TOUT EST DIT

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lundi 1 septembre 2014

Le vrai clivage, la défense de la nation contre la promotion du multiculturalisme

La vérité est là, penaude: le Parti socialiste se montre incapable de gouverner. Sur aucun des défis qui assaillent la France - le totalitarisme islamique à ses portes, la fracture identitaire sur son sol, le désastre économique et social, etc. - la gauche bavarde et rêveuse n'a de réponses cohérentes. Elle hésite à désigner l'adversaire, à choisir son camp, à mesurer les réalités. À vouloir marier les contraires, le hollandisme s'avère un mirage.François Hollande, trempé-guené dimanche à l'île de Sein, mène l'État à son naufrage pour n'avoir jamais jugé utile de construire une doctrine. En se reposant initialement sur ses boucs émissaires (Nicolas Sarkozy, la finance, l'Allemagne, etc.), le chef de l'État a autorisé pour son camp de semblables désinvoltures, dont Arnaud Montebourg est l'aboutissement théâtral. Mais c'est le peuple, effaré par ces incompétences, qui trinque.
La comédie française jouée par cet ambitieux, déjà moqué chez Molière, ridiculise la nation aux yeux du monde. Les grasses impertinences que Montebourg a lâchées, dimanche à Frangy-en Bresse (Saône-et-Loire), ont suffi à déstabiliser l'ensemble du gouvernement.Manuel Valls a bien fait de se séparer, lundi, de ce fantasque ministre de l'Économie qui, dans un pays asphyxié par la dette (2 000 milliards d'euros), soutenait: «La réduction des déficits est une absurdité financière.» Mais ce fut une sottise de l'avoir mis là, sachant ses divergences sur la relance. Il est effarant de constater l'irresponsabilité qui accompagne bien des nominations délicates, décidées sur un coin de table. Avec la même légèreté,Benoît Hamon a choisi de quitter l'Éducation nationale à la veille de la rentrée des classes.
Faut-il leur rappeler cette banalité, à tous ces «claque-dents de tribunes et orateurs de carrefours» (Chateaubriand)? Oui, les temps sont tragiques. Ils n'autorisent pas l'égotisme, l'amateurisme, l'improvisation, la petitesse carriériste. L'épuration des chrétiens d'Orient, l'antisémitisme des cités, l'irrésistible envolée du chômage de masse - ces faits qui ont bousculé l'actualité estivale - obligent les politiques à quitter leurs chaussons et les idées clonées. L'impératif vaut d'abord pour les partis desséchés. Le PS ne produit plus une idée originale depuis des lustres. L'UMP ne vaut guère mieux ; il serait incapable de gouverner au débotté. Quand au FN, ses obsessions antilibérales et anti-atlantistes le rendent incongru en économie et en diplomatie, le choc des civilisations invitant à la solidarité avec le monde libre.
En tordant le bras aux doctrinaires, représentés par ces militants et députés abusés par le Hollande «ennemi de la finance», Valls a enterré le socialisme du XIXe siècle et a accéléré l'explosion du PS. De l'inopérante synthèse entre la carpe et le lapin subsistent la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'Éducation et la confirmation de ChristianeTaubira à la Justice: deux idéologues n'ayant pas renoncé à dresser les jeunes esprits pour l'une, à relativiser les sanctions pour l'autre. Reste ce constat du tournant libéral que le premier ministre, acclamé mercredi au Medef, impose à son camp avec la nomination à l'Économie d'un ex-banquier de chez Rothschild, Emmanuel Macron. Son social-libéralisme est pareil au libéralisme social de l'UMP. Le virage à droite oblige l'opposition à en faire autant, si elle veut exister. Mais le glissement des plaques tectoniques, qui fissure les bâtisses, pourrait aller plus loin.
Le vrai clivage
En fait, l'épisode Montebourg confirme, à travers la crise des partis qu'il dévoile, la vacuité du clivage droite-gauche. En économie, le couple Valls-Macron pense peu ou prou comme Juppé-Bayrou, duo lui-même guère éloigné du libéralisme de Fillon ou de Sarkozy. Ce que le FN avait diagnostiqué comme «l'UMPS», moquant leurs fausses divergences, devient un fait. Cependant, quand Florian Philippot (FN) présente le nouveau ministre de l'Économie comme un «ultralibéral vorace et féroce», il se rapproche des socialistes momifiés, des mélenchonistes lyriques et de l'ultragauche pavlovienne. Pour leur part, les souverainistes de tous poils parlent d'une même voix lorsqu'ils fustigent le libre marché ou louent le «patriotisme économique». À ceci près que ce dernier credo est également repris parMacron et par les libéraux sensibles au «made in France». Bref, ce méli-mélo appelle à une refondation de la politique.
Faute d'homme providentiel, l'Union nationale est dans l'air du temps. Cette formule, qui associerait les expertises sur quelques points précis, aurait l'avantage théorique d'additionner des compétences et des solidarités, à un moment où la France est vulnérable. Valls n'a pas tort quand il remarque, mardi sur France 2, que «les étiquettes sont surannées» et souhaite que «les formations politiques se rassemblent». Beaucoup de responsables semblent sur la même longueur d'onde, dans un apparent exercice d'humilité que ne semble pas vouloir partager le FN, conforté par les sondages qui le portent. Sa posture présomptueuse arrange l'opposition, qui n'ose aborder le problème de son élargissement à droite. Pourtant, un vrai clivage existe, qui pourrait favoriser une telle Union dépassant également les autres partis: il oppose les défenseurs de l'unité nationale et ses piliers (laïcité, assimilation) aux promoteurs du multiculturalisme et de ses «accommodements», réclamés par l'islam politique. Pour ce dernier, la division est son allié.
Faire bloc contre le califat
Les politiques ne peuvent plus se tromper d'enjeux, ni encore moins d'adversaires. La barbarie sunnite galopante déployée par le califat dans le nord de l'Irak contre les chrétiens, les yazidis et les chiites (décapitations, crucifixions, viols, etc.) oblige à dépasser les indignations et à affronter cette guerre de religion et de civilisation qui menace l'Europe d'un «troisième totalitarisme» (Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, de retour d'Erbil). Hier, à Paris, Hollande a appelé à une «large alliance» contre les djihadistes, en oubliant qu'il y a un an il proposait de bombarder le régime du syrien Bachar el-Assad, qui leur résistait pourtant.
L'Europe, les États-Unis, Israël, la Russie partagent le même ennemi, qui prétend parler au nom de l'islam. À ces pays de faire bloc et de bouleverser les rapprochements, y compris sans doute avec l'Iran chiite. Le Vatican, dérogeant à son habituelle prudence, exige lui-même des responsables religieux musulmans «une prise de position claire et courageuse». Reste aussi aux musulmans de France de se désolidariser, clairement, des premiers loups entrés dans Paris cet été. Pourquoi ceux qui manifestent pour les Palestiniens n'en feraient-ils pas autant pour les minorités d'Orient persécutées?