps. Même quand cela paraît long à tout le monde.

Cours de bourse élevés, taux de chômage records, croissance molle : le Triangle des Bermudes de l’économie

Le mythique Triangle des Bermudes est une région de l’océan Atlantique entre Miami, Porto Rico et les îles Bermudes, dans laquelle on a relevé des disparitions mystérieuses de navires et d’avions depuis le 19ème siècle.
Il a un alter-ego économique, affirme Steen Jakobsen, Economiste en Chef de Saxo Bank : ce Triangle des Bermudes Economique est l’absence de volonté de prendre en compte les indicateurs économiques que sont les cours élevés en bourse, les taux de chômage record et les faibles croissance et productivité. Beaucoup de signes peuvent expliquer ces phénomènes, mais nos dirigeants et les banquiers centraux ne veulent pas les prendre en compte, car cette prise en compte serait désastreuse sur le plan politique. Ils préfèrent donc imprimer de la monnaie et dépenser cet argent en espérant que cela pourra produire de la croissance.
Pour les banques centrales, il s’agit de créer un sentiment positif qui conduira à stimuler les investissements. Elles utilisent la bourse comme indicateur. Or, la bourse a atteint des niveaux record récemment. Mais cela n’est pas un signe de santé de l’économie, estime Jakobsen, qui rappelle que seuls les 10% les plus riches investissent sur les marchés boursiers.
Avec les Abenomics, le Japon a choisi de créer une véritable bulle, mais rien n’indique que cette méthode va marcher, et Jakobsen observe même que le taux d’intérêt, qui aurait dû chuter avec l’impression de monnaie, a même augmenté brutalement au bout d’un mois seulement.
Lorsque ces mesures échouent à produire des effets réellement positifs, les politiciens ne concluent pas que leur politique était mauvaise, mais ils poursuivent la même stratégie en redoublant d’efforts. De cette façon, les pays industrialisés dont les économies sont stagnantes s'enfoncent dans une spirale de création d’argent pas cher, et d’augmentation de la dette. Et pendant ce temps, ils ne mettent pas en place les réformes structurelles douloureuses qui s’imposent pourtant.
An Allemagne, avec la perspective des élections, Merkel est placée face à un dilemme difficile : soit elle cède aux demandes de la périphérie et l’Allemagne risque de perdre sa cote triple A, soit elle poursuit l’austérité, mais cela pourrait compromettre les exportations et la croissance allemande à long terme. Jakobsen prédit que compte tenu des pressions qu’elle va subir de la part des Verts et du SPD, elle sera contrainte de poursuivre l’austérité, ce qui créera une impasse politique en Europe. Chaque pays européen devra donc accepter que la croissance ne pourra venir que d’une volonté de réformer et de prendre les décisions douloureuses.
Nous pourrions donc nous diriger vers une nouvelle crise, parce que les gouvernements et les banques centrales privilégient la création de bulles, et la probabilité d’éclatement de ces bulles augmente avec elles.
Alors que l’on aurait besoin d’inventeurs, de consommateurs et d’investisseurs, parce que le monde manque d’innovation, d’appétit pour la vie et de foi en nous-mêmes, « le Triangle des Bermudes économique a fait de nous tous des receveurs de bénéfices, créant une version de la vie dans laquelle nous choisissons de croire que le changement n’est pas bon », conclut Jakobsen. 

    L’hiver français

    L’hiver français
    On n’a jamais vu un dimanche de Pentecôte aussi froid et pluvieux, après des mois et des mois de mauvais temps et un hiver qui n’en finit pas… « Après la pluie vient encore la pluie » devrait dire le proverbe. Je suis tombé au hasard de mes lectures, sur une citation qui n’est guère plus optimiste : « Le bien ne vient pas nécessairement après le mal ; un autre mal peut lui succé
    der, pire » (Montaigne, Les Essais, tome III chapitre 9). Quand on parle avec ses voisins, avec les passants et les commerçants, le samedi au marché, un seul sujet revient dans les discussions : le mauvais temps qui semble ne  jamais devoir finir. Les Français sont tristes et sans illusion. Hier à la télévision, j’observais le parterre des membres du gouvernement qui assistaient à la conférence de presse du chef de l’Etat. La joie, sinon l’hilarité aux bons mots du président, se lisaient sur les visages. Dans quel monde vivent-ils, me suis-je demandé, ont-ils conscience du ressenti de la population ? C’est presque une lapalissade : le pouvoir isole, coupe des réalités et tous ceux qui ont servi dans les hautes sphères de la République se sont vus confrontés à ce dangereux penchant. Un peuple intelligent n’attend pas du gouvernement qu’il ramène le beau temps, ni même qu’il règle ses malheurs d’un coup de baguette magique. La démagogie, d’où qu’elle vienne, les promesses, la fuite dans les limbes et le déni de réalité le révulsent. En revanche, il exige d’être pris au sérieux par ses représentants au sommet de l’Etat. Les dirigeants nationaux tombent souvent dans ce travers maladif de sous estimer l’intuition populaire. 63% des Français n’ont pas trouvé le président convainquant (BVA). Dans une période aussi difficile, sur le plan de l’emploi, de la situation des jeunes, du pouvoir d’achat, de la sécurité, de la cohésion nationale, de l’ordre public, les Français ne souhaitent rien d’autre, au fond, qu’un discours de vérité, collant à la tragédie de cette période, un discours churchillien –sans verser dans le mélo – qui leur donne un horizon crédible, même au prix du sang et des larmes.


    Hollande est un "cancre qui redouble et s'apprête à faire pareil"

    Peut-on s'enivrer en prenant de l'alcool par l'anus?


    Cul-sec.com, un site Internet récemment lancé en France, affirme vendre des suppositoires à l’alcool permettant de s’enivrer sans crise d’estomac ni mauvaise haleine. Les auteurs du site se sontinspirés d’un phénomène apparu en 2011, et dont les médias américains ont longuement débattu pour savoir s’il s’agissait d’une légende urbaine: des jeunes essayant de se saouler en s’insérant des tampons imbibés de vodka dans le vagin ou l’anus. Est-il vraiment possible de s’enivrer en absorbant de l’alcool par ces voies alternatives?
    En théorie oui, mais le désagrément occasionné par l’absorption anale d’une dose suffisante pour être ivre fait que cette voie de consommation est loin d’être optimale.
    L’alcool est un produit qui passe très vite les barrières, et notamment les muqueuses que l’on retrouve dans la bouche, le rectum ou le vagin. L’intérêt théorique de l’anus est que l’alcool arrive rapidement au cerveau.
    Les substances ingurgitées par le rectum entrent en contact avec les veines qui l’irriguent et qui viennent se jeter dans laveine cave inférieure. Celle-ci transporte le sang de la moitié inférieure du corps vers le cœur, qui diffuse ensuite les substances en question dans tout le corps. Ce circuit permet à la substance absorbée par le rectum (ou le vagin) d’éviter de se dégrader dans le foie comme il le fait quand elle est ingurgitée par la bouche.

    Des défis plus que des pratiques répétées

    Certains blogueurs ont tenté l’expérience du tampon de vodka et documenté les résultats, mais rien ne prouve que la pratique de s’insérer de l’alcool dans l’anus ou dans le vagin dans le but de s’enivrer est répandue. Le site Cul-sec.com a quant à lui confirmé à l’Explication qu’il ne commercialisait pas vraiment de suppositoires à l’alcool.
    Si les muqueuses du rectum permettent à l'alcool de passer rapidement dans le sang, il faudrait quand même réussir à se mettre un peu moins de deux unités d’alcool dans l’anus, soit par exemple deux verres de whisky de 4cl ou une pinte de bière. Une prouesse physiquement possible, comme l’ont prouvé les casse-cous attardés de Jackass dans la vidéo ci-dessous, mais apparemment désagréable, sans compter les risques d’irritation et de douleurs locales, ce qui enlève une bonne partie de l’attrait de cette pratique:
    Toujours dans l’idée de faire parvenir l’alcool au cerveau plus rapidement, d’autres modes comme la consommation de vodkapar le nez ou par les yeux sont apparues de manière marginale chez les jeunes au cours des dernières années. Des pratiques à l’efficacité là encore très limitée, mais qui comportent des risques réels pour la santé (dégradation de la surface de l’œil et du nez), et représentent plus des défis alcoolisés que des habitudes de consommation répétées sur la durée.
    Si les voies d'absorption alternatives n'ont qu’un intérêt limité pour s’enivrer avec de l’alcool, il n’en est pas de même pour d’autres substances qui nécessitent de moins grandes quantités pour être efficaces.
    L’œil, le nez et le rectum sont d’ailleurs tous des voies d’administration de médicaments à part entières à travers des produits sous formes de gouttes ophtalmiques, de sprays nasaux ou de suppositoires. Le vagin fait également l’objet derecherches scientifiques pour son potentiel en tant que voie d’administration de médicaments.

    Consommation de drogues

    Du côté des drogues, l’excellente absorption par les muqueuses du nez explique pourquoi la cocaïne est majoritairement consommée par cette voie, mais aussi pourquoi certains antagonistes de l’héroïne sont administréspar le nez pour une action rapide en cas d’overdose.
    L’anus, le pénis ou le vagin sont également des voies de consommation de drogues pour des pratiques certes peu répandues mais bien réelles, dans des contextes festifs ou érotiques. La consommation à fortes doses de Lamaline, un antalgique qui contient du paracétamol, de l'extrait sec d’opium et de la caféine et se prend notamment par suppositoire, peutconduire à la dépendance. Le rocker Rod Stewart a quant à lui décrit dans ses mémoires comment il s’administrait de la cocaïne par voie anale avec son compère Ronnie Wood.

    dimanche 19 mai 2013

    «Mur des cons» : le journaliste de France 3 devant un conseil de discipline

    Après avoir été convoqué mardi par la direction des ressources humaines de France Télévisions, Clément Weill-Raynal, le journaliste de France 3 ayant filmé le fameux «Mur des cons», devra se justifier devant un conseil de discipline en juin.
    L'assemblée, composée de représentants des salariés, de délégués du personnel et de représentants de la direction rendra un avis consultatif sur la sanction à prendre contrel'auteur des images volées dans les locaux du Syndicat de la magistrature. La direction tranchera ensuite.

    «L'échelle des sanctions est très large. Cela va d'un avertissement jusqu'au licenciement, en passant par le blâme ou la mise à pied», a détaillé le  directeur de la rédaction nationale de France 3 Pascal Golomer à l'AFP.

    Il est notamment reproché à Clément Weill-Raynal d'avoir d'abord menti sur l'origine de ces images qu'il avait pourtant filmées. Après leur diffusion par 

    le site atlantico.fr, il avait convaincu la chaîne de les utiliser et de les commenter lui-même dans le journal télévisé, dissimulant dans un premier temps que c'était lui qui les avait captées et transmises à des tiers. 

    «Les faits reprochés à l'intéressé portent uniquement sur le non-respect par le salarié de ses obligations contractuelles : il n'a, à aucun moment, informé sa rédaction qu'il avait filmé ces images, il a caché en être l'auteur, y compris lorsqu'il les a commentées à l'antenne, et il a nié devant sa hiérarchie les avoir filmées», a rappelé le patron de la rédaction de France 3. Il ne s'agit donc pas de juger l'intérêt de ces images, ni leur légitimité.


    FR3 LA CHAINE DE LA HONTE

    Les Aéroports de Paris vont devenir (enfin) accueillants

    Faire de l'aéroport « un lieu de sérénité »

    Les Aéroports de Paris (ADP) veulent nous « faire aimer prendre l'avion » !
    Le PDG d'ADP, Augustin de Romanet, a présenté toute une série de mesures destinées à améliorer l'accueil et le confort des passagers, lors d'une conférence de presse à Paris-Orly, ce vendredi 17 mai, dont j'ai lu le résumé dans une dépêche AFP. « L'aéroport est un lieu d'anxiété, nous devons en faire un lieu de sérénité », a-t-il déclaré. Roissy et Orly ont de gros progrès à faire, c'est certain... Je vous invite à relire, au bout du lien ci-dessous, l'article sur le classement Skytrax 2013 des 100 meilleurs aéroports du monde : Roissy-Charles-de-Gaulle est 82e sur 100 ! (En-dessous, les commentaires des internautes, qui racontent leur vécu à Roissy, sont éloquents.) 


     Meilleurs aéroports du monde en 2013 : Singapour 1er et Paris 82e Les améliorations annoncées « Les grandes plateformes aéroportuaires européennes sont en concurrence », a de son côté souligné le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac. 

     « Nous devons chérir les clients, car ce sont eux qui nous font vivre », a-t-il ajouté, en mettant l'accent sur la nécessaire « simplicité des parcours » au sein des aéroports parisiens, et sur l'importance d'un « accueil personnalisé », notamment pour les voyageurs étrangers. 

    Parmi les projets envisagés : • la mise en service à Roissy, début juillet 2013 (avant les grands départs en vacances), d'une immense salle d'embarquement modernisée, dédiée aux vols long-courriers, baptisée "S4", avec des boutiques de grandes marques réunies dans une "avenue du luxe" • des "déposes-bagages" automatiques, des services de coiffure express et de lustrage de chaussures • l'harmonisation des tenues portées par les agents d'ADP et des partenaires, qui seront ainsi plus facilement identifiés par les passagers • des travaux pour améliorer l'accès routier à Roissy • un "espace de loisirs" pour les passagers en correspondance, avec une "zone de lecture" et un hôtel de 80 chambres, qui ouvrira ses portes en 2015 • des parcours de correspondance plus simples et plus rapides pour les passagers en provenance de l'espace Schengen Roissy + Orly = 88,8 millions de passagers en 2012 

    Les aéroports de Paris-Roissy et de Paris-Orly, qui ont enregistré un nombre record de 88,8 millions de passagers l'an passé (61,6 millions pour Roissy, 27,2 millions pour Orly), obtiennent souvent de médiocres places dans les classements internationaux (j'en parlais plus haut). Dans une étude réalisée en 2012 par l'Institut CSA, 91% des voyageurs étrangers se déclaraient toutefois « satisfaits » de leur expérience globale au sein de l'aéroport... L'aéroport de Roissy a profité ces dernières années de lourds travaux de modernisation, pour l'ouverture de la vaste salle d'embarquement "S4". 

     Orly, vétuste et au bord de la saturation, va bénéficier pour sa part d'une cure de jouvence d'ici 2018, avec la jonction de ses deux terminaux, grâce à un investissement de 400 millions d'euros. Petite parenthèse personnelle 

    Je ris intérieurement à cause de l'expression « simplicité des parcours » employée par le PDG d'Air France, tant la signalétique est mauvaise, à Roissy. Le passage d'un terminal à l'autre, ou le trajet pour rejoindre l'endroit où il faut prendre un car Air France, par exemple, peut s'avérer des plus redoutables, avec traversée interminable de parkings souterrains (due aux travaux en cours), changements d'ascenseurs successifs, couloirs sans indications, etc.

     Sur Facebook, un internaute m'a fait ce commentaire très drôle, qui résume bien la situation : « Aéroport de Hong-Kong : 30 minutes entre l'avion et le centre-ville, formalités comprises, en prenant son temps. À Roissy CDG, au bout de 30 minutes, tu réalises juste que tu as pris la mauvaise direction. » 

     Pour ma part, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai aidé et guidé des voyageurs étrangers, complètement perdus, qui ne trouvaient personne pour les renseigner... Bref, je n'étais pas à la conférence de presse de ce vendredi, et je ne fais donc que lister les améliorations qui sont mentionnées dans la dépêche AFP. Du coup, je me pose une grave question, sur une autre amélioration, plus indispensable à mes yeux que des appareils à lustrer les souliers, pour des aéroports qui prétendent se mettre au niveau des grands hubs aéroporturaires internationaux et veulent « chérir les passagers » : y aura-t-il un jour des connexions wifi gratuites et illimitées dans les aéroports parisiens modernisés ? 

     Qui sait ? On peut toujours rêver...

    Le mythe « 93% des musulmans ont voté pour François Hollande »

    Un sondage réalisé par OpinionWay et Fiducial a révélé que 93% des musulmans ont voté pour François Hollande lors du second tour de l’élection présidentielle de 2012.
    Cette information s'est répandue comme une traînée de poudre sur la toile, de nombreux sites ont repris tous la même phrase à savoir :
    "93% des musulmans ont voté pour François Hollande"
    Que signifie réellement cette information ?
    Elle sous-entend que 93% des électeurs français de confession musulmane ont voté pour François Hollande au second tour de l'élection présidentielle en 2012.
    Est-ce vraiment le cas ?
    Pour répondre à cette question, il convient de revenir sur quelques définitions de base relatives au lexique des élections.
    Un électeur est une personne ayant le droit de participer à une élection. Il se définit par son droit à voter et non par la réalisation effective de cette action.
    A un électeur, personne inscrite sur les listes électorales, s'offrent deux choix :
    • l'abstention
    • le vote
    Parmi les votants, trois choix sont possibles :
    • le vote blanc, simple bulletin blanc
    • le vote nul, bulletin non valide (exemple : écriture sur un bulletin)
    • le suffrage exprimé, c'est à dire un vote pour un candidat en lice
    Revenons à présent sur le détail du sondage en question. Que dit t-il précisément ?
    "Selon une étude du corps électoral menée par OpinionWay et Fiducial le 6 mai pour Le Figaro sur 10 000 votants, 93% des pratiquants ont glissé un bulletin « François Hollande » dans leur enveloppe. Seuls 7% d'entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy."
    Premier constat : seuls les votants sont concernés.
    Second constat : 93+7=100 donc les votes blancs et nuls ne sont pas comptabilisés mais uniquement les suffrages exprimés.
    L'enquête n'indique pas le taux de participation des musulmans ni le nombre de votes blancs ou nuls.
    On apprend également que le corps électoral musulman est constitué d'environ 2 millions d'électeurs.
    Prenons deux exemples pour illustrer notre propos.
    Pour simplifier les calculs on négligera les votes blancs et nuls.
    Les chiffres ne sont donnés qu'à titre d'exemples et ne reflètent en aucun cas le résultat réel.
    1. Premier cas
    Résultats du vote en nombre de voix :
    • 2 millions d'électeurs musulmans
    • 1,9 million de votants
    • 100000 abstentionnistes
    • Aucun vote blanc ou nul
    • 1767000 votes pour François Hollande
    • 133000 votes pour Nicolas Sarkozy
    Résultats du vote en pourcentage de suffrages exprimés :
    • 1,9/2 = 95% des musulmans ont voté
    • 0,1/2 = 5% des musulmans n'ont pas voté
    • 0,1767/1,9 = 93% des musulmans ayant exprimé un suffrage ont voté pour François Hollande
    • 0,133/1,9 = 7% des musulmans ayant exprimé un suffrage ont voté pour Nicolas Sarkozy
    2. Second cas
    Résultats du vote en nombre de voix :
    • 2 millions d'électeurs musulmans
    • 100000 votants
    • 1,9 million d’abstentionnistes
    • Aucun vote blanc ou nul
    • 93000 votes pour François Hollande
    • 7000 votes pour Nicolas Sarkozy
    Résultats du vote en pourcentage de suffrages exprimés :
    • 0,1/2 = 5% des musulmans ont voté
    • 1,9/2 = 95% des musulmans n'ont pas voté
    • 93000/100000 = 93% des musulmans ayant exprimé un suffrage ont voté pour François Hollande
    • 7000/100000 = 7% des musulmans ayant exprimé un suffrage ont voté pour Nicolas Sarkozy
    Ces deux cas de figure montrent clairement que l'on peut avoir exactement le même résultat avec un taux de participation radicalement différent.
    D'une manière générale, le résultats annoncés lors des élections comptabilisent uniquement les suffrages exprimés. Les abstentions, les votes blancs ou nuls ne sont pas pris en compte. Ce constat relance le débat sur la légitimité des résultats annoncés des élections qui sont trompeurs. Les résultats devraient être donnés en pourcentage d'inscrits et non en pourcentage de suffrages exprimés afin de mieux refléter la réalité.
    L'information exacte c'est que "93% des musulmans ayant exprimé un suffrage ont voté pour François Hollande" et non pas "93% des musulmans ont voté pour François Hollande". Les mots ont un sens.
    Par ailleurs si on se fie à l'intervention du politologue Pascal Perrineau dans l'émission "C dans l'air" probablement diffusée fin 2010, la communauté musulmane est avant tout abstentionniste avec plus de 40% qui ne se sont pas rendus pas aux urnes lors de la précédente élection présidentielle en 2007.
    Si on part sur cette hypothèse en supposant que ce taux est resté à peu près stable, alors seuls 60% des musulmans auraient voté et exprimé un suffrage ce qui ne fait plus que 0,6*0,93=55,8% des musulmans ont voté pour François Hollande. On est bien loin des 93% annoncés initialement !
    De plus au niveau national le taux d'abstention au second tour de l'élection présidentielle est passée de 16,03% en 2007 à 19,66% en 2012 donc ce taux a dû s'accroître également pour la population musulmane ce qui réduit d'autant plus le taux des musulmans ayant voté pour François Hollande.
    Ceci reste un ordre de grandeur et n'est nullement un résultat précis. Il demanderait à être affiné en fonction des chiffres réels de la participation des musulmans et des suffrages non exprimés (votes blancs et nuls).
    Certains, notamment la droite et plusieurs médias, ont utilisé le résultat de ce sondage et l'ont caricaturé en tentant de se l'approprier en essayant de mettre l'accent sur un vote communautaire de la part des musulmans en sachant pertinemment la réalité des faits. On peut faire dire aux chiffres pratiquement ce que l'on veut et c'est ce qui a été fait.
    Sur le fond du vote, il n'est pas toujours aussi simple d'interpréter un résultat électoral, il ne témoigne pas forcément d'une adhésion à François Hollande et à ses idées de la part des musulmans ayant voté pour lui mais plutôt d'un rejet massif de Nicolas Sarkozy. Il s'agit d'un vote d'opposition, d'un vote par défaut, d'un moyen de faire barrage similaire au vote de 2002 entre Chirac et Le Pen.
    D'une manière générale, François Hollande n'a pas gagné l'élection présidentielle mais c'est Nicolas Sarkozy qui l'a perdue comme ont pu le montrer les sondages précédant l'élection présidentielle. Les français qui ont voté pour lui l'ont fait avant tout pour faire battre Nicolas Sarkozy qui était devenu impopulaire.
    Cette tendance est vraie sur l'ensemble des suffrages et également pour le vote musulman.
    Par ailleurs, la communauté musulmane française est plutôt issue des quartiers populaires avec des familles plutôt modestes connues pour voter davantage pour les candidats de gauche que de droite. Ce n'est pas un hasard si la gauche a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires de l'union européenne aux élections locales même si ce dossier a été mis sous le tapis par le gouvernement suite à certaines oppositions.
    Enfin les différentes polémiques sur la viande halal, les prières de rue, la présence des musulmans en France n'ont fait qu'accentuer le rejet de Nicolas Sarkozy et non l'adhésion à François Hollande.
    Compte tenu de toutes ces données cette forte proportion de voix en faveur de François Hollande n'est donc pas si surprenante que cela mais elle est à relativiser par rapport au véritable taux de participation des électeurs musulmans. Sans le taux de participation et des votes blancs et nuls, ces derniers sont souvent négligeables, ce sondage n'a que peu de sens.
    Sans compter que l'étude parle de "musulmans pratiquants" ce qui complique encore un peu plus les choses.
    Seule une étude claire, détaillée et complète permettrait d'éclaircir la question mais certains ont emprunté la voie du raccourci et ont détourné ce résultat à des fins opportunistes.
    Une nouvelle fois et en l'absence de données plus précises , la réalité est que 93% des électeurs musulmans français ayant exprimé un suffrage ont voté pour François Hollande et que tout au plus 55% d'entre eux ont voté pour François Hollande lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012.
    En définitive, vous pouvez toujours exprimer votre suffrage sur la remise en cause de ce fameux sondage et vous abstenir de relayer toute conclusion de manière hâtive et ceci que vous soyez musulman ou non.

    La récession mène le bal dans la zone euro

    D’après les récentes statistiques concernant la zone euro, elle est toujours en récession profonde. Le PIB a baissé de 0,2% au premier trimestre de l’année en cours. Selon les experts mondiaux en vue, la récession s’accentuera. 

    Les espoirs d’un prompt règlement de la crise financière sont liés, en règle générale, à deux économies clés de la zone euro : allemande et française. En concertant leurs efforts, elles pourraient sauver les pays « problématiques » et les Etats qui ne parviennent pas pour le moment à prévenir la récession économique. Or, tout porte à croire que ces espoirs ne deviendront pas réalité dans un avenir prévisible. Le taux de croissance de l’économie allemande est minimal et au lieu de sauver les autres, l’économie française glisse vers la récession.


    La baisse du PIB pendant le deuxième trimestre consécutif est le trait distinctif de la récession. C’est ce qui s’est produit en France.
    Le reflux de capitaux est, semble-t-il, la tendance la plus dangereuse dans la situation qui s’est créée. En plus du manque de confiance aux perspectives économiques de l’UE et de l’eurozone, on ressent le déficit de moyens disponibles pour régler la crise, a dit à notre correspondant le chef de l’Ecole moscovite d’économie de la MGU l’académicien de l’Académie des sciences de Russie Alexandre Nekipelov.
    « Pour accorder les crédits à l’économie, on a besoin d’argent. Or, cela ne suffit pas. Il faut croire au développement. Il importe de faire en sorte que les banquiers soient sûrs que leurs crédits seront rendus ».
    L’économie allemande s’est avérée, elle aussi, au seuil d’une récession.
    Les économistes et les financiers en vue se montrent de plus en plus pessimistes. La récession dans l’eurozone sera plus prolongée et profonde qu’on ne l’ait supposé, constatent dans leur récent compte rendu les analystes de l’agence Moody's.
    Or, il ne faut pas dramatiser les pronostics et les notations. Les surprises sont toujours possibles.
    Et les régulateurs européens ? Ils ne sont pas optimistes eux non plus. La Banque centrale européenne prédit la baisse économique de 0,5% dans l’eurozone en 2013. Bref, le contexte européen demeure peu réjouissant.

    samedi 18 mai 2013

    L’économie française une fois de plus en récession


    La France est entrée en récession pour la seconde fois le premier trimestre de cette année, dans un contexte de malaise économique qui a paralysé les pays périphériques atteints tels que la Grèce, le Portugal et l’Espagne. La crise qui les a touchée se propage aujourd’hui dans le cœur de la zone euro.
    Les chiffres officiels publiés en rafale mercredi dernier ont montré que la production économique de la zone euro dans son ensemble avait été en baisse pendant six trimestres consécutifs. Neuf des dix-sept pays membres sont aujourd’hui en récession, avec la plus forte baisse trimestrielle de 1,3% enregistrée à Chypre – qui a d’ailleurs reçu la première tranche de 10 milliards d'euros de son plan de sauvetage un peu plus tôt dans la semaine.
    Sans aucun doute, ces données feront pression sur les dirigeants de la zone euro afin qu’ils allègent le rythme de la hausse des impôts et de la réduction de dépenses. Mais étant donné que Angela Merkel sera certainement réélue en septembre, il y a peu de chance qu’un changement radical ne se produise. La chancelière allemande a jusqu'ici résisté à tout assouplissement des mesures d'austérité.
    Presque un an après l'investiture de François Hollande en tant que président, la France a été déclaré en récession mercredi. Et les économistes prévoient que les mauvaises nouvelles seront de plus en plus nombreuses pour le gouvernement. François Hollande a dit s’attendre à une croissance nulle en 2013, soit une croissance inférieure au 0,1% prévu par le gouvernement français récemment.
    Le ministre des Finances Pierre Moscovici a été forcé de nier que sa prévision d'une croissance économique maladive de 0,1% pour l'année 2013 dans son ensemble était trop optimiste, après que les données de mercredi ont montré une baisse de 0,2% du PIB au premier trimestre.
    En outre, le taux de chômage français s’élève à 10,6% et devrait encore augmenter l'année prochaine.
    Le déficit budgétaire devrait rester bien au-dessus de l’objectif européen de 3% du PIB. La Commission européenne estime qu'il sera de 3,9% cette année.
    Cependant, le taux de chômage de la France est en dessous de la moyenne de la zone euro, qui était de 11,4% en 2012 et devrait atteindre une moyenne de 12,2% cette année. En Grèce et en Espagne, le taux s'élève à environ 27%.
    Cette semaine France a adopté une série de mesures visant à enrayer la hausse du chômage en réformant les lois du travail du pays. Le gouvernement cherche notamment à faciliter la mobilité professionnelle pour les travailleurs et à rendre moins complexe les licenciements des salariés pour les entreprises, rapporte la BBC.
    « C'est maintenant qu'il faut muscler encore nos dispositifs économiques, mobiliser toute notre énergie pour créer des emplois et faire en sorte que nous ayons une économie qui soit plus souple, plus compétitive, plus réactive, plus créative, plus innovante. C'est ce que fait le gouvernement », a affirmé M. Moscovici au Point.

    Hollande : qu’y a-t-il derrière le mur ?

    Hollande : qu’y a-t-il derrière le mur ?


    Après s’être précipité devant la Commission européenne pour rendre compte de l’état dans lequel il a mis notre pauvre pays (Présent d’hier), il fallait bien que François Hollande s’en explique tout de même devant les Français. Et surtout devant les journalistes, chez qui, curieusement pour un président de gauche, sa cote de popularité est encore plus basse que chez la moyenne de nos compatriotes.
    Il semble pourtant que, dans notre démocratie du XXIe siècle, personne ne s’offusque de ce que le président de la République française aille prendre ordres et conseil à Bruxelles. Cette aberration politique me fait pourtant irrésistiblement penser à l’album d’Astérix La grande traversée, dans lequel, à l’occasion d’une pénurie de poisson, le héros gaulois signale à Ordralfabétix que la mer est à deux pas du village – il est vrai que lui résiste, encore et toujours, à l’envahisseur. « La mer ? lui répond le marchand de poisson. Quel rapport entre la mer et mes poissons ? » « Il n’y a qu’à pêcher les poissons dans la mer », lui explique Astérix. Et là, coup de gueule d’Ordralfabétix : « Je vends du poisson de Lutèce, moi, Môssieur ! J’ai le respect du client ! Je me fournis chez les meilleurs grossistes ! Je ne vais pas vendre du poisson sorti de l’eau sans garantie de qualité ! »
    Fermez le ban©. De poissons, bien sûr…
    Hollande, c’est kif-kif. Après avoir demandé à l’Europe ce qu’il faut penser et ne pas faire, il revient à Paris pour nous vendre son Europe pas fraîche. « L’an II », Hollande se prend pour César, Bonaparte ou Hugo, « l’an II, ce doit être l’offensive ».
    … ?
    « L’offensive, c’est d’abord de lancer une initiative européenne » pour « sortir l’Europe de sa langueur ». Avec, en point d’orgue, toujours le fameux gouvernement économique de la zone euro, une nouvelle étape d’intégration, etc. Bref ! la même tiède logorrhée que d’habitude, recouvrant la même politique qui nous a conduits là où nous en sommes : chômage (mais le bon docteur Coué va inverser la tendance avant la fin de l’année), augmentation des impôts, peut-être même dès l’année prochaine, remaniement ministériel reporté puisqu’il renouvelle sa confiance à Ayrault – il est bien le seul ! En tout cas, « pour les mois qui viennent »…
    Et ça va dynamiser l’économie française, cela ? On n’a pas vu que les marchés aient, depuis la parole élyséenne, flambé d’enthousiasme. Il est vrai que le programme – si c’en est un ? – rime curieusement avec… austérité.
    Et les violences au Trocadéro, alors ? « Une agression à l’égard des biens, des personnes, mais aussi une agression contre notre conception de la vie en commun, contre l’image de la France. » Une formule qui a son petit côté gaullien, mais qui ne nous dit rien de son idée de la France. Dont les Français, on le voit tous les jours, se contrefichent d’ailleurs.
    Qu’importe ! « Il ne peut y avoir qu’une expression, qui correspond à la ligne que j’ai fixée. » L’expression est censée s’adresser à quelques ministres maladroits. Dans la pratique, il est manifeste que c’est aux Français qu’elle s’applique.
    Si on comprend où il veut en venir… parce que, n’est-ce pas ?, « l’unique chose stable, c’est le mouvement. » Et sa manière, tout en prétendant l’inverse, de se défausser sur ses prédécesseurs. « Il se trouve, affirme-t-il ainsi, que je suis président au pire moment. » Que n’avait-il pas reproché à Nicolas Sarkozy pour avoir osé une réflexion analogue !
    Mais ce décideur auto-proclamé n’a cure de ses contradictions. Lesquelles, c’est bien possible, en véritable dogmatique qu’il est, il ne perçoit peut-être même pas… Au point d’affirmer tranquillement : « Je suis un socialiste qui veut faire réussir la France. » Mitterrand – qui, il faut lui rendre cette justice, n’était pas socialiste – doit s’en retourner dans sa tombe !
    A défaut de l’entendre, on se contentera d’André Chassaigne, chef de file des députés Front de gauche, comparant François Hollande au « chef d’orchestre du Titanic ». Et précisant clairement : « Il trompe l’électeur ! »
    On pourrait, comme le font les politiques de tous bords, multiplier ces critiques : Hollande n’en a cure. Il demande à « être jugé au terme des cinq ans ». Et tant pis, affirme-t-il, pour les sondages qui montrent l’agacement grandissant des Français.
    Mais là, François Hollande a fait une erreur tactique. Sa tour d’ivoire n’est que de papier mâché. Et il n’est pas sûr que la patience de nos compatriotes dure jusque-là. Ils pourraient bien aller l’y débusquer. Fût-ce à la fourchette à escargot…