TOUT EST DIT

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lundi 22 septembre 2014

Carla Bruni, comme si de rien n'était



C'est son secret. Elle les rend tous fous! Les jaloux, les jamais contents, les pas de chance, les mal élevés, les traine-baskets et les grincheux. Carla les offense et c'est tant mieux! Elle est un défi à l'égalité, un déni de justice. Elle a beau être bobo, humanitaire, défendre des causes correctes, lorsqu'elle parait avec sa guitare, ses chansons et Raymond qui la dévore des yeux, le scandale éclate au grand jour. Petite fille riche entourée par l'affection des siens, elle a grandi baignée de musique dans de belles demeures feutrées et passaient ses vacances à faire des ronds dans une eau bleue. Eduquée dans des institutions privées en Suisse et en France, elle est devenue un papillon aux ailes mordorées sans même passer par la case chenille. Adolescente coquine, elle a vite fait de mener les benêts par le bout du nez. Dona Juana croque hardiment toutes les pommes au jardin d'Eden mais elle est aussi devenue une femme d'affaires avisée dont la carrière de top model puis d'auteur-compositeur- interprète a été menée d'une ferme main de cavalière.

Passé quarante ans, elle a eu le toupet de devenir une Prima Donna, comme la France n'en avait jamais eu. Ne se trompant jamais de fourchette. Ne cherchant ni à se mettre en avant, ni à se cacher. Ni timide, ni effrontée. Tous les chefs d'Etat s'en sont aussitôt entichés. Barack Obama en devenait presque bigle. La belle a même réussi à séduire sa Très Gracieuse Majesté par ses tenues sobres mais élégantes, sa révérence si naturelle et son gentil babil dans un anglais parfait.
Carla veut bien revenir tenter le diable! Le Pingouin en est déjà tout marri. Car elle est un atout dans le jeu de Raymond. Les sans-dents et les illettrés, contrairement aux envieux, avaient plébiscité Carla du temps où elle glissait, légère, sous les lambris de la République. 51 % d'entre eux trouvaient qu'elle assumait à merveille son rôle de Première dame.
Les pauvres gens, contrairement à ce que croient les socialistes rassis, ne se sentent pas humiliés par la beauté. Ce sont les rouspéteurs impénitents, les éternels insatisfaits, tous les esprits chagrins, qui s'en offusquent. Le joli Capricorne ne s'en est jamais soucié. Il va son chemin, têtu, contourne les obstacles et quand un malheur survient, il n'appelle pas à l'aide. Il ferme les yeux sur ses larmes, prend une feuille de papier et écrit sa peine pour revenir à la surface des airs, comme un Phénix.
Les yeux allongés, les pommettes saillantes- Carla mériterait d'avoir un peu de sang tatare dans les veines mais qui sait avec les Italiennes- l'ensorceleuse n'a jamais été évaporée. Rien à voir avec une Marilyn. A cette dernière, on pardonnait tout parce qu'elle ne savait pas être heureuse. Carla a le don. Elle accepte le bonheur comme il vient. Ephémère le plus souvent. Mais parfois il veut bien s'attarder. Durer. A condition de ne pas l'effaroucher. Avec des grands mots. Des jamais. Des toujours. Elle laisse son Raymond faire tranquillement du vélo sans casque, elle ne l'empêche ni de voir ses enfants, ni d'être ami avec Cécilia. Elle n'envoie pas de tweet pour faire chuter une rivale. Elle n'en a pas. Et si elle devait voir pointer un autre minois à l'horizon, elle rendrait sa pareille au volage. Puis, elle en ferait une little french song. Surement pas un gros livre plein d'amertume.
Sidonie a eu plus d'un amant, chantait jadis Brigitte. Comme à Marilyn on a tout pardonné à Babette. Parce qu'elle a beaucoup pleuré. Et vieilli. Comme tout le monde. Carla n'a jamais eu cette ambition. Elle aime se renouveler, se remodeler, rester la même tout en devenant une autre. Fine mouche, elle profite des cadeaux que son époque offre aux femmes et le temps, bon bougre, ne lui fait pas affront. Elle y veille.
Jusqu'au jour où elle décidera que les cheveux blancs sont seyants pour une dame très indigne. Elle ne sera jamais Tatie Danièle. Plutôt une Deborah Davonshire en robe de bal nourrissant ses poules light sussex et contant à ses petits enfants tous les feux de braise, sans oublier les feux d'artifice, qui ont illuminés sa vie.
Hou là là! Que de paillettes, d'étincelles, que de pirouettes, de double salto ou de triple axel! C'était d'un drôle mes chéris! Il faut pourtant que je vous parle aussi de Raymond. Il n'était ni beau, ni tout neuf. Juste attendrissant. Comme le sont les hommes qui ont besoin de tenir la main, le coude, l'épaule de leur femme. Pour la protéger et se rassurer.
Le féminisme? Mais mes tendres petits, c'est antédiluvien, le féminisme! Ca vous ramène au siècle dernier! A l'époque de Simone avec son bandeau sur la tête qui tartinait des pages et des pages sur le sexe faible, ou le sexe fort, je ne sais plus, j'ai oublié. C'était d'un triste, d'un ennui!
Mais je voulais vous entretenir de Raymond! Comme il piaffait depuis deux ans! Comme il avait envie de retourner dans l'arène! Moi, à vrai dire, je me serais bien passée d'un retour sur le devant de la scène. Mais comment priver un enfant de confiture?
Comment empêcher un oiseau de voler? Un poisson de nager? Et Raymond de ferrailler? Il aurait fallu l'enchainer, le châtrer. Mais un homme castré, que voulez vous en faire? Même en pot de fleur ca ne sert pas. Croyez- moi, mes tous beaux, c'est Jean qui avait raison. Quel Jean? Mais Cocteau voyons! Il était un peu sorcier. Il savait que la frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse. Mais chut! Ne le dites à personne! C'est un secret.