TOUT EST DIT

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vendredi 12 septembre 2014

Enfants Soldats

C'est avec horreur que nous découvrons, à l'occasion de reportages à la télévision, les enfants-soldats. En haillons, serrant contre leurs maigres côtes une Kalachnikov plus lourde qu'eux, ils lancent vers les caméras un regard où l'innocence s'est enfuie… On se dit alors que les adultes qui ont recruté ces gosses-là ont depuis longtemps tourné le dos à toute humanité. Et l'on se rassure en se disant qu'heureusement, ici, chez nous, nous sommes bien loin de ces folies…
Grave erreur. Si l'on en croit les informations concernant Mourad Fares, ce Français faisait exactement la même chose avec nos propres enfants. À Strasbourg et à Toulouse, où deux élèves d'un grand lycée ont voulu tout quitter pour aller combattre en Syrie : c'était au mois de juillet dernier. On se demande comment ce garçon qui a grandi en Haute-Savoie a pu dériver au point de vouloir envoyer au casse-pipe des gamins qui n'ont eu comme univers que des salles de classe à Toulouse, leur quartier et le MacDo du coin.
La guerre est là. Derrière un écran d'ordinateur, où le poison du fanatisme est distillé par des Fares et par bien d'autres, innombrables prédicateurs aux méthodes de gourou, manipulateurs experts dans l'abolition des consciences. Les filières sont là. Elles suivent les fibres et les ondes d'internet, de Facebook, de Twitter. Elles avancent masquées, car souvenons-nous que ni les copains de classe, ni les enseignants, ni même les parents n'avaient vu venir la dérive de ces enfants. Les terroristes ont tout compris de la «viralité» des grands réseaux qui permettent de faire voyager des idées médiévales et barbares grâce aux technologies du futur. Car ces courageux recruteurs sont souvent bien planqués derrière leurs écrans : battons-nous, mais passez donc devant. La guerre qui s'engage n'est hélas ! pas circonscrite aux territoires désormais martyrisés de l'Irak ou de la Syrie. Elle est forcément planétaire. Et nous concerne au premier chef. La France ne peut pas faire autrement que de mettre une partie de sa puissance militaire au service d'une coalition qui va tenter d'éradiquer l'État Islamique. Et ces jours-ci, les députés vont également plancher sur la manière de lutter en France contre le terrorisme, et notamment le recrutement par l'intermédiaire d'internet.
Il y a urgence. L'Europe connaît une vraie paix depuis 70 ans. Et il n'est pas question que le fanatisme fasse renaître chez nous une génération d'enfants-soldats.