TOUT EST DIT

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vendredi 13 février 2015

Debout face à Poutine, couché face au chômage

Il est plus facile de se dresser face au nouveau tsar de Russie que d’apporter des solutions au chômage ou de s’attaquer à la réduction des dépenses publiques.
Quand les Français comprendront-ils enfin à quel point leur président de la République se moque d’eux ? Quand prendront-ils conscience de cette imposture qui consiste à invoquer l’unité nationale pour ne pas aborder les problèmes du pays ? Quand en finira-t-on avec cette mascarade qui a pour nom l’“esprit du 11 janvier” ? Pendant deux heures de conférence de presse, non seulement François Hollande a apporté de fausses solutions aux vrais problèmes soulevés par la montée des communautarismes, les dangers de l’islam radical et les violations au principe de laïcité, mais il n’a pas jugé bon de parler de la dette de près de 2 050 milliards d’euros, du déficit budgétaire qui continue d’augmenter et surtout du chômage qui a frappé 600 000 Français de plus en deux ans et demi de mandat.
Depuis le 11 janvier dernier, la situation quotidienne de millions de Français, en découvert dès le 5 ou le 6 du mois, écrasés par les impôts, angoissés pour l’avenir de leurs enfants et terrifiés par une insécurité grandissante, n’intéresse plus le président de la République. Depuis qu’il a défilé vingt minutes dans les rues de Paris aux côtés de quarante chefs d’État, il se rêve en casque bleu de tous les conflits possibles, en héraut du monde libre et en Kissinger des temps modernes. Après avoir échoué — heureusement — à obtenir des bombardements sur la Syrie de Bachar al-Assad qui constitue maintenant l’un des plus précieux remparts contre l’État islamique, notre “capitaine de pédalo” pense pouvoir faire la leçon à Poutine. Le voilà parti pour nous faire croire qu’il va établir un plan de paix durable entre l’Ukraine et la Russie. Son but n’est pas tant de garantir les frontières d’une Ukraine qui est aussi russe que l’Alsace et la Lorraine sont françaises que de montrer sa volonté de tordre le bras à Poutine. Véritable politique de gribouille tant le nouveau tsar de Russie est sans doute notre meilleur allié dans la lutte à venir contre les islamistes conquérants.
Mais face à la médiasphère parisienne, au microcosme du Café de Flore et aux ténors de la gauche caviar, il est tellement plus facile de se dresser face à Poutine, comme Chirac l’avait fait contre Bush. Qu’elle est grande la capacité de nos dirigeants à transformer nos alliés naturels en ennemis de circonstance ! Il ne faut pourtant pas être dupe. Au milieu des dorures de la salle des fêtes de l’Élysée, il est bien plus facile de faire le fier face au président russe que d’apporter des solutions au chômage de masse qui gangrène la France. Il est bien plus aisé d’annoncer des sommets de la dernière chance pour l’Ukraine que de s’attaquer à la réduction des dépenses publiques. Il est tellement plus noble de vouloir “sauver le monde” plutôt que l’économie française.
Le problème, c’est qu’à ce mauvais jeu politique fait de pure communication et d’improvisation complète, la France pourrait se retrouver deux fois perdante. D’abord en se mettant à dos l’une des principales puissances d’une future grande Europe, qui, plutôt que de s’élargir à la seule Ukraine, irait naturellement “de l’Atlantique à l’Oural”. Ensuite en laissant de côté les réformes structurelles que les Français attendent avec tant d’impatience. De manière à stopper l’ascension fulgurante de la dette, à arrêter ce rouleau compresseur fiscal qui a mis au tapis l’an passé plus de 63 000 entreprises, et surtout à recréer de la croissance ; de la vraie croissance, celle qui crée de l’emploi, des richesses pour tous, de l’investissement et de la confiance. Mais François Hollande aime tellement les chômeurs qu’il a décidé de les multiplier. Il aime tellement la lumière de la diplomatie qu’il s’en trouve aveuglé. Et il aime tellement la duplicité qu’à défaut de s’occuper de la vie des Français, il précipite la mort de la France en lui cherchant des ennemis dont elle se passerait bien.
P.-S. : le 3 février, la justice m’a condamné pour avoir publié le 26septembre 2013 une couverture de votre magazine illustrée d’une “Marianne voilée” avec comme titre « L’invasion ». Parce que Valeurs actuelles a voulu alerter l’opinion sur l’islamisation rampante de la France, nous voilà censurés au même titre qu’Éric Zemmour et cloués au pilori médiatique comme l’a été Philippe Tesson. Je tiens à remercier tous les lecteurs qui se sont manifestés à cette occasion et qui nous ont assurés de leurs encouragements afin de continuer à clamer la vérité en trempant nos plumes dans les plaies du pays. Bien sûr nous avons fait appel de cette décision de justice. Mais votre soutien, sous la forme d’abonnements massifs pour vous et vos proches, nous fera chaud au coeur et montrera à tous ceux qui veulent nous faire taire que vous êtes aussi nombreux que déterminés. D’avance merci à vous tous.