TOUT EST DIT

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vendredi 13 février 2015

La malédiction du “sphinx”

Le piège imaginé voilà trente ans par François Mitterrand pour neutraliser la droite n’a jamais aussi bien fonctionné…
Personne n’a oublié les derniers voeux télévisés de François Mitterrand qui, président de la République pour cinq mois encore, avait lancé le 31décembre 1994 aux Français : « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. » Le moins qu’on puisse dire est qu’il a tenu parole puisque les règles du jeu politique fixées par lui au milieu des années 1980 n’ont pas varié d’un iota.
À la gauche, une mission : favoriser, par sa politique d’immigration, la montée d’un Front national restreignant d’autant l’espace électoral de la droite classique, tout en jetant l’anathème sur quiconque serait tenté de passer un accord avec lui. Et à la coalition RPR-UDF devenue l’UMP, un devoir : celui d’observer sans discuter cet interdit. Au risque de rester structurellement minoritaire…
À ses proches, Mitterrand expliquait alors que, si la classe politique finissait par s’habituer à cette équation, il n’y aurait bientôt plus que deux forces en présence : le PS, seul à incarner la “République”, et le Front national, suffisamment diabolisé pour ne jamais accéder au pouvoir, mais assez puissant pour neutraliser la droite classique.
Là où il est, l’ancien chef de l’État a dû bien rire en observant l’élection du Doubs. Là où nous sommes, il est temps de nous demander si cette imposture n’a pas assez duré. C’est ce que nous faisons cette semaine en consacrant notre dossier d’actualité à la crise de nerfs qui secoue l’UMP… En attendant l’heure de vérité des élections territoriales de mars prochain où tous les sondages donnent l’UMP et le FN au coude à coude !